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Avancez! Reculez ! Arrêtez ! (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Avancez! Reculez ! Arrêtez ! – Des ordres
chuchotés haletants à l’oreille. Obéis !
(Capitaines cachés dans la faim et la soif)
Fuis ! Montre-toi ! Un salut !
Signe tais-toi réponds prends garde !

Que d’ordres venus de partout !
Le soleil ? – La main sur les yeux !
La pluie ? – Courbe le dos !
L’amour qui arrive ? – Attention !
Et ces morts en travers du chemin tout à coup !

Chocs et contre-temps de la ville
et de la vie je suis tranquille
seulement si mon souffle et mon pas vous rassemblent.
L’instable est mon repos.

(Jean Tardieu)


Illustration: Herbert Bayer

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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Les difficultés essentielles (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



 

Monsieur mes ses chaussettes
Monsieur les lui retire.

Monsieur met sa culotte
Monsieur la lui déchire.

Monsieur met sa chemise
Monsieur met ses bretelles
Monsieur met son veston
Monsieur met ses chaussures:
au fur et à mesures
Monsieur les fait valser.

Quand Monsieur se promène
Monsieur reste au logis

quand Monsieur est ici
Monsieur n’est jamais là

quand Monsieur fait l’amour
Monsieur fait pénitence

s’il prononce un discours
il garde le silence,

s’il part pour la forêt
c’est qu’il s’installe en ville,

lorsqu’il reste tranquille
c’est qu’il est inquiet

il dort quand il s’éveille
il pleure quand il rit

au lever du soleil
voici venir la nuit;

Vrai! c’est vertigineux
de le voir coup sur coup
tantôt seul tantôt deux
levé couché levé
debout assis debout!

Il ôte son chapeau
il remet son chapeau
chapeau pas de chapeau
pas de chapeau chapeau
et jamais de repos.

(Jean Tardieu)

 

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On célébrait à perdre haleine la lumière (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

On célébrait à perdre haleine la lumière
Les soirs où le soleil bas
Rougissait la gorge des hirondelles volant à ras de terre.
Désormais et toujours plus vif
Sera le désir de faire la nuit en moi seul
Et de chercher salut et repos
Dans mon histoire la plus lointaine.
Chaque soir je vais à ma rencontre à reculons.

***

La luce era gridata a perdifiato
Le sere che il sole basso
Arrossava il petto delle rondini rase.
Ora e sempre più viva
Sarà la smania di far notte in me solo
E cercar scampo e riposo
Nella mia storia più remota.
Ogni sera mi vado incontro a ritroso.

(Leonardo Sinisgalli)

Illustration: Hartig Kopp Delaney

 

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CHALEUR (Armenuhi Sisyan)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Bangla, Irish, Serbian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 676 « Warmth »,
Armenuhi Sisyan, Armenia

de “Longing For Thousand Years’’

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

CHALEUR

Le souvenir frémit entre mes doigts,
mes yeux fixent le vide à regret,
tandis que les oiseaux désenchantés
partent vers des régions plus chaudes.
C’est la victoire du vent,
pas celle du cœur,
que mes joues ne puissent rougir
par la chaleur du souvenir.
Mes mots suivent les oiseaux:
la poésie leur procure le repos.

(Armenuhi Sisyan)

Traduction Elisabeth Gerlache

***

WARMTE

De herinnering rilt tussen mijn vingers,
mijn ogen staren onbeweeglijk,
terwijl de vogels vertwijfeld
naar warmere oorden trekken.
Het is de overwinning van de wind,
niet die van het hart,
dat mijn wangen niet blozen
door de warmte van de herinnering.
Mijn woorden volgen de vogels:
ze vinden rust in de poëzie.

Vertaling Germain Droogenbroodt

***

CALOR

La memoria se congela entre mis dedos,
mis ojos miran sin parpadear,
mientras los pájaros emigran desesperados
a lugares más cálidos.
La victoria de los vientos es,
no la del corazón,
sino el no sonrojarse de mis mejillas
por el calor del recuerdo.
Mis palabras siguen a los pájaros:
descansan donde está la poesía.

Traducción Armenuhi Sisyan – Germain Droogenbroodt – Rafael Carcelén

***

WARMTH

Memory freezes between my fingers,
my eyes unwinking stare,
while the birds migrate to warmer places
in despair.
The victory of winds it is,
not of the heart,
that my cheeks will not blush
from the warmth of memory.
My words follow the birds:
They rest where poetry is.

Translation Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan

***

CALORE

La memoria si congela fra le mie dita,
i miei occhi osservano senza batter ciglio,
gli uccelli migrare verso luoghi più caldi
nella disperazione.
È la vittoria dei venti,
non del cuore.
Le mie gote non arrossiscono
per il calore della memoria.
Le mie parole seguono gli uccelli:
Essi riposano là dove è la poesia.

Traduzione di Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan – Luca Benassi

***

WÄRME

Die Erinnerung friert zwischen meinen Fingern,
meine Augen starren unbewegt,
während die Vögel in Verzweiflung
nach wärmeren Orten ziehen.
Es ist der Sieg des Windes,
nicht des Herzens,
dass meine Wangen nicht erröten
von der Wärme der Erinnerung.
Meine Worte folgen den Vögeln:
sie rasten wo Poesie ist.

Übersetzung: Wolfgang Klinck

***

CALIDEZ

A memória enregela entre os meus dedos,
os meus olhos fixos não pestanejam,
enquanto os pássaros migram,
em desespero,
para lugares mais quentes.
É triunfo dos ventos,
não a do coração,
que a minha face não enrubesça
na calidez da recordação.
As minhas palavras seguem os pássaros:
descansam onde há poesia.

Tradução portuguesa – Maria do Sameiro Barroso

***

CAUDDU

La mimoria si gghiaccia ntrê me jidita
L’occhi vardanu fissi senza vulillu
Mentri l’aceddi migranu versu posti chiù cauddi
Dipiratamenti.
È la vittoria di lu ventu
Non di lu cori,
ca li me masciddi non russicanu
cu lu cauddu di la mimoria.
I me palori
Sicutanu l’aceddi:
si riposanu unni la puisia è.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

CĂLDURĂ

Amintirea îmi îngheață între degete,
ochii mei o fixează încremeniţi,
în timp ce păsări deznădăjduite
se îndreaptă spre ținuturi mai calde.
A vântului izbândă e aceasta,
nicidecum un triumf al inimii.
Obrazul meu nu se îmbujorează
atins de arșița amintirii.
Cuvintele-mi iau calea zburătoarelor:
odihna și-o găsesc în cuibul poeziei.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

CIEPŁO

Pamięć zamarza pośród moich palców
moje znieruchomiałe oczy wpatrują się
w ptaki wędrujące do cieplejszych krain
To zwycięstwo wiatrów,
nie serca,
że moje policzki nie rumienią się
od ciepła pamięci.
Moje słowa podążają za ptakami:
Znajdują schronienie tam, gdzie są wiersze.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΖΕΣΤΑΣΙΑ

Παγώνει η μνήμη ανάμεσα στα δάχτυλα
αθέλητα τα μάτια μου κοιτούν
απελπισμένα πουλιά που μεταναστεύουν
στα θερμά κλίματα.
Νίκη του ανέμου
κι όχι της καρδιάς
τα μάγουλα μου που δεν κοκκινίζουν
απ’ τη θαλπωρή της μνήμης.
Τα πουλιά ακολουθούν οι λέξεις μου
Όλα τα υπόλοιπα την ποίηση.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
translated by Manolis Aligizakis

***

记忆在我手指间寒颤,
我的眼睛不情愿地盯看,
当鸟儿迁徙到更暖和的地方,
绝望地飞,
这是风的胜利,
不是心的,
我的脸颊不会始于记忆
的温暖而发红羞愧。
我的词语跟随这些鸟儿:
它们在有诗的地方栖息。

原作:亚美尼亚 亚美奴希·斯娅恩
英译:作者自译
汉译:中 国 周道模 2021-3-20
Translation into Chinese by William Zhou

***

الدفء

ذاكرتي تتجمد وسط أناملي،
وعيناي تحدقان دون رغبة،
في وقت تهاجر الطيور صوب أماكن أكثر دفئا.
لكن دون طائل
إنه زمن انتصار الريح،
وليس القلب.
خداي لا يحمران
بالدفء الذي تنشره الذاكرة.
وكلماتي تقتفي أثر الطيور:
فتحط الرحال لتستريح حيثما يكون الشعر.
أرمينوهي سيسيان ، أرمينيا
ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم

Translation into Arab by Sarah Slim

***

गर्मजोशी

मेरी उंगलियों के बीच
यादें जमा देता है,
मेरी आँखें अनिच्छा से घूरने लगीं
जबकि पक्षी गर्म स्थानों पर चले जाते हैं
निराशा से।
यह है हवाओं की जीत,
दिल का नहीं।
मेरे गाल फूले नहीं समा रहे हैं
स्मृति की गर्मी से।
मेरे शब्द पक्षियों का अनुसरण करते हैं:
वे आराम करते हैं जहाँ कविता है।
अर्मेनुही सिसायन, आर्मेनिया
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी में अनुवादित l

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

ぬくもり

記憶は指の間で凍りつき
望みもしないのに目は見つめる
渡り鳥が絶望して暖かな場所へ飛びのを
風の勝利は心のものではない
わたしの頬が赤く染まるのは
記憶のぬくもりのためでない
わたしの言葉は鳥たちを追う
鳥たちは詩のあるところに羽を休める

アルメヌヒ・シスヤン(アルメニア)
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

حرارت

خاطره در بین انگشتانم منجمد می‌شود
و چشمانم ناخواسته خیره می‌ماند
هنگامیکه پرندگان در ناامیدی به مناطق گرمسیری کوچ می‌کنند.
پیروزی باد است،
نه قلب.
گونه هایم سرخ نمی‌شود
از گرمای خاطرات.
کلماتم پرندگان را دنبال می‌کنند:
و آنجا که شعر است استراحت می‌کنند.

ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

ТОПЛИНА

Паметта замръзва между пръстите ми,
очите ми неохотно се взират
докато птиците отлитат

към по-топли места в отчаянието си.
Победа на ветровете е това,

не на сърцето.
Топлината на паметта
не зачервява бузите ми.
Моите думи следват птиците:
Те почиват, където е поезията.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

HLÝJA

Minningarnar frjósa milli fingra minna,
augu mín stara ófús
á fuglana fljúga til hlýrri staða
í örvæntingu.
Þetta er sigur vinda,
ekki hjartans.
Vangar mínir roðna ekki
af hlýju minninganna.
Orð mín fylgja fuglunum:
Þau halda sig með ljóðunum.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ТЕПЛО

Воспоминания дрожат между пальцев,
глаза уставились не мигая,
а в то же время перелетные птицы
летят в отчаянии на юг.
Вот так получилось у ветра сделать,
а у сердца не получилось,
так, чтобы не краснели щеки
от самых теплых воспоминаний.
Мои слова улетают за птицами:
им спокойнее там, где есть стихи.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

INIT

Alaala ay nanigas sa pagitan ng aking mga daliri
aking mga matang hindi kumukurap
habang ang mga ibon ay lumilipat sa mas mainit na
mga lugar
sa kawalan ng pag-asa.
Ang tagumpay ng hangin na ito,
hindi ng puso,
na huwag nawa mamula ang aking pisngi
mula sa mainit na alaala.
Sinusundan ng ibon ang aking mga salita:
Sila’y nagpapahinga kung saan naroon ang tula.

Translation Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

חמימות / אַרְמֶנוּהִי סִיסְיַאן

הַזִּכָּרוֹן קוֹפֵא בֵּין אֶצְבְּעוֹתַי,
עֵינַי מַבִּיטוֹת בְּלִי לְמַצְמֵץ,
כְּשֶׁהַצִּפֳּרִים נוֹדְדוֹת לִמְקוֹמוֹת חַמִּים יוֹתֵר
בְּיֵאוּשׁ.
זֶה נִצְחוֹן הָרוּחוֹת,
לֹא שֶׁל הַלֵּב,
שֶׁלְּחָיַי לֹא יַסְמִיקוּ
מֵחֹם הַזִּכָּרוֹן.
מִלּוֹתַי מְלַוּוֹת אֶת הַצִּפֳּרִים:
נָחוֹת בַּמָּקוֹם בּוֹ נִמְצֵאת הַשִּׁירָה.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

வெது வெதுப்பு

நம்பிக்கை இழந்த பறவைகள்
வெது வெதுப்பான இடங்களுக்கு இடம்பெயர,
எனது விரல்களுக்கு இடையே நினைவு உறைந்து போகிறது
இமைகள் அசைக்காத எனது கண்களின் பார்வையில்!

அது காற்றின் வெற்றி
எனது இதயத்தின் வெற்றி அல்ல
எனது கன்னங்கள் அந்த நினைவின்
வெது வெதுப்பினின்று நாணமடையாது!
எனது சொற்கள் பறவைகளைப் பின்பற்றுகின்றன
ந்எங்கு கவித இருக்கிறதோ அங்கு
ஓய்வெடுக்கிறது!

Translation into Tamil by NV Subbaraman

***

উষ্ণতা

স্মৃতিগুলো হিমায়িত হয় আমার অঙ্গুলি গুলির মাঝারে,
নয়নযুগল তাকায় অনিচ্ছাসত্বে,
যখন পাখিরা উড়ে যায় একটু উষ্ণতার জন্য
বিষণ্ণতায় ।
এই জয় যে পবনের,
কিন্তু নয় হৃদয়ের ।
আমার গাল গুলি হয়না গোলাপ কপোল
স্মৃতির উষ্ণতায় ।
আমার শব্দমালা অনুসরণ করে পাখিদের:
তারা বিশ্রাম করে যেখানে বসবাস করে কবিতামালা ।

Bangla Translation-:Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FONN TAISTIL

Reonn an chuimhne idir mo mhéara,
in éadan mo thola féachaim romhaim
le teann éadóchais
ar na héin ag triail ó dheas—
leanann siad treo na gaoithe,
ní thugann siad aird ar a gcroíthe.
Á dtabhairt chun cuimhne,
ní lasann mo ghrua.
Leanann mo bhriathra imirce na n-éan:
Fáirfidh siad san áit a bhfuil an fhilíocht ann.

Aistrithe go Gaeilge ag Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

TOPLOTA

Sećanje se smrzava između mojih prstiju,
oči uporno gledaju u istu tačku ,
dok se očajne ptice
sele u toplije krajeve.
To je pobeda vetrova
ne srca.
Ne rumene se moje jagodice
od topline sećanja.
Moje reči lete za pticama:
odmore se tamo gde je poezija.

Preveli: Armenuhi Sisyan – Stanley Barkan
S engleskog prevela S. Piksiades

***

Ջերմություն

Մատներիս միջև սառչում է հիշողությունը,
սառչում են աչքերս
ու թռչունները ճարահատ
չվում են տաք տարածքներ:
Քամիների հաղթանակն է
և ոչ սրտի,
որ այտերս չեն շառագունի
ջերմության հուշից:
Բառերս հետևում են թռչուններին.
նրանք հանգրվանում են այնտեղ,
ուր բանաստեղծությունն է…

(Armenuhi Sisyan)

 

Recueil: Ithaca 676
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
France: https://arbrealettres.wordpress.com
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
Romania: http://www.logossiagape.ro; http://la-gamba.net/ro; http://climate.literare.ro; http://www.curteadelaarges.ro.; https://cetatealuibucur.wordpress.com
Spain: https://www.point-editions.com; https://www.luzcultural.com
India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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Il existe en nous un bon et un mauvais silence. (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021



Illustration: Marie Waltz
    
Il existe en nous un bon et un mauvais silence.

Le bon silence, c’est celui de l’écoute,
celui de l’ouverture de l’âme à l’art, à la lumière et à la nuit,
à la parole initale
dont toutes les autres ont pu sortir dans la durée d’une vie.

Le roi David, dans un psaume, remercie Dieu
de lui avoir profondément « creusé l’oreille ».
Retrait en nous, caché derrière le voile des formes,
des images, des événements fugitifs,
s’abrite le lieu de toute confiance
et de plénitude dans le repos

-parfois je l’appelle le lac de la rosée-,
d’où jaillit, hors du silence,
la possibilité de la perception des choses,
et de la parole en même temps.

(Claude Vigée)

 

Recueil: Dans le silence de l’Aleph
Traduction:
Editions:Albin Michel

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SUR LA MORT D’UN ENFANT (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020




Illustration: Rudolf Schäfer
    

SUR LA MORT D’UN ENFANT

La beauté est propre aux enfants
C’est la ressemblance de Dieu peut-être, —
Ils ont en propre repos et silence,
Qu’on loue chez les anges eux-mêmes.

***

AUF DEN TOD EINES KINDES

Die Schönheit ist den Kindern eigen,
Ist Gottes Ebenbild vielleicht, –
Ihr Eigentum ist Ruh und Schweigen,
Das Engeln auch zum Lob gereicht.

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

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LES CERISIERS (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Emile Vernon
    
LES CERISIERS.

I.

Vous souvient-il un peu de ce que vous disiez,
Mignonne, au temps des cerisiers ?

Ce qui tombait du bout de votre lèvre rose,
Ce que vous chantiez, ô mon doux bengali,
Vous l’avez oublié, c’était si peu de chose,
Et pourtant, c’était bien joli…
Mais moi je me souviens (et n’en soyez pas surprise),
Je me souviens pour vous de ce que vous disiez.
Vous disiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous disiez…
Que vous aimiez fort la cerise,
La cerise et les cerisiers.

II.

Vous souvient-il un peu de ce que vous faisiez,
Mignonne, au temps des cerisiers ?

Plus grands sont les amours, plus courte est la mémoire
Vous l’avez oublié, nous en sommes tous là ;
Le cœur le plus aimant n’est qu’une vaste armoire.
On fait deux tours, et puis voilà.
Mais moi je me souviens (et n’en soyez surprise),
Je me souviens pour vous de ce que vous faisiez…
Vous faisiez (à quoi bon rougir ?)…donc vous faisiez…
Des boucles d’oreille en cerise,
En cerise de cerisiers.

III.

Vous souvient-il d’un soir où vous vous reposiez,
Mignonne, sous les cerisiers ?

Seule dans ton repos ! Seule, ô femme, ô nature !
De l’ombre, du silence, et toi…quel souvenir !
Vous l’avez oublié, maudite créature,
Moi je ne puis y parvenir.
Voyez, je me souviens (et n’en soyez surprise),
Je me souviens du soir où vous vous reposiez…
Vous reposiez (pourquoi rougir ?)…vous reposiez…
Je vous pris pour une cerise ;
C’était la faute aux cerisiers.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Le Rat de ville et le Rat des champs (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration    
    
Le Rat de ville et le Rat des champs.

Le rat de ville était dans la délicatesse ;
Le rat des champs vivait dans la simplicité ;
L’un avait plus de politesse ;
L’autre était en sûreté.

Il n’est point de plaisir où la crainte se trouve ;
Riches, c’est ce qu’ici ce rat sensé vous prouve :
Liberté, vous dit-il, repos et sûreté,
Sont des biens qu’on ne voit que chez la pauvreté.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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PRINTEMPS DE GUERRE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    

PRINTEMPS DE GUERRE

J’étais boueux et las
Et le soir dans les bois
M’étreignait la poitrine.
Je m’étais étendu
Sur un sombre tapis
D’herbes froides et lisses.
Un papillon d’argent
Errait dans l’air inerte
Avant d’aller mourir.
Des troncs d’arbres gisaient,
Sciés depuis l’hiver ;
Mais il surgissait d’eux
Des pousses condamnées,
De tendres pousses vertes
Qui regardaient le ciel
Et croyaient au bonheur.
Pour le cœur, nul repos ;
Pour l’âme, nul sourire
Que celui de la mort !
Je me suis relevé,
J’ai regardé, stupide,
L’herbe longue brisée par le poids de mon corps.
Je me suis mis en marche.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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