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Poésie

Posts Tagged ‘renaître’

Le feu la flamme (Max-Pol Fouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


 

l’homme et la femme
l’os et la chair

Tout âtre est théâtre
Y jouent les deux acteurs
unis par un seul destin
brûler disparaître renaître
tout âtre est un être

(Max-Pol Fouchet)

 

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Jardin de la Rencontre (Marianne Dubois)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Jardin de la Rencontre

TU ES LA

Est-ce la folie qui me conduit vers l’impossible ?

Non, c’est une tendre évidence.

Je te reconnais, je te vois, tu es l’Amour de mon âme,
la lumière de ma vie.
Tu marches dans mon coeur comme tu marches en ce jardin
et la trace de tes pas dessine tant d’Amour
que le monde entier ne peut le contenir.

Tu t’approches de moi, mais ton regard est si doux et si fort
que je meurs en toi pour renaître en sa clarté.

Tu es VIVANT. Tu es mon cri, ma liberté, mon Amour.

Tu es là, tu étanches ma soif, MAINTENANT et pour l’éternité.
Tu me dis, je suis là, je suis ta soif et la Source Infinie.

Tu me dis, je ne meurs jamais, je suis la racine de ton coeur
et de tous les coeurs sur la terre lorsqu’ils s’éveillent à la beauté.

Tu me dis tout cela et ta voix me remplit comme un fleuve de feu,
comme une aube naissante et radieuse.

Tu me remplis de ta Présence, toi le Bien-Aimé divin
et la joie qui me soulève, soulève la terre et grandit jusqu’aux étoiles.

Comment le dire, oser y croire, le faire savoir ?

C’est trop intime, c’est trop immense, trop de pleurs,
trop de douceur et pourtant c’est l’océan tout entier qui balaie les résistances, emporte les barrages.
Peut-être une fleur, un oiseau, un coquillage pourra le dire bien mieux dans son langage.

Je n’ai pas de mots, je n’ai pas d’image, je n’ai rien pour le dire
et pourtant je voudrais le proclamer, le faire éclater avec le jour,
avec la nuit, avec la vie, avec cette joie qui jaillit de toute part.
Tu es là, tu rayonnes en secret et transfigures le monde.

En toi j’abandonne le fardeau de vouloir être ou ne pas être.
En toi je lâche les amarres et me voici perdue et retrouvée
au coeur battant d’un univers qui se crée sans limite et toujours au présent ;
un univers qui explose et se multiplie, terrassé de lumière,
un univers de feu embrasé de liberté.

Tu rayonnes partout, graine de soleil, semence d’infini,
désert étincelant calciné par l’Amour.

Je te vois, je te vis.
C’est si simple et je ne le savais pas.

(Marianne Dubois)

Illustration: William Bouguereau

 

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Chaque jour renaître (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2022




    
chaque jour renaître ouvrir les volets
au jardin jeter une poignée de graines
la part de la terre
la part des oiseaux
et attendre ce qui est à venir

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions:NOTAB/LIA

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Herbe (Bai Juyi)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2022



Illustration: He Zhihong
    
Herbe

L’herbe verte et abondante qui pousse dans la plaine,
Chaque année flétrit, puis renaît.
Le feu ardent ne peut l’anéantir,
Elle repousse toujours avec le vent printanier.
Son parfum exhale sur les vieux chemins,
Sa couleur verdoyante s’étend jusqu’aux ruines de la ville.
Un nouvel adieu aux amis qui repartent,
Même l’herbe luxuriante renferme la douleur de la séparation.

***

(Bai Juyi)

Recueil: Poèmes de Chine de l’époque dynastique des Tang
Traduction: Guillaume Olive & He Zhihong
Editions: Seuil

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À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol (José Àngel Valente)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022




À PRÉSENT tu n’as plus, mon coeur, ce vol
qui t’emportait vers les plus hautes cimes.

Tu bats, rampant, parmi les feuilles sèches
du jaune automne.

Et jusqu’à quand dans ta secrète larve ?

Renaîtras-tu dans le matin
pour respirer le froid de l’air
où il y a un oiseau ?
L’entends-tu ?

Il chante tout en haut, sur les cimes
comme toi, comme alors.

Tu n’es qu’un battement réfugié dans l’obscur.

