Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rencontre’

Autre chanson (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration

 

Autre chanson

Les paroles non dites
Je ne les répéterai pas,
Mais en mémoire de cette rencontre manquée
Je planterai un églantier.
Comme elle brillait, là-bas, comme elle chantait,
Notre rencontre inespérée,
Je ne voulais plus rentrer,
Non, plus jamais.
Délice amer,
Amer bonheur, loin du devoir.
J’ai parlé avec qui je n’aurais pas dû.
J’ai longtemps parlé.
Qu’elle étouffe les amoureux,
La passion rapace :
Toi et moi, mon aimé, ne sommes que deux âmes
Là-bas, tout au bord du monde.

(Anna Akhmatova)

 

 

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

En rêve (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Luc Thébault

En rêve

La séparation noire, définitive
Je la subis tout comme toi.
Comment, tu pleures ? Donne-moi plutôt la main.
Promets-moi de revenir en rêve.
Pour nous deux, c’est comme pour les montagnes,
Pour nous deux, nulle rencontre ici-bas.
Puisses-tu seulement, à minuit,
Me faire signe par-delà les étoiles.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Encore un toast (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



 

Encore un toast

Buvons à ta confiance, et à ma fidélité,
À nos présences dans ce même pays,
À jamais envoûtés, soit,
Mais nul hiver ne fut jamais plus beau,
Et jamais sur le ciel on ne vit croix plus fines…
Chaînes plus aériennes, ponts plus grands…
Buvons à tout ce qui sans bruit a fui,
Buvons à notre impossible rencontre,
À tout ce dont je rêve encore
Malgré la porte verrouillée.

(Anna Akhmatova)

 

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Toutes les âmes bien aimées (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2017



Illustration: Alexandre Seon

Toutes les âmes bien aimées sont sur de hautes étoiles.
Comme il est doux de n’avoir plus personne à perdre
Et de pouvoir pleurer. L’air de Tsarskoïe Selo
Ne fut créé que pour porter les chants.

Sur la rive un saule d’argent
Caresse l’eau claire de septembre.
Surgissant du passé, en silence,
Elle vient à ma rencontre, mon ombre.

Il y a tant de lyres ici, pendues aux branches,
La mienne aussi, dirait-on, a sa place.
Et cette petite bruine ensoleillée,
Comme une heureuse nouvelle, me console.

(Anna Akhmatova)

Titre: L’églantier fleurit et autres poèmes
Traduction: Marion Graf et José-Flore Tappy
Editions: La Dogana

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous ne boirons pas (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2017



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau, non, ni du vin doux,
Pas de baisers au petit matin,
Pas de soirées à la fenêtre.
Tu respires par le soleil, je respire par la lune
Mais nous vivons d’un seul amour.

À mes côtés, mon tendre ami fidèle,
Avec toi ta compagne joyeuse.
Comme je comprends l’effroi de ces yeux gris,
C’est toi, la raison de mon mal.
Ne multiplions pas nos brèves rencontres.
Ainsi garderons-nous notre tranquillité.

Juste ta voix qui chante dans mes vers,
Et dans les tiens passe mon souffle.
Oh, ce brasier, ni l’oubli ni la peur
N’osent l’effleurer,
Si tu savais comme je les aime
Tes lèvres sèches, tes lèvres roses !

(Anna Akhmatova)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le vrai nom (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



Le vrai nom n’est semblable à aucun autre nom.
Distinguer entre le Conditionné et l’Inconditionné,
ce n’est qu’une question de mots.
L’Inconditionné est la graine ;
le Conditionné est la fleur et le fruit.
Le savoir est la branche;
le Nom est la racine.

Cherche la racine.
Tu seras heureux quand tu l’auras trouvée.

La Racine te conduira à la branche,
à la feuille, à la fleur et au fruit.

Ce sera ta rencontre avec le Seigneur
ce sera la réalisation de ta joie;
ce sera la réconciliation du conditionné et de l’inconditionné.

