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Poésie

Posts Tagged ‘renfermer’

Quand la jatte est détruite (Yves Sandre)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2021



Illustration: Francis Pessin
    
Quand la jatte est détruite,
l’espace qu’elle renfermait
n’est pas détruit avec elle.

L’espace est éternel.

(Yves Sandre)

 

Recueil: THÉORÈMES et PETITS RIENS
Traduction:
Editions:Amiot Lenganey

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Moutons dans la brume (Sylvia Plath)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Moutons dans la brume

Les collines descendent dans la blancheur.
Les gens comme les étoiles
Me regardent, attristés : je les déçois.

Le train laisse une trace de son souffle.
Ô lent
Cheval couleur de rouille,

Sabots, tintement désolé –
Tout le matin depuis ce
Matin sombre,

Fleur ignorée.
Mes os renferment un silence, les champs font
Au loin mon coeur fondre.

Ils menacent
De me conduire à un ciel
Sans étoiles ni père, une eau noire.

***

Sheep in Fog

The hills step off into whiteness.
People or stars
Regard me sadly, I disappoint them.

The train leaves a line of Breath,
O slow
Horse the colour of rust,

Hooves, dolorous bells-
All morning the
Morning has been blackening,

A flower left out.
My bones hold a stillness, the far
Fields melt my heart.

They threaten
To let me through to a heaven
Starless and fatherless, a dark water.

(Sylvia Plath)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Collected Poems (Faber & Faber – Ariel)
Traduction: Traduit de l’anglais (États-Unis) par Valérie Rouzeau.
Editions: Gallimard

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JE NE PEUX te voir (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



JE NE PEUX te voir
là parce que tu
pensais être.

Les souvenirs évanouis
que moi-même renferme
passant aussi.

(Robert Creeley)

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Dans la prison qui vous va renfermant (Vincent Voiture)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



 

Dans la prison qui vous va renfermant,
Votre grande âme agit incessamment,
Et ce divin esprit que rien n’enserre
Vole partout, sans erreur toujours erre,
S’étend, s’élève, et va plus aisément.

Vous parcourez l’un et l’autre élément,
Vous pénétrez jusques au firmament,
Et visitez le ciel, l’onde et la terre
Dans la prison.

Vous ne gênez votre coeur vainement,
Vous connaissez et voyez sainement
Tout ce qui brille, et qui n’est que de verre,
Vous possédez la paix durant la guerre ;
C’est être heureux et libre extrêmement
Dans la prison.

(Vincent Voiture)

Illustration

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Tout semble si simple (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



    

Tout semble si simple, si parfaitement naturel…
On voudrait briser ce soleil pour voir ce qu’il renferme,
tordre cette pluie, faire parler le silence des animaux…
C’est comme si nous étions les seuls à ne pas savoir le secret
quand tout vivrait dans son évidence.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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Espère (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018




Illustration: Valère Prosperi
    
Espère

Ainsi, j’avais en vain suivi d’un œil avide,
Mille rêves d’amour, de gloire et d’amitié :
Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide ;
Je me faisais pitié !

La douleur arrêtait ma course haletante,
Je renonçais au but avant qu’il fut atteint ;
Dans mon cœur, épuisé par une longue attente,
L’espoir semblait éteint.

Et je disais : mon Dieu, je mourrai solitaire !
Et je n’attendais plus de beaux jours sur la terre,
Quand soudain, à ta voix, mon cœur s’est rajeuni :
Cette voix m’a promis un avenir prospère :
Cette voix m’a jeté ce mot si doux : ESPERE !…
Que ton nom soit béni !

Tous les chastes désirs que mon âme renferme,
Tous ces purs sentiments étouffés dans leur germe,
De ton cri d’espérance, ont entendu l’appel :
Oh ! que ton amitié me guide et me soutienne,
Laisse-moi reposer mon âme sur la tienne :
L’amitié, c’est l’amour que l’on ressent au ciel !…

(Louise Colet)

 

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Je travaillais en silence (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



Herman Gorter    
    
Je travaillais en silence,
les livres m’étaient pierres tombales,
je savais bien ce que
chaque tombe renfermait.

Mon corps là dans une chambre,
branches d’arbres devant la fenêtre
allant et venant
feuilles vertes déjà jaunissantes.

Mes yeux regardaient étonnés
la lumière au dehors, mais
sans même savoir sur quoi
ils se posaient.

Mon coeur était si affamé,
si anxieux et si avide,
si sec et il ne pleuvait pas
et chaque jour disparaissait.

En ces jours de clarté —
mon coeur s’activait sans trêve —
je regardais, je travaillais,
tout m’était pierre tombale.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

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Le cri (Nuno Júdice)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018



 

Ernest Pignon-Ernest     n

Le cri

Parfois, la nuit renferme un cri
Dans le silence que nul ne devine.

La nuit tombe quand on entend un cri
Du fond d’une cave silencieuse.

Le bien et le mal vivent ensemble au cœur
De la nuit où quelqu’un a crié.

Mais on ignore si le cri existe
Ou si c’est la nuit qui l’a inventé.

(Nuno Júdice)

Illustration: Ernest Pignon-Ernest

 

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ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: François Boucher   
    
ÉLÉGIE

Je m’ignorais encor, je n’avais pas aimé.
L’amour ! si ce n’est toi, qui pouvait me l’apprendre ?
À quinze ans, j’entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre :
D’un trait sans force il effleura mon coeur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ;
Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur :
Il s’envola. Je ne perdis qu’un songe.

Je l’ai vu dans tes yeux cet invincible amour,
Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme,
Qui commande à nos sens, qui s’attache à notre âme,
Et qui l’asservit sans retour.
Cette félicité suprême,
Cet entier oubli de soi-même,
Ce besoin d’aimer pour aimer,
Et que le mot amour semble à peine exprimer,
Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine ;
Je sens à tes transports, à ma fidélité,
Qu’il veut dire à la fois, bonheur, éternité,
Et que sa puissance est divine.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le cri (Nuno Judice)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



Le cri

Parfois, la nuit renferme un cri
dans le silence que nul ne devine.

La nuit tombe quand on entend un cri
du fond d’une cave silencieuse.

Le bien et le mal vivent ensemble au coeur
de la nuit où quelqu’un a crié.

Mais on ignore si le cri existe
ou si c’est la nuit qui l’a inventé.

(Nuno Judice)

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