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Posts Tagged ‘remord’

Serment (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Gabriel Bonmati  (28)

Serment

O poète trop prompt à te laisser charmer,
Si cette douce enfant devait t’être ravie,
Et si ce coeur en qui tout le tien se confie
Ne pouvait pas pour toi frémir et s’animer ?

N’importe ! ses yeux seuls ont su faire germer
Dans mon âme si lasse et de tout assouvie
L’amour qui rajeunit, console et purifie,
Et je devrais encor la bénir et l’aimer.

Heureux ou malheureux, je lui serai fidèle ;
J’aimerai ma douleur, puisqu’elle viendra d’elle
Qui chassa de mon sein la honte et le remord.

Vierge dont les regards me tiennent sous leurs charmes,
Si tu me fais pleurer, je bénirai mes larmes ;
Si tu me fais mourir, je bénirai la mort !

(François Coppée)

Illustration: Gabriel Bonmati

 

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Peut-être que ce qui fut (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Peut-être que ce qui fut, une seule fois,
la vie d’un homme

ne disparaît pas tout à fait, peut-être
que la terre garde en mémoire

la forme, la figure impalpable
de ceux qui s’en vont

qu’elle dérobe seulement leur image
à la corruption de l’air

les blessures ne guérissent pas, les remords
durent encore et les mensonges

mais une couche de silence
les recouvre

tout s’apaise
dans la profondeur.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai vu ces songeurs, ces poètes (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



    

J’ai vu ces songeurs, ces poètes,
Ces frères de l’aigle irrité.
Tous montrant sur leurs nobles têtes
Le signe de la Vérité.

Et près d’eux, comme deux statues,
Qui naquirent d’un même effort,
Se tenaient, de blancheur vêtues.
Deux vierges, la Vie et la Mort :

Mais enfin la compagne sûre
Venait ; la radieuse Mort
Lavait tendrement la blessure
De leurs seins exempts de remord.

Ainsi que les mères farouches
Qui sont prodigues du baiser,
Elle les baisait sur les bouches,
Doucement, pour les apaiser.

(Théodore de Banville)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Les souvenirs qui dansent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



visage-blanc-et-noir

Les souvenirs qui dansent
La Solitude de l’oubli

La rature d’un remord
Ce qui sourit seulement

L’obscur et le clair se jouent
aux lucarnes du hasard

(Georges Bonnet)

 

 

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Les cascades (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Les cascades

Dans la nuit, la cascade a volé
Notre ville, emporté notre plaine
Et vendu sans remords — sacs de blé
Qui pleuraient — nos enfants par douzaines.

Au matin, la cascade arracha
Nos épaules, noya nos pensées,
Puis jeta notre verbe à des chats
Comme un os aux étoiles blessées.

A midi, la cascade rapporte
L’horizon, trois pays, cent faubourgs
Trop souvent parcourus, la cohorte
Des lépreux tolérés sans amour.

A l’instant, la cascade nous force
D’accueillir tous nos songes vidés,
Nos visages perdus, notre torse,
Notre oubli, chaque mot suicidé.

(Alain Bosquet)

Illustration: Octavio Ocampo

 

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La pierre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2015



 

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La pierre

Devant la pierre abandonnée
Fleurie de quelques fleurs fanées,
Juste une croix qui déchire le vent,
Mes souvenirs sont les seuls survivants,
Juste une croix qui déchire le vent,
Mes souvenirs sont les seuls survivants.

Combien faudra-t-il de prières
Devant la pierre au cœur de pierre
Pour éveiller une âme qui s´est tue
Dans l´éternel silence des statues,
Pour éveiller une âme qui s´est tue
Dans l´éternel silence des statues?

Mais rien ne peut plus ranimer
Les cendres mortes et enfermées.
Dessous la pierre nue comme la mort,
Tendre d´amour, plus lourde qu´un remord,
Dessous la pierre nue comme la mort,
Tendre d´amour, plus lourde qu´un remord.

Devant la pierre…

(Georges Moustaki)

Illustration

 

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Malheur à moi (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2015



 

Aaron Westerberg  (7)

Malheur à moi

Malheur à moi ! je ne sais plus lui plaire ;
Je ne suis plus le charme de ses yeux ;
Ma voix n’a plus l’accent qui vient des cieux,
Pour attendrir sa jalouse colère ;
Il ne vient plus, saisi d’un vague effroi,
Me demander des serments ou des larmes :
Il veille en paix, il s’endort sans alarmes :
Malheur à moi !

Las de bonheur, sans trembler pour ma vie,
Insoucieux, il parle de sa mort !
De ma tristesse il n’a plus le remord,
Et je n’ai pas tous les biens qu’il envie !
Hier, sur mon sein, sans accuser ma foi,
Sans les frayeurs que j’ai tant pardonnées,
Il vit des fleurs qu’il n’avait pas données :
Malheur à moi !

Distrait d’aimer, sans écouter mon père,
Il l’entendit me parler d’avenir :
Je n’en ai plus, s’il n’y veut pas venir ;
Par lui je crois, sans lui je désespère ;
Sans lui, mon Dieu ! comment vivrai-je en toi ?
Je n’ai qu’une âme, et c’est par lui qu’elle aime :
Et lui, mon Dieu, si ce n’est pas toi-même,
Malheur à moi !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Aaron Westerberg

 

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