Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘répandu’

LES SOINS JALOUX (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Marie Laurencin 

    

LES SOINS JALOUX

Il ne faut pas que tu te coiffes, de peur que le fer trop chaud ne brûle ta nuque ou tes cheveux.
Tu les laisseras sur tes épaules et répandus le long de tes bras.

Il ne faut pas que tu t’habilles, de peur qu’une ceinture ne rougisse les plis effilés de ta hanche.
Tu resteras nue comme une petite fille.

Même il ne faut pas que tu te lèves, de peur que tes pieds fragiles ne s’endolorissent en marchant.
Tu reposeras au lit, ô victime d’Érôs, et je panserai ta pauvre plaie.

Car je ne veux voir sur ton corps d’autres marques, Mnasidika,
que la tache d’un baiser trop long,
l’égratignure d’un ongle aigu, ou la barre pourprée de mon étreinte.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Intolérable jour (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2017



Illustration
    
Intolérable jour.
Changer le sang contre de l’eau.

Les moissons crient le long des routes
où la poussière taille ses aveuglants manteaux,
chair répandue,
pavots vifs des chars.

Le soleil envolé
tire l’eau de nos puits
et les ruisseaux se taisent sous les joncs fascinés.

Le désir est déjà dans la proie convoitée
que la sueur habille
souffle dans les coeurs noirs et le sang plus épais
son espoir d’étincelle.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu ne peux face à face (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




    
Tu ne peux face à face contempler le soleil,
mais tu contemples son reflet qui fait la beauté de la lune.

Ainsi tu ne peux face à face contempler le Soleil des âmes;
mais tu contemples sa lueur répandue sur un beau visage,
et attendri tu pleures,
et devant lui ton âme étouffe de désirs.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y a pas d’autre manière (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017



Illustration: Brigitte Perrault
    
Il n’y a pas d’autre manière d’approcher
de ta bouche : tant de soleils et de mers
brûlent pour que tu ne sois pas de neige :
corps

ancré dans l’été : les oiseaux de mer
couronnent ton visage
de leur vol : musique inachevée
que les doigts délivrent :

lumière répandue sur le dos et les hanches,
encore plus douce au creux des reins :
pour te porter à ma bouche, tant de mers
ont brûlé, tant de navires.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il n’y a pas d’autre manière d’approcher de ta bouche (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2017



femme-et-mouettes-800x600

Il n’y a pas d’autre manière d’approcher
de ta bouche : tant de soleils et de mers
brûlent pour que tu ne sois pas de neige :
corps

ancré dans l’été : les oiseaux de mer
couronnent ton visage
de leur vol : musique inachevée
que les doigts délivrent :

lumière répandue sur le dos et les hanches,
encore plus douce au creux des reins :
pour te porter à ma bouche, tant de mers
ont brûlé, tant de navires.

(Eugénio de Andrade)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un vol en Dieu (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



Un vol en Dieu,
mais en un Dieu déchiré
et répandu à travers le monde qui, ainsi épars,
continue à chanter par les lions et les rochers,
par les arbres et les oiseaux
dont l’harmonie transcendantale
couvre dans cet état même de déchirement,
la haine destructrice.

(Rilke)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | 7 Comments »

Un vol en Dieu (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2016



 

Un vol en Dieu,
mais en un Dieu déchiré
et répandu à travers le monde qui, ainsi épars,
continue à chanter par les lions et les rochers,
par les arbres et les oiseaux
dont l’harmonie transcendantale
couvre dans cet état même de déchirement,
la haine destructrice.

(Rilke)

Découvert ici chez Dessin Rencontre

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La négraille (Aimé Césaire)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2016



chaine-800x600

La négraille aux senteurs d’oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté

Et elle est debout la négraille

la négraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang

debout
et
libre

(Aimé Césaire)

Découvert ici: https://litteratureportesouvertes.wordpress.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lait répandu (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



lait renversé

Lait répandu

Nous qui avons agi et pensé,
Qui avons pensé et agi,
Devons aller au hasard et nous disperser,
Comme du lait répandu sur une pierre.

***

We that have done and thought,
That have thought and done,
Must ramble, and thin out
Like milk spilt on a stone.

(William Butler Yeats)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PALAIS (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2016




LE PALAIS

Nous entrâmes. Rien qu’une salle immense
silencieuse et vide, où la surface du sol miroitait
comme la glace d’une patinoire abandonnée.
Toutes portes fermées. L’air était gris.

Des peintures aux murs. Où l’on voyait
grouiller des images sans vie : des boucliers, des plateaux
de balance, des poissons, des silhouettes de guerriers
dans un monde sourd et muet de l’autre côté.

Une sculpture était exposée dans le vide :
seul, au centre de la salle, se dressait un cheval,
que nous ne remarquâmes tout d’abord pas
tant le vide nous captivait.

Plus faiblement que les murmures d’un coquillage,
on percevait les bruits et les voix de la ville
tournoyant dans cet espace désert et
bourdonnant à la recherche du pouvoir.

Autre chose encore. Quelque chose d’obscur
vint se poster aux cinq entrées de nos
sens mais sans les franchir.
Le sable s’écoulait dans les verres du silence.

Il était temps de bouger. Nous nous approchâmes
du cheval. Il était gigantesque,
noir comme du métal. Une image du pouvoir
restée là après le départ des princes.

Le cheval nous dit: «Je suis l’Unique.
J’ai désarçonné le vide qui me chevauchait.
Voilà mes écuries. Je grandis peu à peu.
Et je mange le silence ici répandu.»

(Tomas Tranströmer)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :