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Posts Tagged ‘résine’

LES PIEDS D’HERBE CHUCHOTENT (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Illustration
    
LES PIEDS D’HERBE CHUCHOTENT

Les pieds d’herbe chuchotent
se glissent à travers nous,
les doigts de pin se touchent
quand les chemins se croisent,
la résine gluante qui suinte
nous colle l’un à l’autre,
les pics désireux d’été
hachent les coeurs d’ovaire durs.

(Inger Christensen)

 

Recueil: HERBE
Traduction: Janine et Carl Poulsen
Editions: Atelier La Feugraie

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Inquiétude (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Inquiétude

Si mes mains se blessent à l’écorce
Qui sue la résine
C’est pour cueillir des fruits
Mais serai-je aussi patient que la sève ?

Dans l’air joyeux
Un orage est suspendu
La pluie se fait silence
Effrayé par l’espace
L’oiseau se pose
Sur l’ombre de la branche

Alors que le jour se taillade les veines
Que des étoiles vont neiger sur la nuit
Je ne tiens pas à réveiller les heures assoupies.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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TOMBEAU DU NÉANT (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2017



Illustration: Alexandre Folliot
    
TOMBEAU DU NÉANT

Ci-gît la vie,
ci-gît le rire,
ci-gît tout ce qui planait sur la montagne,
tout ce qui dansait au son de la résine ;
ci-gît un homme qui n’eut que le tort d’exister,
ci-gît un enfant qui crut saisir un peu d’espace.

Mort l’arc-en-ciel, vieux châle décrépi ;
morte la comète, d’avoir voulu se reposer ;
et l’arbre s’est pendu du haut de sa propre cime,
et le vautour s’est étranglé de son aile puissante,
et le poisson explosa en découvrant la brise pure.

« Désolées », disent les roches, et les voilà qui se réduisent en amadou ;
« Peinées », disent les vagues, et les voilà qui se transforment en écailles.
Où est celui qui s’obstinait à devenir lui-même ? on l’a tué ;
où est celui qui cherchait à savoir pourquoi l’on parle
pourquoi l’on pleure ? nulle part, il fut écorché vif.

Ci-gît quoi donc ? personne n’ose en discuter.
Ci-gît, pourquoi le dire ? quelqu’un sur qui déjà galope la bourrasque;
ci-gît ce qui est trop éphémère pour qu’on l’appelle mort ;

ci-gît…
qui donc encore comprend l’épitaphe ?
qui donc encore conçoit le deuil ?
qui donc encore s’émeut de voir
les gens tomber, les choses disparaître ?

(Joë Bousquet)

 

Recueil: Poèmes, un
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pas un bruit… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Pas un bruit…

Pas un bruit dans la coupe immense,
Sous les taillis pas un murmure,
De la tiédeur et du silence
S’écoulant au long des ramures.

L’air orageux lourdement plane,
Où la résine des mélèzes
Mêle son odeur, où se fane
La mousse, où s’étouffe et s’apaise

Le sanglotement des fontaines
Dont les méandres bleus se tordent
A l’ombre immobile des chênes.
La vaste paix monte et déborde,

S’épand en la nuit qui commence,
Calme ambiance que renforce,
Exhalant leurs sourdes fragrances,
Les troncs dénudés qu’on écorce.

Harmonieusement confus,
Déroule ses floraisons blanches
L’écho lointain d’un angélus
Mélangé aux fouillis des branches.

Et soudain la forêt s’étire,
Darde ses frondaisons flexibles;
La forêt tendrement soupire
Comme un coeur vers l’inaccessible.

(Marie Dauguet)

 

 

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MIDI (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



 

MIDI

Quand midi t’allonge à terre,
Suant,
Les oreilles bruissantes
Au milieu des abeilles trépignant les lavandes
Et les agaves turgescents,
Au milieu des fourmis, des aiguilles de pins,
Des résines, des gommes, des sèves condensées, des fleurs écarquillées,
Et qu’à tes pieds la mer
Dort abrutie entre les rochers rouges…

Quand midi te colle à terre,
Au milieu des oiseaux engoncés, muets,
Ton linge brûlant ta peau comme le foyer d’une lentille,
La gorge sèche, la bouche sans salive,
La nuque étreinte, les yeux aveugles,
L’esprit vide,
Connais, connais ton Dieu!

(André Spire)

Illustration

 

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Sans bruit (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2016



ambre

Sans bruit

dans la terre la résine de pin devient de l’ambre
sur la terre la première neige

(Ko Un)

 

 

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FÊTES DE LA MÉMOIRE (Jean-Pierre Schlunegger)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2015



FÊTES DE LA MÉMOIRE

La bûche casse et craque, les résines
Allument la narine en fleur, mais le palais
S’éclaire de vin bleu comme une église,
Et les hommes, les femmes s’élancent
Vers le plafond, montent comme des cyprès
De Toscane fêtant l’espace.

Oui, fête pour les sens, fête pour la mémoire,
Bientôt nous serons secs, et nos yeux pleins de vent
Feront siffler nos crânes (les courges de décembre
Taillées par les enfants s’éclairent de bougies
Vite soufflées à la bise du Nord).
Oui, fête pour les sens, fête pour la mémoire,
Bientôt nos crânes siffleront comme des souris.

(Jean-Pierre Schlunegger)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Derrière le Miroir (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2015




Derrière le Miroir ma mère, enfant,
joue dans la ruelle sèche.
Elle sent les yeux de la Madone entre
les figuiers et les chênes frais de résine.

Son collier de corail au cou,
elle s’en va, heureuse, le long des berges
en cet instant de vie de mil
neuf cent deux, dans un soupir.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration

 

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REFUGE (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2015



 

Paul Journet La Dame de Pluie

REFUGE

Refuge au-dessus de la vue
revenu des futurs orages
ma sérénité non conquise
belle demeure en dehors de la vie

Brûlé dans un grand âtre avec du feu de bois
avec les vieux amis et chantant avec eux
Les étoiles tombées ont couvert de leur gloire
les rouges gorges des oiseaux d’alentour
Neuf oiseau je cours moi aussi dans les branches
La cime des arbres éclairera mon coeur d’aurore
Tous les noeuds délivrés les sphères
joueront dans le grand jardin
avec l’ombre du jeune daim
et les jolies salamandres

Pourtant j’entends gémir quelque part sous les peaux
Et dans ma bouche la lourde résine des larmes
Trop tard

Salut salut mon possible arc-en-ciel.

(André Frénaud)

Illustration: Paul Journet

 

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