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Poésie

Posts Tagged ‘ressemblance’

J’ai encore douté (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



Illustration: Natori Shunsen
    
J’ai encore douté :
Avec le visage aimé
Tant de ressemblance !
Comme vous vous jouez de moi,
Dieux espiègles de l’amour !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Un nuage énorme sur la lune (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Un nuage énorme sur la lune,
troubles d’encre et d’argent, masque tordu
— qu’entoure le ciel étoilé tranquille, vissé d’astres.

Je pense à l’enfantine poésie de chercher mille ressemblances imparfaites de ce nuage,
mille chameaux, monstres, contrées
— tandis que sa valeur, sa poésie puissante et véritablement illimitée
est justement au contraire d’être informe, lui-même,
inaccessible aux mots, sans images.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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RESSEMBLANCE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



RESSEMBLANCE

Mémoire qui se courbe épiant des présages
Vers les secrets rompus d’un monde antérieur,
Pénombre d’avenir et d’anciens visages,
Vous êtes l’instant où je me ressemble.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

 

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Le monde va changer pour vous (Tahar Djaout)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2019


 


 

Andrew Judd  1958 - Canadian painter -

Le monde va changer pour vous,
… oh non, il ne deviendra pas meilleur ;
vous allez découvrir tellement de choses aux ressemblances illusoires
que vous n’arriverez plus jamais à prendre le monde par son bout le plus innocent

(Tahar Djaout)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Andrew Judd

 

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Nous avons confié l’amour à la terre (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Rigaud Benoit  Damballah-Wedo-and-his-Consort-ca.1967

Nous avons confié l’amour à la terre,
Extrait de l’arbre le secret de sa fleur,
Une mère terrible éparpillée
Dans le souvenir de son sang,
Un territoire mêlé dans le jeu inquiet
Des regards qui se manquent.
Notre ressemblance est un
Accident renouvelé.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Rigaud Benoit

 

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Où aller ? (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Ô de quelle façon, avec quel gémissement
nous nous sommes caressés, épaules et paupières.
Et la nuit se terrait dans les chambres,
comme un animal blessé que nous aurions transpercé de douleur.

Étais-tu élue entre toutes pour moi,
n’était-ce pas assez d’être la soeur ?
Ton être était pour moi comme une vallée délicieuse,
et maintenant, à la proue du ciel il

s’incline en une apparition inépuisable
et il étend son empire. Où aller ?
Hélas dans l’attitude de la déploration
tu te penches vers moi, toi qui ne consoles pas.

Lorsque ton visage me fait ainsi me consumer,
comme une larme celui qui pleure,
que je multiplie mon front, ma bouche
autour des traits que je connais pour tiens,
il me semble, par-dessus ces ressemblances
qui nous séparent parce qu’elles sont doubles,
déployer une pure identité.

***

O wie haben wir, mit welchem Wimmern,
Augenlid und Schulter uns geherzt.
Und die Nacht verkroch sich in den Zimmern
wie ein wundes Tier, von uns durchschmerzt.

Wardst du mir aus alien auserlesen,
war es an der Schwester nicht genug?
Lieblich wie ein Tal war mir dein Wesen,
und nun beugt es auch vom Himmelsbug

sich in unerschöpflicher Erscheinung
und bemächtigt sich. Wo soll ich hin?
Ach mit der Gebärde der Beweinung
neigst du dich zu mir, Untrösterin.

Wenn ich so an deinem Antlitz zehre
wie die Träne an dem Weinenden,
meine Stirne, meinen Mund vermehre
um die Züge, die ich an dir kenn,
mein ich über jene Ähnlichkeiten
die uns trennen, weil sie doppelt sind
eine reine Gleichung auszubreiten.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Vous qui par jeu pénétrez notre ciel (Giani Esposito)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Vous qui par jeu pénétrez notre ciel
Altérez notre soif pour que l’avide
en nous l’enseveli le seul vivant
se défigure
à votre image soit
l’espace
et l’inquiet mouvement d’ailes
le don de soi
et la clarté diffuse
qu’il soit énigme
à votre ressemblance
utile autant qu’un divertissement
et rêverie autant qu’une idée-mère

Oiseaux des profondeurs
vous qui jamais
n’avez quitté la face des abîmes
poètes

(Giani Esposito)

Illustration: Chantal Dufour

 

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LA PLAGE D’ANGLE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Alex Alemany_nina-de-agua

LA PLAGE D’ANGLE

Le vent fait basculer jusqu’à nos racines.
Nos dieux de passage abdiquent.
Nos cirques rétrécissent
sous les voûtes de demain.

Puis, nos enfants à venir,
Tiges aux fronts de chair,
Graviront à leur tour
l’esplanade du temps.

Pour eux.
Fauchons le vieil azur,
Échancrons nos murailles,
Dévidons nos édifices jusqu’au pivot.

Pour eux,
Multiplions les salines d’espérance,
Recouvrons pour eux
la ressemblance perdue.

Altéré de ce qui sera,
Quelqu’un en nous s’obstine —
S’obstine vers la plage d’angle
avec ses océans.

(Andrée Chedid)

Illustration: Alex Alemany

 

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J’adresserai demain (Karel Logist)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018




    
J’adresserai demain
à d’autres vagues
mes bouteilles à la mer,
je rassemblerai vos absences
pour les offrir à des visages
de clandestine ressemblance.
Ne faites plus un geste
vers mes lèvres.
Je meurs de silence.
Ce temps qui nous tire en arrière
répondra seul de notre histoire
quand bleus sous les paupières,
vos yeux foudroient l’orage.

(Karel Logist)

 

Recueil: J’arrive à la mer
Traduction:
Editions: De le Différence

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RETOUR (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 6 juin 2018



RETOUR

La chambre où me voilà de retour d’un voyage,
Close longtemps, sombre longtemps, n’a pas changé.
La poussière s’y réveille dans un nuage ;
La poussière est le deuil que prennent les objets.

Je le sais, tout cela va revivre avec moi.
Ma lampe aura le soir sa même lueur blanche
Et les livres aimés pencheront sur leurs planches.
J’allumerai du feu lorsque viendra le froid.

Mais que m’importe la tristesse des retours !
Et l’éternelle ressemblance de mes jours !
Ce que je cherche et que j’attends n’est pas en eux
Ni dans tout ce qu’on voit et puis que l’on oublie.
Le bonheur désiré sera si lumineux
Que le reste paraîtra l’ombre de ma vie.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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