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Poésie

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LE ROUGE-GORGE (Yvon Givert)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



LE ROUGE-GORGE

Le rouge-gorge prend du ventre
Il a mis sa voix d’or dans son gousset
Il se regarde chanter à l’intérieur
comme un prêtre dans une église vide
personne ne le remarque
si ce n’est une pie qui lisse ses manchettes
en attendant de lui voler ses sous

(Yvon Givert)

 

 

 

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Passe un papillon devant moi (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



Passe un papillon devant moi
Et pour la première fois dans l’Univers je remarque
Que les papillons n’ont pas plus de couleur que de mouvement,
De même que les fleurs n’ont pas plus de parfum que de couleur.
C’est la couleur qui a de la couleur sur les ailes du papillon,
Dans le mouvement du papillon c’est le mouvement qui se meut,
C’est le parfum qui a du parfum dans le parfum de la fleur.
Le papillon, est, sans plus, papillon,
Et la fleur, fleur, sans plus.

(Fernando Pessoa)

Illustration: ArbreaPhotos

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Vers le milieu l’après-midi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018




    
Vers le milieu l’après-midi, un silence s’est fait partout dans le pré.
Le ciel soudain a pâli comme quelqu’un qui on vient d’annoncer une mort.
Il n’y avait plus rien. Et puis tout s’est rallumé.

C’est quelque chose qui arrive très souvent,
vers le milieu de l’après-midi.
On ne le remarque guère.

Il faut être prisonnier ou malade,
ou assis devant une table, en train d’écrire, pour s’en apercevoir :
l’étoffe du jour est trouée.

Par les trous on voit le diable
— ou, si vous préférez ce mot plus
calme : le néant.

Il y a un instant où le monde est laissé seul.
Abandonné.

C’est comme si Dieu retenait son souffle.
Un intervalle de néant entre deux domaines de la lumière

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

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Celui qu’on ne remarque pas (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



 

Christiane Vleugels -  _15

Celui qu’on ne remarque pas

J’aurai connu ce bonheur-là.
Cette joie, solide et pleine, qui ne parle pas,
ne dit pas son nom, ne fait pas les gros bras.
J’aurai connu ce bonheur-là,
celui qui passe sans qu’on le comprenne.
Celui qu’on oublie, qu’on ne remarque pas,
ou trop tard, ou à peine.

(Thomas Vinau)

Illustration: Christiane Vleugels

 

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Il n’y a qu’une vérité (Adayashanti)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Il n’y a qu’une vérité
Et en la recherchant
Dans une forêt de questions
Faites attention à ne pas vous heurter à un arbre.
Vous êtes comme l’habitant des bois
Qui cherche la forêt.
Que puis je y faire ?
Avez-vous déjà remarqué
Que vous cherchiez Dieu
Avec ses yeux ?

(Adayashanti)

Illustration: Carry Akroyd

 

 

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L’ENFANT (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



 

L’ENFANT

A quoi jouait-il cet enfant ?
Personne n’en sut jamais rien
On le laissait seul dans un coin
Avec un peu de sable blanc

On remarquait bien, certains jours,
Qu’il arquait les bras tels des ailes
Et qu’il regardait loin, très loin,
Comme du sommet d’une tour.

Mais où s’en allait-il ainsi
Alors qu’on le croyait assis ?
Lui-même le sut-il jamais ?

Dès qu’il refermait les paupières,
Il regagnait le grand palais
D’où il voyait toute la mer.

