Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘répandre’

Aux arbres (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    

Aux arbres

Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme!
Au gré des envieux, la foule loue et blâme ;
Vous me connaissez, vous! – vous m’avez vu souvent,
Seul dans vos profondeurs, regardant et rêvant.
Vous le savez, la pierre où court un scarabée,
Une humble goutte d’eau de fleur en fleur tombée,
Un nuage, un oiseau, m’occupent tout un jour.
La contemplation m’emplit le coeur d’amour.
Vous m’avez vu cent fois, dans la vallée obscure,
Avec ces mots que dit l’esprit à la nature,
Questionner tout bas vos rameaux palpitants,
Et du même regard poursuivre en même temps,
Pensif, le front baissé, l’oeil dans l’herbe profonde,
L’étude d’un atome et l’étude du monde.
Attentif à vos bruits qui parlent tous un peu,
Arbres, vous m’avez vu fuir l’homme et chercher Dieu!
Feuilles qui tressaillez à la pointe des branches,
Nids dont le vent au loin sème les plumes blanches,
Clairières, vallons verts, déserts sombres et doux,
Vous savez que je suis calme et pur comme vous.
Comme au ciel vos parfums, mon culte à Dieu s’élance,
Et je suis plein d’oubli comme vous de silence!
La haine sur mon nom répand en vain son fiel ;
Toujours, – je vous atteste, ô bois aimés du ciel! –
J’ai chassé loin de moi toute pensée amère,
Et mon coeur est encor tel que le fit ma mère!

Arbres de ces grands bois qui frissonnez toujours,
Je vous aime, et vous, lierre au seuil des antres sourds,
Ravins où l’on entend filtrer les sources vives,
Buissons que les oiseaux pillent, joyeux convives!
Quand je suis parmi vous, arbres de ces grands bois,
Dans tout ce qui m’entoure et me cache à la fois,
Dans votre solitude où je rentre en moi-même,
Je sens quelqu’un de grand qui m’écoute et qui m’aime!
Aussi, taillis sacrés où Dieu même apparaît,
Arbres religieux, chênes, mousses, forêt,
Forêt! c’est dans votre ombre et dans votre mystère,
C’est sous votre branchage auguste et solitaire,
Que je veux abriter mon sépulcre ignoré,
Et que je veux dormir quand je m’endormirai.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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PASSAGE (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2021



Illustration: Ho Huai-sho
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Romanian, Greek, Chinese, Japanese, Farsi, Serbian

Poem of the Week Ithaca 664 « CROSSING »
Germain Droogenbroodt, Belgium/Spain

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

PASSAGE

L’hiver répand sa froidure
cingle avec la grêle et le vent du nord
d’un décembre glacé
les branches dégarnies des arbres

blafarde et sans couleur
est suspendue à la cloison de la nuit
la lune miroir du temps

œil fatigué
entre l’argenterie négligée des étoiles

monnaie d’échange pour le passage
d’une année vers la suivante.

(Germain Droogenbroodt)

***
Avec mes meilleurs voeux pour la nouvelle année
Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache et … Christian alias Arbrealettres

***

Met mijn wensen voor een nieuw en gelukkig jaar
Germain Droogenbroodt

OVERTOCHT

De winter draagt zijn koude uit
geselt met hagelslag en noordenwind
van een verijsd december
het kaalgetak der bomen

vaal en uitgebleekt
hangt aan de wand van de nacht
de tijdspiegel maan

vermoeid oog
tussen het verwaarloosd zilverwerk
der sterren:

pasmunt voor de overtocht
van jaar tot jaar

Germain Droogenbroodt

***

Feliz Año Nuevo
Germain Droogenbroodt & Rafael Carcelén

PASO

El invierno predica su frío
fustiga con pedrisco y viento nórdico
del glacial diciembre
las ramas desnudas de los árboles

pálida y desteñida
cuelga como espejo del tiempo
en la pared de la noche, la luna

ojo cansado
entre la descuidada plata
de las estrellas:

calderilla para el paso
de año a año

Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***
Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Stanley H. Barkan

CROSSING

Winter carries out its cold,
lashes with hail and northerly wind
the bare branches
of a frosty December.
Pale and bleached,

hangs the moon on the dome of the night
a mirror of time, tired eye,
between the neglected silverware
of the stars:

Change for the crossing
from year to year.