À cet oiseau que tu as été tu dédies ce chant.

***

AHORA no tienes, corazôn, el vuelo
que te llevaba a las màs altas cumbres.

Lates, reptante, entre las hojas secas
del amarillo otono.

Y hasta cuàndo en la secreta larva de ti ?

Volveràs a nacer en la maniana,
a respirar la frialdad del aire
donde hay un pàjaro ?
Lo oyes ?

Canta arriba, en las cimas,
como tù, como entonces.

Tù eres solo latir cobijado en lo oscuro.

Al pàjaro que fuiste dedicas este canto.

(José Àngel Valente)

 

 

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Je renais à Toi chaque matin (Cù Huy Cân)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022


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Je renais à toi chaque matin
Et je regarde, émerveillé, la vie avec ton regard.
Je marche sur les bords de ta mer profonde
Et je rentre au plus profond de moi-même
En suivant ton sillage. Nos deux destinées jumelles
Auront été deux vagues mêlées
Sur la grande Mer.
Nous écroulerons-nous en touchant les rivages ?
Je m’adosse aux bords de ton soir
Pour t’aimer dans tes racines
Pour avoir ta rose et tes épines.
Je renais à toi chaque matin.
Tu es mon aube et mon aurore,
Mon horizon fuyant et ma fixe horloge
Qui sonne gravement les heures de mon destin.
Saveur du jour, saveur de la nuit.
Tu es, mon amour, saveur de sève et de fruit
Que je hume et qui assouvit ma gourmandise.

(Cù Huy Cân)

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DOUBLE ET SEUL (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022



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DOUBLE ET SEUL

Je suis aigle et colombe
Issus du même vol,
Me poursuis et me sauve,
Me dévore et renais
Double et seul.

Dormir est mon espoir
Rêver d’une nature
Où l’aigle se ferait colombe
Et la colombe aigle à son tour.
Double et seul.

Jusqu’à l’heure dernière
Où l’astre disparu,
L’un et l’autre se confondent
Dans l’unique lumière :
Double et seul.

(Franz Hellens)

Illustration

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MAI (François Vacher)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2022




MAI

Les arbres en fleurs
Fourmillent d’oiseaux.
Une brise effleure
Et plie les roseaux.
Cette haleine douce
Agite les feuilles.
Allons sur la mousse
Nous étendre ! Cueille
Le premier muguet,
Dont l’odeur enivre !
Le beau mois de mai
Enfin nous délivre
Du vent, de la pluie
Et de la froidure.
Le soleil qui luit,
Toute la verdure
Caressent nos âmes
Ainsi que nos corps.
Pour peu qu’une femme
Entre en ce décor,
Nous voici renaître
Et nous exalter.
Chacun veut en être !
Le prochain été
Tiendra les promesses
De ce printemps-là.
On vit d’allégresse
Au temps du lilas !

(François Vacher)

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LE CHAT (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    

LE CHAT

Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire
Par son être magique où s’incarne le sphinx ;
Par le charme câlin de la lueur si claire
Qui s’échappe à longs jets de ses deux yeux de lynx,
Je comprends que le chat ait frappé Baudelaire.

Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,
Il ondule, se cambre et regimbe aux doigts lourds ;
Et lorsque sa fourrure abrite une chair grasse,
C’est la beauté plastique en robe de velours :
Femme, serpent, colombe et singe par la grâce,

Vivant dans la pénombre et le silence austère
Où ronfle son ennui comme un poêle enchanté,
Sa compagnie apporte à l’homme solitaire
Le baume consolant de la mysticité
Vivant dans la pénombre et le silence austère.

Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre,
C’est bien l’âme du gîte où je me tiens sous clé ;
De la table à l’armoire et du fauteuil à l’âtre,
Il vague, sans salir l’objet qu’il a frôlé,
Tour à tour triste et gai, somnolent et folâtre.

Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue
Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,
Il passe comme un souffle, effleurant de sa queue
La feuille où ma pensée allume ses falots,
Sur le bureau couvert de taches d’encre bleue.

Quand il mouille sa patte avec sa langue rose
Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,
Il me cligne de l’œil en faisant une pause,
Et je voudrais toujours l’avoir sur mes genoux
Quand il mouille sa patte avec sa langue rose.

Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre
Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,
Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre
Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?
Non ! assis devant l’âtre aux temps noirs de décembre

Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes
À la face bizarre, aux tétons monstrueux,
Il songe à l’angora, mignonne des mignonnes,
Qu’il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,
Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

Il se dit que l’été, par les bons clairs de lune,
Il possédait sa chatte aux membres si velus ;
Et qu’aujourd’hui, pendant la saison froide et brune,
Il doit pleurer l’amour qui ne renaîtra plus
Que le prochain été, par les bons clairs de lune.

Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve,
Et quand nous en sortons encor pleins de désir,
Il nous jette un regard jaloux et presque fauve
Car tandis que nos corps s’enivrent de plaisir,
Sa luxure s’aiguise aux râles de l’alcôve.

Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte,
Comme pour y cueillir un brin de volupté,
La passion reluit dans sa prunelle verte :
Il est beau de mollesse et de lubricité
Quand il bondit enfin sur la couche entr’ouverte.

Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante,
Dans le creux où son corps a frémi dans mes bras,
Il se roule en pelote, et sa tête charmante
Tourne de droite à gauche en flairant les deux draps,
Pour humer les parfums qu’y laisse mon amante.

Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule,
Et quand il s’est grisé de la senteur d’amour,
Il s’étire en bâillant avec un air si drôle,
Que l’on dirait qu’il va se pâmer à son tour ;
Alors il se pourlèche, il ronronne et miaule.

Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières
Où, matou lovelace et toujours triomphant,
Il s’amuse à courir pendant des nuits entières
Les chattes qu’il enjôle avec ses cris d’enfant :
Son passé ressuscite, il revoit ses gouttières.

Panthère du foyer, tigre en miniature,
Tu me plais par ton vague et ton aménité,
Et je suis ton ami, car nulle créature
N’a compris mieux que toi ma sombre étrangeté,
Panthère du foyer, tigre en miniature.

(Maurice Rollinat)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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N’OUBLIE JAMAIS (Kim Chi-ha)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Yung Liu
    
Poem in French, English, Spanish, Dutch and in Arabic, Bangla, Catalan, Chinese, Farsi, German, Greek, Hebrew, Hindi, Icelandic, Indonesian, Irish (Gaelic), Italian, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Macedonian, Malay, Polish, Portuguese, Romanian, Russian, Serbian, Sicilian, Tamil

Painting Yung Liu, Taiwan

Poem of the Week Ithaca 712 “NEVER FORGET”,
KIM Chi-ha, South Korea (1941)

From “Het Gevleugelde woord” deel 1
’s Werelds mooiste buitenlandse poëzie
POINT – Boekenplan

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

N’OUBLIE JAMAIS

N’oublie jamais
la montagne pelée qui renaquit le printemps dernier
avec des flots d’azalées rouges
jaillissant de bandes de neige
et derrière la montagne ressuscitée
le ciel

N’oublie jamais
la cascade rugissante
et s’élevant du milieu de la cascade
le jeune bambou vigoureux

Après avoir été déportés enchaînés
après la fin de la longue, longue épreuve
longtemps après être tombée dans l’oubli de tous les autres
je la retrouve soudain à mon côté
la présence d’amis.

(Kim Chi-ha)

, Corée (1941)
Version française de Germain Droogenbroodt & Elisabeth Gerlache

***

NEVER FORGET

Never forget
the barren mountain which revived last spring
with waves of red azaleas
bursting from rows of snow
behind the rising hills of
the sky.

Never forget
the roaring waterfall
and the strong young bamboo
emerging from its center.

After having been taken away in chains,
after the long, long ordeal has ended—
long after everyone has forgotten all about it—
I suddenly feel again at my side
the presence of friends.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
English version by Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan

***

NUNCA OLVIDES

Nunca olvides
la montaña yerma que revivió en primavera
con olas de azaleas rojas
estallando de tiras de nieve
y, tras de la montaña naciente,
el cielo.

Nunca olvides
la cascada rugiente
y, emergiendo desde el centro de ella,
el joven y fuerte bambú.

Después de quedar encadenado,
después de que acabe el largo, larguísimo calvario,
mucho después de que todos lo hayan olvidado,
de repente, está de nuevo a mi lado
como están presentes los amigos.

KIM Chi-ha, Corea del Sur (1941)
Traducción del inglés de Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

VERGEET NOOIT

Vergeet nooit
de kale berg die vorige lente herleefde
met golven van rode azalea’s
opbarstend uit stroken sneeuw
en achter de verrijzende berg
de hemel

Vergeet nooit
de bulderende waterval
en oprijzend uit het midden van de waterval
de sterke jonge bamboe

Na in ketens weggevoerd te zijn geweest
nadat de lange, lange beproeving voorbij was
lang nadat alle anderen het vergeten zijn
is ze plots weer aan mijn zij
de aanwezigheid van vrienden.

KIM Chi-ha, Zuid-Korea (1941)
Vertaling uit het Engels: Germain Droogenbroodt

***

لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى

أَبَدًا
لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى
ذَلِك الجَبَلُ الأَجْرَدُ الذِي أُنْعَشَهُ الربِيعُ المَاضِي
بِتَدَفُقَاتٍ مِن زُهُورِ الأَزَالِيَة الحَمْراء
وهي تَتَدَفَّقُ مِن طَبَقَاتِ الثَّلْجِ خَلْفَ تِلَالِ السَّمَاءِ المُرْتَفِعَة
.
أَبَدًا
لَا يُمْكِنٌنِي أَنْ أَنْسَى
ذَلِكَ الشَّلَالُ الهَادِرُ وَخَيزُرَانِ البَامْبُو الفَتِيِّ الذِي يَخْرُجُ مِن وَسَطِهِ.

بَعْدَ أَنْ تَمَّ نَقْلِي بِالسَّلَاسِلِ…
وَبَعْدَ انْتِهَاءِ المِحْنَةَ الطَّوِيلَة وَالطويلةِ جِدًا
– بَعْدَ فَتْرَةٍ طَوِيلَةٍ مِن نِسْيَانِ الجَمِيع كُل شَيءٍ عَنْهَا
– أَشْعُر فَجْأَة مَرَّةً أُخْرَى بِوُجُودِ الأَصْدِقاَءِ مِن حَوْلِي.

كيم تشي- ها، كوريا الجنوبية (1941)
ترجمة للعربية: عبد القادر كشيدة
Translated into Arab by Mesaoud Abdelkader

***

কখনো ভুলনা

কখনো ভুলনা
নিষ্ফল পর্বতমালা পুনর্জাগরিত হয়েছিল শেষ বসন্তে
সাথে নিয়ে রক্তিম আজলিয়াস ফুলের ঢেউ
বিদীর্ণ হয়েছিল তুষার এর সারি থেকে
পিছনে ছিল ক্রমবর্ধমান আকাশছোঁয়া
পাহাড় মালা ।

কখনো ভুলনা
গর্জনশীল জলপ্রপাত
আর শক্তিশালী তরুণ বাঁশ
যা উত্থানশীল এর কেন্দ্র থেকে ।

শিকল দিয়ে বেঁধে দূরে কোথাও নেওয়ার পর,
দীর্ঘ, দীর্ঘ কালের অগ্নিপরীক্ষা হয়েছে শেষ –
দীর্ঘকাল পর ভুলে গেছে সবাই এর
ব্যাপারে –

আমি হঠাৎ করে অনুভব করছি আবার আমার পাশে
আমার বন্ধুদের সান্নিধ্যে

কিম চি-হা, দক্ষিণ কোরিয়া (১৯৪১)
জার্মেইন ড্রুজেনব্রুডট এবং স্ট্যানলি বারকানের ইংরেজি সংস্করণ
Bangla Translation: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

MAI OBLIDIS

Mai oblidis
la muntanya estèril que va reviure la primavera passada
amb onades d’azalees vermelles
esclatant en tires neu
darrere de la muntanya naixent
el cel

Mai oblidis
la cascada rugent
i pujant des del centre de la cascada
el jove i fort bambú

Després de ser portat encadenat
després que el llarg, llarg calvari hagi acabat
molt després que tots els altres ho hagin oblidat
de sobte està de nou al meu costat
la presència d’amics.

KIM Chi-ha, Corea del Sud (1941)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

永不忘记

永不忘记
去年春天随着映山红的波浪
从雪带喷发出来而
恢复生机的荒山
和上升的山脉后面
的天空
永不忘记
那咆哮的瀑布
和从瀑布中心冒出的
那强劲的幼竹
在被锁链带走之后
在漫长的磨难结束之后
每个人忘记所有这一切很久之后
我突然又觉得自己身边
朋友的在场。

原作:韩国 金志霞(1941年)
汉译:中国 周道模 2021-12-24
Translated into Chinese by Willam Zhou

***

هرگز فراموش نکن

هرگز فراموش نکن
کوه‌های برهوتی را که بهار گذشته دوباره احیا شدند
با موجی از آزالیاهای قرمز
و شکفته با ردیف‌هایی از برف
پشت تپه‌های
برآمده از آسمان.
هرگز فراموش نکن
غرش آبشار را
و آن بمبوی قوی
که از میانش روییده بود.
بعد از اینکه با زنجیر برده شد
و پس از اینکه سختی‌های بسیار طولانی تمام شد
مدتها پس از اینکه همگان فراموشش کردند
من ناگهان دوباره در کنارم حس می‌کنم
حضور دوستانم را.

کیم چی-ها، کره‌ جنوبی، ۱۹۴۱
ترجمه: سپیده زمانی
Translated into Farsi by Sepedih Zamani

***

VERGISS NIE

Vergiss nie
den kahlen Berg, der im letzten Frühjahr wieder erwachte
mit Wellen von roten Azaleen
die aus Schneeflecken auftauchten
und hinter dem aufragenden Berg
der Himmel

Vergiss nie
den tosenden Wasserfall
und aus seiner Mitte emporragend
der starke junge Bambus

Nach dem Wegführen in Ketten
nachdem die lange, lange Prüfung vorbei war
lange nachdem alle anderen es vergessen hatten
ist er plötzlich wieder an meiner Seite
der Kreis der Freunde.

KIM Chi-ha, Korea (1941)
aus dem Englischen übersetzt von Germain Droogenbroodt und Wolfgang Klinck

***

ΜΗΝ ΞΕΧΝΑΣ

Ποτέ να μην ξεχάσεις
το γυμνό βουνό που ανάστησε την περυσινή άνοιξη
κύματα κόκκινες αζελέες
που φυτρώναν μες απ’ το χιόνι
πίσω απ’ τους λόφους τ’ ουρανού
ποτέ να μην ξεχάσεις

το μουγκρητό του καταρράκτη
και το ευλύγιστο νέο καλάμι
που καταμεσίς του πεταγόταν.

Μετά απ’ τον καιρό που μ’ αλυσίδες μ’ απαγάγαν
πολύ καιρό μετά, απ’ τ’ ανυπόφορα δεινοπαθήματα
αφού όλοι πια το `χουν ξεχάσει
ξάφνου αισθάνομαι ξανά
τους φίλους δίπλα μου

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated into Greek by Manolis Aligizakis

***

לעולם אל תשכח / קים צ’יהָא
KIM Chi-ha, South Korea (born 1941)

לְעוֹלָם אַל תִּשְׁכַּח
אֶת הָהָר הַשּׁוֹמֵם שֶׁהִתְעוֹרֵר בָּאָבִיב הָאַחֲרוֹן
בְּגַלִּים שֶׁל אֲזָלֵיאוֹת אֲדֻמּוֹת
פּוֹרְצוֹת מִשּׁוּרוֹת שֶׁל שֶׁלֶג
מֵאַחֲרֵי הַגְּבָעוֹת הָעוֹלוֹת שֶׁל
הַשָּׁמַיִם.

לְעוֹלָם אַל תִּשְׁכַּח
אֶת מַפַּל הַמַּיִם הַשּׁוֹאֵג
וְאֶת הַבַּמְבּוּק הַצָּעִיר הֶחָזָק
עוֹלֶה מִמֶּרְכָּזוֹ.

אַחֲרֵי שֶׁנִּלְקַחְנוּ מִכָּאן בְּשַׁלְשְׁלָאוֹת,
אַחֲרֵי שֶׁתָּם הַנִּסָּיוֹן הַקָּשֶׁה הָאָרֹךְ אָרֹךְ –
הַרְבֵּה אַחֲרֵי שֶׁכֻּלָּם שָׁכְחוּ הַכֹּל –
פִּתְאוֹם אֲנִי מַרְגִּישׁ שׁוּב לְצִדִּי
אֶת הַנּוֹכְחוּת שֶׁל חֲבֵרִים.

תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט וסטנלי ברקן
הציור של Yung Liu, Taiwan
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translated into Hebrew by Dorit Weisman

***

कभी नहीं भूलें

कभी नहीं भूलें
बंजर पहाड़ जो पिछले वसंत में पुनर्जीवित हुआ
लाल अजीनल की लहरों के साथ
बर्फ की पंक्तियों से फटना
की बढ़ती पहाड़ियों के पीछे
आकाश।

कभी नहीं भूलें
गरजता हुआ झरना
और मजबूत युवा बांस
अपने केंद्र से निकल रहा है।

जंजीरों में जकड़ कर ले जाने के बाद,
लंबी, लंबी परीक्षा समाप्त होने के बाद-
लंबे समय के बाद हर कोई इसके बारे में सब भूल गया है-
मुझे अचानक फिर से अपनी तरफ महसूस होता है
दोस्तों की उपस्थिति।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur.

***

GLEYMUM ALDREI

Gleymum aldrei
hrjóstrugu fjöllunum sem lifnuðu í vor
með bylgju rauðra glóðarrósa
að springa út úr snjósköflunum
handan rísandi hæða
himinsins.

Gleymum aldrei
glymjandi fossinum
og sterka bambusteinungnum
að spretta upp úr honum miðjum.

Eftir að vera borinn burt í járnum
eftir að óralangri eldraun er lokið —
löngu eftir að allir hafa gleymt henni —
verð ég skyndilega aftur var
við vini mér við hlið.

KIM Chi-ha, Suður-Kóreu (1941)
Þór Stefánsson þýddi eftir enskri þýðingu
Translated into Icelandic by Thor Stefansson

***

JANGAN PERNAH LUPA

Jangan pernah lupa
gunung gersang pada musim semi yang lalu kembali semarak
dengan gelombang bunga merah azalea
dari deretan salju yang meledak
menyembul tinggi dibalik bukit
ke langit.

Jangan pernah lupa
air terjun yang menggema
dan bambu muda yang kuat
Muncul dari pusat.

Setelah terlepas dari ikatan
setelah berakhir cobaan yang sangat panjang—
lama setelah segalanya oleh setiap orang dilupakan—
Tiba-tiba ada di sisiku kurasakan
kehadiran teman.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Translated into Indonesian by Lily Siti Multatuliana

***

NÁ LIGTEAR I NDEARMAD

Ná ligtear i ndearmad
an sliabh lom a bhláthaigh san earrach
faoi bhrat dearg na hasáilia
na bláthanna á gcur amach ón sneachta
na cnoic ar fhíor na spéire
ag coimhlint leis na néalta.

Ná ligtear i ndearmad
búiríl an easa
an bambú láidir úr
Ag fás óna lár.

Tar éis ár gcuibhrithe
tar éis dúinn teacht slán as an ngábh—
am éigin i bhfad romhainn—
Cuimhneoimid aríst
ar na nithe áille seo.

KIM Chi-ha, an Chóiré Theas (1941)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translated into Irish (Gaelic) by Rua Breathnach

***

non dimenticare mai

Non dimenticare mai
l’aridità della montagna che ha preso nuova vita
a primavera con onde di rosse azalee
che esplodono da lingue di neve
mentre dietro crescono le colline
del cielo.
Non dimenticare mai
il rombo delle cascate
e i forti e giovani bambù
che crescono dal suo centro.

Dopo essere stato portato via in catene,
dopo che il lungo lungo tempo della prova è finito—
molto dopo che ognuno di noi ha dimenticato tutto questo—
improvvisamente ho sentito di nuovo al mio fianco
la presenza dei compagni.

KIM Chi-ha, Sud Corea (1941)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

忘れないで

忘れないで
去年の春に
多くの赤いアザレアを咲かせ
よみがえった不毛の山を
空に登る高い丘の後ろで
たくさんの雪から現れたアザレアを

忘れないで
うなり声をあげる滝を
そしてその中心から
伸びるつよい若竹を

監獄を出て
長い長い試練が終わった
皆がそれらのことすべてを忘れてしまったが、
ずっと後になってまた
ふと友がそばにいると感じるのだ

金芝河(韓国, 1941-)
Translated into Japanese by Manabu Kitawaki

***

Usisahau kamwe

Usisahau kamwe
mlima tasa uliofufua msimu uliopita, baada ya baridi,
na mawimbi ya maua ya azalea nyekundu kupasuka kutoka kwa safu za theluji
nyuma ya vilima vya angani vinavyoinuka.

