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Poésie

Posts Tagged ‘résonance’

Groupes de résonances (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2020



Groupes de résonances

Drève
tes mains nues
tes mains sans bagues
de jeune cerisier

Meules rauques
à ces farines pures
sur tes gestes

Soleil si doux
sur la face fermée
du silex

Archer
sur quelle note à finir
de peupliers
ployés

Ta peau
dans quelle nuit chaude
de pulpe

Puis ces petits cris
de neige
qu’on écrase à t’aimer

(Werner Lambersy)


Illustration

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SONS (Jacob Glatstein)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2019




    
SONS

La fille blonde à la harpe
Est pourtant un brigand camouflé.
Avec une lame de verre
Elle tranche les têtes bleues des résonances
Et les laisse en l’air palpitantes,
Agonisantes.

Et toi, et moi,
Qui durant des nuits entières
Avons étreint le sanglot de nos corps,
Vois comme elle se rit de nous,
La fille blonde à la harpe
Qui nous joue un chant de dérision
Jusqu’à l’orée du grand jour,
Jusqu’au coeur profond du jour.

(Jacob Glatstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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La vague étrangère à la terre (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2019



Illustration: Guillaume Seignac
    
La vague étrangère à la terre

De l’obscurité arrive, comme si souvent, une résonance,
Parcourant de haut en bas les cloisons ténues.
Je prête l’oreille et pense à ce jour
Qui, à peine passé, me rappelle à lui.

Mais même le jour ne peut tant me lier
Et par-dessus moi étendre son bras.
Je suis entièrement réveillée et entends un martèlement
Qui actionne mon coeur de lourds battements.

Je presse et ferme les paupières éveillées.
Les eaux des mers m’enserrant brusquement dans un rugissement,
Je les laisse s’élever autour de moi en me souvenant
Et j’ai glissé sur la pente de rêves obscurs.

Ce ne fut pas un rêve, ce fut seulement une heure,
Qui m’appela au rivage, chaude et ardente.
Tu étais, fraîche et claire, la vague d’argent,
Qui me baigne encore dans le crépuscule et le sommeil.

Je lève vers la nuit des bras chauds et tendres
Dans l’attente de la délivrance,
Quand à ma fenêtre frappent des papillons tardifs
Apportant un souffle de ton imminence.

***

Die unirdische Welle

Aus Dunkel kommt, wie schon so oft ein Tönen,
Die schmalen Wände auf und niederströmend.
Ich lausche auf und denke dieses Tages,
Der kaum vergangen, mich zu sich noch ruft.

Doch auch der Tag kann mich so sehr nicht binden
Und über mich mit seinem Arme greifen.
Ich bin ganz wach und höre einen Hammer,
Der mir das Herz bewegt mit schweren Schlägen.

Ich presse die erwachten Lieder zu.
Der Meere Wasser, die mich jäh umrauschen
Lass ich erinnernd höher um mich steigen
Und bin zu dunklen Träumen abgeglitten.

So war kein Traum, so war nur eine Stunde,
Die heiss und glühend mich zum Strande rief.
Du warst die kühle, silberhelle Welle,
Die noch im Dämmer mich, und Schlaf umspühlt.

Die warmen Arme hebe ich zur Nacht
Und warte den Erlösungen entgegen,
Wenn an mein Fenster späte Falter schlagen
Und einen Hauch von deiner Nähe bringen.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Résonance (Maggy De Coster)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2019



Alexander Daniloff (34) 

Résonance

Tu prends forme
Dans l’arborescence de ma vie
Tout mon être se dilue
Dans le parfum du soir
Et mes jours de brume tissés
S’allongent sur le parvis
De l’éternité en marche

Les heures qui passent
Entraînent les saisons
Dans la cadence de l’émoi
Et au clair de l’espoir
Je me dirige à pas perdus
Dans les frondaisons des souvenir

J’insère une note de paix
Dans la partition du présent
Pour la salvation des esprits en sursis

(Maggy De Coster)

Illustration: Alexander Daniloff

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Vacuité de l’abstrait (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Asit Kumar Patnaik 1968 - Indian painter -   (27)

 

Vacuité de l’abstrait
qui désintègre la forme
intellect agent secret
garde le reflet symbole
Elle était de la Balance,
moi je coulais au Verseau,
à chacun sa résonance
dans le contenu d’un mot.
Ne videz pas la parole,
tout est plein qui nous console,
mes chants seront de forêt,
d’anémones dans le vent
de mer et de parapets :
la forêt sera le chant.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Asit Kumar Patnaik

 

 

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HARPE (Ivan Hristov)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Illustration: Alexander Baytoshev  
    
HARPE

Ton corps est une harpe
cordes le long d’une enceinte
caisse de résonance
captée avec les doigts
nuque
surfaces
tranchants
en forme de triangle
un arc pour la chasse
troubadours
trouvères
ménestrels
Monteverdi
Glück
Berlioz
caractéristique glissando
pour arrêter l’écho
je pose doucement une
ou mes deux mains
sur les cordes.

