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POÈME AVANT LA MORT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Zdzislaw Beksinski .11

POÈME AVANT LA MORT

Tous atteindront le but,
Moi seul ne l’atteindrai pas…
Gorgé de feu, comblé de forces,
Inexploité, j’irai au tombeau.

Le feu dans ma poitrine brûlera,
Mais ne saura en cendres me réduire,
Intact, je tendrai au repos
Mais je ne pourrai m’endormir.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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CHAMPS (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



Wilhelm Hammershoi - bedroom [1280x768]

CHAMPS

Champs.
Masure près de la route.
Obscurité.
Silence de la douleur.

Au loin
Une fenêtre claire.
Qui ?
Une ombre sur elle.

Quelqu’un regarde
Après moi.
Avec moi
Le non-repos
Et le pressentiment
De la mort.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Wilhelm Hammershoi

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LA CORNE DU HÉRAUT (Alfred Jarry)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Michael Page 1979 - American Pop Surrealism painter -   (15) [1280x768]

LA CORNE DU HÉRAUT

Pouls dans le vent, pouls dans la mer, pouls sur la nuit qui fuit !
La toux du pouls clans mes artères bruit.
Les cornes des piliers forent leurs graminées
Comme les cors vrillés d’Ammon d’en haut sonnés.
Cloisonnant ton coeur de son marteau doux
Bergère d’Ammon, d’en haut tonne et bruit
Sur le vent, la mer et la nuit.
Le
Pouls.

Les oursins ronds ont hérissé leurs crins.
Les chevaux de mer de leur crinière de fer se creusent les reins
Et la rafale tonne et tord les cors et les cornes.
Voici le vol griffu des hippocampes au lieu des cornes d’Ammon.
Lourd sur le vent, lourd sur la mer, lourd sur la crête
Des bruits
Tapi clans les feuilles comme grimpe un menteur loup garou
Le
Pouls.

Pouls dans la vie et sur la mer hors de la nuit,
Hors du sommeil et par le bruit.
Mort pointillée en repos qui survit
Où soupçonne et bout et tonne partout
Le
Pouls.

(Alfred Jarry)

Illustration: Michael Page

 

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La chanson des heures (Xavier Privas)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



    

La chanson des heures

A qui sait aimer, les heures sont roses
Car c’est le bonheur qu’elles font germer
En l’Eden secret des amours écloses,
Les heures sont roses,
A qui sait aimer

A qui sait souffrir, les heures sont noires
Car c’est la douleur qu’elles font germer
En l’âme blessée, au choc des histoires,
Les heures sont noires,
A qui sait souffrir

A qui sait aimer, les heures sont grises
Car c’est le souci qu’elles font lever,
Par les cœurs troublés, par d’amères crises,
Les heures sont grises,
A qui sait aimer

A qui sait mourir, les heures sont blanches
Car c’est le repos qu’elles font fleurir,
Aux cœurs détachés de vitales branches,
Les heures sont blanches,
A qui sait mourir.

(Xavier Privas)

 

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CONSCIENCE (Gabriel Cousin)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



Manuel Gil Perez   N [800x600]

CONSCIENCE

Il y a parfois comme de grandes choses achevées.
La table est rangée, la chambre propre.
Tout est calme, paré de quiétude.
Il n’y a plus que des amis. Plus besoin d’attitudes.
Les objets se regardent exister.
ll semble que tout soit prêt, que le repos arrive.
La paix aura la couleur du soleil.
On pourra désirer le sommeil.
Mettre des fleurs dans les vases et comprendre les mots.
Les livres seront des robes de jeunes filles.
Tout sera simple et frais. L’amour, le travail et le corps.
Les songes auront le temps de vivre.
Des nappes sereines entourent les épaules.
Des buées rémittentes se posent sur le front. Le sang rêve.
Les mains s’adoucissent.
Une perception universelle aiguise la conscience.

(Gabriel Cousin)

Illustration: Manuel Gil Perez 

 

 

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LE CŒUR (Alaida Foppa)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2020



Illustration: Barbaras Bilder Kunst
    
LE CŒUR

On dit qu’il est aussi grand
que mon poing serré.
Petit donc,
mais suffisant
pour mettre en mouvement
tout ceci

C’est un ouvrier
qui travaille bien
quoiqu’il aspire au repos,
c’est un prisonnier
qui espère vaguement
s’échapper.

***

EL CORAZÓN

Dicen que es del tamaño
de mi puño cerrado.
Pequeño, entonces,
pero basta
para poner en marcha
todo esto.

Es un obrero
que trabaja bien
aunque anhele el descanso,
y es un prisionero
que espera vagamente
escaparse.

***

IL CUORE

Dicono che abbia la dimensione
del mio pungo chiuso.
piccolo, dunque,
ma sufficiente
per tenere in movimento
tutto questo.

È un lavoratore,
che lavora bene,
sebbene desideri una pausa;
è un prigionero
che sommessamente spera
di fuggire.

***

THE HEART

They say it’s the size
of my clenched fist.
Small, then,
but that’s enough
to set in motion
all of this.

It’s a laborer,
who works well,
though he longs for a break;
it’s a prisoner
who dimly hopes
to escape.

***

HET HART

Men zegt dat het zo groot is
als mijn gebalde vuist.
Klein, dus,
maar voldoende
om dit allemaal
in beweging te brengen

Het is een arbeider
die goed werkt
alhoewel hij verlangt naar rust,
het is een gevangene
die vaag hoopt
te ontsnappen.

***

INIMA

Se spune că ar fi
cât pumnul.
Foarte mică,
însă neobosită
pune-n mișcare toate
lucrurile.

Ea este truditoarea
ce impecabil bate
tânjind după odihnă,
și prizonieră este
nedeslușit visând
la evadare.

***

LU CORI

Diciunu ca è granni
comu lu pugnu dâ me manu.
Picciriddu, allura,
ma è capaci
di smoviri
tuttu chistu.

È un travagghiaturi
ca travagghia forti
puru ca sogna di na pausa;
È un priggiuneru
ca spera vanamenti
di evadiri.

***

O CORAÇÃO

Dizem que é do tamanho
do meu punho fechado.
Pequeno, pois não,
mas basta
para por em movimento
tudo isso.

É um trabalhador
que trabalha bem
embora sonhe com o descanso,
é um prisioneiro
que espera vagamente
a fuga.

***

DAS HERZ

Man sagt, es hätte die Größe
meiner geschlossenen Faust.
Also klein,
aber das genügt
um alles
in Gang zu setzen.

Es ist ein Arbeiter
der fleißig schafft
obwohl es sich nach Ruhe sehnt,
es ist ein Gefangener
der vage hofft
auszubrechen.

***

ΚΑΡΔΙΑ

Λένε έχει το μέγεθος μια γροθιάς.
Είναι μικρή τότε
μα μεγάλη αρκετά για
να βάλει τα πάντα σε κίνηση.

Εργάτης
που δουλεύει καλά
παρ’ όλο που αποζητά μιαν ανάπαυλα.
Φυλακισμένος που ποθεί
να δραπετεύσει.

***

SERCE

Mówią, że jest rozmiaru
mojej zaciśniętej pięści.
Małe,
ale wystarczająco duże,
by wprawiać w ruch
to wszystko.

To robotnik,
który pracuje dobrze,
choć pragnie odpoczynku;
to więzień,
który ma nikłą nadzieję
na ucieczkę.

***

***

心 脏

他们说心脏是
我紧握拳头的尺寸。
小,那么,
但这已足够
带动
所有器官。

它是个劳工,
工作得很好,
尽管他渴望休息;
它是个囚犯
渺茫地希望
逃走。

***

قلب

میگویند به سایز
مشت گره کرده من است.
کوچک، همزمان،
اما کافی است
تا به كار بیاندازد
تمام بدن را.

کارگری ست،
که خوب کار می کند،
گرچه آرزوی استراحت دارد؛
زندانیى است
که کم سو امیدی دارد
به فرار.

(Alaida Foppa)

 

Recueil: ITHACA 619
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Corse Gaetano Cipolla / Portugais José Eduardo Degrazia / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Persan Sepideh Zamani /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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S’ÉVEILLANT DE L’IVRESSE UN MATIN DE PRINTEMPS (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020




    
S’ÉVEILLANT DE L’IVRESSE UN MATIN DE PRINTEMPS

Puisque vivre en ce monde est le songe d’un songe
ni souci, ni travail ne me le gâcheront.
Et du matin au soir je bois et je m’enivre
endormi, allongé sur le pas de ma porte.

Lorsque je me réveille, il y a le jardin,
un seul oiseau qui chante au milieu des fleurs
Je ne sais plus le jour, la saison, ni le temps.
Un loriot sans repos bavarde dans le vent.

Tant me touche son chant que je pousse un soupir.
Le vin est devant moi. Je m’en verse une coupe,
puis j’attends en chantant que la lune se lève,
et ma chanson finie je retourne à l’oubli.

(Li Po)

 

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LA NUIT (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Christian Schloe
    
LA NUIT

Elle est venue la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de loup de fougère et de menthe
voleuse de parfum impure fausse nuit
fille aux cheveux d’écume issue de l’eau dormante

Après l’aube la nuit tisseuse de chansons
s’endort d’un songe lourd d’astres et de méduses
et les jambes mêlées aux fuseaux des saisons
veille sur le repos des étoiles confuses

Sa main laisse glisser les constellations
le sable fabuleux des mondes solitaires
la poussière de Dieu et de sa création
la semence de feu qui féconde les terres

Mais elle vient la nuit de plus loin que la nuit
à pas de vent de mer de feu de loup de piège
bergère sans troupeaux glaneuse sans épis
aveugle aux lèvres d’or qui marche sur la neige.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Rondeur de la colline (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



Illustration: Edgar Degas
    
Rondeur de la colline
— un instant de repos
Des remous telluriques —,
Mamelon du Désir
Qu’effleurent les rayons
Du couchant, bientôt mués

En brume de long regret.

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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LA VIE ME RACONTE UNE HISTOIRE (Louis Miller)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Euan Macleod
    
LA VIE ME RACONTE UNE HISTOIRE

La vie me raconte une histoire
Genèse et Dieu, naissance et devenir,
La vie me raconte une histoire
J’écoute, je crois et j’admire.

La vie me raconte une histoire
De péché, d’amour et de châtiment,
Et parfois la vie me raconte
Une histoire sans dénouement.

Alors, triste, je vagabonde,
Sans trouver sommeil ni repos,
Inventant moi-même à l’histoire
Un dénouement heureux et beau.

(Louis Miller)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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