Translation into English by Stanley H. Barkan

***

Un augurio per un felice anno nuovo
Germain Droogenbroodt & Luca Benassi

PASSAGGIO

L’inverno porta il suo freddo,
flagella con la grandine e il vento del nord
le braccia nude
di un gelido dicembre.

Pallida e slavata,
come uno specchio del tempo alla volta della notte
è appesa la luna,

occhio stanco,
tra l’argenteria dimenticata
delle stelle:

Cambio per il passaggio
di anno in anno.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

Mit unseren besten Wünschen für ein glückliches
Neues Jahr
Germain Droogenbroodt & Wolfgang Klinck

ÜBERFAHRT

Der Winter breitet seine Kälte aus
geißelt mit Hagelschlag und Nordwind
des eisigen Dezember
das kahle Geäst der Bäume

fahl und ausgebleicht
hängt an der Wand der Nacht
der Mond, Spiegel der Zeit
müden Auges
zwischen dem verwahrlosten Silber
der Sterne:

Kleingeld für die Überfahrt
vom einen zum anderen Jahr.
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

Cu cele mai calde urări de An Nou fericit
Germain Droogenbroodt & Gabriela Căluțiu Sonnenberg

TRAVERSARE

Iarna își așterne frigul
biciuind crivăț și piatră
și decembrie înghețat
se strecoară printre ramuri

luna palidă, albită
agățată în zidul nopții
pare oglinda unui timp
licărind din ochi sleiți
de argint abandonat
printre aștri:

creițari de dat arvună
pentru o trecere de an.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Manolis Aligizakis

ΑΛΛΑΓΗ

Ο χειμώνας φέρνει κρύο,
χιόνια και το χαλάζι βοριά
στα γυμνά κλαδιά
του παγωμένου Δεκέμβρη

Ωχρό κι άχρωμο
κρέμεται το φεγγάρι
απ’ της νύχτας τον τρούλο
καθρέφτης του χρόνου
με κουρασμένο μάτι που φέρνει
ανάμεσα στα παρατημένα μαχαιροπήρουνα
των αστεριών

την αλλαγή από χρόνο
σε χρόνο

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt, William Zhou, Anna Keiko
祝你新年快乐!
杰曼·卓根布鲁特和斯坦利·巴坎

十字路口

冬天带来它的寒冷,
用冰雹和北风鞭挞
一个霜寒十二月的
光秃秃的树枝。

苍白和褪色,
月亮挂在夜的苍穹上
时间之镜,疲惫之眼,
在被忽视的星星的
银器间:

十字路口的转变
一年又一年。

原 作:比利时 杰曼·卓根布鲁特
汉 译:中 国 周道模2020-12-31

Translation into Chinese by William Zhou

***
謹賀新年
ジャーマン・ドローゲンブロート & スタンリー・H・バラカン
Wishing you a Happy New Year
Germain Droogenbroodt & Manabu Kitawaki

交差路

冬は寒さを運び出し
あられや北風とともに
凍った12月の枯れ枝に叩きつける

月は淡く青ざめて
夜の天蓋にかかる
それは忘れられた星々の銀器のあいだの
時の鏡
つかれた眼

年から年へ
渡るために
変化するのだ

ジャーマン・ドローゲンブロート
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

***

கடந்துவெற்றிகொள்!+

குளிர்காலம் தனது குளிர் தனது
ஆலங்கட்டி மழையோடும், வடக்குக் காற்றோடும்
சுாட்டையடி தருகிறது!
டிசம்பர் மாத பனிக்கிளைகளையுடன்!
வெளுத்தும், வெளிறிய மங்கலோடும்
இரவின் கவிகை மாடத்தில் நிலவை, சந்திரனை
நிற்க வைக்கிறது! அமரச் செய்கிறது!
காலத்தின் கண்ணாடி, களைப்படைந்த கண்ணாய்
புறக்கணிக்கப்பட்ட வெள்ளிச் சாமான்கள் போன்ற
விண்மீன்களுக்கும் மிடையே!
கடந்து வெற்றிகொள்ள
ஒவ்வொரு ஆண்டும்!!

Translation into Tamil by N V Subbaraman,

***

СРЕТНА НОВА ГОДИНА
Germain Droogenbroodt

ПРЕЛАЗ

Зима дише хладноћу,
шиба ледом и северним ветром
голе гране
леденог децембра.

Пребледео
виси месец на своду ноћи
огледало времена, уморно око,
између запуштеног сребрног сјаја
звезда:
Промена је за прелаз
из године у годину.

С енглеског превела С.Пиксиадес
Translation into Serbian by S. Piksiades

(Germain Droogenbroodt)

Recueil: ITHACA 664
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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La fin du jeûne (Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2020




    
La fin du jeûne

Quand la rose et le vin et l’ami sont à toi, le
roi du monde est ton esclave, ce jour-là.

N’éclairez pas notre assemblée à la chandelle : le
clair de lune de l’ami se passe d’elle !

Le vin, certes, est licite, selon notre Loi,
mais il est illicite si tu n’es pas là !

J’écoute la voix du roseau, celle du luth, et je
cherche des yeux le rubis de tes lèvres et la
coupe de vin qui circule entre nous.

Pourquoi répandre du parfum ici, chez nous,
quand nous embaume l’odeur de ta chevelure ?

Ne parle pas du goût du candi, ni du sucre, car ma
bouche est sucrée au goût de tes deux lèvres !

Tant que gît, dans mon coeur en ruine, mon chagrin, je
prends toujours ma place au coin du temple ancien.

Que parles-tu de ma réputation infâme, car
c’est cette infamie-là qui fait mon renom ?

Et que demandes-tu, à propos de mon nom,
puisque j’ai honte d’avoir un renom infâme ?

Nous sommes vagabonds, ivrognes, libertins et
voyeurs. Mais qui ne l’est pas, dans cette ville ?

Hâfez, ne sois jamais sans amour et sans vin :
voici rose et jasmin – le jeûne va finir.

***

(Hâfez Shirâzi)(Hafiz)

Recueil: L’amour, l’amant, l’aimé
Traduction: Vincent-Masour Monteil
Editions: Actes Sud

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En marchant la nuit dans un bois (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020



    

En marchant la nuit dans un bois

I

Il grêle, il pleut. Neige et brume ;
Fondrière à chaque pas.
Le torrent veut, crie, écume,
Et le rocher ne veut pas.

Le sabbat à notre oreille
Jette ses vagues hourras.
Un fagot sur une vieille
Passe en agitant les bras.

Passants hideux, clartés blanches ;
Il semble, en ces noirs chemins,
Que les hommes ont des branches,
Que les arbres ont des mains.

II

On entend passer un coche,
Le lourd coche de la mort.
Il vient, il roule, il approche.
L’eau hurle et la bise mord.

Le dur cocher, dans la plaine
Aux aspects noirs et changeants,
Conduit sa voiture pleine
De toutes sortes de gens.

Novembre souffle, la terre
Frémit, la bourrasque fond ;
Les flèches du sagittaire
Sifflent dans le ciel profond.

III

– Cocher, d’où viens-tu ? dit l’arbre.
– Où vas-tu ? dit l’eau qui fuit.
Le cocher est fait de marbre
Et le coche est fait de nuit.

Il emporte beauté, gloire,
Joie, amour, plaisirs bruyants ;
La voiture est toute noire,
Les chevaux sont effrayants.

