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Poésie

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Quand je marche dans la lumière (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Quand je marche dans la lumière
je marche dans du très bien
de tous les côtés
quand la lumière devient noire
je marche dans du je ne veux pas
je remue dans du non très non
j’entre dans du fermé
et je ne peux pas dire non
au grand NON

c’est ainsi
clair et noir
sont sourds

(Pierre Albert-Birot)


Illustration: Gilbert Garcin

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Eté (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

Albert Pinkham Ryder  6 [1280x768]

Eté

Le clair soleil d’avril ruisselle au long des bois.
Sous les blancs cerisiers et sous les lilas roses
C’est l’heure de courir au rire des hautbois.

Vos lèvres et vos seins, ô les vierges moroses,
Vont éclore aux baisers zézayants du zéphyr
Comme aux rosiers en fleur les corolles des roses.

Déjà par les sentiers où s’étouffe un soupir,
Au profond des taillis où l’eau pure murmure,
Dans le soir où l’on sent le sommeil s’assoupir,

Les couples d’amoureux dont la jeunesse mûre
Tressaille de désir sous la sève d’été
S’arrêtent en oyant remuer la ramure

Et hument dans l’air lourd la langueur du Léthé.

(Stuart Merrill)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

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La lumière universelle (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    La lumière universelle
Tire du ciel vaporeux
D’immuables étincelles
Pour les déserts bienheureux
Par une splendeur seconde
Le ciel tranquille féconde
Toutes les formes du jour
L’arbre éclate, se balance
Et jusque dans le silence
Remue un sonore amour

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Avenue Léon Gaumont (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Avenue Léon Gaumont

Le périph gémit

Sur la face glacée des immeubles
Les vitres ont confisqué
Le ciel

Les gens vont et viennent
Enveloppes vides
Remuant la poussière

Un petit vent en maraude
Me balaie

Je vais tenter de vivre

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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LE GARÇON BOUCHER (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



Illustration: Alfred Boucher
    
LE GARÇON BOUCHER

Toujours te sourire,
Jamais te toucher,
Tu me rendras pire
Qu’un garçon boucher!

Apprends qui je suis,
Sache qu’en dormant
J’égorge, la nuit,
Cette femme enfant

Qui est dans tes yeux,
Qui penche la tête,
Je tords ses cheveux,
Je trahie une bête

Vague, blanche et nue,
Grande comme toi,
Quand elle remue
J’enfonce tout droit

Le couteau joyeux,
Le couteau rageur,
Je le sens heureux
D’aller dans ton cœur.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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SI JAMAIS (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019



    

SI JAMAIS

Dis si jamais je reverrai
— Jamais! — la fille balancée
Par la mer Méditerranée,

La longue forme confondue
Avec l’eau bleue qui la remue
Et le soleil multiplié;

Crinière humide sur le sable,
Jambes ouvertes au ciel pur,
Grande, enfantine, insaisissable,

Combien de jours aux blancs nuages,
Combien de nuits auront passé,
Et dans ses yeux quelles images?

Vais-je garder, inépuisé,
Le goût de sel de ces baisers
Sur tout son corps, après la nage?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les mains n’ont pas une place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration
    
Les mains n’ont pas une place.
Le corps n’en a pas non plus
et même la pensée en est peut-être privée.

Mais les mains s’avancent
et cherchent à trouver la pensée
afin d’installer ensemble
l’espace d’une nouvelle conjonction.

Les mains alors cessent
de remuer le monde
et trouvent le lieu de l’attente.

Chaque chose ne peut attendre
que d’un unique lieu.

***

Las manon no tienen un lugar.
Tampoco lo tien el cuerpo
y quizá ni el pensamiento lo tien.

Pero las manos se adelantan
y van a buscar al pensamiento
para instalar juntos
el espacio de una nueva conjunción.

Las manon dejan entonces
de revolver el mundo
y hallan el sitio de la espera.

Cada cosa sólo puede esperar
desde un único sitio.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

Le soir sous la lune
Nous avons des ébats que même la lune
Ne voit pas.
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois.

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
… lutins remuants! Les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je crus mon foyer éteint (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Je crus mon foyer éteint
et je remuais la cendre…
Je me brûlai la main.

(Antonio Machado)

 

 

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DE BACCHUS ET ARIANE (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
DE BACCHUS ET ARIANE

Quelqu’un dit : « Appelle-moi
même au coeur de la nuit »

et maintenant à partir de sa voix
je suis dans ce coeur-là

vrai soleil noir

d’où distraite à ma table

je ne l’appelle pas puisqu’il est déjà là
manquant à chaque instant avec force et douceur

il dit : « l’absence »
il dit : « la semaine a passé
comme une année »

et moi j’écoute quand il parle
émerveillée sur cette plage
cailloux remués par la vague

on ne voit presque aucun paysage
soleil noir lumière d’or
cailloux bougeant
à chaque fois dans la vague

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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