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Poésie

Posts Tagged ‘respiration’

UN PEU DE TEMPS (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
UN PEU DE TEMPS

Un peu de temps encore, dit la tortue.
Elle vient de souffler ses mille bougies.
Elle reprend sa respiration,
ensuite salue la lune.
Ailleurs, c’est peut-être la guerre,
mais ici, dans la forêt,
la lune vient parfois s’asseoir
sur la carapace de son amie.
Elles parlent du temps passé
qui ne passe plus vraiment,
puis rient comme deux papillons
qui oublient de dormir.
Encore un peu de temps, répète la tortue,
je me sens bien trop jeune
pour aller danser
au bal des étoiles.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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Ce que je suis…(Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2022




    
Ce que je suis
D’où je viens ?
Du coeur.
Mon pays?
Le bord des mots.
Quelle est ma langue ?
Le souffle.
Ma frontière ?
La respiration.
Mon avenir ?
Toi ou rien.
Je fuis la guerre,
la dictature,
la misère, les blessures
et je ne dis jamais : Chut !
Non, je ne me tais pas.
Qui je suis,
moi qui vis près de toi ?
La poésie.

(Carl Norac)

Recueil: Pff! ça sert à quoi la poésie ?!
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Leur souffle Indivisible (Alain Vircondelet)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2021


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Tant d’herbes diverses
Qui se courbent
Ensemble
Dans la même respiration du vent.

Leur souffle
Indivisible
Qu’aucun vent
Ne peut séparer.

(Alain Vircondelet)

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Vers la naissance… (Jamel Eddine Bencheikh)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Vers la naissance…
Tu trouveras peut-être un secret
Qui s’embrase
Une respiration possible

L’amour d’un instant

Entre source et incendie
La mort ne déchire
Que des moments

(Jamel Eddine Bencheikh)


Illustration

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Tous les bruits (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2021



Tous les bruits

Je suis la proie de tous les bruits
La respiration de la maison
La chute d’une feuille dans l’allée
La plainte d’une branche
Un gémissement dans le buisson
Le râle du vent dans la cheminée
Et un soupir non identifié
Dans la terre du champ voisin

Puis je n’entends plus
Que mon cœur qui bat
Fiévreusement dans ma poitrine
Et les heures boiter
Sur le cadran de l’horloge
Accrochée au mur
Au-dessus de ma tête.

(Jean-Baptiste Besnard)

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LA MUSE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



LA MUSE

J’ai retrouvé ma muse encore par hasard.
J’étais si malheureux qu’elle est venue.
Elle parlait avec tout le monde, elle les écoutait tous,
Elle avait engraissé, mais n’avait plus de tension,
Elle me trahissait tant qu’elle m’avait complètement oublié,
On lui dit que je vais mourir,
Elle arrache son corps, gémit, vieillit;
Ses yeux profonds me pénètrent, me raniment,
Me jettent l’alliance dont j’ai besoin
Et sans rien lui avouer je retrouve la respiration.

(Pierre Morhange)


Illustration: Edward John Poynter

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La nuit (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Annie Predal
    
La nuit, on se connaît par la voix, par la respiration,
par une noire tendresse des bras ;
on se connaît lentement,
comme si on ne s’était jamais rencontré,
ni échangé les mots étranges d’un adieu;
on se connaît par le désespoir de l’ignorance,
qui aux uns et aux autres dérobe le sentiment,
les laissant livrés à la sécheresse d’un reflet.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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MANGO (Adrien Jens)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2021



Illustration

    
MANGO

Je m’appelle Mango et le soir tombe sur la lagune d’Ébrié.
Il n’y a que le bruit de ma pagaie dans l’eau à peine mouvante.
Et mon frère, derrière moi, qui essaie de me rejoindre,
Déjà confondu dans la mer des ombres, et détaché de ma solitude.

Je suis Mango, le pêcheur de carpes et je vais vers ma femme,
Vers mes enfants,
Vers ma paillote. Qui m’attendent.

Quelle est mon attente ?
Les jours sont pareils, pareilles sont les nuits, pareils les visages de ma vie.