L’arbre en frissonnant s’incline.
L’eau sent les joncs se dresser.
Le buisson sur la colline
Grimpe pour le voir passer.

IV

Le brin d’herbe sur la roche,
Le nuage dans le ciel,
Regarde marcher ce coche,
Et croit voir rouler Babel.

Sur sa morne silhouette,
Battant de l’aile à grands cris,
Volent l’orage, chouette,
Et l’ombre, chauve-souris.

Vent glacé, tu nous secoues !
Le char roule, et l’oeil tremblant,
A travers ses grandes roues,
Voit un crépuscule blanc.

V

La nuit, sinistre merveille,
Répand son effroi sacré ;
Toute la forêt s’éveille
Comme un dormeur effaré.

Après les oiseaux, les âmes !
Volez sous les cieux blafards.
L’étang, miroir, rit aux femmes
Qui sortent des nénuphars.

L’air sanglote, et le vent râle,
Et, sous l’obscur firmament,
La nuit sombre et la mort pâle
Se regardent fixement.

(Victor Hugo)

 

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Un jour puis un autre (Jean-François Mathé)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2020



un jour puis un autre s’usent
fumées et cheveux
une vitre est toujours
la dernière page du livre
on y lit des mots transpercés
qui vont droit au coeur
porter leur vide comme une blessure
dans le souffle qui nous abandonne
la journée répand son passage

(Jean-François Mathé)

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DÉPART PRÉMATURÉ (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2020



Illustration: Giacomo Manzù
    
DÉPART PRÉMATURÉ

Tel un soleil
qui ne connaît plus d’aurore
se noie
dans sa propre lumière
et telle la nuit
qui éteint ses étoiles
ainsi se rompt la tige
s’arrache la feuille.

*

AURORE EMPRUNTÉE

Avec sa main d’ombre et de ténèbres
le soir effilocha
la lumière sans défense
l’avenir effilocha
la magie
l’aurore empruntée
extirpa la mèche
répandit l’huile
éteignit le temps.

***

ONTIJDIG HEENGAAN
Als een zon
die geen dageraad meer kent
wegsterft
in haar eigen licht
en de nacht
haar sterren dooft
knapt de steel
scheurt het blad.

*

GELEENDE DAGERAAD

Met zijn hand van schaduw en duister
ontrafelde de avond
het weerloze licht
ontrafelde de toekomst
de tover
de geleende dageraad
rukte uit de wiek
vergoot de olie
doofde de tijd.

***

AJAL AWAL

Pabila mentari
yang tidak kenal subuh
menjadi mangsa
dengan sinar sendiri
malam,
melindungi bintang,
mematahkan batang pohon,
mengoyakkan dedaun.

*

MEMINJAM SUBUH
Bayang-bayang dan kegelapan
meluruhkan petang,
cahaya yang tidak berdaya
meluruhkan masa depan.
Dengan kuasa ajaib
subuh yang dipinjam,
meninggalkan sumbu
tertumpah minyak,
terpadam waktu !

***

AURORA EMPRESTADA

Com sua mão de sombra e trevas
desfilou a tarde
a luz indefesa
desgastou o futuro
a magia
a aurora emprestada
arrancou a mecha
derramou o azeite
apagou o tempo.

***

PARTIDA A DESTIEMPO

Cuando un sol
que no conoce más el amanecer
se desvanece
en su propia luz
y la noche
apaga sus estrellas
se rompe el tallo
y desgarra la hoja.

*

AURORA PRESTADA

Con su mano de sombra y tiniebla
deshiló la tarde
la luz indefensa
deshiló el futuro
la magia
la aurora prestada
arrancó la mecha
derramó el aceite
apagó el tiempo.

***

DESPĂRȚIRE ATEMPORALĂ

Când soarele-a uitat
ce-nseamnă răsăritul
topindu-se
în propria-i lumină
noaptea
stelele-și stinge
frântă-i tulpina
frunza despicată.

*

ZORI DE-MPRUMUT

Cu mâini de umbră și-ntuneric
amurgul îl deșiră
lumina răsfirând-o
urzeala viitorului rărită-i de pe-acum
s-a dus vraja acelor
împrumutate zori
fitilu-i smuls
uleiul risipit
și timpul stins.

***

SCOMPARSA PREMATURA

Quando un sole
che non conosce più alba
muore
nella sua stessa luce,
e la notte
spegne le sue stelle,
si spezza lo stelo,
si lacera il foglio.

***

ALBA PRESTATA

Con la sua mano d’ombra e buio
scoperta la sera,
la luce senza difese
rivelato il futuro,
la magia,
l’alba prestata,
tirato fuori lo stoppino,
versato l’olio,
estinto il tempo.

***

UNTIMELY LEAVING

When a sun
which knows no more dawn
dies away
in its own light,
and the night
blots out its stars,
snaps the stem,
tears the leaf.

*

BORROWED DAWN

With its hand of shadow and darkness
unraveled the evening,
the defenseless light
unraveled the future,
the magic,
the borrowed dawn,
pulled out of the wick,
shed the oil,
extinguished time.

***

ZUR UNZEIT VERSCHEIDEN

Wenn eine Sonne
die keine Morgendämmerung mehr kennt
wegstirbt
in ihrem eigenen Licht
und die Nacht
ihre Sterne löscht
bricht der Stängel
zerreißt das Blatt.

*

GEBORGTER TAGESANBRUCH

Mit seiner Hand von Schatten und Finsternis
zerstob der Abend
das wehrlose Licht
Zerfaserte die Zukunft
den Zauber
den geborgten Tagesanbruch
Riss aus den Docht
vergoss das Öl
löschte die Zeit.

***

ΠΡΟΩΡΟΣ ΘΑΝΑΤΟΣ

Όταν ο ήλιος
δεν ξέρει ν’ ανατείλει πια
και στη δική του λάμψη θα χαθεί
όταν η νύχτα τ’ αστέρια της μαυρίσει
ο μίσχος θα κοπεί του λουλουδιού
και δάκρια θα κυλήσουν.

***

НЕОБХОДИМЫЙ УХОД

Когда солнце,
которое не знает рассвета
угасает
в своем собственном свете,
и ночь
стирая в небе звезды,
наступает ножкой
на слезы листьев.

*

ОДОЛЖЕННЫЙ РАССВЕТ

Тень и тьма собственноручно
распутали вечер,
беззащитный свет
распутал будущее,
магия
одолженного рассвета,
вытащенного из фитиля,
пролив масло,
потушила время.

***

***

***

英年早逝

当一个
不再知道黎明的太阳
死去
在它自己的光和夜晚里熄灭它的星星
断了茎碎了叶
原 作: 比利时 乔曼·卓根布鲁特
汉 译: 中国 周道模

***

借来的黎明
用它影子和黑暗之手
解开了夜晚
无防备之光
揭开了未来
魔法
借来的黎明
从灯芯里抽了出来
甩干了油
熄灭了时间

***

PRZEDWCZESNE ODEJŚCIE

Kiedy słońce
nie poznaje już świtu
powoli wygasza
swój blask,
a noc
zaciera swe gwiazdy,
pęka łodyga,
przedziera się liść.

*

WYPOŻYCZONY ŚWIT

Dłonią cienia i mroku
rozplótł się wieczór,
ujawnił bezbronność światła
rozwikłał przyszłość,
ujawnił iluzję,
że świt nam jedynie wypożyczono
wyciągnięty z knota,
rozlany olej,
zgaszony czas.

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: ITHACA 626
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Néerlandais / Malaisien : Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Rafael Carcelén / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Russe Rahim Karim / Arabe Sarah Silt / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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Il devrait n’être point de désespoir pour toi (Emily Brontë)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2020



 

 

Il devrait n’être point de désespoir pour toi
Tant que brûlent la nuit les étoiles,
Tant que le soir répand sa rosée silencieuse,
Que le soleil dore le matin.

