Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rempli’

De quelle fête (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




    
De quelle fête en pauvreté nous approchons-nous,
De quel matin empli de larmes et de lumière,
De quel soleil
Tandis que le vent de la nuit
Peine à trouver
Entre nos mains remplies
Le moindre passage
Pour consoler en nous
L’enfant perdu de la promesse ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’unité ou la déchirure (Françoise Hàn)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018



L’unité ou la déchirure

Depuis qu’ils ne comprennent
plus le langage des bêtes
il leur faut articuler
des mots sur la pierre
taillée
sur la cassure
d’avec les éléments
sur la blessure

des mots qui contiennent
assez de terre et d’eau
d’air et de feu
interstitiels
pour refaire un monde

articulé sur la faille
que ne combleront jamais
les sédiments
les forêts ensevelies
les civilisations

un monde seulement humain
exclu de la résonance
première
mais rempli d’images de lueurs
qui bougent sur la paroi

parfois elle vacille

(Françoise Hàn)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration: Franck Gervaise

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Lumière (Shiroyasu Suzuki)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018


trou-noir-426068

J’ai appris quelque chose d’intéressant aujourd’hui
La lumière sans objet réflecteur n’éclairerait pas
L’espace même rempli de lumière
Sans objet réflecteur ne serait que ténèbres
Alors
Que paraisse ombre noire l’au-delà du ciel étoilé
En réalité ce serait un espace plein de lumière
Pourquoi voudriez-vous qu’on n’en parle pas?
Moi j’en tire de l’eau à ma rizière
Ces ténèbres aussi débordent de lumière
Oh! Objet réflecteur Toi
Toi Quand
Viendras-tu près de moi apporter la preuve de
L’existence réelle de la lumière?

(Shiroyasu Suzuki)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les mains (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018


grain00

Les mains ne quitteront le poème
qu’une fois remplies d’embruns, de grains.

(Pierre Dhainaut)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Attendre l’autobus (Pierre Thiry)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018




    
Attendre l’autobus ça prend du temps
On contemple la rue déserte, rempli d’espoir.
Un moteur, est-ce lui ? Non c’est un Solex noir,
Tant pis, il arrivera peut-être au printemps.

(Pierre Thiry)

 

Recueil: Sansonnets un cygne à l’envers
Traduction:
Editions: BOOKS ON DEMAND

Posted in humour, méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y a de l’eau (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



Il y a de l’eau sous l’écorce
de nos années trahies
comme des champs abandonnés !

Quel courage faut-il
pour songer à la récolte ?

Le rêve de l’eau
est rempli d’épis de blé.

(Edmond Jabès)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encor pleine ;
Puisque j’ai dans tes mains posé mon front pâli ;
Puisque j’ai respiré parfois la douce haleine
De ton âme, parfum dans l’ombre enseveli ;

Puisqu’il me fut donné de t’entendre me dire
Les mots où se répand le coeur mystérieux ;
Puisque j’ai vu pleurer, puisque j’ai vu sourire
Ta bouche sur ma bouche et tes yeux sur mes yeux ;

Puisque j’ai vu briller sur ma tête ravie
Un rayon de ton astre, hélas ! voilé toujours ;
Puisque j’ai vu tomber dans l’onde de ma vie
Une feuille de rose arrachée à tes jours ;

Je puis maintenant dire aux rapides années :
– Passez ! passez toujours ! je n’ai plus à vieillir !
Allez-vous-en avec vos fleurs toutes fanées ;
J’ai dans l’âme une fleur que nul ne peut cueillir !

Votre aile en le heurtant ne fera rien répandre
Du vase où je m’abreuve et que j’ai bien rempli.
Mon âme a plus de feu que vous n’avez de cendre !
Mon coeur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli !

