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II a plu tout un jour (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



II a plu tout un jour de grisaille et de brume,
Pareil à mon esprit tranquille et résigné
Qui se trouve chez lui sous le ciel déblayé.
Il a plu tout le jour et les vitres s’allument ;
Il a plu tout le jour et ce n’est pas fini…
Avant l’heure, l’après-midi lente s’achève ;
A tant de souvenirs mon coeur s’est rajeuni.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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La Tête inclinée (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2018


 


 

Rodin

La Tête inclinée

La tête inclinée
comme un christ en marbre.
Innocent
résigné
tu n’as pas racheté mon péché
il est trop lourd
je le garde…

(Balbino)

Illustration: Rodin

 

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LES FRÈRES AINES (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



LES FRÈRES AINES

Oh ! combien que j’eusse aimés
Avec toute ma jeunesse
Combien de frères aînés
Sont morts avant que je naisse !

Encore tout affamés
D’une éternelle tendresse
Combien se sont résignés
A ce bonheur qu’on nous laisse.

De notre sort mécontents,
Nous sommes, de tous les temps,
De vagues troupeaux sans étable.

Mes frères insoucieux,
Saurons-nous tourner les yeux
Vers le seul bien véritable ?

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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Rengaine à pleurer (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017



 

Illustration: Victor Hugo
    
Rengaine à pleurer
(Résigné mais clairvoyant)

J’ai beaucoup appris
et tout entendu
je n’ai rien compris
et rien retenu.

J’avais entrepris
j’avais entendu
je m’étais perdu
je m’étais repris
puis j’ai tout perdu.

Quand ils ont compris
que j’étais perdu
ils m’ont attendu
ils m’ont entendu
ils m’ont confondu
puis ils m’ont tout pris
puis ils m’ont pendu.
Puis m’ayant pendu
m’ont donné un prix
un prix de vertu.

Alors j’ai compris :
tout était perdu.

(Jean Tardieu)

 

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Musique slave (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Musique slave

C’est le concert doux des voix pleureuses,
Vieux chagrins résignés et tendresses
Que l’on méconnut et la tristesse
Des élans réprimés. Effleureuses
Voix sourdes, pleurez comme les ifs
Embrumés qu’échevèle un vent convulsif.

C’est le concert tout en lancinances
Des désirs contraires et la ronde
Des corbeaux et des folles arondes
Par le ciel fleuri d’incohérences:
Rouges pompeux, tristes violets
Dont se mêlent, en accords faux, les reflets.

C’est le concert vraiment sans mesures
Des baisers profonds et des morsures;
Le vibrement nerveux des ciguës
Sous l’archet des bises ambiguës
D’avril où reluit un soleil blond
Que voile une averse blême de grêlons.

C’est surtout l’écart entre le rêve
Et le réel qui, sans nulle trêve,
Par des accents forcenés s’exprime,
Comme une blessure s’envenime,
Puis éclate enfin en gémissant
Et remplit l’horizon noir d’un flot de sang.

(Marie Dauguet)

 

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EGEIA (Oscar Milosz)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



EGEIA

Pourquoi ce front si triste, Egeia, forme de mon âme,
Pourquoi ces larmes dans les yeux de ma bien-chère ?
Le sourire de mon amie est comme un blâme,
Ses yeux sont comme un grand silence sur la mer…

Egeia, Egeia ! C’est l’atroce insomnie
De la Vie, ô ma douce, qui psalmodie en vous
Sa berceuse sans fin, dont la monotonie
N’endort ni les regrets, ni les frayeurs, ni les dégoûts !

Je me penche sur mon mirage en l’eau grise de vos pensées
Et ma tristesse est un vertige de parfums fades,
Et les doux flots lents sont un troupeau bêlant d’agnelles malades,
Là-bas, sur la plage nocturne où nos pas se sont effacés…

Nos âmes sont la mort de la mer sur les sables
Où tremble le vieux clair-de-lune des regrets,
Et les jours que nous regrettons sont misérables,
Et les jours que nous espérons sont des désespérés…

Adieu les mots chanteurs, adieu les nobles attitudes,
Adieu l’amour de la Douleur, adieu le mépris de la Gloire !
— Ecoutons sangloter, dans les lointaines solitudes,
L’eau faible et résignée où défaille le Soir…

(Oscar Milosz)

Illustration: Carolus-Duran 

 

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LE DÉSIR (Iwan Gilkin)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2017



 Illustration: Alix

    

LE DÉSIR

Mes regards las, sans voir l’or en fleur des jasmins,
Rêvent de cheveux d’or dont la tendresse étonne,
Et, dédaignant des lys la blancheur monotone,
Pleurent la liliale ardeur des jeunes mains.

