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Poésie

Posts Tagged ‘repousser’

Il n’est que l’ombre (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019




Il n’est que l’ombre
pour savoir
les secrets
des maisons fermées,
que
le vent repoussé
et sur le toit la lune qui fleurit.

(Pablo Neruda)

Illustration

 

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Ils repoussent la cuillerée doucereuse (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019




…ils repoussent la cuillerée doucereuse
pour ne plus regarder au fond d’eux
qu’à jamais mort un cheval blanc qui s’en allait
dans leur saison d’enfance.

(Jean Follain)

Illustration

 

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Tout poème n’est qu’un balbutiement (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Il y a des choses qui occupent tellement leur place
qu’elles parviennent à se déplacer elles-mêmes
et repoussent tout alentour,
comme d’invraisemblables créatures qui débordent de leur peau
et ne peuvent se réabsorber.

Ainsi parfois la poésie ne me laisse pas écrire.
L’écriture reste alors écrasée
comme la pâture sous un gros animal.
Et il n’est possible de recueillir que peu de paroles
piétinées dans l’herbe.

Mais tout poème n’est qu’un balbutiement
sous le balbutiement sans fin des étoiles.

(Roberto Juarroz)

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Ils étaient jeunes ils étaient beaux (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




    
Ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de bleu vêtus
Ils sont partis
fleur au fusil

Il verrait bien de quel bois
on se chauffe
l’ennemi
On le repousserait chez lui
Et puis
on rentrerait chez soi
C’était l’affaire de quelques mois

Dans les tranchées d’en face
ils étaient jeunes
ils étaient beaux
de gris vêtus
Un peu plus blonds peut-être

D’un côté comme de l’autre
tous avaient laissé
leur mère, leur sœur, leur fiancée
leur femme, leurs enfants
et les enfants à naître

Ils leur avaient bourré la tête
les bons apôtres :
ils se battraient pour la Nation

Mais ils n’étaient rien que les pions
d’un échiquier géant
dont les joueurs étaient seuls maîtres

Chair à canon
ils ont été déchiquetés
les bruns, les blonds
les bleus, les gris
Leur sang était le même

Dans leur âme et dans leur corps
à tout jamais meurtris
tous ceux qui ne sont pas tombés
au champ d’horreur
en criant : « Maman ! »

Il y a toujours une guerre quelque part
Quand comprendrons-nous ?
Quand comprendrons-nous ?

(Béatrice Bastiani-Helbig)

 

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En quelques morceaux (Arnaud Savoye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

    
 

En quelques morceaux

Soif et joie;
pieds lavés dans la rivière
remontent à la source.
Rêve d’élan.
De l’engagement.

Nos propres dé‚couvertes
porté‚es haut et partagé‚es,
repas pris en commun.

Ensemble sur
un même chemin,
vers une oeuvre.

Solidarité‚ des oiseaux;
une mésange guette,
surveille, annonce, pré‚vient.

Rouges-queues, chardonnerets,
passereaux au sol picorent,
partage équilibré.

Parfois, une colère, une ré‚volte.
Et tu dé‚poses tes sentiments,
affirmes l’être que tu es,
insuffle une direction.

Parfois, oui,
une mise à nu simple.
Révélation de l’être,
reconnaissance.

Tu es, je te vois, t’entends.
Mots, portée d’une page,
mots murmurés, répétés.
Ils pénètrent l’intérieur,
mordant d’une oreille, elle
écoute.

Un feu; le feu en nous
n’incendie plus la forêt et son
entêtante illusion du sauvage en gestation
avant son réveil brutal, brûlure vive.

Ici, seul le désir partagé, désir commun,
s’érige contre-feu.

Embrasement des coeurs.
Nous puiserons dans la flamme
ravivée chaque matin.

Opiniâtreté des jours
courage de l’oiseau éclatant,
persistante volonté
où chacun prend part à.

Néfliers rougeoyants, éclats des regards.
Il y a de la passion dans cette terre brandonnée.
Ne rêvons-nous pas secrètement de prolonger le jour?

Le bois nourrit l’âtre,
repousse le noir de la nuit.
Coûte que coûte maintenir flamme,
chaleur et lumière.

Ne confondons pas
ombres et corps,
mirage de l’oeil.

Dissocier braises et cendres
en suivant les signaux des fumées.
N’avons-nous pas à chaque instant
à tisonner le corps ?

Une main s’ouvre pour qu’un mot
se dépose dans sa paume : ardeur.

(Arnaud Savoye)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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EUX DEUX (Ariane Dreyfus)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2018



 

allumettes

EUX DEUX

Si vous faites se toucher deux allumettes, la flamme
commencée se gonfle comme une voile,
Le trait noir sur lequel elle se déplace
En se déformant les unit.

C’est l’histoire d’un homme et d’une femme qui se sont croisés,
Et maintenant ne s’écartent pas l’un de l’autre.

Mais dans le ventre de la femme il y a déjà un enfant.

À chaque fois que l’homme s’approche d’elle, vivre
Se trouble
Comme s’il fallait repousser ce que c’est,
Être seul.

(Ariane Dreyfus)

 

 

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Centrée (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2018




    
centrée
et combien
grave

tes yeux ta faim
comme un puits
un gouffre

immergés
tous deux
au plus reculé
d’un silence
qui repousse
le monde

la calme
tension
de ton écoute

prends
prends
mes mots

donnons-nous
du vivant

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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L’AUBE (Hervé Le Tellier)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2018




    
L’AUBE

Il y a un loup près de ton lit
C’est vrai qu’il pique le matin
Un loup gentil aux cheveux gris
Sa joue c’est comme du poil de chien
Qui pour toi donnerait sa vie
Mais il est doux à l’intérieur
Il veille, tu dors, c’est la nuit
Et si tu le repousses, il pleure.

(Hervé Le Tellier)

 

Recueil: Zindien
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Traverse (Gilles de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Bruno Walpoth -1 [1280x768]

 

Traverse

Traverse, s’il le faut, le pays de ta désolation intérieure
En acceptant d’aller voir cette désolation,
Tu t’enrichis et tu peux croître

En repoussant tout ce qui t’est inconfortable,
tu deviens un illusionniste ingénieux
et ta souffrance s’accroît

Enfonce-toi lentement dans la méditation

Bientôt, tu n’auras plus pied,
et tu seras à nouveau cet amoureux de l’intérieur,
captif et capteur, passé au crible des proximités

(Gilles de Obaldia)

Découvert chez la boucheaoreilles ici
Illustration: Bruno Walpoth

 

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Trop ardente (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Trop ardente
la faim repousse
ce qui pourrait
l’apaiser

(Charles Juliet)

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