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Poésie

Posts Tagged ‘rendre visite’

Droit au soleil, à la musique, au vague à l’âme (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



« Je suis le Président-Directeur Général
de l’univers », dit Dieu,
« une entreprise
que je souhaite plus rentable.
Le moindre travailleur, coccinelle ou taureau,
y a droit au soleil,
à la musique, au vague à l’âme.
Je n’exclus pas les apprentis,
comme la source du ruisseau
ou le bourgeon de la pivoine.
Même les retraités,
l’étoile veuve et la très vieille lune
doivent connaître le bonheur.
Je leur rendrai visite, un de ces jours:
ensemble, soyons productifs. »

(Alain Bosquet)

 

 

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AH, COMMENT ENREGISTRER LA PETITE ROSE ? (Bertolt Brecht)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016



AH, COMMENT ENREGISTRER LA PETITE ROSE ?

Comment enregistrer cette petite rose ?
Soudain d’un rouge sombre, et jeune, et proche ?
Nous n’étions pas venus pour lui rendre visite,
Mais à notre arrivée elle était là.

Avant qu’elle soit là, on ne l’attendait pas.
Une fois là, on n’en crut pas ses yeux.
Bien qu’absente au départ, elle est à l’arrivée.
Au fait, n’en est-il pas toujours ainsi ?

(Bertolt Brecht)

Illustration: Salavador Dali

 

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Temps au soleil (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2015



Temps au soleil

Assis sur leur seuil prennent le soleil
de vieux commerçants sans clients.
C’est un soleil fait pour eux: mitigé,
peu empressé de brûler. Le soleil des vieux.

Il n’entre plus personne dans la boutique obscure
ou si l’on y entre, on n’y achète rien. Tout est cher
ou bien les marchandises ont oublié
de se montrer. Les vieux commerçants
ne veulent-ils plus les vendre? Une araignée
commence à tisser sur la pendule
murale. Et cette poussière sacrée sur les rayons.

Le soleil vient leur rendre visite. Le chapeau
sur la tête ils le reçoivent. S’il surgit
un acheteur inhabituel, quelle corvée.
Devoir se lever, prendre le mètre,
les ciseaux, déballer la pièce de toile,
répondre, informer, faire l’article.

Assis sur leur seuil, simples statues,
en savates et la barbe non rasée,
leur blanche tête ils remuent lentement
quand passe une connaissance. Qu’il ne s’arrête pas
pour parler des choses du temps. Le temps
est une chaise au soleil, et rien de plus.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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