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Poésie

Posts Tagged ‘rengaine’

De la jeunesse à l’âge mûr (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
De la jeunesse à l’âge mûr, il n’est pas de chemin tracé,
Cependant hier un enfant, maintenant un homme tassé,
Inutile de s’exciter, chaque pas fera du passé.

De l’âge mûr à la vieillesse, il n’est pas de route certaine,
Cependant hier voix qui tranche, aujourd’hui tremblante rengaine,
Pas besoin de beaucoup d’effort, c’est la pente qui vous emmène.

Et des derniers jours à la mort, le chemin, peut-on le décrire?
Hier soir quarante de fièvre, aujourd’hui visage de cire,
Impossible d’en rien savoir, les uns dorment, d’autres délirent.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Marions-nous (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



 

balafres

Marions-nous

Marions-nous
et ensemble
perpétuons la solitude
d’où je viens.
Les journées
attendent
les métastases.
C’est ta main
suivant
mes balafres
qui arrive au bout
de la route.
Rengaine tendre…
des kilomètres
de mauvais sang.

(Balbino)

Illustration

 

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Dis ! Quand Reviendras-tu ? (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



    

Dis ! Quand Reviendras-tu ?
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits…
Voilà combien de temps que tu es reparti !
Tu m’as dit ;
Cette fois, c’est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c’est le dernier naufrage.
Au printemps, tu verras, je serai de retour.
Le printemps, c’est joli, pour se parler d’amour :

(Version Femme : Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et déambulerons dans les rues de Paris !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

Le printemps s’est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûl’nt les feux de bois…
A voir Paris si beau en cette fin d’automne,
Soudain je m’alanguis, je rêve, je frissonne…
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine ;
Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Ton image me hante, je te parle tout bas…
(Je n’ai pas la vertu des femmes de marins.)
Et j’ai le mal d’amour et j’ai le mal de Toi !

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

J’ai beau t’aimer encor, j’ai beau t’aimer toujours.
J’ai beau n’aimer que toi, j’ai beau t’aimer d’amour…
Si tu ne comprends pas qu’il te faut revenir,
Je ferai de nous deux, mes plus beaux souvenirs…
Je reprendrai la rout’, le Monde m’émerveill’.
J’irai me réchauffer à un autre Soleil…
(Version Femme: Je ne suis pas de cell’s qui meurent de chagrin,)
Je ne suis pas de ceux qui meurent de chagrin…
(Je n’ai pas la ver-tu des femmes de marins.)
Je n’ai pas la vertu des Chevaliers anciens.

Dis !
Quand reviendras-tu ?
Dis ! au moins le sais-tu ?
Que tout le temps qui passe
Ne se rattrape guère…
Que tout le temps perdu
Ne se rattrape plus !

(Barbara)

 

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Imprescriptible (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018




    
Imprescriptible

L’immersion en ta beauté,
les noces des fleurs, les rengaines des passereaux,
les rires des enfants, les sonnailles des chevaux,
les geignements des chars, la senteur du foin…

Et dans l’entrebâillement des frondaisons,
un échantillon d’azur traversé par la course des nuages
dont l’incandescence s’éparpille
au fond de mon coeur comme des pétales.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les parvis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rengaine à pleurer (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



 

Illustration: Victor Hugo
    
Rengaine à pleurer
(Résigné mais clairvoyant)

J’ai beaucoup appris
et tout entendu
je n’ai rien compris
et rien retenu.

J’avais entrepris
j’avais entendu
je m’étais perdu
je m’étais repris
puis j’ai tout perdu.

Quand ils ont compris
que j’étais perdu
ils m’ont attendu
ils m’ont entendu
ils m’ont confondu
puis ils m’ont tout pris
puis ils m’ont pendu.
Puis m’ayant pendu
m’ont donné un prix
un prix de vertu.

Alors j’ai compris :
tout était perdu.

(Jean Tardieu)

 

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Étude de voix d’enfant (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    
Étude de voix d’enfant
Rengaine pour piano mécanique
(Comme un rémouleur superbe et désabusé.)

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps.

D’autres viendront quand même
respirer le beau temps
c’est pas toujours les mêmes
mais y a toujours des gens.

Sous le premier empire
y avait des habitants
sous le second rempire
y en avait tout autant.

Même si c’est plus les mêmes
tu t’en iras comme eux
tu t’en iras quand même
tu t’en iras chez eux.

C’est pas moi c’est mes frères
qui vivront après moi
même chose que mon grand-père
qui vivait avant moi.

Même si c’est plus les mêmes
on est content pour eux
nous d’avance on les aime
sans en être envieux.

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps…

(Jean Tardieu)

 

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Je t’écris (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2016



Je t’écris pour te dire que je t’aime
que mon coeur qui voyage tous les jours
— le coeur parti dans la dernière neige
le coeur parti dans les yeux qui passent
le coeur parti dans les ciels d’hypnose —
revient le soir comme une bête atteinte

Qu’es-tu devenue toi comme hier ?
Moi j’ai noir éclaté dans la tête
j’ai froid dans la main
j’ai l’ennui comme un disque rengaine
j’ai peur d’aller seul de disparaître demain
sans ta vague à mon corps
sans ta voix de mousse humide
c’est ma vie que j’ai mal et ton absence

Le temps saigne.
Quand donc aurai-je de tes nouvelles ?
Je t’écris pour te dire que je t’aime
que tout finira dans tes bras amarré
que je t’attends dans la saison de nous-deux
qu’un jour mon coeur s’est perdu dans sa peine
que sans toi il ne reviendra plus

Mon amour quand nous serons couchés côte à côte
dans la crevasse du temps limoneux
nous reviendrons de nuit parler dans les herbes
au moment que grandit le point d’aube
dans les yeux des bêtes découpées dans la brume
tandis que le printemps liseronne aux fenêtres

Pour ce rendez-vous de notre fin du monde
c’est avec toi que je veux chanter
sur le seuil des mémoires les morts d’aujourd’hui
eux qui respirent pour nous
les espaces oubliés

(Gaston Miron)

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Toujours et toujours la même musique (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2016



Vieux Montréal 1885. La Friponne, depuis rue Bonneau >Est. Henry R.S.Bunnett. McCord.

 

Toujours et toujours
la même musique
la rengaine des jours
le ronronnement triste

des tristes alentours
et le gris des bâtisses
et l’éternel retour
des médiocres supplices

de séjour en séjour
présumés rien n’existe
sinon le ciel autour
d’un fanal de lampiste

(Jean-Claude Pirotte)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Tenace rengaine (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2015



Tenace rengaine

Face aux murs sans lézardes
Nos appels restent sans échos
Nos questions nous reviennent
Comme des balles

Seul un filament d’étoile
Elance le désir
Nous hisse hors de notre chair
Ranime
De l’espoir
La tenace rengaine.

(Andrée Chedid)

Illustration: Michel Boisgerault

 

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CHANSON DE PANDÉMIE (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2015




CHANSON DE PANDÉMIE

D’abord, c’est un ivrogne
Qui souffre et qui hurle par les rues,
Entre les rangs de pavillons
Et les blocs de HLM…

Ensuite, c’est un homme qui a perdu
Son fils ? Son chien ? Et qui appelle
A travers le quartier,
Si bien qu’on sort pour l’aider…

Enfin, c’est la Faucheuse
Qui enjoint de grossir,
D’un geste, le cortège exponentiel !
La Faucheuse aux mille appeaux :

Chahuts d’adolescents,
Rengaines de couteleurs,
Miaulements de chats (indifférenciables
du cri, la nuit, des nourrissons)…

(Gérard Noiret)

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