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Poésie

Posts Tagged ‘rencontre’

Système solaire (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018


PIA03153

je me rattrape
par les yeux
à tous les corps
car chacun
est un soleil
je le sais
puisque je vais
de lumière
en lumière à
chaque rencontre
et je me fais
ainsi de
jour en jour
mon propre
système solaire

(Henri Meschonnic)

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Notre rencontre (Pierre Thiry)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018




    
Notre rencontre fut la plus belle des merveilles.
Mais je n’ose dire à personne qu’on se connaît.
J’y rêve dans le noir, puis j’en fais un sonnet.

(Pierre Thiry)

 

Recueil: Sansonnets un cygne à l’envers
Traduction:
Editions: BOOKS ON DEMAND

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Chanson pour toi (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Chanson pour toi

Je ne cesserai pas
de chanter les cloches des rencontres muettes,
les bras des divans parfumés,
les grandes chutes d’oiseaux ressemblants,
les éternels miroirs vibrants.

Je ne cesserai pas
de chanter la morsure rouge des lèvres,
l’épaule insoumise, les aisselles surprises,
les seins toujours à l’heure aux rendez-vous nocturnes.

Je ne cesserai pas
de chanter ton visage poudré de cendre,
le dernier naufrage à l’aube soufflée des lampes,
ta nuque échappée à l’étreinte,
tes pas que rien ne trahit.
Je ne cesserai pas
de chanter tes hanches profondes,
tes chevilles noyées dans les nuages,
tant de pensées vagabondes,
tant de fumée divine.

Je ne cesserai pas
de chanter ta chevelure courante
aux pieds des arbres solitaires
blessés de feuilles et d’œillères.

Je ne cesserai pas
de chanter la rue, le parc, la mer,
car je te connais
car je t’aime et te connais.

Je ne cesserai pas
d’apprendre à rire,
à peindre et rire
dans le fond des palais;
car je te crains,
car je t’aime et te crains.

Je ne cesserai pas
de forger des serrures,
des cadenas et des ceintures
tout le long du ciel,
car je te garde,
car je t’aime et te garde.

Je ne cesserai pas
de couper tes mains,
tes bras et tes poings
pour que jamais l’adieu
ne remonte sur l’eau.

(Edmond Jabès)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

 

 

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Nous ne sommes qu’une braise (Fernand Verhesen)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018


feu

Je me glisse aux jointures
je me nourris aux confins
du temps et des rencontres
de l’espace des instants

tu m’es présente par-dessus les fougères
les langues de la pelouse nous caressent
nous interrogeons le faîte du mur
nous affinons l’air
qui nous sépare
plus légères les branches
où se ramifie l’espoir
hauteur de ton souffle
sur nos mains tendues
L’attente efface
les distances
Nous ne sommes qu’une braise
dans la gorge du temps

(Fernand Verhesen)

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Celui qui doit venir ce soir (Sosei)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



 

Abraxsis Der Jen n012

Celui qui doit venir ce soir
Je ne veux pas le voir
Si, comme la Fileuse,
Un temps interminable
je dois attendre une autre rencontre.

(Sosei)

Illustration: Abraxsis Der Jen

 

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Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Paul Delvaux
    
D’entre tous les mortels, c’est à toi que tend mon bonheur,
c’est toi, jour après jour, qui occupes mes rêves.

Chaque fois qu’un souci vient assaillir mon âme,
ton souvenir suffit à ma joie, à ma vie.

Me passer de toi, qui m’es tout ?
Autant, assoiffé, me passer d’eau claire

[…]

Je vois le soleil perçant sous ton voile
et, dans ton corps qui ploie, une branche de saule.

Ah! Si mon désir pouvait m’emporter jusqu’à toi !
Et comment voler, quand on vous a coupé les ailes ?

Mais peu m’importe d’être avec toi ou loin,
peu m’importe le jour, de rencontre ou d’exil :

Il me suffit que mon rêve te voie,
où que tu sois, matin ou soir.

Je te dois cette âme jamais exempte de tristesse,
ce coeur jamais libéré de l’amour.

Ah ! Dis-moi ton bonjour, au moins de temps en temps,
et quand ce ne serait qu’en un souffle du vent !

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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Elle est brise embaumée (Ibn Zaydûn)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018



Illustration: Oleg Zhivetin
    
Elle est brise embaumée qui vient guérir mon mal,
parfum délicieux, savoureuse haleine.

Elle me fait signe, d’un doigt délicat,
et va d’un pas gracieux, la magie relevant encore le fard de ses yeux.

Au creux de la ramure, elle rayonne, fidèle, dans la nuit,
lumière à l’état pur, tout imbibée de musc.

Quand, de sa paume ouverte, elle m’offre des fleurs de jasmin,
ce sont blanches étoiles que je cueille sur cette lune épanouie.

Corps habillé de grâce, être tout de douceur,
enveloppe de pur parfum, vin capiteux,

Elle berce mon coeur de mots que je savoure comme autant de rêves,
comme une rencontre, au bout de l’exil.

(Ibn Zaydûn)

 

Recueil: Pour l’amour de la Princesse (Pour l’amour de Wallâda)
Traduction: André Miquel
Editions: Actes Sud

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CHANSON DES SARDINES (Haruo Satô)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018


 


 

CHANSON DES SARDINES
SANMA NO UTA

Ah, ah,
Vent d’automne!
Si tu as un coeur, va leur dire
Qu’il y a un homme
Aujourd’hui qui dine seul ;
Il mange des sardines
Et il rêve.

Sardines, sardines,
Au pays de cet homme on vous mange
En pressant le jus amer d’un petit citron vert.
Elle qui trouvait cela étrange et familier
Combien de fois a-t-elle cueilli un petit citron vert pour la table de nos dîners?
Ah! Il y avait là une femme qu’on allait abandonner
Un homme que sa femme avait fui
Et une petite fille au père sans grand amour
Empêtrée dans ses baguettes d’enfant
Et qui voulait donner un peu de ses sardines à un homme qui n’était pas son père!

Ah, ah,
Vent d’automne!
T’en souvient-il? Tu regardais
Cette rencontre unique.
Oh,
Vent d’automne!
Je t’en supplie,
Sois-en témoin!
Cette rencontre, ces instants n’étaient donc pas un rêve.

Ah, ah,
Vent d’automne!
Si tu as un coeur, va dire,
Va dire à cette femme qui n’a pas perdu son mari
A cette enfant qui n’a pas perdu son père
Qu’il y a un homme
Aujourd’hui qui dîne seul :
Il mange des sardines
Et il pleure.

Sardines, sardines,
Sardines, êtes-vous amères? salées?
Dans quel pays vous mange-t-on
En versant sur vous des larmes chaudes?
Ah, ah,
Question étrange!

(Haruo Satô)

 

 

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Il suffit d’un mot (Nicole Barrière)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



Une invisible rumeur enfle au bord des lèvres.
Quelque chose assèche le désir, vertige,
sensation de danger,
silencieuse et violente,
menaçante, l’arrête.
Caresse l’horizon,
ose le voyage,
apprivoise la sérénité,
existe au sud du silence,
respire la planète
Prend racine avec la sauvage et fragile,
La trace de la même ombre,
Le même sillage d’une question

Des bouquets de soleil mûrissent
Le vol et la plume rendent léger le monde
Sans froisser le silence
Parfois, sur le papier
Il suffit d’un mot.
L’Autre renaît du mouvement de danse en soi,
l’ensorcelle, l’enchante, le brise, le poursuit,
le dénoue, déroule sous ses pas, le retient, le dessine,
affleure le mal d’aimer,
l’efface dans une plainte de la nuit.

Au pas de rencontre,
le silence a envahi le creux du temps,
recelé les mots sous la peau de l’âme,
vacillements, blessures, larmes, peurs, émois,
le tréfonds de vivre dans le silence fertile de l’amour.

Ancienne, cette faille où je perds et je résiste,
Dire, il faudrait dire la tendresse
A toi qui attends, qui entends?
Ce murmure qui, à peine s’entend
Dans les battements lents devenus doux
Un souffle, un sourire, quelques mots
Dire la lumière sans la peur de dire la douleur qui
sépare les larmes dans la nuit
Dire les pauvres mots dits et l’enveloppe bleue de la terre,
tourment d’être ensemble
et tourment d’être séparé de l’onde et de l’arbre,
cette heure où les yeux de l’âme
frissonnent au regard de l’autre
ou du frisson
à l’appel de son nom

Immobiles nos racines d’arbres frissonnent
d’attendre l’arrachement possible à la lumière d’y croire,
ce temps foudroyé de l’attente
apprivoise l’orage
entre le vent et la pierre.

(Nicole Barrière)


Illustration: Tamara Lunginovic

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RENCONTRES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



RENCONTRES

Elle rencontra ce printemps-là
Plus précoce qu’aucun autre
Et s’allia aux bourgeons
Avides de renouveau

Elle rencontra cette femme-là
Plus meurtrie qu’aucune autre
Partagea son désert
Sans gerbes et sans oiseau

Elle rencontra cet enfant-là
Plus alerte qu’aucun autre
Fugua vers ses jardins
Qui devançaient les mots

Elle rencontra cet homme-là
Plus clair qu’aucun autre
Qui ranima l’espoir
Enfoui sous les lambeaux

Elle rencontra cette mort-là
Plus clémente qu’aucune autre
S’inclinant en silence
Lui remit son fardeau.

(Andrée Chedid)


Illustration

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