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Poésie

Posts Tagged ‘réjouir’

Manque à vivre (Bernard Dimey)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018


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Mon Dieu,
me voilà sans doute arrivé
à la fin de moi-même,
à deux pas de la fin, je le sens,
je le souhaite et j’en ai peur
et je m’en réjouis d’avance
comme d’un jouet
tout noir
inusable et superbe

(Bernard Dimey)

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Tu ne désespéreras pas (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



Tu ne désespéreras pas
Si je t’ai blessée
Ou si j’ai rejeté ton amour;
Il y a un amour plus grand que le mien
Qui te réconfortera
Qui posera sur toi des mains plus douces.
Je ne suis plus pour toi Amitié et Beauté;
Ton corps ne me réjouit plus,
Ni la splendeur de ta noire chevelure,
Mais je ne t’humilie pas;
Tu seras prise à nouveau avec douceur
Et réconfortée de tendre larmes;
Tu seras aimée suffisamment.

***

You shall not despair

You shall not despair
Because I have forsaken you
Or cast your love aside;
There is a greater love than mine
Which can comfort you
And touch you with softer hands.
I am no longer
Friendly and beautiful to you;
Your body cannot gladden me,
Nor the splendor of your dark hair,
But I do not humiliate you;
You shall be taken sweetly again
And soothed with slow tears;
You shall be loved enough.

(Dylan Thomas)

 

 

 

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Brusquement l’après-midi s’est éclaircie (Jorge Luis Borges)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 


Brusquement l’après-midi s’est éclaircie
parce que tombe déjà la pluie minutieuse.
Elle tombe et elle est tombée. La pluie est une chose
qui sans doute succède au passé.

Qui l’entend tomber a recouvré
le temps où la chance heureuse
lui a révélé une fleur appelée rose
et la curieuse couleur du colorado.

Cette pluie qui aveugle les vitres
réjouira dans des faubourgs perdus
les noirs raisins d’une vigne dans un certain
patio qui n’existe déjà plus. L’après-midi
mouillée m’apporte la voix, la voix désirée,
de mon père qui revient et qui n’est pas mort.

(Jorge Luis Borges)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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La nuit berce la forêt (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration: Marie Claude Lambert
    
la nuit berce la forêt
je cherche une chanson
nouvelle
qui réjouira les coeurs

***

Und es rauscht die Nacht so leise
Durch die Waldeseinsamkeit,
Und ich Sinn auf neue Weise,
Die der Menschen Herz erfreut.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Art poétique (Odilon-Jean Périer)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Illustration
    
Art poétique

Je fis ce masque pour mes frères
Avec l’or que j’avais volé
(Dieu des chanteurs, ami sévère)
A ma vieille sincérité.

Que leurs dédains m’ont réjoui !

– Toute ma vie agenouillée.
Un dieu s’y est épanoui
Comme une rivière emportée.

On peut revivre ! On peut se taire…

Ô éternité sans recours
Selon ta flamme solitaire
Ma lyre a dit ce mot d’amour.

(Odilon-Jean Périer)

 

 

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Entourée d’une nuée d’or (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018


nuée d'or

 

Les pleurs des retrouvailles, les étreintes
des retrouvailles, ton regard dans le sien:
je pourrai tout prédire et pour toi chanter
le destin du philtre d’amour

Mais maintenant aussi, jeune Fée, tu as la beauté,
même si tu es seule; et la fille des Muses se réjouit
et se nourrit de ton esprit
et du tendre chant de ton coeur.

Mais tout sera bien différent en son heureuse présence:
ton âme se reconnaîtra dans son regard immédiatement
Tu seras sereine, de ses yeux contemplée,
tu marcheras de nouveau entourée d’une nuée d’or

(Hölderlin)

 

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Fleur de grenadier (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Fleur de grenadier

Après le toréador Havradi, après les processions,
après les courses de taureaux, après les arrivages de la flotte d’Espagne,
ce que les habitants de Mexico aimaient le mieux,
c’était la danseuse Grenadilla.

Seigneurs, bourgeois, matelots, soldats,
tout le monde la connaissait, tout le monde l’admirait,
tout le monde la respectait,
et pourtant ce n’était qu’une pauvre danseuse des rues,
une fille du peuple qui ne connaissait même pas sa famille,
une bohémienne, une saltimbanque.
Mais quand cette bohémienne, cette saltimbanque,
se mettait à danser le fandango, il n’y avait pas de duchesse qui eût l’air plus noble,
la taille plus souple, les gestes plus fiers et plus gracieux que la Grenadilla.
Dès qu’elle paraissait, son tambour de basque ou ses castagnettes à la main,
la foule s’amassait autour d’elle, on faisait cercle,
on se disputait une place pour la voir danser.
Le directeur du théâtre avait voulu l’engager, mais sans succès.
La Grenadilla ne voulait pas être autre chose que la danseuse du peuple,
aussi le peuple l’adorait.
Malheur à celui que eût osé toucher seulement un cheveu de la Grenadilla!

[Mais on ne peut échapper au destin:]
Après trois mois de traversée, le vaisseau qui la portait [vers l’Europe] fit naufrage.
Le corps de Grenadilla fut porté par la vague sur le rivage d’Espagne.
La Fée aux Fleurs, qui se trouvait en ce moment dans ces parages pour surveiller le Jasmin,
recueillit le corps de Grenadilla et permit qu’à l’endroit où elle l’avait trouvé
s’élevât un magnifique bosquet de grenadiers
dont les fleurs et les fruits réjouissent la vue,
comme Grenadilla la récréait autrefois par sa beauté et ses talents.

(J.J. Grandville)

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En vérité (Karen Blixen)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



 

Illustration: Noèla Morisot
    
En vérité, la vue de ton portrait
me réjouit le coeur.
En vérité, je suis remplie de joie
quand j’entends prononcer ton nom
ou que je le prononce moi-même.

(Karen Blixen)

 

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Une étrange boutique (Umberto Saba)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2017



 

vieux livres

Une étrange boutique où l’on vend de vieux livres
donne sur une rue écartée de Trieste.
Les ors variés d’anciennes reliures
réjouissent les yeux errant sur les rayons.

C’est dans cet air que vit tranquille un poète.
Dans ce vivant tombeau des morts
il remplit sa tâche honnête et joyeuse,
songeant d’amour, inconnu, solitaire.

Mourir brisé d’une ferveur secrète,
tel est son voeu ; sur les écrits aimés
fermer ses yeux qui ont tant contemplé.

Ce qu’il n’a pas connu du temps ni de l’espace,
l’art le peignit pour lui de plus belles couleurs,
et le chant lui donna plus de douceur encore.

(Umberto Saba)

 

 

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SIMPLICITÉ (Jeanne Catania)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2017



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
SIMPLICITÉ

Amour
Laisse venir
La belle qui aime et réjouit
Facile
Simple

Le corps ouvre son sein
Son coeur se livre bien
Effleurer
Effeuiller
Effacer
Luise le soleil
Fleurissent les jonquilles
Éclairent les étoiles
Terre ô ciel
La paix descend
Femina
Éclat d’être
Une planète
Ouïr et jouir
Jouer et rejouer
Perdre et se perdre
Encore
Dédore l’infini rose
Abolies et polies
Toutes les faces à temps
Chantées
Les fables des amants
Osent rougir les sables
Où coulent les ciels bleus
Brûlent les parfums doux
Fondent les sels marins
Une plume vole
Vers l’horizon à court
Oh ! Il nous fuit déjà…

(Jeanne Catania)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

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