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Posts Tagged ‘reprendre’

Alors se briseront (Guido Gezelle)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2021



 

Jeanie Tomanek theweavers [1280x768]

Alors se briseront
nuées, tombeau, prison.
Le soleil reprendra
sa course dans le ciel,
l’été refleurira,
l’été, le jour, et tout.
La Joie infiniment
plus haute que les joies.

(Guido Gezelle)

Illustration: Jeanie Tomanek 

 

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PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME(André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021




    
PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME

Je suis entré profondément
dans les principes de la raison sublime
et j’ai brisé les préoccupations terrestres
(Song Tche-wen)

Que le corps
sur la terre comme au ciel
dans les langes ou les limbes
jeté
à tous les horizons.

Que l’errance
de ce moment de nous
qui n’est que muscle et âme
nouée
à la pierre qui roule.

Que cela
qui naît venant d’ailleurs
qui meurt reprenant souffle
légué
à la danse du vent.

Que le sable
sans pays ni frontière
qui s’alloue toujours moins
gagné
à l’envers des conquêtes.

Que l’amour
le soleil à l’épaule
écrit avec une aile
joué
à la gloire de Faust.

Que le chant
des bêtes et des anges
pour être hors du temps
sauvé
à la grâce du feu.

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je tiens ses mains; je la presse sur mon coeur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2021



Illustration: Gustav Klimt

   

Je tiens ses mains; je la presse sur mon coeur;
J’essaye d’emplir mes bras de sa beauté;
de butiner son doux sourire sous mes baisers;
de boire avidement son regard sombre.
Hélas! où est tout cela?
Qui peut violenter l’azur du ciel?
Je veux étreindre la beauté; elle m’échappe;
le corps seul reste dans mes mains.
Déçu et fatigué, je reprends ma route.
Comment le corps toucherait-il la fleur,
que seul l’esprit peut toucher?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Le jardinier d’amour La jeune Lune
Traduction: Mme Sturge Moore
Editions: Gallimard

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NOCTURNE (ET PUIS) (Christian Arabian)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Alice Pike Barney 29739 [1280x768]

NOCTURNE
(ET PUIS)

Et puis
Je crois qu’on s’aimait vraiment
Et puis
Tout était grave et charmant
Et puis
J’allais chez toi chaque nuit
Et puis
Tu m’appelais en dormant

Alors, le matin nous reprenait
Alors, nous allions nous promener
Alors, c’était une autre journée
Et puis
Le soleil ou bien la pluie
Et ces jours heureux je te les dois
Je peux les compter sur mes doigts
Peut-être moins d’une semaine à peine à peine
Un train s’en allait et je l’ai pris
Et je ne t’ai jamais écrit
Comme j’en avais fait promesse promesse de Paris

Et puis
Je ne sais plus qui tu es
Et puis
Je me suis habitué
Et puis
Je ne sais plus où je suis
Et puis
Je vais chez toi chaque nuit
Et puis
Et puis
Et puis.

(Christian Arabian)

Illustration: Alice Pike Barney

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À la recherche du sommeil (Lisandri Kola)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2021



Illustration
    

À la recherche du sommeil

J’ai cherché dans l’obscurité le sommeil que j’avais perdu
je l’ai trouvé pendu à la poche de ma chemise accrochée à une patère
— recroquevillé, en quelque sorte.

Pourquoi ne prends-tu pas possession de mes yeux
et me joues-tu des tours ô toi sommeil?
Je reste là à me retourner dans mon lit
torturé par des pensées aussi éloignées que deux continents

Cela te laisse-t-il donc indifférent?

Reprends ton ombre qui glisse sur les murs
Et décampe là où la solitude s’étrangle…

(Lisandri Kola)

Traduit de l’albanais par Évelyne Noygues.

 

Recueil: Voix Vives de méditerranée en méditerranée Anthologie Sète 2019
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Elle avait pris ce pli … (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Elle avait pris ce pli …

Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin
De venir dans ma chambre un peu chaque matin;
Je l’attendais ainsi qu’un rayon qu’on espère;
Elle entrait, et disait: Bonjour, mon petit père ;
Prenait ma plume, ouvrait mes livres, s’asseyait
Sur mon lit, dérangeait mes papiers, et riait,
Puis soudain s’en allait comme un oiseau qui passe.
Alors, je reprenais, la tête un peu moins lasse,
Mon oeuvre interrompue, et, tout en écrivant,
Parmi mes manuscrits je rencontrais souvent
Quelque arabesque folle et qu’elle avait tracée,
Et mainte page blanche entre ses mains froissée
Où, je ne sais comment, venaient mes plus doux vers.
Elle aimait Dieu, les fleurs, les astres, les prés verts,
Et c’était un esprit avant d’être une femme.
Son regard reflétait la clarté de son âme.
Elle me consultait sur tout à tous moments.
Oh! que de soirs d’hiver radieux et charmants
Passés à raisonner langue, histoire et grammaire,
Mes quatre enfants groupés sur mes genoux, leur mère
Tout près, quelques amis causant au coin du feu !
J’appelais cette vie être content de peu !
Et dire qu’elle est morte! Hélas! que Dieu m’assiste !
Je n’étais jamais gai quand je la sentais triste ;
J’étais morne au milieu du bal le plus joyeux
Si j’avais, en partant, vu quelque ombre en ses yeux.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Les Déchues (Extrait) (Adelle Barry)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020



    

Les Déchues (Extrait)

Que l’Imam prie
Que le prêtre jeûne
Et que l’athée dorme
Quelle importance
Chacun voit son Dieu dans le ciel
Il lui parle en silence
Il lui crie ses souffrances
Gardez vos croyances dans vos âmes
Et aimez-vous pardon
Dans les tombes, vous êtes tous poussière

Et puis quoi?
Kadjatou Xialong Yung
Je déjeune en mafé
Je dîne en sushi
Les yeux émincés
Le nez gros
Une pincée de sel dans mon identité
Quelle chance!

Il paraît que Paris c’est la crise
Et que la France est faillite
Haa, reprenons nos valises
Il paraît que là-bas c’est le paradis
L’hiver fait six mois, quelle importance
Ici les cinquante degrés durent une éternité
Il paraît qu’il y a assurance maladie là-bas
Haa Ébola et sida on s’en fout
Ici l’hôpital c’est la morgue
Et la morgue un reposoir

J’ai vu mon frère offrir sa femme
Pour payer la traversée
J’ai vu ma soeur s’ouvrir à l’inconnu
J’ai vu le viol consenti
Pour fuir le dénuement

La voix libératrice
S’est tue
Depuis, je maudis
Le langage du silence

(Adelle Barry)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le jour où le vent ne souffle (Kyô.u)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2020




    
Le jour où le vent
ne souffle ils reprennent forme
les rameaux du saule

(Kyô.u)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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LES FEUILLES, CETTE MATINÉE (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020



 

feuilles  20090422_074624_ [1280x768]

LES FEUILLES, CETTE MATINÉE

Les feuilles, cette matinée,
Sont toutes satinées,
La pluie est tiède;
Les chants d’hier reviennent en refrains,
Ce gai matin,
Et, si j’oublie, ta voix me vient en aide;

Et, si même ta mémoire défaille,
Je reprends l’air qui mène, vaille que vaille,
Les mots qu’il laisse, au hasard, se poursuivre;
Que chantions-nous
Avec des mots si doux
Que même ainsi, sans suite, ils nous enivrent?

(Francis Vielé-Griffin)

 


 

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JE DIS TOUJOURS LA MÊME CHOSE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2020



Illustration: Pablo Picasso
    
JE DIS TOUJOURS LA MÊME CHOSE

Je dis de toi et de la rose
Mes poèmes sont évidents
Je dis toujours la même chose
La vie l’amour la mort le temps

Prenant les phrases toutes faites
les vérités de tous les jours
je ne suis ni ange ni bête
mais je me répète toujours

Je dis de toi et du bonheur
et la chaleur d’être avec toi
Je dis de toi et du malheur
le tourment de n’être que moi

Je dis ce que chacun devine
l’a b c de la clef des chants
Le fil sans fin que j’embobine
n’est qu’un gros fil cousu de blanc

Je me répète et recommence
Je ne dis que ce que je sais
mon souci mon insouciance
mon embarras C’est bien assez

Je me reprends sans fin ni cesse
Est-ce vraiment vraiment le même
qui dans sa fausse vraie paresse
n’est que l’absence de soi-même

Toujours distrait si je médite
toujours ailleurs si je suis là
qui donc en moi veille et persiste
à être moi si malgré moi

Un jour vient où la persistance
que j’avais cru perdre à tous vents
devient le fil de la constance
signant la trace d’un vivant

Ce n’est peut-être que ma mort
qui saura bien photographier
fini le jeu de j’entre-et-sors
cet inconnu qui m’échappait

Il dit toujours la même chose
il redécouvre à chaque instant
la même évidence morose
la même joie qui n’a qu’un temps

Mais un seul fruit songe et s’accroît
dans la fleur en métamorphose
se répétant moins qu’on ne croit
disant toujours la même chose.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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