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Poésie

Posts Tagged ‘religion’

Religions (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



Le premier Adam n’a jamais su,
D’où était venue notre mère Ève…
Alors, il n’y avait ni Turc, ni Hindou,
Ni sang de la mère, ni semence du père.

Alors, il n’y avait ni vache, ni boucher,
Qui donc alors a ordonné d’abattre « Au nom de Dieu »
Alors il n’y avait ni dynastie, ni caste,
Ce paradis et cet enfer, d’où sont-ils donc venus?

Le mystère de l’esprit, nul ne le comprend,
Et dans leur égarement, ils parlent de deux religions!

(Kabîr)

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Proverbes de l’Enfer (3) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2018




    
Proverbes de l’Enfer (3)

Les Prisons sont bâties avec les pierres de la Loi,
les Bordels, avec les briques de la Religion.

L’orgueil du paon est la gloire de Dieu.

La lubricité du bouc est la munificence de Dieu.

La colère du lion est la sagesse de Dieu.

La nudité de la femme est le travail de Dieu.

L’excès de douleur rit, l’excès de joie pleure.

Le rugissement des lions, le hurlement des loups,
les fureurs de la mer démontée sont des morceaux d’éternité
trop grands pour l’oeil de l’homme.

Le renard accuse la trappe et non lui-même.

Les joies fécondent. Les douleurs enfantent.

Que l’homme revête la peau du lion, la femme,
la toison de la brebis.

Le nid à l’oiseau, la toile à l’araignée, à l’homme l’amitié.

Le sot égoïste et souriant et le sot sombre et soucieux
seront l’un et l’autre tenus pour sages,
afin qu’ils puissent servir à notre punition.

Ce qui est maintenant prouvé, ne fut autrefois qu’imaginé.

Le rat, la souris, le renard, le lapin regardent les racines ;
le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent les fruits.

La citerne contient ; la fontaine déborde.

Une seule pensée emplit l’immensité.

Sois toujours prêt à dire ta pensée, l’homme servile t’évitera.

Tout ce qu’il est possible de croire est l’image de la vérité.

L’aigle jamais ne perdit plus de temps
qu’à suivre les leçons de la corneille.

***

Prisons are built with stones of Law, Brothels with bricks of Religion.
The pride of the peacock is the glory of God.
The lust of the goat is the bounty of God.
The wrath of the lion is the wisdom of God.
The nakedness of woman is the work of God.
Excess of sorrow laughs. Excess of joy weeps.
The roaring of lions, the howling of wolves, the raging of the stormy sea, and the destructive sword, are portions of eternity too great for the eye of man.
The fox condemns the trap, not himself.
Joys impregnate. Sorrows bring forth.
Let man wear the fell of the lion. woman the fleece of the sheep.
The bird a nest, the spider a web, man friendship.
The selfish smiling fool, & the sullen frowning fool shall be both thought wise, that they may be a rod.
What is now proved was once only imagin’d.
The rat, the mouse, the fox, the rabbet; watch the roots; the lion, the tyger, the horse, the elephant, watch the fruits.
The cistern contains: the fountain overflows.
One thought fills immensity.
Always be ready to speak your mind, and a base man will avoid you.
Every thing possible to be believ’d is an image of truth.
The eagle never lost so much time, as when he submitted to learn of the crow.

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Je m’apaise enfin (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018


 


 

Nicole Helbig (16)

Je m’apaise enfin.
Tout ce qui était vestiges et déchets disparaît de mon âme, comme si cela n’avait jamais existé.
Me voici seul et paisible.
L’heure que je traverse est semblable à celle qui me verrait me convertir à une religion.
Rien cependant ne m’attire vers le haut, même si rien ne m’attire plus vers le bas.
Je me sens libre, comme si j’avais cessé d’exister et que j’en aie cependant conscience.
Je m’apaise, oui, je m’apaise.
Un calme profond, aussi doux qu’une chose inutile, descend jusqu’au tréfonds de mon être.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Nicole Helbig

 

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Voici la forme féminine (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2018




Voici la forme féminine,
Elle exhale de la tête aux pieds un rayonnement divin,
Elle attire d’une ardente, d’une indéniable attirance,
Son haleine m’aspire comme si je n’étais qu’une vapeur sans poids,
tout s’efface excepté moi et elle,
Livres, art, religion, temps, la terre visible et solide,
et ce qu’on attendait du ciel ou redoutait de l’enfer,
tout cela maintenant, s’est consumé,
Des filaments fous, d’irrésistibles jaillissements sortent d’elle
la réponse de même irrésistible,
Chevelure, poitrine, hanches, souplesse des jambes,
mains nonchalantes qui retombent en s’égarant,
les miennes s’égarant trop,
Reflux mordu par le flux et flux mordu par le reflux,
chair d’amour qui se gonfle et délicieusement a mal,
Jets d’amour sans limites, limpides et chauds, énormes,
tremblante gelée d’amour, blanche éclosion, suc en délire,
Nuit du nouveau marié travaillant sûrement et doucement
dans l’aube étale,
Ondulant dans le jour qui consent et cède,
Perdu dans la fente du jour dont l’étreint l’odorante chair.

