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Poésie

Posts Tagged ‘rester’

Même si rien n’avait de sens (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Même si rien
N’avait de sens,

Il resterait:

S’approprier le souffle
Etendu dans l’espace.

(Guillevic)

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Postlude (Octavian Soviany)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2021



Illustration: Pascal Renoux
    
Postlude

Il nous reste la tristesse, ténue comme une bruine,
Dans les paumes ouvertes, sur la bouche, la poitrine,
Et le sang qui fuit vers la mort, aérien.
En dessous c’est le rien. Dessus, toujours rien.

(Octavian Soviany)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction: Traduit du roumain par Radu Bata
Editions: Unicité

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Nous restons figés parfois… (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2021




Illustration: Robert Doisneau
    
Nous restons figés parfois…

Nous restons figés parfois
au milieu d’une rue,
d’un mot
ou d’un baiser,
les yeux immobiles
comme deux longs verres d’eau solitaire,
la vie immobile
et les mains inertes entre un geste et celui qui aurait suivi,
comme si elles n’étaient plus nulle part.
Nos souvenirs alors sont d’un autre
dont à peine nous nous souvenons.

C’est comme si nous prêtions notre vie pour un temps,
sans l’assurance qu’elle nous sera rendue
et sans que personne nous l’ait demandée,
mais en sachant qu’elle sert alors
à quelque chose qui nous concerne plus que tout.

La mort n’est-elle un prêt, elle aussi,
au milieu d’une rue
d’un mot
ou d’un baiser ?

***

Nos quedamos a veces detenidos
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso,
con los ojos inmóviles
como dos largos vasos de agua solitaria,
con la vida inmóvil
y las manos quietas entre un gesto y el que hubiera seguido,
como si no estuvieran ya en ninguna parte.
Nuestros recuerdos son entonces de otro,
a quien apenas recordamos.

Es como si prestásemos la vida por un rato,
sin la seguridad de que nos va a ser devuelta
y sin que nadie nos la haya pedido,
pero sabiendo que es usada
para algo que nos concierne más que todo.

¿No será también la muerte un préstamo,
en medio de una calle,
de una palabra
o de un beso?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Poésie verticale
Traduction: Traduit de l’espagnol (Argentine) par Roger Munier
Editions: Points

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FÉE ÉLECTRICITÉ (Mathias Malzieu)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2021



Illustration: Daria Nelson
    
FÉE ÉLECTRICITÉ

Tu m’es tombée sur le coin du coeur.

Il était coupant, couvert de mines et de volcans
mais tu es entrée quand même.

À l’intérieur, tu as découvert un champ de bataille,
une décharge privée d’électricité.

Tout un village d’ombres et de fantômes abandonnés.

Il faisait sombre, il faisait froid.

Mais tu es restée quand même.

Tu as branché ton électricité.

Tu as allumé une flamme qui n’existait plus.

Âme illuminée façon ciel étoilé,
je t’explore de jour en nuit.

Fée électricité, tu as rallumé ma vie.

(Mathias Malzieu)

 

Recueil: Le dérèglement joyeux de la métrique amoureuse
Traduction:
Editions: L’ICONOPOP

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Tout est très simple (Idea Vilariño)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2021



Illustration: Catherine Besnard
    

Tout est très simple

Tout est très simple beaucoup
plus simple et pourtant
même comme ça il y a des moments
où c’est trop pour moi
où je ne comprends pas
et je ne sais pas si je dois rire aux éclats
ou si je dois pleurer de peur
ou rester là sans pleur
sans rire
en silence
assumant ma vie
mon chemin
mon temps

***

Todo es muy simple

Todo es muy simple mucho
más simple y sin embargo
aún así hay momentos
en que es demasiado para mí
en que no entiendo
y no sé si reírme a carcajadas
o si llorar de miedo
o estarme aquí sin llanto
sin risas
en silencio
asumiendo mi vida
mi tránsito
mi tiempo.

(Idea Vilariño)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil:
Traduction:
Editions:

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Le torrent (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2021



    

Le torrent

Ayant suivi le cours du torrent subjectif,
Te voici renversé par le front de la Bête,
Et tu perdras ta face,
Et les poissons tranchants vont t’entrer dans la tête
Pour voir ce qui s’y passe.

Que ne suis-je resté dans l’état poétique,
Personne n’y comprenait rien,
Mais le monde était là, si profond, si magique,
Et moi le seul magicien.

(Henri Thomas)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Joueur surpris
Traduction:
Editions: Gallimard

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ÉLÉGIE (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2021




ÉLÉGIE

Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.
Comme une grande bulle de cristal mince
ce soir, est le monde :
il gonfle il gonfle il monte.
Qui d’entre nous
croyait en épier le rythme et le souffle ?

Mieux vaut ne pas bouger.
C’est un bleu d’eau profonde
qui nous enveloppe,
en lui
pullulent formes images arabesques.
Ici pas de lune pour nous :
c’est plus loin qu’elle doit s’arrêter :
les confins du visible en écument.

Fleurs d’ombre
jamais vues, imaginées,
vergers emprisonnés
par deux murs,
parfums entre les doigts des potagers !
Nuit sombre, crées-tu des fantômes ou berces-tu
dans tes bras un monde ?

Ne bouge pas.
Comme une bulle immense,
tout gonfle, tout monte.
Et toute cette fausse réalité
explosera
peut-être.
Nous, nous resterons peut-être.
Nous peut-être.
Ne bouge pas.
Si tu bouges tu le brises.

Tu pleures ?

(Eugenio Montale)

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LA FILLE DE PAILLE (Franck Gérald)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti  4415

LA FILLE DE PAILLE

Ah, que c’est triste
Ah, que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

J’ai découvert dans ses yeux des bleuets
Qu’elle est jolie cette fille de paille
Je ne pouvais vraiment pas me douter
Qu’à la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Je n’ai que faire de ma liberté
Mes sentiments sont en pierre de taille
Je lui ai dit qu’on pourrait se marier
Alors elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah

Ah, que c’est triste, ah que c’est éprouvant
D’être amoureux d’une fille de paille
Car elle s’envole au premier coup de vent
Je crois qu’elle est dans mes bras
Elle est par-dessus le toit
A la place de son coeur
Y’avait un grillon moqueur
Et puis elle s’est enflammée
Mais il n’en est rien resté
Ah, ah, ah,
Ah, ah, ah.

(Franck Gérald)

Illustration: Pier Toffoletti

 

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CHAMP DESSÉCHÉ (Duan Guang)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian
Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian,
Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian,
Macedonian

Poem of the Week Ithaca 668
« Arid Field » Duan Guang, China

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

CHAMP DESSÉCHÉ

Le feu se propage
sur le champ desséché,
les semailles brûlent tels des cheveux clairsemés,
les lèvres craquelées de la terre
restent sans voix,
seuls les arbres dans le lointain
vibrent de quelques notes vertes.

Traduction Elisabeth Gerlache

(Duan Guang)

***

VERDORDE AKKER

De verdorde akker
wordt overstroomd door het vuur,
het zaaisel brandt als schaarse haren,
de gebarsten lippen van de aarde
blijven sprakeloos,
alleen de bomen in de verte
trillen een paar groene noten.

Vertaling Iuliana Pasca – Germain Droogenbroodt

***

CAMPO ÁRIDO

Sobre el campo árido
el fuego fluye.
Los brotes arden como cabellos escasos.
Los labios agrietados de la tierra
permanecen en silencio.
Sólo en los árboles alejados tiemblan
algunas verdes notas musicales.

Traducción Rafael Carcelén

***

ARID FIELD

The barren field
is flooded by the fire,
seedlings burn like scanty hairs,
earth’s chapped lips
remain silent,
only the trees in the distance
are trembling a few green notes.

English translation Iuliana Pasca – Stanley Barkan

***

TERRA ARIDA

Il campo brullo
è invaso dal fuoco,
le piantine bruciano come radi capelli,
le labbra screpolate della terra
rimangono silenziose,
solo gli alberi in lontananza
tremolano come una nota verde.

