Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘respectueux’

UNE JEUNE FILLE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Kiyoshi Nakajima
    
UNE JEUNE FILLE
Che-King

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu, ne traverse pas mon village ;
ne grimpe pas sur ce saule, cultivé par moi !…
Je ne saurais t’aimer, car je dois craindre et respecter mes parents.

Oh ! je voudrais bien te donner mon cœur, Tchon-Tseu !
Mais les réprimandes de mes parents, n’est-ce pas,
je dois les accueillir avec une crainte respectueuse ?

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu,
n’escalade pas le mur de l’enclos ;
ne fais pas tomber les feuilles du mûrier que j’ai planté.
Je ne saurais t’aimer, car je dois craindre et respecter mes frères aînés.
Il me faut bien, n’est-ce pas, écouter leurs conseils avec déférence ?

Je t’en conjure, ô Tchon-Tseu,
ne brise pas le treillis ;
ne renverse pas mon arbre de santal !…

Je ne saurais t’aimer,
car il faut craindre les hommes et leurs paroles nombreuses.
Oh ! que je voudrais te donner mon cœur, Tchon-Tseu !
Mais les hommes et leurs paroles nombreuses, ne faut-il pas les craindre ?…

(Livre des Vers (Che-King), chant II, section VII.)
(Chants traditionnels, de l’an 2500 à l’an 1000 avant notre ère.)

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce mot perdu (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration: Alex Nabaum

    
Ce mot perdu

Ce mot perdu que je cache en ma cage,
je l’ai cherché dans toutes mes ravines,
au fond du gouffre, au sein du ciel mouvant,
toute une vie éprise d’absolu
et dispersée en festins dérisoires.

N’hésitez pas si je vous dis Sésame
à vous ouvrir. Vous serez une porte.
Je franchirai respectueux le seuil.
Je suis une âme en quête de son corps.

Dans mon pays d’incertitude passent
des étrangers qui ne s’arrêtent pas.
Si je leur parle, ils cachent leurs oreilles,
touchent leur bouche avec une mimique
et je me tais, muet comme leur encre.

Silence blanc, vers quel amour m’emportent
présent, passé, intermèdes du doute ?
Soudain l’or d’un regard qui réveille
mille parfums, mille époques de fleurs.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Autrefois le Tao régnait (Lao Tseu)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2016



Autrefois le Tao régnait.
L’homme suivait
l’ordre de la nature.

Puis il advint une époque
où le Tao fut oublié et ce fut alors
l’ère de la justice des hommes.

Puis ce fut l’époque
de l’intelligence et de l’habileté.
et les ambitions
ne connurent plus de bornes.

La paix quitta les familles.
Mais c’est dans l’adversité
que se révèlent
les fils respectueux.

L’Etat sombra dans le désordre.
Mais c’est pendant l’anarchie
que surgissent
les serviteurs loyaux.

Ainsi le Tao
est toujours près de l’homme
pour le secourir.

(Lao Tseu)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :