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Posts Tagged ‘résoudre’

La fellah (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018




    
La Fellah

Caprice d’un pinceau fantasque
Et d’un impérial loisir,
Votre fellah, sphinx qui se masque,
Propose une énigme au désir.

C’est une mode bien austère
Que ce masque et cet habit long,
Elle intrigue par son mystère
Tous les Oedipes du salon.

L’antique Isis légua son voile
Aux modernes filles du Nil ;
Mais, sous le bandeau, deux étoiles
Brillent d’un feu pur et subtil.

Ces yeux qui sont tout un poème
De langueur et de volupté
Disent, résolvant le problème,
 » Sois l’amour, je suis la beauté.  »

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’absence ne résout rien (Sylvie Fagre G.)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



Illustration
    
L’absence ne résout rien

pourquoi, pourquoi ce désordre
de la mort
dans lequel bruit sans fin
l’indissoluble ?

(Sylvie Fagre G.)

 

Recueil: Frère humain
Traduction:
Editions: L’AMOURIER

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Je me souviens des longs tourments (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Illustration: Evaristo
    
Je me souviens des longs tourments :
La nuit se mourait aux fenêtres;
Elle se tordait les bras, son image
Luisait dans les rayons du jour.

Cette vie, fuyant, inutile,
Blessait, brûlait et humiliait:
Et tel un spectre se dressant,
Le jour profilait les coupoles;

Sous la fenêtre, plus pressant
Se faisait le pas des passants;
Et, dans l’eau grisâtre des flaques,
La pluie faisait des ronds.

Le matin n’en finissait pas…
La question vaine taraudait,
Et rien n’a résolu l’averse
De larmes folles du printemps.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Une seule fois (Nuno Júdice)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2017



Aron Wiesenfeld l

 

Une seule fois

l’amour a suspendu sa phrase ;
une seule fois
le fleuve a débordé sur la berge ;
une seule fois
les astres se sont éteints ;
une seule fois
j’ai entendu le silence des vents.
Le hasard
ne conjugue pas les coïncidences :
il les résout
dans un échange de regards que les amants avaient cru
éternel
Et je descends cette page
jusqu’au bout de la rue
– en vain.

Le bureau de tabac
A fermé ce soir,
Seulement une fois
– la dernière fois.

(Nuno Júdice)

Illustration: Aron Wiesenfeld

 

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L’OURS ET LES DEUX COMPAGNONS (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

L’OURS ET LES DEUX COMPAGNONS

Deux compagnons pressés d’argent
A leur voisin Fourreur vendirent
La peau d’un Ours encor vivant,
Mais qu’ils tueraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent.
C’était le Roi des Ours au compte de ces gens.
Le Marchand à sa peau devait faire fortune.
Elle garantirait des froids les plus cuisants,
On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu’une.
Dindenaut prisait moins ses Moutons qu’eux leur Ours :
Leur, à leur compte, et non à celui de la Bête.
S’offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
Ils conviennent de prix, et se mettent en quête,
Trouvent l’Ours qui s’avance, et vient vers eux au trot.
Voilà mes gens frappés comme d’un coup de foudre.
Le marché ne tint pas ; il fallut le résoudre :
D’intérêts contre l’Ours, on n’en dit pas un mot.
L’un des deux Compagnons grimpe au faîte d’un arbre ;
L’autre, plus froid que n’est un marbre,
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,
Ayant quelque part ouï dire
Que l’Ours s’acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.
Seigneur Ours, comme un sot, donna dans ce panneau.
Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie,
Et de peur de supercherie
Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l’haleine.
C’est, dit-il, un cadavre ; Otons-nous, car il sent.
A ces mots, l’Ours s’en va dans la forêt prochaine.
L’un de nos deux Marchands de son arbre descend,
Court à son compagnon, lui dit que c’est merveille
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
Eh bien, ajouta-t-il, la peau de l’animal ?
Mais que t’a-t-il dit à l’oreille ?
Car il s’approchait de bien près,
Te retournant avec sa serre.
– Il m’a dit qu’il ne faut jamais.
Vendre la peau de l’Ours qu’on ne l’ait mis par terre.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

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Je ne crois plus qu’aux gestes (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2017




Illustration: Aimé-Nicolas Morot

    
je ne crois plus qu’aux
gestes
Il n’y a pas de mots dans le monde
Il n’y a que des gestes
Le problème de la bonté
de la pureté de la légèreté
n’est pas pour autant résolu
mais il a du moins trouvé sa
juste formulation
Quel geste accomplir
pour atteindre à la vie pure
Quel geste faire ou retenir

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Un poème sauve un jour (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2016



Un poème sauve un jour.

Plusieurs poèmes pourront-ils
sauver la vie entière?
Ou suffit-il d’un seul?

Tout ce qui sauve
pose ce dilemme.
Le résoudre est la clé
du hasard de se sauver.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Odilon Redon

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Il y a des moments et des lieux (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2016



Il y a des moments et des lieux
où l’harmonie des choses
nous fait croire que nous résoudrons
l’insoluble de nos vies.

(Robert Mallet)

 

 

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Jours (Philip Larkin)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2016



Jours

A quoi servent les jours?
Les jours sont là où vivre.
Ils viennent, ils nous réveillent
A longueur de temps.
Ils sont là pour y être heureux :
Où vivrait-on hors les jours ?

Ah! Résoudre cette question
Fait venir le prêtre et le docteur
Dans leurs longs manteaux
A toute allure à travers champs.

***

What are days for?
Days are where we live.
They come, they wake us
Time and time over.
They are to be happy in:
Where can we live but days?

Ah, solving that question
Brings the priest and the doctor
In their long coats
Running over the fields.

(Philip Larkin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Edvard Munch

 

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Je ne sais rien garder de moi (René Ménard)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



Je ne sais rien garder de moi.
Je me réveille toujours silencieux et nu.
Il me faut toujours tout recommencer.

Si bien que j’ai résolu
d’essayer de me constituer une espèce d’épicentre
en écrivant une suite de poèmes où je vais tenter de fixer
les instincts permanents de ma présence.

J’appelle cela: « Originelles ».

(René Ménard)

 

 

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