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Posts Tagged ‘résolu’

J’y suis résolu (Sugiyama Sampû)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



J’y suis résolu :
je vais de ce pas m’enrhumer
Pour voir la neige.

(Sugiyama Sampû)

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L’Ecolière (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



L’Ecolière

Bon Dieu! que de choses à faire!
Enlève tes souliers crottés,
Pends donc ton écharpe au vestiaire,
Lave tes mains pour le goûter,

Revois tes règles de grammaire.
Ton problème, est-il résolu?
Et la carte de l’Angleterre,
Dis, quand la dessineras-tu?

Aurai-je le temps de bercer
Un tout petit peu ma poupée,
De rêver, assise par terre,
Devant mes châteaux de nuées?
Bon Dieu! Que de choses à faire

(Maurice Carême)


Illustration

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Et avec ça, madame ? (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



 

Christian Schloe - Austrian Surrealist Digital painter - Tutt'Art@ (90)

Et avec ça, madame ?

Insiste, persiste, essaye encore.
Tu la dompteras cette bête aveugle qui se pelotonne.
Aujourd’hui des fous et des sots se promènent par la ville.
Parole, on les prend pour des sages.
L’équilibre et la lucidité sont un des cas de la folie humaine.
Insiste, persiste, essaye encore.
Connaissant de ton destin ce qu’homme digne du nom doit en connaître.
Résolu comme un homme digne de ce nom doit être résolu.
Revenu de bien des illusions dans le domaine du rêve et de l’amitié.
Rêvant et aimant autant qu’en ta jeunesse,
Moins la duperie.
Insiste et persiste encore
Capable de parler des étoiles et du ciel et de la nuit et du jour, de la mer,
des montagnes et des fleuves.
Mais plus dupe.
Ni désespéré.
Moins encore résigné.
Dur comme la pierre et t’effritant comme elle.
En marche vers la force dont le chemin est aussi celui de la mort
Mais résolu à aller aussi loin, aussi longtemps que possible.
C’est-à-dire vivre.

(Robert Desnos)

Illustration: Christian Schloe

 

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Le Froid (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 23 janvier 2018




    
Le Froid

Le froid me saisit
et je grelotte
Le vin
a raison de mes larmes
La nuit me met au lit
et les chagrins
me rendent plus résolu
Ton nom se consume
sous une statue
Même quand j’étais avec toi
je voulais être là
La pluie dégrafe ma ceinture
Le vent donne forme
à ton absence
j’entre et sors
du Coeur Unique
sans plus lutter
pour être libre

(Leonard Cohen)

 

Recueil: Le livre du désir
Traduction: Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Editions: Cherche Midi

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Birds in the night (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Albert Lynch 1000

Birds in the night

Vous n’avez pas eu toute patience,
Cela se comprend par malheur, de reste.
Vous êtes si jeune! et l’insouciance,
C’est le lot amer de l’âge céleste!

Vous n’avez pas eu toute la douceur,
Cela par malheur d’ailleurs se comprend;
Vous êtes si jeune, ô ma froide soeur,
Que votre coeur doit être indifférent!

Aussi me voici plein de pardons chastes,
Non certes! joyeux, mais très calme, en somme,
Bien que je déplore, en ces mois néfastes,
D’être, grâce à vous, le moins heureux homme.

*
* *

Et vous voyez bien que j’avais raison
Quand je vous disais, dans mes moments noirs,
Que vos yeux, foyer de mes vieux espoirs,
Ne couvaient plus rien que la trahison.

Vous juriez alors que c’était mensonge
Et votre regard qui mentait lui-même
Flambait comme un feu mourant qu’on prolonge,
Et de votre voix vous disiez: «Je t’aime!»

Hélas! on se prend toujours au désir
Qu’on a d’être heureux malgré la saison…
Mais ce fut un jour plein d’amer plaisir,
Quand je m’aperçus que j’avais raison!

*
* *

Aussi bien pourquoi me mettrai-je à geindre?
Vous ne m’aimez pas, l’affaire est conclue,
Et, ne voulant pas qu’on ose se plaindre,
Je souffrirai d’une âme résolue.

Oui, je souffrirai, car je vous aimais!
Mais je souffrirai comme un bon soldat
Blessé, qui s’en va dormir à jamais,
Plein d’amour pour quelque pays ingrat.

Vous qui fûtes ma Belle, ma Chérie,
Encor que de vous vienne ma souffrance,
N’êtes-vous donc pas toujours ma Patrie,
Aussi jeune, aussi folle que la France?

