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Poésie

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LA VIE ME RACONTE UNE HISTOIRE (Louis Miller)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Euan Macleod
    
LA VIE ME RACONTE UNE HISTOIRE

La vie me raconte une histoire
Genèse et Dieu, naissance et devenir,
La vie me raconte une histoire
J’écoute, je crois et j’admire.

La vie me raconte une histoire
De péché, d’amour et de châtiment,
Et parfois la vie me raconte
Une histoire sans dénouement.

Alors, triste, je vagabonde,
Sans trouver sommeil ni repos,
Inventant moi-même à l’histoire
Un dénouement heureux et beau.

(Louis Miller)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pardon! (Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




Etre sacré! souvent je l’ai troublé
Le repos d’or des dieux en toi, et par ma faute
Au plus secret, plus profond de la vie
Tu as appris mainte douleur.

Oublie, oh! oublie-le! et pareil au nuage
Là-bas, devant la pacifique lune, je m’en irai
Et tu reposeras, resplendissante encore
Dans ta beauté, ô suave lumière!

(Hölderlin)

Illustration: William Blake

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Mon coeur est devenu semblable (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
Mon coeur est devenu
semblable à ces canots
de pêcheur qui tressaillent
sans cesse et sans repos

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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DANS LES TERRES LES PLUS LOINTAINES (Avrom Reisen)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019



Illustration: Samuel Hirszenberg
    
DANS LES TERRES LES PLUS LOINTAINES

Nous sommes ceux qu’on dispersa
Dans les terres les plus lointaines.
Chacun de nous est un anneau
De la nouvelle chaîne.

Non seulement à Babylone
Mais au bord des fleuves, partout
Nous sommes venus nous asseoir,
Cherchant un toit qui soit à nous.

C’est ainsi qu’est devenu cher
À notre coeur le monde entier,
Sur les rives les plus lointaines
Se trouve pour nous un foyer.

Et maintenant nous chérissons
La Vistule autant que le Rhin,
Le large Dniepr à notre coeur
Murmure aussi douce complainte

Le libre Hudson nous fait un signe
Fraternel du fond de ses flots,
Il est permis, sur son rivage,
De connaître enfin le repos !

Quelque chanson que l’on écoute
Nous connaissons sa mélodie,
Quel que soit le fleuve qui coule
Il nous apporte nostalgie,

Quel que soit le drapeau qui flotte,
Nous est familier son appel,
Quel que soit le bateau qui vogue
C’est vers un pays fraternel.

(Avrom Reisen)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Immobile (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019



Ce n’est pas le mouvement
Qui prolonge la vie
Tout objet immobile
Est peut-être au repos

(Alain Mabanckou)


Illustration

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Mousse (Tristan Corbière)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



mousse rl

Mousse : il est donc marin, ton père ?…
— Pêcheur. Perdu depuis longtemps.
En découchant d’avec ma mère,
Il a couché dans les brisants…

Maman lui garde au cimetière
Une tombe — et rien dedans —
C’est moi son mari sur la terre,
Pour gagner du pain aux enfants.

Deux petits. — Alors, sur la plage,
Rien n’est revenu du naufrage ?…
— Son garde-pipe et son sabot.

La mère pleure, le dimanche,
Pour repos… Moi : j’ai ma revanche
Quand je serai grand — matelot ! —

(Tristan Corbière)

 

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POÈME PERPÉTUEL (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



POÈME PERPÉTUEL

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Le petit jour l’herbe endormie
Qui se lève à la vue des bêtes
La poitrine qui n’a plus faim
Qui n’a plus honte

La femme qui se fait complice
D’amours sans force et d’amours forcenées
La femme attentive à la vie
À la tempête d’un sanglot
À l’île verte du silence

De l’œil du doigt j’étudie des sourires
Je les reflète
Quels sont ces êtres caressants
Qui parlent selon mon repos
Sourires selon la rosée

Le soleil doux comme une taupe
Une boucle sur un front bas
La longue nuit immobile est rompue
Le beau masque désarçonné
La chaine usée

Une feuille qui se déplie
Un sourire qui continue
Mes yeux mes doigts
Notre jeunesse tendrement
Fait naitre l’aurore sur terre.

(René Char)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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POUR CONCLURE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
POUR CONCLURE

Je connais l’affliction des copyrettes,
des hommes mornes aux journaux jaunis,
des mères à lunettes aux avis de déménagement,

l’odeur des papiers à lettres, relevés de compte,
formulaires d’impôts, contrats de location,
cette encre de rien qui dit que nous existons.

Et j’ai vu des cités les dortoirs mort-nés,
où sans gloire les hommes contrefont des hommes,
et presque sans défaut la rue une rue.

Qui est-ce qu’ils copient ? Qui est-ce que
je copie moi-même ? Père, mère, monde, ADN,
te voilà avec un nom radieusement tien,

dans la tête un espoir habilement calqué
de repos, promotion, progéniture et chèques.
Et moi, qui glapissant habite ces tercets,

si seulement j’avais choses nouvelles à dire.
Lumière. Ciel. Amour. Maladie. Mort.
Je connais l’affliction des copyrettes.

***

TOT BESLUIT

Ik ken de droefenis van copyrettes,
van holle mannen met vergeelde kranten,
bebrilde moeders met verhuisberichten,

de geur van briefpapieren, bankafschriften,
belastingformulieren, huurcontracten,
die inkt van niks die zegt dat we bestaan.

En ik zag.Vinexwijken, pril en doods,
waar mensen roemloos mensen willen lijken,
de straat haast vlekkeloos een straat nabootst.

Wie kopiëren ze? Wie kopieer
ik zef? Vader, moeder, wereld, DNA,
daar sta je met je stralend eigen naam,

je hoofd vol snugger afgekeken hoop
op rust, promotie, kroost en bankbiljetten.
En ik, die keffend in mijn canto’s woon,

had ik maar iets nieuws, iets nieuws te zeggen.
Licht. Hemel. Liefde. Ziekte. Dood.
Ik ken de droefenis van copyrettes.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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LE REPOS (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



 

Degas 21

LE REPOS

Le bronze grave étreint de son sommeil pesant
Ton corps au geste las et ta face verdie;
Et quelle douloureuse et douce tragédie
T’a faite la statue où tu dors à présent?

Le marbre de ton socle est rouge et l’on y sent
Partout la pourpre encor d’une tache agrandie;
Est-ce la flèche aiguë ou la hache hardie
Qui t’a couchée ainsi plus belle dans ton sang?

Le bronze jaune et vert qui souffre et qui suppure,
Dont s’aigrit la patine et suinte la coulure,
Sculpte de ton repos un cadavre éternel;

Et la matière où tu survis te décompose;
Mais, puisque tendre fut ton Destin ou cruel,
Laisse croître à tes pieds la ciguë ou la rose.

(Henri De Régnier)

Illustration: Edgar Degas

 

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