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AU PRINTEMPS (Kôichi lijima)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

EMIL NOLDE  couple 5a

AU PRINTEMPS
HARU NO TAME NI

Réveillant en creusant le printemps endormi sur la plage
Tu le mets dans tes cheveux et tu ries
Ton rire fait des ronds dans le ciel, éclate comme l’écume
Et la mer doucement réchauffe un soleil vert

Ah! Ta main dans la mienne!
Ton caillou jeté dans mon ciel!
Aujourd’hui, pétales filant au fond du ciel

Entre nos bras poussent des bourgeons
Au centre de nos regards
Un soleil d’or tourne et laisse ses embruns
Oui, nous sommes un lac les arbres
La lumière filtrant sur l’herbe
Les collines de tes cheveux où danse la lumière
Nous, nous!

Dans le vent nouveau une porte s’ouvre
D’innombrables mains nous appellent avec les ombres de la verdure
Un chemin vient de s’ouvrir sur la peau douce de la terre
Au milieu de la source resplendissent tes bras
Et sous nos cils, baignant dans le soleil
Commencent silencieusement à mûrir
La mer, les fruits

(Kôichi lijima)

Illustration: Emil Nolde

 

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SYLLABES À ERATO (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



Illustration: Edward John Poynter
    
SYLLABES À ERATO

Pour toi se penche le coeur dans la solitude,
exil de sens obscurs
où aime et se transmue
ce qui paraissait nôtre hier
et qui est à présent enfoui dans la nuit.

Des demi-cercles d’air te font un visage
resplendissant et tu m’apparais
au moment où accourt la première angoisse
et je deviens blanc tandis que tarde
la lumière d’un sourire sur ta bouche.

T’avoir c’est te perdre,
mais tant pis : tu es encore belle,
surprise dans la pose gracieuse du sommeil:
sérénité de la mort joie extrême.

***

SILLABE A ERATO

A te piega il cuore in solitudine,
esilio d’oscuri sensi
in cui trasmuta ed ama
cio che parve nostro ieri,
e ora è sepolto nella notte.

Semicerchi d’aria ti splendono
sul volto; ecco m’appari
nel tempo che prima ansia accora
e mi fai bianco, tarda la bocca
a luce di sorriso.

Per averti ti perdo,
e non mi dolgo: sei bella ancora,
ferma in posa dolce di sonno:
serenità di morte estrema gioia.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Et soudain c’est le soir
Traduction: Patrick Reumaux
Editions: Librairie Elisabeth Brunet

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Soleil levant (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


soleil_levant

« Les Condamnés – voient le Soleil levant
Avec une Volupté autre –
Car – lorsqu’il resplendira de nouveau
Ils doutent d’en être témoins –
L’Homme – demain – qui va mourir –
Ecoute l’Oiseau des Prés –
Car sa Musique émeut la Hache
Qui réclame sa tête –

Joie – pour qui le Soleil levant
Précède un Jour – Epris –
Joie – pour qui l’Oiseau des Prés
N’a qu’Elégie! »

(Emily Dickinson)

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Je fais apparaître les désordres fluides du vivant (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2018




je fais apparaître
les désordres fluides du vivant
les marbres tremblés du temps
jusqu’à resplendir
jusqu’à m’accorder
au mouvement perpétuel de la lumière

(Zéno Bianu)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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La messe (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Louis Janmot

    

La messe

Dimanches des vivants !

L’aube de la fête
fait trembler dans le sein
du frais jouvenceau
un brin d’herbe fraîche.

Dimanches de l’âme !

Quelle fièvre, quelle douleur
pour les vivants exposés
au soleil qui resplendit
sur la fraîcheur des cheveux.

Dimanches d’amour !

Il tremble de honte
pour l’amour découvert
dans sa blanche chemise
et ses pupilles ardentes.

Dimanches de Dieu !

***

La Messa

Domeniche dei vivi !

L’alba della festa
fa tremare nel seno
del.fresco giovinetto
un filo d’erba fresca.

Domeniche dell anima !

Che febbre, che dolore
esser vivi e mostrarsi
al sole che risplende
sopra i freschi capelli.

Domeniche d’aurore !

Egli è tutto vergogna
per l’aurore scoperto
nella bianca carnicia
e le pupille ardenti.

Domeniche di Dio !

(Pier Paolo Pasolini)

 

Recueil: Poèmes de jeunesse et quelques autres
Traduction: Nathalie Castagné et Dominique Fernandez
Editions: Gallimard

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« Commencement » (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



Tel le journal du matin tu apparais
Alors se met à resplendir
le mot « commencement »

(Tawara Machi)


Illustration: Christian Chatard

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Coloris (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2018



 

rousse

Coloris

En teintes folles, en demi-tons,
dans la lumière qui resplendit,
tes cheveux sont couleur de miel
et tes yeux sont couleur de ciel
tes lèvres sont couleur de vie
et sur ta peau d’un blond roussi
le soleil a fait un semis
de mille jolies taches de son.

(Esther Granek)

Illustration: Samuel Silva

 

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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus, luisent dans tes vallons (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus,
Luisent dans tes vallons d’un éclair revêtus;
Une rouge vapeur à ton épaule ondoie
Comme un manteau de pourpre où le couchant flamboie
Mille fleurs, sur ton sein, plus brillantes encor,
Au vent voluptueux livrent leurs tiges d’or,
Berçant dans leur calice, où le miel étincelle,
Mille oiseaux dont la plume en diamants ruisselle.
Kaîlaça ! Kaîlaça, soit que nos pieds hardis
Atteignent la hauteur pure où tu resplendis,
Soit que, le souffle humain manquant à nos poitrines,
Nous retombions mourants sur tes larges racines;
Ô merveille du monde, ô demeure des Dieux,
Du visible univers monarque radieux,
Sois béni ! Ta beauté, dans nos coeurs honorée,
Fatiguera du temps l’éternelle durée.
Salut, Route du ciel que vont fouler nos pas;
Dans la vie ou la mort nous ne t’oublîrons pas !

*

Ayant chanté le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures du corps,
Ils gravirent le Mont, plus sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et, semblables aux roses,
S’effeuillaient aux soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient leur flamme, et, tour á tour,
Du sein profond des nuits rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins de force et de joie.
Déjà les kokilas, sur le bambou qui ploie,
Et les paons et les coqs au plumage de feu,
Annonçaient le Séjour, l’inénarrable Lieu,
D’où s’épanche sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, l’Illusion première.
Mille femmes au front d’ambre, aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes consacrées;
Et les Esprits nageaient dans l’air mystérieux;
Et les doux Kinnaras, musiciens des Dieux,
Sur les flûtes d’ébène et les vinés d’ivoire
Chantaient de Bhagavat l’inépuisable histoire.

(Leconte de Lisle)

 

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L’aveu (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018




    
L’aveu

Le sort en est jeté, le sort irrévocable !
Je romprai ce silence étrange qui m’accable !
Enfin, je lui dirai : Je vous adore ! Oui,
Je vous adore ! Au fond de mon cœur ébloui
Resplendit, comme au mur d’un temple, votre image !
Vous êtes la Déesse à qui je rends hommage.
La nuit, en chaque rêve, à chaque instant, le jour,
Comme un encens vers vous monte mon pur amour !
Je vous adore, chère, et puis, je vous adore !
Ton regard est un ciel, ton sourire une aurore !…
– Elle est venue hier et, timide, interdit,
Comme ivre de son charme, hélas ! je n’ai rien dit.

(Albert Lozeau)

 

 

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Satiabor (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration
    
Satiabor

Savamment la lune
a fait le tour de ma chambre.
Que maraudait la rôdeuse ?

Elle avait fendu les nues.
Que cherches-tu dans la nuit?
Dans un arbre où l’oiseau dort?
Mais de s’éclipser.

Je l’ai vue dans l’eau du fleuve
resplendir de tous les feux
d’un soleil absent.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Les vasistas
Traduction:
Editions: Gallimard

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