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Poésie

Posts Tagged ‘rencontre’

D’Étincelles notre rencontre (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



D’Étincelles notre rencontre – Silex
Divergents – volant de tous côtés –
Notre séparation, une Hache
Le Coeur de la Pierre clivé –
Nous vivons de la Clarté qui fut Nôtre
Avant d’éprouver la Ténèbre –
Par sa différence avec cette céleste
Étincelle, révélée.

***

We met as Sparks – Diverging Flints
Sent various – scattered ways –
We parted as the Central Flint
Were cloven with an Adze –
Subsisting on the Light We bore
Before We felt the Dark –
We knew by change between itself
And that etherial Spark.

(Emily Dickinson)

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Nous n’avons pas de langage pour les fins (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Nous n’avons pas de langage pour les fins,
pour la chute de l’amour,
pour les labyrinthes compacts de l’agonie,
pour le scandale bâillonné
des enlisements irrévocables.

Comment dire à celui qui nous abandonne
ou que nous abandonnons
qu’ajouter encore une absence à l’absence
c’est noyer tous les noms
et dresser un mur
autour de chaque image ?

Comment faire des signes à qui meurt,
quand tous les gestes se sont figés,
quand les distances se brouillent en un chaos imprévu,
que les proximités s’écroulent comme des oiseaux malades
et que la tige de la douleur
se brise comme la navette
d’un métier disloqué ?

Ou comment se parler tout seul
quand rien, quand personne ne parle plus,
quand les étoiles et les visages sont neutres sécrétions
d’un monde qui a perdu
le souvenir d’être monde ?

Peut-être un langage pour les fins
exige-t-il l’abolition totale des autres langages,
la synthèse imperturbable
de la terre brûlée.

A moins de créer un langage d’interstices,
capable de resserrer les moindres espaces
imbriqués entre le silence et la parole
et les particules inconnues sans désir,
qui seulement là promulguent
l’équivalence ultime
de l’abandon et de la rencontre.

***

No tenemos un lenguaje para los finales,
para la caída del amor,
para los concentrados laberintos de la agonía,
para el amordazado escándalo
de los hundimientos irrevocables.

¿Cómo decirle a quien nos abandona
o a quien abandonamos
que agregar otra ausencia a la ausencia
es ahogar todos los nombres
y levantar un muro
alrededor de cada imagen?

¿Cómo hacer señas a quien muere,
cuando todos los gestos se han secado,
las distancias se confunden en un caos imprevisto,
las proximidades se derrumban como pájaros enfermos
y el tallo del dolor
se quiebra como la lanzadera
de un telar descompuesto?

¿O cómo hablarse cada uno a sí mismo
cuando nada, cuando nadie ya habla,
cuando las estrellas y los rostros son secreciones neutras
de un mundo que ha perdido
su memoria de ser mundo?

Quizá un lenguaje para los finales
exija la total abolición de los otros lenguajes,
la imperturbable síntesis
de las tierras arrasadas.

O tal vez crear un habla de intersticios,
que reúna los mínimos espacios
entreverados entre le silencio y la palabra
y las ignotas partículas sin codicia
que sólo allí promulgan
la equivalencia última
del abandono y el encuentro.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Karen Lamonte

 

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Cette merveille de notre rencontre, était lumière et chanson (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



 

Cette merveille de notre rencontre,
Était lumière et chanson.
Je ne voulais plus
Aller nulle part.
C’était une amère douceur
Qu’un bonheur au lieu d’un devoir,
Je devais ne pas lui parler,
Et j’ai parlé longtemps.
Que les passions étouffent les amants,
Qu’elles exigent des réponses !
Nous n’étions plus, mon ami, que des âmes
Sur le bord du monde.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Alex Alemany

 

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Si tu savais (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Nous ne boirons pas dans le même verre
Ni de l’eau ni du vin doux,
Nous n’échangerons pas de baisers le matin,
Et le soir nous ne serons pas ensemble à la fenêtre.
Ton signe est le soleil; le mien, la lune;
Mais nous vivons d’un seul amour.

Mon tendre ami fidèle est toujours avec moi,
Ton amie joyeuse est toujours avec toi,
Mais je comprends l’effroi dans ces yeux gris,
Et tu es la cause de mon malaise.
Nous espaçons nos rencontres trop brèves.
C’est notre lot: protégeons notre paix.

Oui mais ta voix chante dans mes poèmes,
Mon souffle passe dans les tiens.
Oh, ce bûcher existe et ni l’oubli
Ni la peur n’osent s’approcher.
Si tu savais comme, en ce moment,
J’aime tes lèvres, roses, sèches !

(Anna Akhmatova)

Illustration: Man Ray

 

Illustration: Man Ray

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Pur à présent décline le soir d’été (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



Pur à présent décline le soir d’été
Autour de ma maison, en splendeur adoucie
Le ciel sur son front sacré ne porte pas
Un seul nuage de mélancolie —

La vieille tour, enchâssée dans la lueur d’or,
Contemple d’en haut le soleil qui descend —
Si doucement le soir se fond dans la nuit
Qu’on peut à peine dire le jour fini —

Et c’est justement l’heure joyeuse
Où nous avions coutume de nous échapper
De secouer la tyrannie du labeur
Pour aller avec entrain jouer dehors —

Alors pourquoi tout est-il si triste et seul ?
Nul pas allègre dans l’escalier —
Nul rire — nul accent pour donner coeur
Mais partout un silence sans voix.

J’ai tourné sans fin dans notre jardin
Et il me semblait qu’à chaque tour
Des pas allaient venir à ma rencontre
Et des mots portés par les souffles

En vain — ils ne viendront pas aujourd’hui
Et le rayon du matin poindra aussi morne
Mais non, l’Espoir réprobateur assure
Qu’il est doux de pleurer les joies enfuies

Quand chaque orage voilant leur lumière
Prépare un plus divin retour.
Dites : sont-ils perdus à jamais, nos éclairs
De soleil dans les brumes du souci ?

***

Fair sinks the summer evening now
In softened glory round my home :
The sky upon its holy brow
Wears not a cloud that speaks of gloom —

The old tower, shrined in golden light,
Looks down on the descending sun —
So gently evening blends with night
You scarce can say that day is done —

And this is just the joyous hour
When we were wont to burst away,
To ‘scape from labour’s tyrant power
And cheerfully go out to play —

Then why is all so sad and lone ?
No merry footstep on the stair —
No laugh — no heart-awaking tone
But voiceless silence everywhere.

I’ve wandered round our garden-ground
And still it seemed at every turn
That I should greet approaching feet
And words upon the breezes borne

In vain — they will not come today
And morning’s beam will rise as drear
Ah no, reproving Hope doth say
Departed joys ’tis fond to mourn

When every storm that hides their ray
Prepares a more divine return
Then tell me — are they gone for aye
Our sun blinks through the mist of care ?

(Emily Brontë)

Illustration

 

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Rencontre avec la peau (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2017



rencontre avec la peau
dans l’opéra des yeux

la perte recule en avant

arrache-toi
de moi-même

(Martine Broda)

 

 

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Touche-moi temps (Tomás Segovia)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2017




Touche-moi temps

pour tes doigts je suis encore nu

***

Je vais vers je ne sais quelle rencontre
avec je ne sais quelle fraîcheur
qui fut mienne ou étrangère en d’autres heures

(Tomás Segovia)

Illustration

 

 

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La Vie (Jean Rivet)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2017



La Vie

Le petit garçon est embrassé par sa mère.
C’est sa première rencontre avec l’amour.
Il pleure, c’est sa première rencontre avec la vie.
Une feuille d’automne tombe d’un arbre et le frôle, toute coloriée.
C’est sa première rencontre avec la mort.

(Jean Rivet)

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Double-de-silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



Double-de-silence

Les hommes ont-ils le temps d’une vie
le temps de pressentir leur
Double-de-silence

Ont-ils le temps d’une vie le temps
de traverser leur désert intérieur
où il n’est d’oasis, d’eau vive ni de fraîcheur

Ont-ils le temps d’une vie
le temps de s’arracher du fond de leurs enfers
pour se hisser à la rencontre de leur inévitable corps-de-silence

La vie amoureuse de la Mort nous
emmène chaque matin par la main

(Michel Camus)

Illustration: Odilon Redon

 

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En quête de ciel (Tayana)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



En quête de ciel

Chaque fois que je touche du bout du doigt
La bulle de son parfaite délicate aux reflets vermeils
Au lieu de monter vers le ciel elle se tasse chaque fois
Déboulant sur mes sens en espoir d’éveil
Il manque encore tant de souffle à mes propos
Tant de lumière ruisselante au parcours de tempo
Que la tâche me parait trop immense
Au fil des rencontres pourtant se font plus denses
Les choix les résolutions et mon ciel étoilé
Finira bien un jour par se dévoiler

(Tayana)

Voir son site ici : http://tayana2pense.wordpress.com

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