(Maurice Carême)

Illustration: Agim Sulaj

 

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SOLEIL PÂLE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
SOLEIL PÂLE

De pâles rayons brillent
Nourrissant quelques fleurs
Ficaires pâquerettes et puis ce brin de vert
Sur l’aubépine
De la haie jonchée de feuilles mortes

Ces hérauts disent
Que le printemps vient à grands pas
Et l’écolier qui les remarque
Gaspille une heure buissonnière
Contre la vieille haie du clos

Cueillant les pâquerettes
Et les fleurs de ficaire
Heureux du renouveau et de tout ce qu’il voit
Il ouvre son manuel
Pour y cacher ses fleurs

Les ombres accusées
Noires au pâle soleil
Gisent le long du jour blafard
Telles de noires souches sous les haies
Et sous les arbres nus que le vent berce

Il fait glacial mais bon —
Au fond de la haie qu’ourle
Une brune litière de feuilles mortes laissées
Par la saison dernière
La fauvette patiente

Tremblant de l’aile et gazouillant
Sa bienvenue aux pâles rayons
Qui percent — et là, plus loin
Fait de mousse verte
Le nid se montre avec ses oeufs bleu vert

Tout promet le printemps et chaque jour
De vertes et de plus vertes haies
Auprès comme au loin apparaissent
Ce n’est que Mars pourtant
Oui mais ce Mars c’est le printemps

***

THE PALE SUN

Pale sunbeams gleam
That nurtur a few flowers
Pilewort & daisey & a sprig o’ green
On whitethorn bushes
In the leaf strewn hedge

These harbingers
Tell spring is coming fast
& these the schoolboy marks
& wastes an hour from school
Agen the old pasture hedge

Cropping the daisey
& the pilewort flowers
Pleased with the Spring & all he looks upon
He opes his spelling book
& hides her blossoms there

Shadows fall dark
Like black in the pale sun
& lye the bleak day long
Like black stock under hedges
& bare wind rocked trees

Tis chill but pleasant —
In the hedge bottom lined
With brown seer leaves the last
Year littered there & leftt
Mopes the hedge sparrow

With trembling wings and cheeps
Its welcome to pale sunbeams
Creeping through — & further on
Made of green moss
The nest & green-blue eggs are seen

All token spring & everyday
Green & more green hedges & close
& everywhere appears —
Still tis but March
But still that March is Spring

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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Si vous êtes poète (Thich Nhat Hanh)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2017



    

Si vous êtes poète, vous remarquerez certainement
le nuage qui flotte sur cette feuille de papier.

Sans nuage, il n’y aurait pas de pluie;
et sans arbres, nous ne pourrions pas fabriquer de papier.

Le nuage est nécessaire au papier:
s’il n’existait pas,
la feuille de papier
n’existerait pas non plus.

(Thich Nhat Hanh)

 

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Dans la pleine clarté du jour (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



 

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dans la pleine clarté du jour
personne ne remarque
le ver luisant

(Abbas Kiarostami)

Illustration

 

 

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CAUSETTE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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CAUSETTE

Le jour meurt au ras des guérets
Et son parfum dernier embaume.
La belle Lison prend le frais
Au seuil de la maison de chaume ;
Pierre, un gâs qu’elle a remarqué
Parmi ceux qui s’approchent d’elle,
Revient des champs, bien fatigués :
“ Holà !  » dit la belle.

Holà ! Monsieur Pierre, bonsoir !
Vous rentrez des champs de bonne heure ;
Venez donc un brin vous asseoir
Sur mon banc, devant ma demeure.
– Ma foi ! ça n’est pas de refus;
Je suis si las, mademoiselle,
Que mes pieds ne me portent plus !
– Ah ! Ah ! dit la belle.

Mais, faisons la causette un peu ;
Connaissez-vous quelque nouvelle ?
– Rien du tout, du tout, hormis que
Vous êtes toujours la plus belle !
Les raisins sont-ils bien rosés ?
– Oui !… mais moins doux, Mademoiselle,
Que doivent être vos baisers !
– Chut ! Chut ! dit la belle.

Car le monde, à cette heure-ci,
Du fin tond des labours remonte ;
S’il entendait parler ainsi
Il jaserait sur notre compte.
Lors, dit en soupirant le gâs,
Comment faire, Mademoiselle,
Pour que les gens n’entendent pas ?
– Rentrons !… dit la belle.

(Gaston Couté)

Illustration: Daniel Gerhartz

 

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