*
* *

Or, je ne veux pas,—le puis-je d’abord?
Plonger dans ceci mes regards mouillés.
Pourtant mon amour que vous croyez mort
A peut-être enfin les yeux dessillés.

Mon amour qui n’est que ressouvenance,
Quoique sous vos coups il saigne et qu’il pleure
Encore et qu’il doive, à ce que je pense,
Souffrir longtemps jusqu’à ce qu’il en meure,

Peut-être a raison de croire entrevoir
En vous un remords qui n’est pas banal.
Et d’entendre dire, en son désespoir,
A votre mémoire: ah! fi que c’est mal!

*
* *

Je vous vois encor. J’entr’ouvris la porte.
Vous étiez au lit comme fatiguée.
Mais, ô corps léger que l’amour emporte,
Vous bondîtes nue, éplorée et gaie.

O quels baisers, quels enlacements fous!
J’en riais moi-même à travers mes pleurs.
Certes, ces instants seront entre tous
Mes plus tristes, mais aussi mes meilleurs.

Je ne veux revoir de votre sourire
Et de vos bons yeux en cette occurrence
Et de vous, enfin, qu’il faudrait maudire,
Et du piège exquis, rien que l’apparence

*
* *

Je vous vois encor! En robe d’été
Blanche et jaune avec des fleurs de rideaux.
Mais vous n’aviez plus l’humide gaîté
Du plus délirant de tous nos tantôts,

La petite épouse et la fille aînée
Était reparue avec la toilette,
Et c’était déjà notre destinée
Qui me regardait sous votre voilette.

Soyez pardonnée! Et c’est pour cela
Que je garde, hélas! avec quelque orgueil,
En mon souvenir qui vous cajola,
L’éclair de côté que coulait votre oeil.

*
* *

Par instants, je suis le pauvre navire
Qui court démâté parmi la tempête,
Et ne voyant pas Notre-Dame luire
Pour l’engouffrement en priant s’apprête.

Par instants, je meurs la mort du pécheur
Qui se sait damné s’il n’est confessé,
Et, perdant l’espoir de nul confesseur,
Se tord dans l’Enfer qu’il a devancé.

O mais! par instants, j’ai l’extase rouge
Du premier chrétien, sous la dent rapace,
Qui rit à Jésus témoin, sans que bouge
Un poil de sa chair, un nerf de sa face!

(Paul Verlaine)

Illustration: Albert Lynch

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Le cœur hanté (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017



Illustration: Mark Kostabi
    
Le cœur hanté

La plus grande tragédie de la vie
est le cœur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du cœur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus
Traduction: Thierry Beauchamp et Romain Rabier
Editions: Le Castor Astral

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Un soir où tu ne parlais pas (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017




Un soir où tu ne parlais pas,
Où tu me regardais à peine,
Mes yeux erraient à petits pas
Sur ton visage aux belles peines,
Et j’ai fait avec ton ennui
Un étrange et mystique pacte
Où tout me dessert et me nuit;
Et, depuis, mes rêves, mes actes,
A travers les jours et les nuits,
L’éloignement, l’atroce ennui,
S’en vont, résolus, invincibles,
Vers ton corps que j’ai pris pour cible

(Anna de Noailles)

Illustration: Drew Darcy

 

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S’avance le baiser de ta présence (Philippe Omsil)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2016



Tu surveilles et crains ton miroir. Comme s’il
devait tourner le dos et quitter la nuit du désir.
Et laisser flétri, réduit, le regard.

Sais-tu dans la saveur de mes songes les
caresses où mes mains ont rencontré et résolu
désormais ton rivage.

Derrière mes yeux s’étendent des entêtements,
Aucun d’eux n’a le parfum ni le grain de ta
peau. Je peuple mes insomnies en même temps
que s’avance le baiser de ta présence.

(Philippe Omsil)

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La plus grande tragédie de la vie (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2016



La plus grande tragédie de la vie
est le coeur hanté. Là où
préside un amour immense. Un amour
qui ne peut être résolu,
qui ne peut trouver la signification d’un baiser,
la paix d’une étreinte.

Toujours il y a un homme qui aime une femme
qui ne l’aime pas.

Les volets du coeur hanté claquent, le parquet
grince, des pleurs proviennent d’une chambre noire.

***

Life’s greatest tragedy
is the haunted heart. In which
a huge love presides. A love
that cannot be resolved,
that cannot find the meaning of a kiss,
the peace of an embrace.

Always there is a man who loves a woman
that does not love him.

The shutters of the haunted heart bang, the floors
creak, and the sound of crying comes from a dark room.

(Richard Brautigan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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