Usisahau kamwe maporomoka ya maji yenye kunguruma
na mianzi michanga yenye nguvu
Ikitokea katikati yake.

Baada ya kuchukuliwa kwa minyororo,
baada ya mateso ya muda mrefu kumalizika —
muda mrefu baada ya kila mtu kusahau yote juu yake —
kwa ghafla nahisi tena upande wangu kuweko kwa marafiki.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Watafsiri Kingereza Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan
Mtafsiri Kiswahili Bob Mwangi Kihara.
Translated into Kiswahili by Bob Mwangi Kihara

***

TUCARAN JIBÎRMEKE

Tucaran jibîrmeke
çiyayê rût ê bihara borî ji nû ve bi pêlên
gulên Azaleen sor hatibû vejandin
ewê ji nav berfê derdiketibûn
û li paş çiyayê berz
berv esmên radibûn

Tucaran jibîrmeke
sulava hêzdar
û ji navenda wê levenekî
ciwane xurt berjor berzdibe

Piştî ku bi zincîran hat bestin
piştî ku ezmûna dirêjedirêj kuta bû
weha bidirêjî piştî ku hemiyên din jibîrkirin
ji nişkava min ew li aliyê xwe dîtin
amadebûna dostan.

KIM Chi-ha, 1941, Koriya Başûrî
Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

НИКОГАШ НЕ ЗАБОРАВАЈ

Никогаш не ја заборавај
јаловата планина која оживеа минатата пролет
со бранови од црвени азалеи
што пламнуваат во снегот
зад високите ридови на
небото.

Никогаш не го заборавај
гласниот водопад
и силниот млад бамбус
што ѕирка од неговиот центар.

Откако ме одведоа во синџири,
по долгото, долгото искушение—
откако сите целосно заборавија на него—
одеднаш до мене повторно го чувствувам
присуството на пријателите.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
КИМ Чи-ха, Јужна Кореја (1941)
English version by Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan/ Превод на англиски: Жермен Дрогенброт
Translation into Macedonian: Daniela Andonovska Trajkovska/ Превод на македонски: Даниела Андоновска-Трајковска

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JANGAN SESEKALI DILUPAI

Jangan sesekali dilupai
gunung gersang yang pulih pada musim bunga yang lepas
dengan gelombang-gelombanag bunga azalea merah
yang meletus dari bebarisan salji
di sebalik bebukit meninggi
sang awan.

Jangan sesekali dilupai
air terjun yang mengaum
dan buluh muda yang gagah
yang muncul di tengahnya.

Setelah ditarik keluar dalam rantaian,
selepas getir yang sangat panjang telah berakhir —
lama selepas setiap orang telah melupai segala tentangnya—

Tetiba kurasai semula di sisiku
kehadiran kawan-kawan.

KIM Chi-ha, Korea Selatan (1941)
Versi Inggeris oleh Germain Droogenbroodt & Stanley Barkan
Versi Bahasa Melayu oleh Irwan Abu Bakar
Malayan translation by Dr. Irwan Abu Bakar

***

NIGDY NIE ZAPOMINAM

Nigdy nie zapominam
jałowej góry, która odżyła ubiegłej wiosny
falami czerwonych azalii
wyrywajacych się ze zwałów śniegu
za rosnącymi wzgórzami
niebios.

Nigdy nie zapominam
ryczącego wodospadu
i mocnego młodego bambusa
wyłaniającego się z jego środka.

Po zabraniu mnie stąd w kajdanach,
po zakończeniu długiej, długiej męki —
kiedy już dawno każdy całkiem o tym zapomniał —
nagle czuję u mojego boku
obecność przyjaciół.

