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Posts Tagged ‘rejaillir’

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher, dans l’abîme (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (38)

Enfin je t’ai roulé, opiniâtre rocher,
dans l’abîme.
— Temps,
(perdu ?), pierre, de mon oeuvre pure,
pour vaincre ta laideur grossière ! —

Maintenant, debout, haletant encore,
sur la plaine à nouveau. Là-haut, le ciel
du couchant pacifique, comme une eau de rose,
d’où j’ai rejailli, pur,
le front perlé d’étoiles pâles.

Et entre la poitrine et les bras douloureux,
la sensation divine d’une rose géante,
qui fut — mais quand ? — de pierre.

***

Ya te rodé, canto obstinado,
en el abismo.
— iTiempo
¿perdido?, piedra, de mi obra pura,
para vencer tu fealdad grosera!—

Ahora, de pie, jadeante aún,
otra vez en lo todo llano. Arriba, el cielo
del ocaso pacífico, como un agua rosada,
de donde me he salido, puro,
sudando estrellas pálidas.

Yentre el pecho y los brazos doloridos,
la sensación divina de una jigante rosa,
que fue — ¿cuándo? — de piedra.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Rejaillir vivant (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019



Une fraîcheur de la mer exhalée.
Me rend mon âme… O puissance salée!
Courons à l’onde en rejaillir vivant!

(Paul Valéry)

Illustration: Clark Little

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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus, luisent dans tes vallons (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



Hindouismef [800x600]

Tes étangs de saphir, où croissent les lotus,
Luisent dans tes vallons d’un éclair revêtus;
Une rouge vapeur à ton épaule ondoie
Comme un manteau de pourpre où le couchant flamboie
Mille fleurs, sur ton sein, plus brillantes encor,
Au vent voluptueux livrent leurs tiges d’or,
Berçant dans leur calice, où le miel étincelle,
Mille oiseaux dont la plume en diamants ruisselle.
Kaîlaça ! Kaîlaça, soit que nos pieds hardis
Atteignent la hauteur pure où tu resplendis,
Soit que, le souffle humain manquant à nos poitrines,
Nous retombions mourants sur tes larges racines;
Ô merveille du monde, ô demeure des Dieux,
Du visible univers monarque radieux,
Sois béni ! Ta beauté, dans nos coeurs honorée,
Fatiguera du temps l’éternelle durée.
Salut, Route du ciel que vont fouler nos pas;
Dans la vie ou la mort nous ne t’oublîrons pas !

*

Ayant chanté le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures du corps,
Ils gravirent le Mont, plus sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et, semblables aux roses,
S’effeuillaient aux soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient leur flamme, et, tour á tour,
Du sein profond des nuits rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins de force et de joie.
Déjà les kokilas, sur le bambou qui ploie,
Et les paons et les coqs au plumage de feu,
Annonçaient le Séjour, l’inénarrable Lieu,
D’où s’épanche sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, l’Illusion première.
Mille femmes au front d’ambre, aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes consacrées;
Et les Esprits nageaient dans l’air mystérieux;
Et les doux Kinnaras, musiciens des Dieux,
Sur les flûtes d’ébène et les vinés d’ivoire
Chantaient de Bhagavat l’inépuisable histoire.

(Leconte de Lisle)

 

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La peau fleurit (Philippe Sollers)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



La peau fleurit

La beauté d’une femme désirée augmente,
celle d’une femme non seulement désirée mais aimée
rejaillit partout comme une apparition d’au-delà.

Les petits signes de tendresse accompagnent le phénomène,
une lumière nouvelle passe dans les yeux, les lèvres, les doigts.

Ada pose des baisers légers sur mon front, mes mains, mes oreilles.
Elle s’attarde sur mes pieds, mes épaules, mon cou.
Je viens de mourir, elle m’aime encore.

Malheureux celui qui ne s’est pas fait aimer comme un mort.
Il y a un mot pour cela : délicatesse.

C’est profond, intime,
et à fleur de peau.
La peau fleurit,

(Philippe Sollers)

Découvert ici: http://cetairderien.com/

Illustration: Luis Falero 

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Toute la traversée (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2018




    
Toute la traversée nous laissera mémoire
D’une chose sans beauté : la commode
Vieille qui a de la gaucherie,
Souvenir dédaigné et pris par mégarde
Par sommeil d’âme, dans la torpeur.
Du passé entier rejaillira la couleur.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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RENDRE GRÂCES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
RENDRE GRÂCES

Je rends grâce
Pour chaque afflux d’aube
Pour chaque festin du coeur
Pour le grain d’une parole
Pour les silences inouïs

Je rends grâce
A ce séjour sans prix
A nos corps d’argile
Au souffle qui rejaillit.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

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Lorsque ceux qui ont passé les douleurs (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



 

lorsque ceux qui ont passé les douleurs
se retrouvent face à face en haillons
vite ils se mettent nus
leur peau éblouie par le sang
ils se réchauffent à la grande chaleur

et c’est l’amour incroyable
bleu comme ton regard oublié
il rejaillit plus beau qu’autrefois
nous le buvons comme la vie

il guérit
des squames tombent de la plaie

(Martine Broda)

Illustration: Karen L’Hémeury

 

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Le regard monte (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2016



Le regard monte

Le regard monte
monte se hisse glisse
se réveille s’émerveille
parmi les courbes de la neige
vers les cimes

monte s’élève respire
emporte l’âme monte
se dilate se délivre
s’illumine
sur les cimes

monte monte la montagne
s’arrache gravit le vent
rejoint sa pointe
s’appuie des ailes

et s’enlève
jusqu’aux cimes
mais les cimes
en silence
descendent
toujours plus lentes glissent

descendent
s’éboulent s’écoulent
se fondent
dans la profondeur
se réjouissent de descendre
se perdre s’enfoncer
se diluer diminuer
disparaître
dans la douceur obscure
des pacages

où rejaillit une source
vers l’oubli.

(Jean Mambrino)

Illustration

 

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Tu seras de soleil (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2015



 

Tu seras de soleil.
Tu seras les milliers de regards
Humides au visage halluciné du cercle.
Mais voir
Il n’y a rien à voir.

Noeud de serpents, belle étoile marine
Tu rejailliras aux sources de ton coeur
Humblement.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

 

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A la grande chaleur (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2015



 

George Clair Tooker  1920-2011 - American Magic Realist painter - Tutt'Art@ (30) [1280x768]

A la grande chaleur

lorsque ceux qui ont passé les douleurs
se retrouvent face à face en haillons
vite ils se mettent nus
leur peau éblouie par le sang
ils se réchauffent à la grande chaleur

et c’est l’amour incroyable
bleu comme ton regard oublié
il rejaillit plus beau qu’autrefois
nous le buvons comme la vie

il guérit
des squames tombent de la plaie

(Martine Broda)

Illustration: George Clair Tooker

 

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