Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rester’

Arithmétique (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017




    
Arithmétique

rien ni rien ici
il n’y a que rien
je ne pose rien et ne retiens rien
je ne retiens rien de ce que je tiens
de ce que je dis rien ne vaut qui vaille
et vaut moins que rien
moins que rien ni rien ne vaut pas grand-chose
à qui ne vaut rien
rien ici n’est rien
il ne reste rien
ce n’était que rien.

(François Caradec)

 

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Deux automnes (Buson)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2017



 

Pour celui qui part
pour celui qui reste –
deux automnes

(Buson)

 

 

Posted in haïku, méditations, poésie | Tagué: , , , | 4 Comments »

Rien ne t’a promis à moi (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



 

 

Rien ne t’a promis à moi : ni la vie, ni Dieu,
Ni un mien pressentiment secret.
Pourquoi, le nuit, devant le sombre seuil,
Hésites-tu ? le bonheur fait-il mal ?

Je ne vais pas sortir, te crier : « Sois l’unique,
Reste avec moi jusqu’à l’heure de la mort ! »
Je ne fais que parler, de ma voix de cygne,
Avec la lune injuste.

(Anna Akhmatova)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Espère (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




Illustration: Valère Prosperi
    
Espère

Ainsi, j’avais en vain suivi d’un œil avide,
Mille rêves d’amour, de gloire et d’amitié :
Toujours ils avaient fui ; mon âme restait vide ;
Je me faisais pitié !

La douleur arrêtait ma course haletante,
Je renonçais au but avant qu’il fut atteint ;
Dans mon cœur, épuisé par une longue attente,
L’espoir semblait éteint.

Et je disais : mon Dieu, je mourrai solitaire !
Et je n’attendais plus de beaux jours sur la terre,
Quand soudain, à ta voix, mon cœur s’est rajeuni :
Cette voix m’a promis un avenir prospère :
Cette voix m’a jeté ce mot si doux : ESPERE !…
Que ton nom soit béni !

Tous les chastes désirs que mon âme renferme,
Tous ces purs sentiments étouffés dans leur germe,
De ton cri d’espérance, ont entendu l’appel :
Oh ! que ton amitié me guide et me soutienne,
Laisse-moi reposer mon âme sur la tienne :
L’amitié, c’est l’amour que l’on ressent au ciel !…

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lettre à Louise Colet (Gustave Flaubert)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    

Lettre à Louise Colet

Toi, je t’aime comme je n’ai jamais aimé et comme je n’aimerai pas.
Tu es, et resteras seule, et sans comparaison avec nulle autre.

C’est quelque chose de mélangé et de profond,
quelque chose qui me tient par tous les bouts,
qui flatte tous mes appétits et caresse toutes mes vanités.

Ta réalité y disparaît presque.
Pourquoi est-ce que, quand je pense à toi,
je te vois souvent avec d’autres costumes que les tiens?

L’idée que tu es ma maîtresse me vient rarement,
ou du moins tu ne te formules pas devant moi par cela.

Je contemple (comme si je la voyais)
ta figure tout éclairée de joie,
quand je lis tes vers en t’admirant,
alors qu’elle prend une expression radieuse d’idéal,
d’orgueil et d’attendrissement.

Si je pense à toi au lit, c’est étendue,
un bras replié, toute nue,
une boucle plus haute que l’autre,
et regardant le plafond.

Il me semble que tu peux vieillir,
enlaidir même
et que rien ne te changera.

