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DE LA CONTRÉE DE LA MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



 

Remedios Varo Uranga  _trois destinée parfois suivent le même chemin [1280x768]

DE LA CONTRÉE DE LA MORT

Comme le silence bâillonne nos âmes,
Ce ciel gris nous dévisage,
L’homme va et en vain son visage
Interroge les présages.

L’oiseau ne peut plus voler,
Par-delà les toits gris, sans force, il fuit
L’énergie ne peut renaître,
L’homme gît à terre, épuisé.

Et vers le soir, lorsque les brouillards gris
S’allègent et que sur les demeures vieilles
L’or s’embrase, les âmes tremblent :
Qui nous éveille de la mort ?

(Srecko Kosovel)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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CHANSON D’AUTOMNE (Armand Silvestre)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2020



Illustration: Margaret Brohan
    
CHANSON D’AUTOMNE

Automne au ciel brumeux, aux horizons navrants,
Aux rapides couchants, aux aurores pâlies,
Je regarde couler, avec l’eau des torrents,
Tes jours faits de mélancolies.

Sur l’aile du regret mes esprits emportés,
Comme s’il se pouvait que notre âge renaisse !
Parcourent, en rêvant, les coteaux enchantés
Où jadis sourit ma jeunesse.

Je sens, au clair soleil du souvenir vainqueur,
Refleurir en bouquet les roses déliées
Et monter à mes yeux des larmes, qu’en mon cœur,
Mes vingt ans avaient oubliées !

*

L’An fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe,
Emportant du couchant les fuyantes clartés ;
Et pareil à celui des oiseaux attristés,
Le vol des souvenirs s’alanguit dans l’espace…
L’An fuit vers son déclin, comme un ruisseau qui passe.

Un peu d’âme erre encore aux calices défunts
Des lents volubilis et des roses trémières,
Et vers le firmament des lointaines lumières,
Un rêve monte encore sur l’aile des parfums.
Un peu d’âme erre encore aux calices défunts.

Une chanson d’adieu sort des sources troublées,
S’il vous plaît, mon amour, reprenons le chemin
Où tous deux, au printemps, et la main dans la main,
Nous suivions le caprice odorant des allées ;
Une chanson d’adieu sort des sources troublées !

Une chanson d’amour sort de mon cœur fervent
Qu’un Avril éternel a fleuri de jeunesse.
Que meurent les beaux jours ! Que l’âpre hiver renaisse !
Comme un hymne joyeux dans le plainte du vent,
Une chanson d’amour sort de mon cœur, de mon cœur fervent !

Une chanson d’amour vers ta beauté sacrée,
Femme, immortel été ! Femme, immortel printemps !
Sœur de l’étoile en feu qui, par les cieux flottants,
Verse en toute saison, sa lumière dorée ;
Une chanson d’amour vers ta beauté sacrée,

Femme, immortel été ! Femme, immortel printemps!

(Armand Silvestre)

 

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Chanson Noire (Dimcho Debelyanov)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2020



Illustration: Etienne-Maurice Falconet
    

Chanson Noire

Je meurs et renais à la lumière –
éclatée, mon âme est en vrac,
la journée sans relâche je construis,
la nuit sans pitié je détruis.

*

Je désire une journée simple,
les orages couvrent la mer assombrie,
Je cherche une tempête – à moi
des cris et le murmure des morts.

*

je désire des aubes ardentes
mais leurs lumières m’aveuglent,
au printemps et à l’automne, je languis,
à l’automne et au printemps, j’espère.

*

Sur l’impassible fuite incessante du temps
ma vie non vécue s’estompe en silence
et mon cri meurt sur le quai
et dans un grand désert plonge.

***

Черна песен

Аз умирам и светло се раждам –
разнолика, нестройна душа,
през деня неуморно изграждам,
през нощта без пощада руша.

*

Призова ли дни светло-смирени,
гръмват бури над тъмно море,
а подиря ли буря – край мене
всеки вопъл и ропот замре.

*

За зора огнеструйна копнея,
а слепи ме с лъчите си тя,
в пролетта като в есен аз крея,
в есента като в пролет цъфтя.