Ô toi qui dois venir, viens ! mon cœur te réclame,
Mes yeux, tristes d’amour, attendent tes chers yeux.
Car la terre est si vide, et si vides les cieux !
Et rien n’offre un baiser aux lèvres de mon âme.

Toi que j’aimerai, toi qui me tortureras,
Sans assouvir jamais tes douloureux caprices,
Viens, je t’offre à genoux les mortels sacrifices
Où mon sang résigné coulera dans tes bras.

(Iwan Gilkin)

 

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J’aime l’âne (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2016



J’aime l’âne

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.

Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;

et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.

Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.

Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.

Il réfléchit toujours.
Ses yeux sont en velours.

Jeune fille au doux coeur,
tu n’as pas sa douceur :

car il est devant Dieu
l’âne doux du ciel bleu.

Et il reste à l’étable,
résigné, misérable,

ayant bien fatigué
ses pauvres petits pieds.

Il a fait son devoir
du matin jusqu’au soir.

Qu’as-tu fait jeune fille ?
Tu as tiré l’aiguille…

Mais l’âne s’est blessé :
la mouche l’a piqué.

Il a tant travaillé
que ça vous fait pitié.

Qu’as-tu mangé, petite ?
– T’as mangé des cerises.

L’âne n’a pas eu d’orge,
car le maître est trop pauvre.

Il a sucé la corde,
puis a dormi dans l’ombre…

La corde de ton coeur
n’a pas cette douceur.

Il est l’âne si doux
marchant le long des houx.

J’ai le coeur ulcéré :
ce mot-là te plairait.

Dis-moi donc, ma chérie,
si je pleure ou je ris ?

Va trouver le vieil âne,
et dis-lui que mon âme

est sur les grands chemins,
comme lui le matin.

Demande-lui, chérie,
si je pleure ou je ris ?

Je doute qu’il réponde :
il marchera dans l’ombre,

crevé par la douleur,
sur le chemin en fleurs.

(Francis Jammes)

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Je crève de pitié… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2016



Je crève de pitié, d’aimer et de sourire:
mais, sourire, ne m’est pas toujours possible,

et ce petit chat m’a rempli d’une tristesse grise.
Il miaulait sous la grande porte de la mairie,

par ce soir pluvieux, boueux, et j’ai senti
toute l’infinité résignée et muette

de la douleur des bêtes, de la douleur des bêtes.
Mon Dieu : qu’allait-il faire? Qu’allait-il faire?

Son malheur est si triste sous la pluie.
Qui va le nourrir? Qui va le nourrir?

Oh! s’il allait, en tremblotant, là, mourir,
— ou devenir un triste chat des saligues

qui crève, dans la boue malsaine, de famine,
de grelottement, de croûtes et de fièvre

— ou être tué par un chien qui le prend pour un lièvre.

(Francis Jammes)

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CES HEURES-LÀ (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2016



CES HEURES-LÀ

Ces heures-là nous furent bonnes,
Comme des soeurs apitoyées;
Heures douces et monotones,
Pâles et de brumes noyées,
Avec leurs pâles voiles de nonnes.

Ne valaient-ils donc pas nos rires,
Ces sourires sans amertumes
Vers le lourd passé dont nous fûmes?
Ah! chère, il est des heures pires
Que ces heures aux voiles de brumes.

Elles passaient en souriant
— Comme des nonnes vont priant —
De lueurs opalines baignées,
Les douces heures résignées.

Va, nos âmes sont encor soeurs
Des heures de l’automne grises,
Dont la pénombre dans nos coeurs
Estompait les vieilles méprises
Et nous ne voyions plus nos pleurs.

(Francis Vielé-Griffin)

 

 

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