KIM Czi-ha, Korea Południowa (1941)
Wersja angielska: Germain Droogenbroodt − Stanley Barkan
Wersja polska: Mirosław Grudzień − Anna Maria Stępień
Translated into Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***

NUNCA TE ESQUEÇAS

Nunca te esqueças
da montanha árida que reviveu na última Primavera
com ondas de azáleas vermelhas
explodindo com faixas de neve
e por trás da montanha nascente
o céu

Nunca te esqueças
da queda de agua bramindo
e no centro da cascata
o jovem e forte bambu elevando-se

Depois de ser levada em torrentes
terminada a longa e dura provação
muito depois que todos os outros se tenham esquecido
de repente tenho de novo a meu lado
a presença de amigos.

KIM Chi-ha, Coreia do Sul (1941)
Tradução portuguesa de Maria do Sameiro Barroso

***

SĂ NU UIȚI NICIODATĂ

Să nu uiți niciodată
muntele sterp în primăvară
cel invadat de roșii talazuri de bujori
ce se aștern prin valuri de zăpadă,
iar mai presus de toate, pe coamele semețe,
văzduhul

Să nu uiți niciodată
răsunetul cascadei
și cruda unduire prin firele de apă
a trestiei de bambus viguros

Purtată în lanțuri, dusă cu de-a sila,
supusă îndelungatelor încercări,
mult timp dată pierdută pe vecie,
o simți din nou aproape, venită din senin,
prezența celor dragi.

KIM Chi-ha, Coreea (1941)

Traducere: Germain Droogenbroodt și Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translated into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

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НИКОГДА НЕ ЗАБЫВАЙ

Никогда не забывай
голую гору, пережившую весну,
волны красных азалий,
вырвавшихся из гнета снега,
а за восставшей горой –
небо.
Никогда не забывай
бушующий водопад
и из его нутра всходящий
юный и сильный росток.
Оковы спадут
после долгих, долгих невзгод,
прошлое останется в прошлом,
и снова будут со мной
мои друзья.

КИМ Чи-Ха, Южная Корея (1941)
Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translated into Russian by Daria Mishueva

***

NIKAD NE ZABORAVI

Nikad ne zaboravi
neplodnu planinu probuđenu prolećem
talasima crvenih azaleja
koje su buktale u snegu
iza uzdižućih brda
neba.

Nikad ne zaboravi
bučni vodopad
i jak mlad bambu
koji raste u njegovom centru.

Posle odvođenja u lancima,
kada se duga, duga patnja završila-
kada su svi odavno zaboravili sve to-
iznenada osećam pored sebe
prisustvo prijatelja.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translated into Serbian by S. Piksiades

***

NON TI SCURDARI MAI

Non ti scurdari mai
Li muntagni sicchi ca si risbigghiaru la primavera scorsa
Cu unnati di azalei russi
Ca scuppiavanu di li fileri di nivi
Darreri li pinnini
Di lu celu.

Non ti scurdari mai
Li cascati rumurusi
E la vigurusu jettitu di canna
Ca nesci di lu centru.

Doppu ca ha statu purtatu via n catini,
Doppu ca finisci la furtura longa assai—
Doppu ca tutti si scurdaru di sta cosa,
Sentu la prisenza di amici
A lu me latu.

KIM Chi-ha, South Korea (1941)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

எப்பொழுதும் மறக்க வேண்டாம்

எப்பொழுதும் மறக்க வ்வேண்டாம்
வளமற்ற வரண்ட மலை கடந்த
இளவேனிற்காலத்திற்குப் பிறகு
சிகப்பு அசேலியாக்கள் அலைகளோடு
வளரும் மலைகளின் பின்
பனியின் வெடிப்போடு

விண்- ஆகாயம்!
எப்பொழுதும் மறக்கவேண்டாம்
உரத்த ஒலியோடுகூடிய நீர் அருவி
அருவியின் நடுவே எழும் வலிமை மிக்க மூங்கில்
சங்கிலித்தொடரால் தூக்கிச் செல்லப்பட்டபின்

மிக நீண்ட இன்னல்கள் முடிந்தபின்
அனைவரும் அதை மறந்த
பல காலத்திற்குப் பிறகு
நான் திடும்என
எனது நண்பர்கள் அருகில் இருப்பதை
உணர்கிறேன்!
ஆக்கம்

கிம் சி ஹா, தென் கொரியா ( 1941)
Translated into Tamil by DR. N V Subbaraman

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Recueil: ITHACA 712
Editions: POINT
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