Traduzione Luca Benassi

***

KARGES FELD

Auf dem kargen Feld
fließt das Feuer,
Sämlinge brennen wie vereinzelte Haare,
Die rissigen Lippen der Erde
Bleiben stumm,
Nur die Bäume in der Ferne
Zittern ein paar grüne Töne.

Übersetzung Wolfgang Klinck

***

CAMPO ÁRIDO

Sobre o campo árido
o fogo está fluindo,
as mudas ardem glabras
os lábios gretados da terra
permanecem silenciosos
somente as árvores distantes
vibram algumas notas verdes.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia

***

LA TERRA SICCA

è bruciata di lu focu.
li jettiti sunnu capiddi sparsi,
li labbra ciaccati di la terra
si stannu muti.
Sulu nta l’arburi, luntanu,
tremanu na para di noti virdi.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

CÂMP ARID

Pe câmpul arid
curge focul,
lujerii ard ca niște fire răsfirate de păr,
crăpatele buze ale gliei
rămân amuțite,
doarpomii din zare
freamătă câtevasunete verzi.

Traducere: Gabriela CăluțiuSonnenberg

***

JALOWE POLE

Jałowe pole
zlane żarem.
Sadzonek skąpe włoski,
spękane wargi ziemi
trwają w milczeniu.
Tylko drzewa w oddali
rozedrgane kilkoma tonami zieleni.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΑΓΟΝΗ ΓΗ

Άγονη γη
ηλιοκαμμένη
σπόροι, σαν αραιά μαλλιά, ξεραίνονται
καθώς της γης
τα σκασμένα χείλη
παραμένουν σιωπηλά
μόνο τα λίγα δέντρα στο βάθος
ψάλλουν μερικούς πράσινους στίχους

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translated by Manolis Aligizakis

***

干旱的田野

荒芜的土地上
流着火
禾苗是几撮燎过的发须
大地干裂的嘴唇
持久地沉默
只有远方的树
几个绿色音符颤抖着

文/段光安
Duan Guang

***

الحقلاليباب

الحقلاليباب
أتتعليهالنيران.
فأضحتالشجيراتكأنهاشعيراتهزيلة،
والأرضبدتمثلشفاهمشقوقة
وأطبقالصمتعلىكلشيء.
سوىالأشجارالبعيدة
التياهتزتفأسقطتبعضالأوراقالخضراء.
دوانغوانغ،الصين
ترجمتهعنالإنجليزيةسارةسليم

Translation into Arab by Sarah Slim

***

शुष्क क्षेत्र

बंजर मैदान
आग से भर गया है,
रोपाई जले हुए बालों की तरह,
धरती के फटे होंठ
चुप रहना,
दूरी में केवल पेड़
हरे रंग के कुछ नोट कांप रहे हैं।

Hindi translation by Jyotirmaya Thakur

***

不毛の地

その荒れはてた土地は
火に包まれ
苗は薄毛の頭のように燃える
大地のひび割れた唇は
黙ったまま
遠くの木だけが少し
緑の音で震えている

段広(中国)
Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

دشت بایر

دشت بی‌ثمر
از آتش طغیان کرده ست،
نهالها مانند موهای کم‌پشت می‌سوزند،
لب‌های ترک خورده زمین
خاموش می‌مانند،
فقط درختان در فاصله
مرتعش چند کلمه‌ای می‌گویند.
دوان گوانگ، چین
ترجمه: سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

БЕЗПЛОДНО ПОЛЕ

Безплодното поле
е наводнено с огън.
Младите стръкове са къси.
Напуканите устни на земята му
остават неми.
Само дърветата в далечината
отронват няколко зелени тона.
Дуан Гуанг, Китай

превод от английски: Иван Христов
снимка: Жермен Дрогенброд
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

GRÓÐURSNAUÐUR AKUR

Eldurinn flæðir yfir
gróðursnauðan akurinn.
Frjóangarnir erunokkur stingandi strá,
skorpnar varir jarðarinnar
eru þöglar.
Aðeinstrén í fjarska
bæranokkrargrænarnótur.

