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Poésie

Posts Tagged ‘resserrer’

La nuit de l’ange (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
La nuit de l’ange

L’harmonie se resserre comme un mur franchissable
La musique d’un ange se perd dans le jardin
Tu écoutais ce chant avec des yeux de boue
Les deux mains de personne secouaient ta chevelure

Et venaient des oiseaux émus de ton âge
Agités d’ailes blanches et de cris de nuit bleue
Tu marchais habitée d’un grand secret d’enfant
Dans ce jardin des roses de personne

Puis la nuit se fit claire aggravée d’une lampe
Et l’ombre de la lampe éteignait ton sourire
L’ange fut un instant ton ami, disparu
Sur la terre trempée d’un plus haut souvenir.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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L’air la prend par la taille (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018



Illustration: Pierre Corratgé
    
L’air la prend par la taille
Le reste amoureux lui souffle les joues
Un tourneur peu visible achève ses bras
L’entour règle sa ronde sur ses hanches

Elle transpose la douceur dont les murs sont capables
Les choses s’arrangent comme ses femmes de chambre
Elle resserre la douceur dont sont capables les couleurs

Sa taille est l’horizon ses jambes les chemins ses bras le ciel
Sa taille la lisière ses bras la perspective
Le vide lui fait des ailes
Les couleurs ses habits préparés sur les chaises son corset attentif

Le monde est son danseur

(Michel Deguy)

 

Recueil: Donnant Donnant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ton odeur s’éloigne (Rabah Belamri)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017




    
ton odeur s’éloigne
la porte se ferme
l’espace resserre ses barreaux
sur le silence

dans la neige des mots
la maison est vide
ton nom seul dort
sous la cendre avec la braise

ton nom mûri de désirs
comme une prière de moisson

(Rabah Belamri)

 

Recueil: Corps Seul
Editions: Gallimard

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Danseuse (Hédi Kaddour)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017


danseuse

entre deux entrées en scène
la danseuse nue
recherche le sommeil au bord de la table dans la loge
et repoussant une bouteille de jus d’orange
elle grimace légèrement
tandis que dans une fausse douceur
l’ombre resserre
les jambes longues

(Hédi Kaddour)


Illustration

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Nous n’avons pas de langage pour les fins (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



Nous n’avons pas de langage pour les fins,
pour la chute de l’amour,
pour les labyrinthes compacts de l’agonie,
pour le scandale bâillonné
des enlisements irrévocables.

Comment dire à celui qui nous abandonne
ou que nous abandonnons
qu’ajouter encore une absence à l’absence
c’est noyer tous les noms
et dresser un mur
autour de chaque image ?

Comment faire des signes à qui meurt,
quand tous les gestes se sont figés,
quand les distances se brouillent en un chaos imprévu,
que les proximités s’écroulent comme des oiseaux malades
et que la tige de la douleur
se brise comme la navette
d’un métier disloqué ?

Ou comment se parler tout seul
quand rien, quand personne ne parle plus,
quand les étoiles et les visages sont neutres sécrétions
d’un monde qui a perdu
le souvenir d’être monde ?

Peut-être un langage pour les fins
exige-t-il l’abolition totale des autres langages,
la synthèse imperturbable
de la terre brûlée.

A moins de créer un langage d’interstices,
capable de resserrer les moindres espaces
imbriqués entre le silence et la parole
et les particules inconnues sans désir,
qui seulement là promulguent
l’équivalence ultime
de l’abandon et de la rencontre.

***

No tenemos un lenguaje para los finales,
para la caída del amor,
para los concentrados laberintos de la agonía,
para el amordazado escándalo
de los hundimientos irrevocables.

¿Cómo decirle a quien nos abandona
o a quien abandonamos
que agregar otra ausencia a la ausencia
es ahogar todos los nombres
y levantar un muro
alrededor de cada imagen?

¿Cómo hacer señas a quien muere,
cuando todos los gestos se han secado,
las distancias se confunden en un caos imprevisto,
las proximidades se derrumban como pájaros enfermos
y el tallo del dolor
se quiebra como la lanzadera
de un telar descompuesto?

¿O cómo hablarse cada uno a sí mismo
cuando nada, cuando nadie ya habla,
cuando las estrellas y los rostros son secreciones neutras
de un mundo que ha perdido
su memoria de ser mundo?

Quizá un lenguaje para los finales
exija la total abolición de los otros lenguajes,
la imperturbable síntesis
de las tierras arrasadas.

O tal vez crear un habla de intersticios,
que reúna los mínimos espacios
entreverados entre le silencio y la palabra
y las ignotas partículas sin codicia
que sólo allí promulgan
la equivalencia última
del abandono y el encuentro.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Karen Lamonte

 

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La vue d’un demi-cercle noir au cou d’une tourterelle (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016



La vue d’un demi-cercle noir au cou d’une tourterelle, comme un collier brisé,
resserre sur mon coeur l’emprise d’une chose qui me tient depuis toujours sous son charme.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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Exil (Alain Le Beuze)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



Exil

Les murs
craignent
la fringale des ronces

les fenêtres
se méfient
des caresses de la rouille

le lierre
roucoule d’oiseaux

impatient
d’étendre sa puissance
de convertir l’espace

les toits
resserrent leurs tuiles

les chemins
se résignent
sous les averses de fougères.

(Alain Le Beuze)

Illustration

 

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Que le verbe s’éteigne (Yves Bonnefoy)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2016


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Que le verbe s’éteigne
Dans cette pièce basse où tu m’as rejoint,
Que l’âtre du cri se resserre
Sur nos mots rougeoyants

(Yves Bonnefoy)

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Toujours les deux même femmes (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2015


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Ce sont toujours les deux même femmes
qui passent sur le chemin d’en-bas,
elles s’éloignent des dernières maisons
et leurs voix se resserrent
à l’approche du mur.

Elles prennent la pierre avec le vent
et l’ombre portée du mur pour construction.
Parfois l’une d’elles parle plus fort
et sans s’arrêter ferme les yeux
pour savoir quel mot soudain
s’est perdu en elle.

(Georges Drano)

Illustration: ArbreaPhotos

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Quelque chose (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2015


Appelé mangeur de pierre
un petit ver se repaît de l’ardoise
où il se cache
de minute en minute se resserre
l’étau du temps
les bijoux remués font leur bruit
des fourmis habitent une ruine
toujours se passe
quelque chose.

(Jean Follain)

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