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Posts Tagged ‘résider’

L’eider (Henrik Ibsen)

Posted by arbrealettres sur 11 décembre 2020



Illustration 
    
L’eider

L’eider habite la Norvège ;
c’est là qu’il réside au bord du fjord bleu de plomb.

Il arrache de son sein le moelleux duvet, et bâtit son nid chaud et tiède.
Mais le pêcheur du fjord avec son pic d’acier trempé s’en vient dépouiller le nid jusqu’au dernier flocon.

Si le pêcheur est cruel, l’oiseau a la chaleur ; de nouveau il se dénude le sein.
Et qu’on le pille encore, il revêt tout de même de nouveau son nid dans un recoin bien caché.

Mais que l’on ravisse son troisième, son dernier trésor, il déploie ses ailes par une nuit de printemps.
Il fend la brume, poitrine ensanglantée ; vers le sud, vers le sud pour une côte ensoleillée !

(Henrik Ibsen)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Régis Boyer
Editions: Les Belles Lettres

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Où réside l’esprit? (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2020



Où réside l’esprit? Au-dedans, au-dehors
Des choses remémorées, des choses faites ou défaites?
Premier le cri de l’oiseau de mer, première l’âme

Imaginée dans l’aube froide de son cri?
Et son perchoir ultime? Le bâton fangeux d’un nid
De corneille, au sommet de la vieille tour de pierre,

Ou le buste de marbre dominant le parterre?
Habitable, la forme accomplie?
Habitée, la lumière venteuse?

Pourquoi la note maintenue, pourquoi la ligne maintenue
Sinon pour l’assaut qui rassure?

***

Where does spirit live? Inside or outside
Things remembered, made things, things unmade?
What came first, the seabird’scry or the soul

Imagined in the dawn cold when it cried?
Where does it roost at least? On dungy sticks
In a jackdaw’s nest up in the old stone tower

Or a marble bust commanding the parterre?
How habitable inhabited the windy light?

What’s the use of a held note or held line
That cannot be assailed for reassurance?

(Seamus Heaney)

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Si un jour la douleur te sculpte des muscles d’argile (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020



Si un jour

la douleur te sculpte
des muscles d’argile
sache que dans l’harmonie
réside le processus d’un chaos

(Bernard Montini)


Illustration

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Nuits trouées (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Jeanie Tomanek plantingmoon2

Nuits trouées que le ciel attarde sur l’homme
Les semelles ne parviennent pas à capter le destin
qui apparaît et s’effiloche aux parallèles de pierre

Les horizons deviennent pluie et se disloquent dans les flaques

Tu guettes l’étoile et le sud enfant triste des nuits verticales

Ecoute l’heure qui pleut les pieds carrés d’avoir tant déambulé
et l’âme aphone d’avoir tant persisté

Ecoute la litanie de ta raison qui t’attribue des terres où tu ne peux résider

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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… car dehors et dedans (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


Richard Baxter  (21)

 

… car dehors et dedans, il y a faim pour qui ne franchit
pas le seuil…
… écoute la litanie de ta raison qui t’attribue des terres où
tu ne peux résider…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Richard Baxter

 

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L’union parfaite (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’union parfaite

Jour et nuit, je pleure après une union, mon Amour,
Union semblable à une mort affamée.
Viens me ligoter, viens me cueillir,
Dénude-moi de ma pudeur, de mes habits, de mon voile.
Viens et maraude parmi mon corps juvénile,
Prive mes yeux de sommeil, du rêve même de dormir.
Dévalise cet univers vaste et réveille
Ma vie et ma mort, pour toute éternité.
Au bûcher de l’union dans un monde solitaire
Là où la création s’est évanouie à l’extinction du soleil,
Sans pudeur et dévêtus en deux coeurs nus
Que toi et moi devenions beauté infinie.
Quel est ce rêve audacieux, Seigneur,
Où réside cette union sans Toi?

***

Total union

Night and day, I weep, O Love, for a union,
Union resembling a hungry death.
Come and bind me, pluck me away,
Strip me of modesty, of raiment, of screen.
Come and steal this juvenile body,
Bereave my eyes of sleep, of dream of sleeping.
Rob this universe vast an d awake,
My life and my death, for an eternity.
At the crematorium of union amid a solitary world
Where the creation has fainted with the extinction of the sun,
Shameless unclothed in two naked hearts
Let you and me become beauty infinite.
What an audacious dream, O Lord,
Where lies this union without You?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Tout perdre (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2019



Illustration: Klaus Kampert 
    
Tout perdre.
Abandonner un rêve
et en trouver un autre :
le rêve où réside
le vertige le plus délié du hasard.

Et le chant que même les dieux ne chantent pas
même s’ils s’y entraînent souvent,
le chant plus léger que les dieux :
le chant de la dépossession.

***

Perderlo todo.
Abandonar un sueño
y hallar otro:
el sueño donde habita
el vértigo mas suelto del azar.

Y el canto que ni los dioses cantan,
por mucho que lo ensayen,
el canto mas liviano que los dioses:
el canto de la desposesión.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Le poème qui ne meurt pas en toi (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2019




    
Le poème qui ne meurt pas en toi
Ne s’écrit pas
Sa mélodie est traversière

C’est parce qu’il a partie liée avec la vie
flamme où réside l’éternel
Que le poème ne cesse de chanter l’oiseau
La graine enfouie le bourgeon la terre
Le silence bruissant de la forêt
L’humble élan du printemps
L’éclat de la sève
Le fragile présent en l’homme
Du souffle qui le traverse

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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FLEURS DE CARÊME (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
FLEURS DE CARÊME

Primerose, anémone, mousse et campanule
Poussent au royaume de la croix

Et le bourgeon pourpre du frêne
Dresse l’épée qui verse Son sang.

Les épines qui percent Son front,
De tendres pétales les entourent

Car dans chaque fleur réside le secret
De l’arbre qui crucifie.

Jardin près de l’eau claire
Tous ceux qui entrent ici doivent mourir !

***

LENTEN FLOWERS

Primrose, anemone, bluebell, moss
Grow in the kingdom of the cross

And the ash-tree’s purple bud
Dresses the spear that sheds his blood.

With the thorns that Pierce his brow
Soft encircling pelais grow

For in each flower the secret lies
Of the tree that crucifies.

Garden by the water clear
All must die that enter here !

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Mystique (Michel de Certeau)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018






Est mystique
celui ou celle
qui ne peut s’arrêter de marcher
et qui,
avec la certitude de ce qui lui manque,
sait de chaque lieu et de chaque objet
que ce n’est pas ça,
qu’on ne peut résider ici,
ni se contenter de cela.

(Michel de Certeau)

Illustration: Georges Antoine Rochegrosse

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