Il devrait n’être point de désespoir, même si les larmes
Ruissellent comme une rivière :
Les plus chère de tes années ne sont-elles pas
Autour de ton cœur à jamais ?

Ceux-ci pleures, tu pleures, il doit en être ainsi ;
Les vents soupirent comme tu soupires,
Et l’Hiver en flocons déverse son chagrin
Là où gisent les feuilles d’automne

Pourtant elles revivent, et de leur sort ton sort
Ne saurait être séparé :
Poursuis donc ton voyage, sinon ravi de joie,
Du moins jamais le cœur brisé.

***

There should be no despair for you
While nightly stars are burning —
While evening sheds its silent dew
Or sunshine gilds the morning —

There should be no despair — though tears
May flow down like a river —
Are not the best beloved of years
Around your heart forever ?

They weep — you weep — It must be so —
Winds sigh as you are sighing,
And winter pours its grief in snow
Where autumn’s leaves are lying

Yet they revive — and from their fate
Your fate can not be parted
Then man journey onward not elate
But never brokenhearted —

(Emily Brontë)

 

 

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LA LANTERNE SUR LE PUITS (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



LA LANTERNE SUR LE PUITS

Cette source sur laquelle tu te penches
et qui est toi la source
de ta voix même en silence

cherche de tous côtés
tu ne trouveras pas
qui l’a créée.

Elle t’échappe quand tu deviens
son ruissellement
quand par des milliers de mains
et de regards tu la répands
tu la dispenses sans la voir.

Et sur la fraîcheur noire
ne flotte plus qu’un souvenir une buée.

(Jean Mambrino)

Illustration

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La pauvre fille (Alexandre Soumet)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
La pauvre fille

« Oh! pourquoi n’ai-je pas de mère?
Pourquoi ne suis-je pas semblable au jeune oiseau
Dont le nid se balance aux branches de l’ormeau?
Rien ne m’appartient sur la terre;
Je n’eus pas même de berceau,
Et je suis un enfant trouvé sur une pierre
Devant l’église du hameau.

Loin de mes parents exilée,
De leurs embrassements j’ignore la douceur,
Et les enfants de la vallée
Ne m’appellent jamais leur soeur!
Je ne partage pas les jeux de la Veillée;
Jamais sous son toit de feuillée
Le joyeux laboureur ne m’invite à m’asseoir;
Et de loin je vois sa famille,
Autour du sarment qui pétille,
Chercher sur ses genoux les caresses du soir.

Vers la chapelle hospitalière
En pleurant j’adresse mes pas,
La seule demeure ici-bas
Où je ne sois point étrangère,
La seule devant moi qui ne se ferme pas!

Souvent je contemple la pierre
Où commencèrent mes douleurs;
J’y cherche la trace des pleurs
Qu’en n’y laissant peut-être y répandit ma mère.
Souvent aussi mes pas errants
Parcourent des tombeaux l’asile solitaire,
Mais pour moi les tombeaux sont tous indifférents.
La pauvre fille est sans parents
Au milieu des cercueils ainsi que sur la terre.
J’ai pleuré quatorze printemps
Loin des bras qui m’ont repoussée
Reviens, ma mère, je t’attends
Sur la pierre où tu m’as laissée! »

(Alexandre Soumet)

 

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Le chat (Gérard le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le chat

Quand le chat s’allonge
Dans le fauteuil de ma chambre,
La nuit devient plus sereine.

Dans les ténèbres veille
La flamme sans sommeil
De sa vigilance secrète.

Je ne perçois pas son souffle,
Ni ses griffes sur le tissu,
Que son âme légère répandue

Comme un parfum qui me rassure
Puis rapidement m’endort.

(Gérard le Gouic)

 

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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