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Poésie

Posts Tagged ‘résultat’

Le Réveil (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Sergio Lopez Gray-Pearl-2010-Sergio-Lopez

Il n’est pas de phénomène plus excitant pour moi que le réveil.
S’éveiller, c’est — Re-trouver, reprendre pied, revenir.
Retrouver / se re-connaître / Ce re est capital.
Il ne faut pas dire — Je m’éveille, mais — il y a éveil — car le Je
est le résultat [de l’éveil], la fin.

(Paul Valéry)

Illustration: Sergio Lopez

 

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Additionner (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018




    
Additionner est affaire de soustractions.
Le plus démentit le moins,
mais aussi le plus.

Une arithmétique flottante
retient en gage tous les résultats.

C’est ainsi que deux mains parfois
sont une seule main
qui n’en serre aucune.

Additionner est un raccourci
vers la soustraction cachée à l’affût.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 15
Traduction: Jacques Ancet
Editions: José Corti

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Poème-processus (Fernando Aguiar)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Poème-processus

J’écris les vers sur la feuille
mais n’aime pas.
Je froisse
et mets de côté.

J’essaie une autre version
qui ne me convient pas plus.
Je froisse
et mets de côté.

J’insiste, sans réussir
l’effet voulu.
Je froisse
et mets de côté.

Je rabâche à nouveau
sans résultat.
Je froisse
et mets de côté.

Le poème s’obstine
à ne pas être. Découragé,
je froisse
et mets de côté.

PLUS DE FEUILLES POUR ÉCRIRE.
MAIS LE POÈME ÉTAIT PRÊT.
TERMINÉ.
MÊME LÀ DE CÔTÉ.

(Fernando Aguiar)

 

Titre: L’inventaire des choses
Traduction: Henri Deluy
Editions: Action Poétique

 

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LES YEUX (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



Illustration: David Sarenco  
    

LES YEUX

Les yeux sont les derniers à s’en aller.
Ils restent longtemps après que le visage a disparu hélas
dans les chairs dont il est fait.
La langue dit au revoir quand les yeux s’attardent en silence,
car ils sont les derniers chercheurs à renoncer à leur quête,
ceux qui restent là où les noyés sont rejetés sur le rivage,
après le départ des lanternes, sans un au-revoir…

Les yeux n’ont foi dans ce langage trop accessible.
Pour eux pas d’occasion assez simple pour qu’un mot la justifie.
L’existence dans le temps, pas seulement la leur, mais ancestrale,
enferme tous les instants entre quatre murs de miroirs.

Fermés, ils attendent. Ouverts, ils attendent aussi.
Ils sont connus,
mais ils ont oublié le nom de qui les connaît
La jeunesse est leur oiseau inquiet, et des ombres plus claires
que la lumière
les traversent de temps à autre

Car les eaux ne sont pas plus changeantes sous les cieux
ni les pierres sous les rapides.

Les yeux peuvent être fixes avec ce regard athénien
qui répond avec calme à la terreur, ou rapides
étant tout entiers sous le charme. Presque toujours
les yeux s’accrochent à une image
de quelqu’un parti récemment ou il y a longtemps
ou seulement espéré…

Les yeux ne sont pas chanceux.
Ils semblent désespérément enclins à s’attarder.

Ils font des additions qui ne donnent aucun résultat.
Il est très difficile de dire si leur ombre est pire que leur lumière,
leurs découvertes meilleures ou pires que de ne pas savoir.

Mais ils sont les derniers à s’en aller
et leur départ survient toujours quand ils sont levés.

***

THE EYES

The eyes are last to go out.
They remain long after the face has disappeared regretfully
into the tissue that it is made of
The tongue says good by when the eyes have a lingering silence,
for they are the searchers last to abandon the search,
the ones that remain where the drowned have been washed ashore,
after the lanterns staying not saying good-by…

The eyes have no faith in that too accessible language,
For them no occasion is simple enough for a word to justify it.
Existence in time, not only their own but ancestral,
encloses all moments in four walls of mirrors.

Closed, they are waiting. Open, they’re also waiting.
They are acquainted,
but they have forgotten the name of their acquaintance.

Youth is their uneasy bird, and shadows clearer
than light
pass through them at times,
for waters are not more changeable under skies
nor stones under rapids.

The eyes may be steady with that Athenian look
that answers terror with stillness, or they may be quick
with a purely infatuate being. Almost always
the eyes hold onto an image
of someone recently departed or gone a long time ago
or only expected…

The eyes are not lucky.
They seem to be hopelessly inclined to linger.

They make additions that come to no final sum.
It is really hard to say if their dark is worse than their light,
their discoveries better or worse than not knowing,

but they are last to go out,
and their going out is always when they are lifted.

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Le tigre (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

Illustration

    
Le tigre entier est l’effort
et le résultat du tigre
Il est en lui
la masse de son bond

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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Si ça est un que serait deux ? (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Si ça est un
que serait deux ?
Ce n’est pas seulement un plus un.

Parfois c’est deux
sans cesser d’être un.

Comme parfois un
ne cesse pas non plus d’être deux.

Les comptes de la réalité ne sont pas clairs
du moins ce qui ne l’est pas,
c’est notre lecture de ses résultats.

Ainsi nous échappe
ce qu’il y a entre un et un,
comme nous échappe ce qu’il y a
simplement à l’intérieur de un,

et nous échappe
ce qu’il y a dans moins un,
ou nous échappe le zéro
qui entoure et accompagne toujours
un et deux.

La rose, est-elle une ?
L’amour, est-il deux ?
Le poème, n’est-il ni l’un ni l’autre ?

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

 

 

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Le résultat (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2016



Un clocher qui traverse
Une épaisseur de siècles

Et qui regarde

Le résultat
Des additions.

(Guillevic)

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Au fur et à mesure (René Crevel)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016



Christian Schloe The Mirror -  Christian Schloe

Au fur et à mesure que le jour m’éloigne du rêve nocturne,
l’état qui en fut le résultat s’évaporant, je suis, pour le recréer,
contraint de courir après un plus grand nombre d’images, de mots…
On prend du papier, une plume. Hélas il n’y a plus ni fumée, ni rêves…

Donc nous cherchons ces sensations nettes et insuffisantes capables de recréer un état vague et suffisant…
Ce qui revient à dire qu’un état premier se suffit à soi-même…
et ne demande secours ni à la philosophie ni à la littérature.
Il se subit et n’a d’autre expression qu’un chant affectif interne et sans syllabes.

(René Crevel)

Illustration: Christian Schloe

 

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CROYEZ-MOI (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2016



CROYEZ-MOI

Impatient de devenir un pur esprit,
le bouddhiste Song-Tsè a édifié un bûcher sur le mont Kin-hoa
et s’est brûlé vif.

De son vivant, Ngan-Ki a pu atteindre le Pong-laï.
Ces personnages connaissent une félicité parfaite.

Soit ! Mais quel mal ils se sont donnés !
Vous pouvez arriver au même résultat
en allant chercher dans votre cave
une bouteille de bon vin.

(Li Taï Po)

 

 

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Une simple lame de cuivre (André Hardellet)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2015



 

shiny copper plate, metal screws

Une simple lame de cuivre, posée sur une porte en face de chez nous, et qui reflétait le soleil.
Je ne me serais pas lassé de la regarder.
Pourquoi ? Va-t’en savoir.
J’avais cinq ou six ans, la plaque reflétait beaucoup plus que du soleil.

Je me suis efforcé de définir ce quelque chose dans mes livres, mais sans résultat…

(André Hardellet)

 

 

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