***

HARFA

Tvoje telo je harfa
Žice duž zvučne ploče
Rezonantna kutija
Pokreće se prstima
Vrat
Povisilica
Snizilica
Obliku trijangla
Gudalo
Trubadura
Truvera
Mnesanga
Monteverdija
Gluka
Berlioza
Karakterističan glisando
Koji zaustavlja
Rezonancu
Lagano stavljam jednu
A ona drugu ruku
Preko žica

***

HARFE

Dein Körper ist eine Harfe
Saiten entlang des Klangbodens
ein erklingender Rahmen
mit den Fingern gezupft
Hals
Fläche
Schärfe
in der Form eines Dreiecks
ein Jagdbogen
Troubadours
Trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
charakteristische Glissandi
um die Resonanz zu stoppen
lege ich sanft eine
oder beide Hände
auf die Saiten

***

HARP

Jouw lichaam is een harp
snaren langs een klankbord
een resonatordoos
geplukt met vingers
hals
vlakten
scherptes
in de vorm van een driehoek
een jachtboog
troubadours
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
karakteristiek glissando
om de weergalm te stoppen
leg ik zachtjes een
of mijn beide handen
op de snaren

***

HARP

Your body is a harp
strings along a sound-board
a resonator box
plucked with fingers
neck
flats
sharps
in the shape of a triangle
a hunting bow
troubadours
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
characteristic glissando
to stop the resonance
I lightly place one
or both of my hands
on the strings

***

HARPA

O teu corpo é uma harpa
cordas ao longo de uma placa de som
uma caixa de ressonância
arrancada com dedos
pescoço
planos
agudos
na forma de um triângulo
um arco de caça
trovadores
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
caracteristicamente deslizando
para pôr fim à ressonância
coloco ao de leve uma
ou as minhas duas mãos
nas cordas

***

ARPA

Tu cuerpo es un arpa
de cuerdas unidas en una pantalla de sonido
una caja de resonancia
extraída con los dedos
cuello
suelo
objetos punzantes
en forma de triángulo
un arco de caza
trovadores
trouvères
Minnesänger
Monteverdi
Gluck
Berlioz
glissando característico
para detener la resonancia
pongo levemente una
o las dos manos
en las cuerdas.

(Ivan Hristov)

 

Recueil: ITHACA 578
Traduction: Français Angela Rodel – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Bulgare / Allemand Angela Rodel Wolfgang Klinck / Néerlandais / Anglais Angela Rodel / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Espagnol Rafael Carcelén /
Editions: POINT

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La flûte de Stravinsky (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019




    
La flûte de Stravinsky

Le cou du cygne se contracte
et le cygne
quitte les marécages du Silence

Une voix d’évangile de haute glace
s’envole à travers la voûte fendue

Le siffleur élyséen
entraîne une tresse de sons
dans l’altitude flûtée

comme la main d’un Hindou lancerait
une corde jusqu’au Nirvana

S’élèvent
aiguës les résonances d’étoiles —

À cette écoute
la bouche et l’oreille
de la musique
ne font qu’une

(Mina Loy)

 

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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LA CHAISE (Anne-Marie Kegels)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



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LA CHAISE

La chaise qui fut branche, résonance
d’ailes à venir
et qui maintenant n’a que le silence
pour se souvenir,
la chaise hantée de volante neige,
de vent, de soleil,
s’étonnant d’avoir été prise au piège
d’un fixe sommeil,
cherche à s’éveiller, à fuir de la chambre.
— Je l’entends, la nuit,
gémir à tâtons et toute se tendre
vers l’ancien pays.

(Anne-Marie Kegels)

 

 

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Au bord de la nuit (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2018




    
Au bord de la nuit

Ma chambre et cette immensité
veillant sur le pays crépusculaire
sont une seule chose. Je suis corde
tendue sur les amples
rumeurs des résonances.

Les choses sont corps de violons
chargés d’obscurité grondante;
y rêvent les larmes des femmes,
y bouge en dormant la colère
de races entières…
Je dois
être frémissement d’argent : tout alors
sous moi prendra vie,
et ce qui erre dans les choses
aspirera à la lumière
qui, de ma chanson dansante
autour de quoi le ciel ondule,
à travers les minces fentes
languissantes tombe
dans les antiques
abîmes
sans fin…

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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FIN DU MONDE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2018



fantasia-une-nuit-sur-le-mont-chauve

FIN DU MONDE

Ce qui enveloppa le monde pour finir,
ce fut un grand ricanement.
Ricanement d’une résonance profonde.
On sentait que ça venait de loin et que ça irait partout.
Mais savoir qui ricanait : le créateur, le destructeur ?
Absolument impossible à dire.
En tout cas,
ce fut déprimant pour ceux qui attendaient
la juste trompette des anges.

(Norge)

 

 

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