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Poésie

Posts Tagged ‘resplendissement’

Je Te pressens (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Je Te pressens. Les années passent et fuient —
Sous la même apparence je Te pressens.

L’horizon est en feu — clarté insoutenable,
Et j’attends en silence — languissant et aimant.

L’horizon est en feu, l’apparition est proche,
Mais j’ai peur soudain que Tu changes d’apparence,

Et que tu fasses naître un soupçon insolent,
En modifiant les traits qui me sont familiers.

Oh! je tomberai — et amer et humilié,
Sans avoir triomphé de ce rêve mortel!

L’horizon est clair. Le resplendissement est proche.
Mais j’ai peur soudain que Tu changes d’apparence.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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La région du milieu du ciel (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



La région du milieu du ciel, où respire l’esprit, rayonne de musicale lumière;
Parmi l’épanouissement de la pure et blanche musique,
c’est là que mon Seigneur prend ses délices.
Dans le resplendissement prodigieux de chaque cheveu de son corps,
l’éclat de millions de soleils et de lunes est perdu.
Il est une cité sur la rive, où le nectar pleut et ruisselle dans un épanchement sans fin.

Kabîr dit : « Accours, ô Dharmadas ! et contemple le Durbar de mon puissant Seigneur. »

***

The middle region of the sky, wherein the spirit dwelleth, is radiant with the music of light;
There, where the pure and white music blossoms, my Lord takes His delight.
In the wondrous effulgence of each hair of His body,
the brightness of millions of suns and of moons is lost.
On that shore there is a city, where the rain of nectar pours and pours, and never ceases.

Kabîr says : « Come, O Dharmadas ! and see my great Lord’s Durbar. »

(Kabîr)

 

 

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Nous écrivons souvent par les interstices (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2016



Il s’agit moins d’illustrer une démarche
que de cerner un regard.

Nous écrivons souvent par les interstices dans les œuvres des autres.
Aussi bien celles d’un peintre ou d’un musicien que d’un écrivain.

« La mise au clair du monde dans son resplendissement d’or » (Heidegger),
la chambre avec lumière « pareille à un cube d’argent évidé » de Musil,
ou « l’art de passer les eaux sous la lumière feue » du nocher de Jouve.

Mais aussi : les murs éblouis de Morandi dans les collines de Grizzana,
les doigts du soleil posés sur une nappe par Bonnard, les brisures du ciel
que sont les femmes bleues de Matisse.
Et en musique, certains intermezzi de Brahms,
la sonate opus III de Beethoven,
les chants de l’aube de Schumann.

Des présences dont la grandeur
tient dans la douceur mortelle
de leur effacement.

(Heather Dohollau)

Illustration: Henri Matisse

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