Translation into Icelandic by ÞórStefánsson

***

Сухоеполе

Насухомполе
догораетпожар,
тлеют тут и там ростки,
треснувшиегубыземли
безмолвны,
и лишьдеревьявдалеке
дрожатзеленыминотами.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

TIGANG NA BUKIRIN

Ang tigang na bukirin
ay dinaluhong ng apoy
ang mga punla ay nasunog tulad ng maliliit na buhok
tuyong labi ng lupa
ay nanatiling tahimik,
tanging mga puno lamang sa may di -kalayuan
ang may umiindayog na mangilan-ngilang luntiang
dahon.

Filipino Translation- Eden Soriano Trinidad

***

שיר השבוע

השדה השומם / דואן גואנג, סין

הַשָּׂדֶההַשּׁוֹמֵם
מוּצָףבְּאֵשׁ.
הַשְּׁתִילִיםהֵםשְׂעָרוֹתמוּעָטוֹת/דְּלִילוֹת,
שִׂפְתֵיהָאֲדָמָההַסְּדוּקוֹת
נִשְׁאָרוֹתדּוֹמְמוֹת.
רַקהָעֵצִיםבַּמֶּרְחָק
מַרְטִיטִיםכַּמָּהפְּתָקִיםיְרֻקִּים.
תרגום לאנגלית: סטנלי ברקן ו – Iuliana Pasca

***

காய்ந்த நிலம்

வதங்கிய நிலம்
நெருப்பினால் சூழப்பட்டுள்ளது
கதிர்கள் தலைமுடிபோல் எரிந்துள்ளன
நிலத்தின் வெட்டப்பட்ட உதடுகள்
அமைதியாய் இருக்கின்றன
தொலைவில் உள்ள மரங்கள்
நடுங்கி இசைக்கின்றன
சில பச்சைஇசைக் குறியீடுகளால்!

Translation into Tamil by NV Subbaraman

***

QIRAC

Di ser qirêc re
agir diherike,
sadîl dişewitin mîna pirça sêrek,
lêvên erdê yên fîlenter
lal dimînin,
her dar li dûriyê dilerzin,
çend awêzên kesk.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

Qirac: erdê ne bipît, sadîl: şitil, nemam, fîlenter: pirmezin, zebelah

***

শুকনোপ্রান্তর

বন্ধ্যামাঠ
আগুনেহয়েছেপ্লাবিত,
চারাগুলিজ্বলছেছোট কেশ গুলিরমত,
পৃথিবীরক্ষতবিক্ষতঠোঁট
নিশ্চুপহয়েআছে,
শুধুদূরেদণ্ডয়মানবৃক্ষরাশি
কাঁপছেঅল্পকটি সবুজরেখানিয়ে ।
ডুয়ানগুয়াং, চীন

Bangla Translation: – তাবাসসুমতাহমিনাশাগুফতাহুসেন
Translation into Bangla by Shagufta TabassumTamani

***

GARRAÍ LOM

Plúchann an tine
an garraí lom.
Ní fhágtar ach corrshíológ fhánach:
gága i liopaí balbha
an chré.

Cloistear i bhfad i gcéin
nótaí creathánach na n-úrchoillte.

Aistriúchán Gaeilge: Rua Breathnach
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

JALOVO POLJE

Jalovo polje
posle poplave vatre.
Sadnice su samo dlakice,
a ispucale usne zemlje
ćute.
Samo drveće u daljini
drhti nekoliko zelenih nota.

Sa engleskog prevela S. Piksiades
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

ЈАЛОВОТО ПОЛЕ

Јаловото поле
е поплавено од огнот.
Расадот е како ретки влакненца,
испуканите усни на земјата
молчат.
Само дрвјата во далечината
тресат неколку зелени белешки.

Translation into Macedonian by Daniela Andonovska

(Duan Guang)

 

Recueil: ITHACA 668
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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