(Extrait de lettre du 21 ao0t 1853)

(Gustave Flaubert)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Après l’amour (Denise Boucher)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Après l’amour

Tu dors heureux d’abandon

dans un pli d’éternité
sur le bleu de nos draps
au fil de nos eaux salées
tu dors dedans ton destin
sur la ligne de l’horizon
où tombent les voiliers
tu reviendras pirate
plein l’oeil de métamorphoses
sur la terre ronde des retours
ma main sur ton coquillage
les yeux à nouveau fermés
tu rediras mon amour
mon amour entends-tu bien
le chant bleu des baleines
épaves humides de la nuit
nous resterons immobiles
attendant une autre marée
où nous serons mouillés
par les vagues nouvelles
parce que la mer est mémoire
et qu’un jour de jeunesse
elle nous avait fait la peau

Tu dors heureux mon amour

(Denise Boucher)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chant de guerre (Chants Sioux)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
Chant de guerre

Pour un loup
Je me prenais.
Mais je n’ai pas trouvé de nourriture,
Et ainsi
D’être resté debout
Je suis exténué.
Pour un loup
Je me prenais
Mais
Les chouettes
Hululent
Et
Je redoute la nuit.

(Chants Sioux)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un matin (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017




    
Un matin, une bien-aimée dit à son amant pour le mettre à l’épreuve :
«Ô homme de douleur, qui aimes-tu le plus de moi ou de toi ?»

Il répondit: «J’ai tellement été anéanti en toi,
que je suis rempli de toi de la tête aux pieds!

Rien ne reste de mon propre être, hormis le nom.
Dans mon être, ô ma douce,il n’y a que toi.
J’ai été annihilé comme le vinaigre dans un océan de miel».

De même, une pierre transformée en rubis parfait
se remplit des attributs du soleil.
(…)

Même si elle s’aimait elle-même,
ce serait de l’amour pour le soleil, ô jeune homme.

Même si elle aimait le soleil du plus profond de son âme,
elle serait assurément amoureuse d’elle-même

(Mawlana Rûmî)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉLÉGIE (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Edward Hopper _Excursion into Philosophy

ÉLÉGIE

Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s’éloigne avec vitesse !
Durant le cours de ma triste jeunesse
Si j’ai vécu, ce ne fut qu’un moment.
Je suis puni de ce moment d’ivresse.
L’espoir qui trompe a toujours sa douceur,
Et dans nos maux du moins il nous console ;
Mais loin de moi l’illusion s’envole,
Et l’espérance est morte dans mon coeur.
Ce coeur, hélas ! que le chagrin dévore,
Ce coeur malade et surchargé d’ennui,
Dans le passé veut ressaisir encore
De son bonheur la fugitive aurore,
Et tous les biens qu’il n’a plus aujourd’hui ;
Mais du présent l’image trop fidèle
Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,
Et sans pitié la vérité cruelle
Vient m’avertir de répandre des pleurs.
J’ai tout perdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté,
Douces erreurs, consolante espérance,
J’ai tout perdu : l’amour seul est resté.

(Evariste Parny)

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ADIEU AUX JARDINS (Lucie Delarue-Mardrus)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



L’ADIEU AUX JARDINS

Aurais-je donc passé sans vous laisser de traces,
Après-midi profonds et calmes du printemps,
Où, la paume a la joue, accoudée aux terrasses,
J’ai si souvent fermé mes yeux las de beau temps ?

Dans ma pensée abstruse et mes songes de marbre,
J’ai tressailli parfois atteinte jusqu’aux os,
Les jours qu’interrompant le silence des arbres
Se gonflait tout à coup la voix de vos oiseaux.

Je mêlais ma jeunesse à la douceur des choses,
Quand le vent frissonnait dans les lilas voisins
Et qu’au soleil, ainsi que d’étranges raisins,
Vos marronniers fleuris portaient des grappes roses.

Leurs feuilles aux longs doigts qui s’étalent à plat
Flottaient sur l’air mouvant ou rythme des berceuses ;
Un bourdon lourd au corps de pierre précieuse
Mettait dans l’ombre verte une goutte d’éclat…

Ah ! terrasses ! jardins d’avril et de paresse,
Ne restera-t-il rien de moi parmi le vent ?
Que deviendront mes pas et mon rêve émouvant,
Et ma tendresse, et ma tendresse, et ma tendresse ?…

(Lucie Delarue-Mardrus)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :