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Poésie

Posts Tagged ‘rencontre’

Tes yeux verts (Abdelwahab El-Bayati)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018


 

Tes yeux verts

Tes yeux verts ont empli mon calice
Du vin des souffrances… j’ai créé
En leurs vagues la rencontre
Source dans ma poitrine
Présence dans mon désir, mon sang
Battements du coeur, mes larmes
Ombres des peupliers
Au miroir ruisselant
Je désire leurs aveux
De fantômes lointains
Je demeure éveillé
J’ai erré vent désespoir
Vent du désert au désert
Souvenir, peur panique
Tes yeux, mes yeux rencontres
Je dis : séquelle d’amour
L’objet en est passé
Demain détresse, demain
S’en reviendra pour boire
Aux sources de mon désert
Demain ? Mais sans promesse
Sans rencontre et sans source

Tes yeux verts ont fané
Mes roses, ont asséché
Le parfum de mes prés
Je n’ai pas cessé d’être
Un bourgeon sur leurs vagues
Qui m’inspiraient l’amour
Sans que j’en fusse conscient
Je suis l’amour mystère
Toi prêtresse endormie
Mes offrandes oubliées
En ce couvent ruiné
Mon demain, mon hier
Chaînes et larmes séchées

(Abdelwahab El-Bayati)

Illustration: Marilyn Jacobson

 

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UN PAR DEUX (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



Illustration: Robert Auer
    
UN PAR DEUX

J’ai maintenant deux corps,
le mien et le tien,
miroir où se fait beau
celui que je n’aimais pas.
Qui ne me portait pas chance.
Des succès qui ne m’accordaient rien.
L’amour que nous nous rendons
nous a délivrés des rencontres,
aussi des vertus inutiles.

(André Frénaud)

 

Recueil: Il n’y a pas de paradis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le grand jour (Roland Giguère)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Le grand jour

Plus tard le ciel déchiré de cris
plus tard les enfants nus
plus tard les bruits légers des belles rencontres
plus tard les poignets cernés par l’amour
plus tard la pitié des affamés
plus tard le livre comme un oiseau blanc
plus tard le culte des innocents

beaucoup plus tard
au moment de la grande clarté
au moment de la grande éclipse
les éclats de lune répandus par le soleil
et les traits de plumes sur les murs froissés
traits rouges rapides cruels
et plume d’hirondelle
immobile au sommet des taudis
pour entretenir le bleu des toiles
pour supporter le toit absent
longues absences d’autrefois
d’aujourd’hui et de toujours

beaucoup plus tard
le ciel déchiré de cris
déchiré comme une aile.

(Roland Giguère)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’Age de la Parole
Traduction:
Editions: Éditions de l’Hexagone

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La clé de l’oeuvre (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2018



On peut avoir le coup de foudre
pour un mot
un mot vient à votre rencontre
et vous tend
la clé de l’oeuvre

(Abdellatif Laâbi)

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Vanessa passe (Marc Vaution)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2018



Vanessa passe.
Elle distribue ses gestes
aux arbres de rencontre,
à ces gardiens silencieux
qui ne savent rien d’elle,
sinon que, tout à l’heure encore,
ils rediront son nom,
parce que c’est la voix de toute chose.
Elle se lève,
un bruissement d’eaux mortes la prolonge.

Elle parcourt les chemins d’eau,
les terres pâles des légendes,
ces landes où la joie s’accroche
aux pluies d’octobre.
Lointaine, quand le vent se pose,
elle parle de jours suspendus,
de rêves à fleur de regard.
Le feu fait éclater les pierres,
alors que,déjà,
les neiges sont venues habiter le silence.
Dans la cendre, elle lit, comme un livre,
l’écriture alchimique des pays
où vivre a la simplicité de l’air.

(Marc Vaution)


Illustration: Francine Van Hove

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Au fond du visage (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2018



Au fond du visage

Ce n’est pas en une fois
Que je saurai ton visage
Ce n’est pas en sept fois
Ni en cent ni en mille
Ce ne sont pas tes erreurs
Ce ne sont pas tes triomphes
Ce ne sont pas tes années
Tes entailles ou ta joie
Ni en ce corps à corps
Que je saurai ton corps

Ce ne sont pas nos rencontres
Même pas nos désaveux
Qui élucident ton être
Plus vaste que ses miroirs

C’est tout cela ensemble
C’est tout cela mêlé
C’est tout ce qui m’échappe
C’est tout ce qui te fuit

Tout ce qui te délivre
Du poids des origines
Des mailles de toute naissance
Et des cloisons du temps

C’est encore cette lueur :
Ta liberté enfouie
Brûlant ses limites
Pour s’évaser devant.

(Andrée Chedid)


Illustration: Anne-Marie Zilberman

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Rencontre (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration: Henri Bruel
    
Rencontre

au printemps j’étais sur les routes
sur l’autre versant cheminait
violons et chants
une noce joyeuse
leurs éclats de voix
fleurissaient le val
joyeux je m’arrête

sur le pré du village
ils dansent la ronde
la fiancée riait
à travers les violons
ce timbre de voix
que m’arrivait-il
elle se retourne

c’est elle
il y a longtemps que je l’aime
elle m’avait promis
elle m’a oublié
les hourras redoublent
j’ai pris à travers champs
depuis ce temps je marche

***

Begegnung

Ich wandert in der Frühlingszeit,
Fern auf den Bergen gingen
Mit Geigenspiel und Singen
Viel lust’ge Hochzeitsleut,
Das war ein Jauchzen und Klingen !
Es blühte rings in Tal und Höhn,
Ich konnt vor Lust nicht weitergehn.

Am Dorfe dann aufgrüner Au
Begannen sie den Reigen,
Und durch den Schall der Geigen
Lacht’ laut die junge Frau,
Ihr Stimmlein klang so eigen,
Ich wußte nicht, wie mir geschehn —
Da wandt sie sich in wildem Drehn.

Es war mein Lieb ! ‘s ist lange her,
Sie blickt’so ohne Scheue,
Verloren ist die Treue,
Sie kannte mich nicht mehr —
Da jauchzt’ und geigt’s aufs neue,
Ich aber wandt mich fort ins Feld,
Nun wandr ich bis ans End der Welt !

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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Confiance aux mains (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2018




    
Confiance aux mains quand les regards défaillent,
elles ont peur autant qu’elles espèrent,
elles avancent: l’espace au bout des doigts,
le temps d’attiser l’air nocturne, s’éclairent en chaque cicatrice,
chaque silence, les premiers mots, un poème en connaît-il d’autres ?
ceux qui nous engagent à leur ressembler, téméraires, vulnérables,
à faire ainsi du moindre effleurement une rencontre
en lui apportant la chair vive, une parole aimante.

(Pierre Dhainaut)

 

Recueil: Sur le vif prodigue
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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LA RENCONTRE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 10 mars 2018




LA RENCONTRE

Pendant tout le temps qu’ils parlaient
De la nouvelle morale
Ses yeux m’exploraient.
Et quand je me suis levé pour partir
Ses doigts étaient pareils au tissu
D’une serviette en papier du Japon.

(Ezra Pound)

Illustration: Nicole Rousseau_Grolée

 

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Ne parlez pas (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



Illustration: Josephine Wall
    
Ne parlez pas

Ne parlez pas Ne parlez pas Vous êtes
Un cercle du silence qui gravite
Jusqu’au coeur de la terre et jusqu’au bord du temps
Le silence vous vêt de son surpassement
Hors de soi hors du sang Écoutez battre
Métronome le pouls du monde époumoné
Ne parlez pas Toute parole est carnassière
Fourrure d’un renard qui cache ses rapines.

Ne parlez qu’avec les racines
que la langue en vous enterra
ce que votre bouche taira
reviendra nourrir l’origine.

Lorsque vous plongerez sans masque au fond des choses
Au fond des mots frôlant des monstres albinos
Peut-être glisserez-vous vers nos points de rencontre
Entre deux nuits Entre deux langues naufragées
Là où l’éveil survit en sa gangue émeraude
Là où gît l’épave camouflée des désirs
Ne parlez pas Ne parlez pas Votre silence
Est le silo où l’on engrangea tous les grains
Ceux de l’assomption et ceux de la pensée
Et ceux qui germent dans nos songes sous-marins.

(Charles Dobzynski)

 

Recueil: La scène primitive
Traduction:
Editions: De la Différence

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