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Posts Tagged ‘renaître’

Demain de bon matin (Boulevard Des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    
Demain de bon matin

Mes chers amis je suis en fête
Mes chers voisins, mon cher facteur
Je vous laisse enfin une lettre
Que vous lirez tout à l’heure

On va pas se mentir cette fois
Pour la dernière je veux être clean
C’est le coeur libre que je vous quitte
Sans grand discours et sans émoi

Je laisse tomber j’abandonne
Je largue tout, je pars devant
A vrai dire, je me trouvais morne
Un peu pervers, un peu navrant

Ce n’est pas pour vous fâcher
Et entre nous, ça changera rien
Mais je m’en vais déserter
Je pars voyager avec mon chien

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

J’ai l’impression que pour le môme que j’étais
Tout était tracé
Jusqu’à devenir une homme
Alors je me suis laissé

Le changement se déroule
D’un coup d’un seul comme un coup de boule
C’est lorsque plus rien ne vous choque
Qu’on accepte de baisser son froc

Alors tout devient secondaire
Les enfants, la mère et le froid
Et l’important c’est la carrière
Vous comprendrez mon désarroi.

Alors demain de bon matin
Je laisserai tout derrière moi
Et ce sera moi l’orphelin
De mes projets et de nos choix

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

Je deviendrai vagabond
Et en passant mais pas plus con
Mon coeur et mon corps à l’envie
Renaîtront petit à petit

Si je croise un ou deux vauriens
En cours de route et j’en suis sûr
Nous trinquerons à la nature
A nos amours et à mon chien

Qu’on me parle plus jamais
Ni de mon job ni de ces faits
Qui ont fait de moi un dégueulasse
Qui sont des faits qui me dépassent

Ceux qui jugent ou me recherchent
Car je suis pas tout blanc je l’avoue
Je sais pas, dites leur que je me perche
Inutile de me mettre au trou

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Demain de bon matin
Je pars seul sans escorte
J’irai sur les chemins
Retrouver mes amours mortes

Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo
Hoo ooo ooo

(Boulevard Des Airs)

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Emmène-moi (Boulevard des Airs)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2021



    

Emmène-moi

Je suis comme un grain de sable
Perdu dans l’océan
J’ai perdu mon cartable
J’ai perdu mes parents

Je suis comme l’eau des courants
Fatigué d’ignorer
Si je coule dans le vent
Si je fais que passer

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme une poussière
Si je m’envole un matin
Je retourne à la terre
Je m’en vais et je viens

Je suis comme l’eau des fontaines
Impuissant et lassé
Poussé par ce système
Qui poursuit sans cesser

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Je suis comme les autres en fait
Je ne saurai jamais
Si je poursuis la quête
Si j’ai laissé tomber

Je suis comme rempli d’espoir
Ce matin je renais
Emmène-moi près du phare
Allons jusqu’aux rochers

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

Emmène-moi voir la mer
Fais-moi boire l’océan
Emmène-moi dans les airs
Aime-moi dans le vent

(Boulevard des Airs)

(Florent Dasque / Jean Baptiste Labe / Jean Noel Dasque / Jeremie Plante / Melissa Doya / Pierre Emmanuel Aurousset / Sylvain Duthu)

 

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CELUI QUI ÉCRIT (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2021




    
CELUI QUI ÉCRIT

Celui qui écrit veut mourir, veut renaître
dans un bateau ivre au calme abandon.
Celui qui écrit veut dormir dans des bras matinaux
et dans la bouche des choses être une larme animale
ou le sourire de l’arbre. Celui qui écrit
veut être terre sur la terre, solitude
adorée, resplendissante, odeur de mort
et rumeur du soleil, la soif du serpent,
le souffle sur le mur, les pierres sans chemin,
le midi obscur tombant sur les yeux.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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ÉPILOGUE (José Emilio Pacheco)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2021



ÉPILOGUE

L’automne était la seule divinité
Elle renaissait
préparant la mort
Soleil couchant
qui dorait les feuilles sèches

Et comme les générations des feuilles
sont les humains

A présent nous nous en allons
mais cela n’a pas d’importance
parce que d’autres feuilles
verdiront sur la même branche
Face à ce triomphe
de la vie perpétuelle
peu importe
notre misère morte
Ici nous fûmes
habitant chez les morts
et nous nous perpétuerons
dans la chair et le sang
de ceux qui arrivent

***

EPILOGÓ

El otoño era la única deidad
Renacía
preparando la muerte
Sol poniente
que doraba las hojas secas

Y como las generaciones de las hojas
son las humanas

Ahora nos vamos
pero no importa
porque otras hojas
verdecerán en la misma rama
Contra este triunfo
de la vida perpetua
no vale nada
nuestra misera muerte
Aquí estuvimos
habitando en los muertos
y seguiremos
en la carne y la sangre
de los que lleguen

(José Emilio Pacheco)


Illustration

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Quand j’écoute et n’entends pas (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021




Quand j’écoute et n’entends pas,
quand je regarde sans voir,
quand je marche sans un pas,
quand mon soleil devient noir,

je disparais sans mourir,
je vis sans un mouvement.
Nul espoir nul souvenir
dans les forges du moment.

Fondre? Soit, mais pour renaître!
Finir pour recommencer!
Le monde est à reconnaître
sur les chemins effacés.

(Jean Tardieu)

Illustration: Joseph Galante

 

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Absence du poème ? (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2021




    
Absence du poème ? Clameur de rien.
Ou l’harmonie inattendue. L’incision brusque
d’un appel, à nouveau une pure invention !

Je t’appelle mon désir, ma terre,
mon sol, montagne, mon cheval,
je t’appelle sur la terre, ce papier.
Mais ce sont mes entrailles vives qui t’appellent!

Loin de la vie, je ne sais quelle vie existe,
— faite seulement de lignes ou d’élans dans le
vide, elle sait qu’elle mourra de sa mort. Mais
l’ignorance renaît, et l’espérance en elle!

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Le portrait (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



Le portrait

Elle passa comme un parfum de fleur d’automne.
J’espérais la revoir et ne la voyais plus,
Mon cœur était lassé de ne trouver personne,
Mes yeux étaient lassés d’avoir été déçus.

Je me souvins un jour que de notre amour brève,
Il me restait un vieux portrait que je baisais.
Sous les baisers brûlants de larmes arrosés,
L’image s’effaça et s’enfuit comme un rêve.

Et je désespérais quand je vis apparaître
Sur l’image effacée l’azur pur de ses yeux,
Quand je vis la pâleur de ses lèvres renaître
Avec un éclat tendrement mystérieux.

Le souvenir avait refait l’image pure.
Sur le papier vieilli je remis un baiser ;
Ses lèvres vinrent sur les miennes se poser
Et je sentis au cœur une vague brûlure.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

 

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MAI (François Vacher)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




MAI

Les arbres en fleurs
Fourmillent d’oiseaux.
Une brise effleure
Et plie les roseaux.
Cette haleine douce
Agite les feuilles.
Allons sur la mousse
Nous étendre ! Cueille
Le premier muguet,
Dont l’odeur enivre !
Le beau mois de mai
Enfin nous délivre
Du vent, de la pluie
Et de la froidure.
Le soleil qui luit,
Toute la verdure
Caressent nos âmes
Ainsi que nos corps.
Pour peu qu’une femme
Entre en ce décor,
Nous voici renaître
Et nous exalter.
Chacun veut en être !
Le prochain été
Tiendra les promesses
De ce printemps-là.
On vit d’allégresse
Au temps du lilas !

(François Vacher)

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Chant Alterné (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



Chant Alterné

I
Éros aux traits aigus, d’une atteinte assurée,
Dés le berceau récent m’a blessée en ses jeux;
Et depuis, le désir, cette flèche dorée,
Étincelle et frémit dans mon coeur orageux.

II
Les roses de Sâron, le muguet des collines,
N’ont jamais de mon front couronné la pâleur;
Mais j’ai la tige d’or et les odeurs divines
Et le mystique éclat de l’éternelle Fleur.

I
Plus belle qu’Artémis aux forêts d’Ortygie,
Rejetant le cothurne en dansant dénoué,
Sur les monts florissants de la sainte Phrygie
J’ai bu les vins sacrés en chantant Évohé !

II
Un esprit lumineux m’a saluée en reine.
Pâle comme le lys â l’abri du soleil,
Je parfume les coeurs; et la vierge sereine
Se voile de mon ombre à l’heure du sommeil.

Dans l’Attique sacrée aux sonores rivages,
Aux bords Ioniens où rit la volupté,
J’ai vu s’épanouir sur mes traces volages
Ta fleur étincelante et féconde, ô Beauté!

II
Les sages hésitaient ; l’âme fermait son aile ;
L’homme disait au ciel un triste et morne adieu :
rai fait germer en lui l’Espérance éternelle,
Et j’ai guidé la terre au-devant de son Dieu !

I
O coupe aux flots de miel oit s’abreuvait la terre,
Volupté ! Monde heureux plein de chants immortels !
Ta fille bien aimée, errante et solitaire,
Voit l’herbe de l’oubli croître sur ses autels.

II
Amour, amour sans tache, impérissable flamme !
L’homme a fermé son coeur, le monde est orphelin.
Ne renaitras-tu pas dans la nuit de son âme,
Aurore du seul jour qui n’ait pas de déclin?

(Leconte de Lisle)

 

 

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C’est moi (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Le vent de la nuit renaît et s’enfle dans les arbres.
Quand il cesse, dans le silence pur,
il dit: c’est moi.

(Roger Munier)


Illustration

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