*

На безстрастното време в неспира
гасне мълком живот неживян
и плачът ми за пристан умира,
низ велика пустиня развян.

(Dimcho Debelyanov)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Bulgare
Editions:

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L’attente (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2020



 

Atsushi Suwa ,18 [1280x768]

l’attente.

comme d’une mise à mort.

je voudrais qu’elle ait eu lieu pour renaître

(Martine Broda)

Illustration: Atsushi Suwa

 

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Il était en principe, unique et virtuel (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



Mâyâ e

Il était en principe, unique et virtuel,
Sans forme et contenant l’univers éternel.
Rien n’était hors de lui, l’Abstraction suprême.
Il regardait sans voir et s’ignorait soi-même.
Et, soudain, tu jaillis et tu l’enveloppas,
Toi, la Source infinie et de ce qui n’est pas
Et des choses qui sont! toi par qui tout s’oublie,
Meurt, renait, disparaît, souffre et se multiplie,
Mâyâ ! qui, dans ton sein invisible et béant,
Contiens l’homme et les Dieux, la vie et le néant

(Leconte de Lisle)

 

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La terrestre (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2020



La terrestre dévore avec impatience
les corps qui doivent disparaître pour renaître,
dans une plus haute intensité de lumière.
Le double a déjà fait ses adieux à la terre,
afin de poursuivre sa voie, qui transformait
en dilection les blessures de son destin.
Là, est née cette gloire enfantée par la nuit
qu’il a reconnue au fond de lui, chaque jour,
acceptant les ronces noires sur son chemin.

(Jean Mambrino)


Illustration

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Horoscope (extraits) (Estelle Fenzy)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020




    
Horoscope (extraits)

Je me regarde dans les miroirs, les rétroviseurs, les baies vitrées.

J’ai glissé les cendres de mon corps d’enfant sous le tapis du salon.

Je renais. Apprivoise ma gestation. Je me deviens.

Ravie de mes essais de maquillage, arc en ciel au visage, miroir mon beau miroir ?

Tu vas voir le diable !

Ma grand-mère menace gentiment. Le Diable c’est sa grande affaire. Tout comme le bon Dieu, d’ailleurs.

Plantée face à mon reflet, je me dis qu’avant d’être en colère, désobéissante, orgueilleuse et puis déchue,
j’ai bien le temps d’être un ange.

(Estelle Fenzy)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Revue Décharge n°182 de l’été 2019
Traduction:
Editions: Revue Décharge

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RENAISSANCE (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



RENAISSANCE

Galerie de l’âme… L’âme enfant!
Sa claire lumière rieuse;
et la petite histoire,
et la joie de la vie nouvelle…

Ah! renaître à nouveau, parcourir le chemin,
en ayant retrouvé le sentier perdu!

Et de nouveau sentir dans notre main
cette palpitation de la bonne main
de notre mère… Et cheminer en rêves
par amour de la main qui nous mène.

*

Dans nos âmes tout est gouverné
par une main mystérieuse.
Incompréhensibles, muettes,
nous ne savons rien de nos âmes.

Les plus profondes paroles du sage
nous enseignent ce que nous disent
le sifflement du vent qui souffle,
ou le murmure des eaux qui coulent.

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Je rêve de renaître (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2019



    

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Tu veux savoir (Bernard Bertrand)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




Tu veux savoir si le désir …
Jamais il ne me quitte,
Lui, qui chaque jour s’invite
Et vers elle, me pousse et m’inspire…
Comme ces matins où dans sa couche,
Je me coule et où renaît l’espoir…
Comme à ses sorties de douche,
Quand j’approche mes doigts,
Jaloux des mille perles d’eau,
Qui, avant moi, lui caressent la peau.

Ode au désir qui jamais ne me quitte,
Quand, derrière elle, silencieux
Ma bouche sur son cou s’invite,
Quand elle ferme les yeux…
Quand ma main cherche le chemin
De ses reins, le chemin de ses seins.

Ode au désir
Qui en elle était enfoui,
Rassuré par mes envies.
Ode au désir
Voilà qu’en elle, il renaît,
Voilà que tu l’as réveillé…

(Bernard Bertrand)

Illustration: Ekaterina More

 

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