(Kabîr)

Illustration:Laura Zollar

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Où vas-tu me chercher, fidèle ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Où vas-tu me chercher, fidèle ?
Écoute ! Me voici près de toi.

Les temples ni les mosquées ne me contiennent
Je n’habite pas plus Kailash que Kaaba.
Tu ne me trouveras ni dans les cérémonies,
ni dans les rites, ni dans Yoga et ni dans la renonciation.

Si c’est vraiment que tu me cherches, tu me verras soudain :
un instant du temps sera celui de ma rencontre.
Kabîr parle : « Ô Sadhu! Le souffle de tout souffle c’est Dieu. »

***

Ô servant, where dost thou seek Me ?
Lo ! I am beside thee.

I am neither in temple nor in mosque : I am neither in Kaaba nor in Kailash :
Neither am I in rites and ceremonies, nor in Yoga and renunciation.

If thou art a true seeker, thou shalt at once see
Me : thou shalt meet Me in a moment of time.
Kabîr says : « O Sadhu! God is the breath of all breath. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vrille (Marie-Anne Schönfeld)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2017



Vrille

Il faudrait prendre soin
de ce qui vrille

observer le mouvement
qui déroule
l’infini

regarder
avec tendresse
ce qui vivant
tente de prendre appui

ne jamais renoncer
à la lumière
d’une rencontre

(Marie-Anne Schönfeld)

Découvert ici: https://tracesdusouffle.wordpress.com

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous n’avons pas de langage pour les fins (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Nous n’avons pas de langage pour les fins,
pour la chute de l’amour,
pour les labyrinthes compacts de l’agonie,
pour le scandale bâillonné
des enlisements irrévocables.

Comment dire à celui qui nous abandonne
ou que nous abandonnons
qu’ajouter encore une absence à l’absence
c’est noyer tous les noms
et dresser un mur
autour de chaque image ?

Comment faire des signes à qui meurt,
quand tous les gestes se sont figés,
quand les distances se brouillent en un chaos imprévu,
que les proximités s’écroulent comme des oiseaux malades
et que la tige de la douleur
se brise comme la navette
d’un métier disloqué ?

Ou comment se parler tout seul
quand rien, quand personne ne parle plus,
quand les étoiles et les visages sont neutres sécrétions
d’un monde qui a perdu
le souvenir d’être monde ?

Peut-être un langage pour les fins
exige-t-il l’abolition totale des autres langages,
la synthèse imperturbable
de la terre brûlée.

A moins de créer un langage d’interstices,
capable de resserrer les moindres espaces
imbriqués entre le silence et la parole
et les particules inconnues sans désir,
qui seulement là promulguent
l’équivalence ultime
de l’abandon et de la rencontre.

***

No tenemos un lenguaje para los finales,
para la caída del amor,
para los concentrados laberintos de la agonía,
para el amordazado escándalo
de los hundimientos irrevocables.

¿Cómo decirle a quien nos abandona
o a quien abandonamos
que agregar otra ausencia a la ausencia
es ahogar todos los nombres
y levantar un muro
alrededor de cada imagen?

¿Cómo hacer señas a quien muere,
cuando todos los gestos se han secado,
las distancias se confunden en un caos imprevisto,
las proximidades se derrumban como pájaros enfermos
y el tallo del dolor
se quiebra como la lanzadera
de un telar descompuesto?

¿O cómo hablarse cada uno a sí mismo
cuando nada, cuando nadie ya habla,
cuando las estrellas y los rostros son secreciones neutras
de un mundo que ha perdido
su memoria de ser mundo?

Quizá un lenguaje para los finales
exija la total abolición de los otros lenguajes,
la imperturbable síntesis
de las tierras arrasadas.

O tal vez crear un habla de intersticios,
que reúna los mínimos espacios
entreverados entre le silencio y la palabra
y las ignotas partículas sin codicia
que sólo allí promulgan
la equivalencia última
del abandono y el encuentro.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Karen Lamonte

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :