Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘repos’

Un – deux – trois (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Un – deux – trois… huit pieds de long
Deux enjambées, le repos est sombre…

La vie est un point d’interrogation éphémère
Un – deux – trois… peut-être une autre semaine.

Ou le mois prochain pourra me trouver encore ici,
Mais la mort, je la sens proche.

J’aurais eu 23 ans en juillet prochain.

J’ai joué à ce qui importait le plus,
les dés ont roulé.

J’ai perdu.

(Hannah Senesh)

 

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Quand cela est possible on se retire plus loin (Antoine Emaz)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



quand cela est possible
on se retire plus loin
chercher de quoi lire et lier ces bribes

et parfois sans comprendre
on arrive à rejoindre le calme vaste
des pierres des siècles
qui tremble au fond de tous les jours

***

une poignée de sable infime en l’air un livre
un pas qu’on entend s’éloigner lentement
sur le chemin pierreux sec
au bout d’un jardin
derrière les arbres
peuvent suffire

***

à la fin
il n’y a pas d’ordre
et pourtant tout repose
comme rangé

nous aussi
rangés calmes
presque

le soir enrobe
les amis et les livres
un lent figement tranquille

***

de l’épaisseur des choses
monte un repos d’être
pour le moment
parmi les arbres
ou une vague entre les vagues
et rien d’autre
sans remords

(Antoine Emaz)

Illustration: Carl Spitzweg

 

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CRÉPUSCULE SPIRITUEL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2017



Illustration
   
CRÉPUSCULE SPIRITUEL

Aux lisières du bois, les bêtes sombres
Ont trouvé le repos.
Le vent du soir meurt sans bruit sur la colline.

La plainte du merle s’est tue,
Et les douces flûtes de l’automne
Font silence dans les roseaux.

Sur un noir nuage
Tu parcours ivre de pavot
L’étang nocturne.

Le ciel d’étoiles.
La voix lunaire de la soeur chante sans trêve
Par la nuit spirituelle.

(Georg Trakl)

 

Recueil: Ving-quatre poèmes
Traduction: Gustav Roud
Editions: La Délirante

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Le violon (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




Dans la vitrine
qui suit il y a un violon
cassé,
mais foisonnant dans sa douceur
de soleil abandonné.
Il habite cette vitrine,
incompris
des souliers qui se sont accumulés
sur lui et des bouteilles
vides
qui ornent son repos

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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AFFRONTE AVEC ORGUEIL… (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017




AFFRONTE AVEC ORGUEIL…

Affronte avec orgueil la vie et ses hasards,
N’attends rien, ô passant, du repos ou du songe,
N’accueille qu’en tremblant l’amour, ce beau mensonge,
Et chaque jour sois prêt pour de nouveaux départs !

(Pascal Bonetti)


Illustration: Gilbert Garcin

 

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PRÉMICES DU DESERT (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017



Illustration: Leon Levinstein
    
PRÉMICES DU DESERT

Elle s’engage entre les murs, elle est proie de la lumière…
peut-être était-ce toi, à présent c’est une apparition
ou peut-être tout ce qui n’a ni repos
ni mouvement ni lieu et n’est ni vrai
ni privé de substance, vacuité que seuls
de purs miroirs trahissent en frémissant.

C’est une figure errante, sans répit…
elle est nôtre, je la croyais une chimère
si quelqu’une par miracle apparaissait
sous des pentes arides, inconsolée,
dans des rues sombres où rien ne vit plus,
rien sinon l’espoir du tonnerre.

***

PRIMIZIE DEL DESERTO

S’AVVIA TRA I M URI, È PREDA DELLA LUCE

S’avvia tra i muri, è preda della luce…
forse eri tu, ora è un’apparizione
o forse è tuno ció che non ha pace
o sede o movimento e non è vero
né insostanziale, vanità che solo
puni specchi tradiscono fremendo.

È una vaga figura, non ha requie…
è nostra, la credevo una chimera
se alcuna ne appariva per miracolo
sono aride pendici inconsolata
per vie cupe ove mente vive più,
riente se non la speranza del tuono.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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L’ARC DECLINANT (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2017



L’ARC DECLINANT

Nous fûmes purs et pourtant nous sommes en deçà de notre mesure.
Qui parle de parfaire ?
Nous entrons dans l’arc déclinant où la corde mollit,
la ferveur comme la flèche ne vibre plus.
Nous n’aurons pas plus de repos que nous n’eûmes de larmes.

N’est-il plus rien à voir, rien à entendre.
Rien pour le soleil. Rien pour la récompense.
Rien pour la vanité. Rien pour le délire ?
La lampe des amants s’éteint
et l’âme est écorchée de tous les incendies de l’ombre.

Elle n’a plus de bouche et sa bouche est pleine de Dieu.
Au dernier communiqué des flammes,
le geste qu’elle tendit vers moi
fut celui d’un versant inconnu qui s’éclaire,
et nous fléchissons sur la beauté
comme le brasier touché par la grâce.

Nous garderons les armes à la main
pour d’autres combats,
dans d’autres mondes impossibles.

(Jean Malrieu)

 Illustration: Josephine Wall

 

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Printemps (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Printemps

La branche jaillit.
Le chemin secret des eaux voit le jour.
Moi le ciel, toi la terre, moi le sable,
toi le ruisseau, moi les reins, toi l’abondance,
avec en plus la rencontre du temps prédestiné,
moi l’histoire, toi l’événement,
mêlés, roulés, confondus, essoufflés, perdus.

Moi la silice, toi le grain d’eau,
moi le chagrin, toi le repos,
les jours, les nuits, leur alternance.

Une branche verdit qui nous unit d’un seul élan,
toi la sève, moi l’écorce,
toi le bourgeon, moi la feuille.

Le sang qui est amour a coulé
au long des berges de la mémoire,
salué je ne sais quel dieu noir,
je te souris et tu m’enchantes,
je t’enlace et tu me prolonges
sur le grondement même des eaux.

Le temps fleurit en ses racines profondes.
Il règne ici l’odeur et la fragrance du jasmin.
Toi la douceur, moi le regard,
toi la narine, moi la tempe.
Ma voix, ta voix
sont les gémissements des bienheureux.

(Jean Malrieu)

 

Recueil: À leur sage lumière

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Quel repos ? (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Vladimir Kush
    
Quel repos ? quelle pierre
où poser la tête ? Rien,
il n’est pas de pierre, il n’est aucun
lieu où tu puisses demeurer. Tu dois
être. Etre toujours
et déjà rien que pour cela
âme et corps indéfectiblement brûler —

***

Quale riposo ? quale pietra
su cui posare il capo ? Niente,
non c’è quella pietra, non c’è luogo
alcuno in cui tu possa stare. Devi
essere. Essere sempre
e anche solo per questo
anima e coreo indefettibilmente ardere —

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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Que puis-je faire? (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017



Illustration de Tassili
    
Que puis-je faire? Ma nature s’accommode mal du repos.
Mon âme est agitée comme la brise qui souffle sur le champ de coquelicots.

Lorsque l’oeil contemple une chose belle,
Le coeur aspire à une chose plus belle encore.

Je vais de l’étincelle à l’étoile et de l’étoile au soleil;
Mon voyage est sans halte, je meurs si je m’arrête.

Lorsque je lève ma coupe débordante du nectar d’un printemps,
Le désir des printemps à venir s’éveille en moi.

L’oeil impatient et le cceur plein d’espoir,
Je cherche la fin de ce qui est sans fin.

(Mohammad Iqbal)

 

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