(Walt Whitman)

Illustration: Théodore Chassériau

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Tout le monde n’est pas obligé de comprendre (Marguerite Yourcenar)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Gao Xingjian -2011

Tout le monde n’est pas obligé de comprendre, ni tout le temps.
Il y a des domaines, comme la religion ou la poésie,
qui doivent rester obscurs.
Ou éblouissants, ce qui revient au même.

(Marguerite Yourcenar)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Le test d’une bonne religion (Gilbert Keith Chesterton)

Posted by arbrealettres sur 26 mars 2018



Illustration
    
Le test d’une bonne religion
est de savoir si vous pouvez faire
des plaisanteries à son sujet.

(Gilbert Keith Chesterton)

 

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Il est des gens qui discutent sur la religion (Omar Khayam)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



    

Il est des gens qui discutent sur la religion.
D’autres hésitent entre le doute et la certitude.
Un héraut surgira à l’improviste et dira:
“Ignorants, le chemin n’est ni celui-ci ni celui-là!”

(Omar Khayam)

 

 

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Être le familier (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Être le familier de ce qui ne se produira pas,
dans une religion, une insensée solitude,
mais dans cette suite d’impasses sans nourriture
où tend à se perdre le visage aimé.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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Proverbes de l’Enfer (4) (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Illustration
    
Proverbes de l’Enfer (4)

Le renard pourvoit à ses besoins,
mais Dieu pourvoit aux besoins du lion.

Pense le matin. Agis à midi. Mange le soir. Dors la nuit.

Celui-là te connaît bien qui te laissa lui en imposer.

De même que la charrue obéit à la parole,
Dieu récompense les prières.

Les tigres de la colère sont plus sages
que les chevaux de l’instruction.

Attends de l’eau qui dort du poison.

Tu ne sauras jamais ce qui suffit
si tu ignores ce qui est plus que suffisant.

Prête l’oreille au blâme du sot : c’est un privilège royal !

Les yeux des flammes, les narines de l’air,
la bouche des eaux, la barbe de la terre.

Celui dont le courage est faible trouve la force dans la ruse.

Jamais le pommier ne demande au hêtre comment croître,
ni le lion au cheval comment saisir sa proie.

Qui reçoit avec gratitude, porte une abondante moisson.

Si d’autres n’avaient été stupides, il nous faudrait l’être.

L’âme de la joie délicieuse ne peut être souillée.

Lorsque tu vois un Aigle, tu vois un morceau de Génie :
lève la tête !

De même que la chenille choisit les plus belles feuilles
pour y déposer ses oeufs, le prêtre dépose ses malédictions
sur nos plus belles joies.

Créer une petite fleur est le travail des âges.

Maudire excite. Bénir détend.

Le meilleur vin est le plus vieux,
l’eau la meilleure est la plus fraîche.

Les prières ne labourent pas !
Les louanges ne moissonnent pas !

Les joies ne rient pas ! les chagrins ne pleurent pas !

***

The fox provides for himself. but God provides for the lion.
Think in the morning. Act in the noon. Eat in the evening. Sleep in the night.
He who has suffer’d you to impose on him knows you.
As the plow follows words, so God rewards prayers.
The tygers of wrath are wiser than the horses of instruction.
Expect poison from the standing water.
You never know what is enough unless you know what is more than enough.
Listen to the fools reproach! it is a kingly title!
The eyes of fire, the nostrils of air, the mouth of water, the beard of earth.
The weak in courage is strong in cunning.
The apple tree never asks the beech how he shall grow; nor the lion, the horse, how he shall take his prey.
The thankful reciever bears a plentiful harvest.
If others bad not been foolish, we should be so.
The soul of sweet delight can never be defil’d.
When thou seest an Eagle, thou seest a portion of Genius. lift up thy head!
As the catterpiller chooses the fairest leaves to lay her eggs, so the priest lays his curse on the fairest joys.
To create a little flower is the labour of ages.
Damn braces: Bless relaxes.
The best wine is the oldest, the best water the newest.
Prayers plow not! Praises reap not!
Joys laugh not! Sorrows weep not!

(William Blake)

 

Recueil: William Blake
Traduction: Georges Bataille
Editions: Fata Morgana

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Amoureux (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    
Amoureux, ô amoureux.
L’amour est ma religion car j’ai vu le visage de l’Ami,
et toute peine, depuis, est fanfare des noces.

Le feu d’amour a ravagé ce que j’étais,
et désormais – les autres s’en étonnent –
j’ai délaissé, n’y croyant plus,
les exercices et les pratiques de ma foi.

Mort et brûlé,
mes cendres dispersées crieraient encore
qu’elles ne désirent que toi.

(Younous Emré)

 

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