(Victor Hugo)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



UNE JOURNÉE BIEN REMPLIE
(Extraits)

Beauté, ce grand espace tout noir
Où l’homme s’avance les yeux fermés
Un bouquet de coquelicots jeté sur l’épaule
Ce mauvais air qu’on souffle sur les âmes
Le bruit des songes qui épouvante le monde
Jamais ne me feront oublier, Beauté,
Ton regard trop brillant, ta gorge blanche, tes bras.
La terre me retient d’une main tremblante
Car la mort est un dur voyage pour l’homme seul
Quand Dieu se fait vieux
Et n’est plus fidèle aux rendez-vous qu’il donne.
Déjà le radeau de la chance se soulève
Le vent de la chance tourne
L’abîme me prend par le bras, l’abîme
Me fait la courte échelle pour toucher
L’enclume des batailles luisante d’usure
Au fond du ciel tout bleu dans son auge
Dans sa perfection de ciel distrait et pur
Qui perd comme un gant une saison pour une autre.

Encore un peu de sang
Et la première violette charbonne
Sur l’obscure patience des forçats
Porteurs de chaînes dans le matin d’été
Lâchant leur salive noire entre deux jurons
La résine tiède des lèvres
Une goutte et puis une goutte encore
Dans la morsure du fer
Une goutte entre les dents de la lime
Une goutte pour creuser les ténèbres.
Il donne encore un peu de sang
Une goutte et puis une autre goutte
Pour étouffer la poussière d’orage
Qu’on avale à la fin d’un long jour de feu
Et la vie se démène autour des chevilles nues
Le soleil rit dans les montagnes pleines de pavots jaunes
Au-delà des mauvaises herbes où brillent
Les outils, les colonnes du silence.
Donne encore un peu de sang
Et cela fera une journée bien remplie.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il a su toucher mon coeur (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Il a su toucher mon coeur
ou Les Deux jumeaux

1
L’autre soir j’ai rencontré
Un séduisant jeune homme
Et nous avons folâtré
Et dégusté la pomme
Dans le lit que j’étais bien!
Car le lit c’était le sien.

Refrain 1
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et j’aimais déjà la saveur
De ses lèvres
Au bout d’un petit instant
Un instant
Qui dura longtemps
Mais qui me parut trop rapide
Il me quitta d’un air languide
Pour aller se laver les mains
Tout près, dans la sall’ de bains.

2
Peu après il est rentré
Tout rempli de courage
Et il a recommencé
Plein de coeur à l’ouvrage
Car douze fois dans la nuit
La même chose il refit.

Refrain 2
Il avait su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Et je garde encor la saveur
De ses lèvres
Mais le lendemain matin
Du festin
Sur le traversin
Je vis qu’il y avait trois têtes
Et je compris toute la fête
C’était tour à tour deux jumeaux
Qui s’étaient donné le mot.

3
J’ai gardé ces deux chameaux
Ne sachant lequel prendre
Maint’nant j’aim’ les deux jumeaux
Qui sav’nt bien me le rendre
Et je cherche chaque nuit
Si c’est l’autre ou si c’est lui.

Refrain 3
Car ils ont su toucher mon coeur
Tout en fièvre
Il me faut toujours la saveur
De leurs lèvres
L’un à l’autre fait pendant
C’est charmant
Mais c’est fatigant
Je me demande très anxieuse
Quel serait mon sort d’amoureuse
Si leur mère mieux stimulée
Avait fait des quintuplés.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Monsieur le chef de gare… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Monsieur le chef de gare…
Biguine

1
Monsieur le chef de gare
Siffle comme un oiseau
L’oiseau s’envole en haut
Le train part dare-dare.

2
Quand un train sur sa voie
Rencontre un autre train
Il serre un peu les freins
Et siffle plein de joie.

3
Et moi, quand Joséphine
Trottine devant moi,
Rempli d’un doux émoi
Je siffle la coquine.

4
Quand je danse avec elle
Mille sifflets soudain
Roulent dans le lointain
Comme des hirondelles.

5
Et depuis, à chaque heure,
J’évoque son reflet
Qui coupe mon sifflet
Comme un fil dans du beurre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »