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VIEILLIR (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



Jean-Baptiste Besnard

VIEILLIR

A force d’être jeune, on devient vieux.
Les ans passent trop vite et l’on ignore
Si un monde meilleur existe encore
Ou s’il est exilé en d’autres lieux.
Un été se termine et c’est l’automne
Dont la splendeur annonce un autre hiver.
Les arbres dépouillés ne sont plus verts
Et le décor paraît bien monotone.
Il nous faudrait, d’après l’auteur ancien,
Sans attendre cueillir toutes les roses.
La vie ne suffit pas à un païen
Pour pouvoir savourer toutes les choses.
Et je croyais triompher du destin,
Me réchauffer toujours près de la flamme
Mais, froid, j’avais déjà perdu mon âme,
Convive repoussé hors du festin.

(Jean-Baptiste Besnard)

Son blog ici: https://jeanbaptistebesnard.wordpress.com/
 

 

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Sur le rivage l’homme attend l’improbable (Jean-Paul Hameury)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



La mer passe
d’une crique à l’autre.

Les plans bleutés s’étagent

L’horizon indéfiniment repoussé
s’efface dans le blanc du ciel.

Rochers et arbres vivent sans cris.

Le temps s’en va avec les fleurs
les nuages les eaux
des lointaines cascades.

Sur le rivage
l’homme attend l’improbable.

(Jean-Paul Hameury)

Illustration: ArbreaPhotos

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Un chien, pour le séduire (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



Un chien, pour le séduire,
je n’ai pas à me raser de près ni à être beau,
ni à faire le fort,
je n’ai qu’à être bon.

Il suffira que je tapote son petit crâne
et que je lui dise qu’il est un bon chien,
et moi aussi.

Alors, il remuera sa queue
et il m’aimera d’amour avec ses bons yeux,

m’aimera même si je suis laid et vieux et pauvre, repoussé par tous,
sans papiers d’identité et sans cravate de commandeur,
m’aimera même si je suis démuni des trente-deux petits bouts d’os de gueule,

m’aimera, ô merveille, même si je suis tendre et faible d’amour.

(Albert Cohen)

 

 

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