Quelle est mon attente ?
L’obscurité déjà m’enveloppe, et je ne suis plus qu’une silhouette,
Sur la lagune d’Ébrié,
Sous le ciel encore mauve avant de s’éteindre dans mon coeur au sang noir.

Je n’étais plus Mango, tantôt, au milieu de la lagune d’Ébrié,
Mais l’air humide et lourd qui couvrait mon corps nu ;
Mais l’eau qui me portait ;
J’étais tout et l’infini de mes paysages,
J’étais la forêt et la savane.

Je n’étais plus Mango, mais le chant qui sourd au fond de moi,
Âme de toutes les âmes,
Respiration secrète du fromager et du feu flamboyant.

J’étais terre et eau, et la sève de l’arbre enraciné dans la vérité de ma nature.

Maintenant, je m’approche de la rive obscure,
Et je retournerai parmi vous, mes amis :
Vous me demanderez qui je suis ?

Je serai le matin où je vous ai quittés et la nuit de mon retour.
Je serai le lieu entre deux pôles et vêtu d’univers,
Ma voix montera des origines avec le murmure des sources.

J’ai peu du poids que je porte en moi :
C’est le poids de ma vérité et le poids du monde.

Je suis Mango, le pêcheur de la lagune d’Ébrié, et vous ne me reconnaîtrez pas.

(Adrien Jens)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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Au-delà du torii (Annick Carré)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2021



Illustration
    
Au-delà du torii
Un nouveau monde se lève
Les lignes du temps se relâchent
Profondes respirations
Le long du sentier
De fines branches
Roses, rouges, blanches
Bruines colorées

Sur le vert des herbes tendres
Passé le petit pont moussu
Au fond de la rivière
Les galets chuchotent
Bercés par les saules pleureurs
Au détour d’un chemin
Une prairie gorgée de soleil
Des danseuses métalliques
S’élancent en cadence
Sous les arches d’un pont millénaire
Un peu plus loin
Sur l’onde calme
Reflets déliés
Des feuillages silencieux

Au-delà du torii
Une douce lenteur s’invite
Majestueuses partitions
D’ombres et de lumières

Embruns de bonheur

Seules les lanternes de pierre
Aux regards immobiles
Gardent mémoire du passage

(Annick Carré)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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GARDIENS DU FLEUVE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



 

Ettore Aldo Del Vigo -   (84)

GARDIENS DU FLEUVE

Nous
sommes les
gardiens du fleuve
les gardiens du collier de
perles qui court sur le vêtement de
la terre nous vivons sur tes rives nous
buvons de ton eau nous dansons sur tes
vagues nous crachons des dieux à chacune de
nos respirations nous répétons ton
nom poisson tortue taureau tigre
oiseau cheval serpent nous
répétons ton nom sans
relâche et sans fin
ton nom
Nous

Nous
pensons en
herbes sauvages
nous vivons en herbes
folles nous accompagnons les
temples qui glissent dans tes eaux
nous nous fardons avec la cendre des morts
nous recueillons le présent nous gardons le rythme
le chemin est le but le chemin est le but
le chemin est le but chaque moment
est absolu chaque moment
est vivant nous nous
écoulons dans la
lumière du
Nous

Nous
passons sur
l’autre rive murmure
Hermann Hesse laissons
nous porter porter par les eaux
répète Kathleen Raine approchons
instinctivement des bûchers demande
Pasolini regardons la mort la nuit quand Bénarès
est réduite à l’essentiel exhorte Moravia
entrons dans l’eau et baptisons-nous
sourit Henri Michaux aux
Indes si nous ne prions
c’est du temps donné
aux moustiques
Nous

Nous
sommes les
gardiens du fleuve
les gardiens de sa respiration
vive et chaude nous avons oublié
la douleur du voyage entre la naissance
et la mort nous avons oublié les taches de
sang dans le ciel nous dansons de vie en vie
nous transformons le pire en force
d’ascension nous nous unissons
à la poussière devenons
tourbillon où allons
nous vraiment sur
l’autre rive
Nous

(Zéno Bianu)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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