Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rester’

Des vielles bouteilles (James Sacré)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2022



Illustration: Bernard Abadie
    

Des vielles bouteilles restées dans comme un fond
de caisse, fenêtre
avec des ustensiles fer blanc rouillé tout çа
rassemblé pourquoi ?
une poignée de plantes qui ne sèchent plus graine
oubliée
un jour forcément faudra nettoyer en attendant çа fait
un curieux ensemble de poussière et de couleurs
quelque chose
comme si de la solitude et du sourire,
le silence.

(James Sacré)

Recueil: Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (Comme)
Traduction:
Editions: Le Castor Astral & Le Noroît

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Ce n’est plus cette lourdeur (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ce n’est plus
cette
lourdeur enfoncée
avec toi parfois dans
l’heure. C’est une lourdeur
autre.
C’est le poids qui retient le vide
qui avec
toi s’en irait.
Ça n’a, comme toi, pas de nom. Peut-être
êtes-vous la même chose. Un jour peut-être
toi aussi, tu m’appelleras
ainsi.
RESTER LÀ, TENIR, dans l’ombre de la cicatrice en l’air.
Rester là, tenir pour-personne-et-pour-rien . Non-connu de quiconque,
pour toi
seul.
Avec tout ce qui en cela possède de l’espace, et même sans la
parole.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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LA PLUS BLANCHE DES COLOMBES s’est envolée (Paul Celan)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2021




    
LA PLUS BLANCHE DES COLOMBES s’est envolée : j’ai
le droit de t’aimer !
Dans la fenêtre discrète hésite la porte discrète.
L’arbre silencieux est entré dans la pièce silencieuse.
Tu es proche comme si tu ne demeurais ici.

Dans ma main tu prends la grande fleur :
elle n’est pas blanche, pas rouge, pas bleue — pourtant,
tu la prends.
Où jamais elle ne fut, elle restera toujours.
Nous ne fûmes jamais, nous restons donc chez elle.

(Paul Celan)

Recueil: Choix de poèmes
Traduction: Jean-Pierre Lefebvre
Editions: Gallimard

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Et rester tard le soir (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2021


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et rester tard le soir
ensemble sous la tonnelle
à écouter la nuit
quand les étoiles tremblent

(François de Cornière)

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Que reste-t-il de nos amours (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

Que reste-t-il de nos amours

Ce soir, le vent qui frappe à ma porte
Me parle des amours mortes
Devant le feu qui s´éteint
Ce soir, c´est une chanson d´automne
Dans la maison qui frissonne
Et je pense aux jours lointains

{Refrain:}
Que reste-t-il de nos amours?
Que reste-t-il de ces beaux jours?
Une photo, vieille photo de ma jeunesse
Que reste-t-il des billets doux,
Des mois d´avril, des rendez-vous?
Un souvenir qui me poursuit sans cesse
Bonheur fané, cheveux au vent
Baisers volés, rêves mouvants
Que reste-t-il de tout cela?
Dites-le-moi
Un petit village, un vieux clocher
Un paysage si bien caché
Et dans un nuage, le cher visage de mon passé

Les mots, les mots tendres qu´on murmure
Les caresses les plus pures
Les serments au fond des bois
Les fleurs qu´on retrouve dans un livre
Dont le parfum vous enivre
Se sont envolés, pourquoi?

{au Refrain}

(Charles Trenet)

 

 

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A l’aller ou au retour (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2021




à l’aller ou
au retour

je n’aborde
que l’eau
du port resté
sur place

(Silvia Baron Supervielle)

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L’infini qui reste (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021




si partout
d’avance
est perdu

dévoilement
de l’infini
qui reste

(Silvia Baron Supervielle)

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Jeux (Saint-Denys Garneau)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021



Dena Cardwell the-empty-chair-dena-cardwell

Jeux

Je ne suis pas bien du tout assis sur cette chaise
Et mon pire malaise est un fauteuil où l’on reste
Immanquablement je m’endors et j’y meurs.

Mais laissez-moi traverser le torrent sur les roches
Par bonds quitter cette chose pour celle-là
Je trouve l’équilibre impondérable entre les deux

C’est là sans appui que je me repose.

(Saint-Denys Garneau)

Illustration: Dena Cardwell

 

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VISAGE (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2021




    
VISAGE

J’ai habité le visage d’une femme
Qui habite une vague
Jetée par le flux contre un rivage
Au port perdu parmi ses coquillages

J’ai habité le visage d’une femme
qui me fait mourir
Phare éteint, elle veut rester
dans mon sang qui navigue
Jusqu’aux confins du délire

(Adonis)

 

Recueil: Mémoire du vent
Traduction: André Velter
Editions: Gallimard

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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