Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘résurrection’

SANS NOUS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

Léon Comerre_Deluge

SANS NOUS

Que serait la terre sans nous
Anonyme, inexistante déserte.

Et le ciel que serait-il sans nous.
Forme sans lumière et sans voix
Pour le nommer, sans éternité.

Et Dieu que serait-il donc,
Une chose sans nom et sans éclat.
Quelle chair prendrait-il pour apparaître
Sans chair sur la terre, quel visage
Sans le visage humain,
Sans l’habit humain et la forme.
Quelle gifle et quel sang, quel martyr
Sans le martyr humain :
« Ecce homo, ecce Deus… »
Sans la mort humaine,
Sans enterrement et lamentation — sans résurrection

Sans nous la mort que serait-elle.

(Georges Themelis)

Illustration: Léon Comerre

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Osiris (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



 

osiris [800x600]

Les murs ne tombent pas
[40]

Par exemple :
Osiris égale O-sir-is ou O-sire-is ;

Osiris,
l’étoile Sirius,

rattache le mythe de la résurrection
à la réalité de la résurrection

à travers les âges ;
plâtrier, maçon grossier,

assez mal outillé, ma pensée
comblerait des brèches déplorables

dans le temps, révélerait le schisme regrettable,
comblerait ce schisme avant-et-après,

(avant qu’Abraham fût, je suis)
découvrirait des croissances cancéreuses

dans la philosophie de notre temps,
en tentant de préparer,

pour ainsi dire, le patient pour le Guérisseur ;
corrélerait foi avec foi,

recouvrerait le secret d’Isis,
qui est : il y avait Un

au commencement, Créateur,
Nourricier, Concepteur, Même-à-jamais

dans le marais de papyrus
dans la prairie de Judée.

***

For example:
Osiris equates 0-sir-is or 0-Sire-is;

Osiris,
the star Sirius,

relates resurrection myth
and resurrection reality

through the ages;
plasterer, crude mason,

not too well equipped, my thought
would cover deplorable gaps

in time, reveal the regrettable chasm,
bridge that before-and-after schism,

(before Abraham was I am)
uncover cankerous growths

in present-day philosophy,
in an endeavour to make ready,

as it were, the patient for the Healer;
correlate faith with faith,

recover the seoret of Isis,
which is: there was One

in the beginning, Creator,
Fosterer, Begetter, the Same-forever

in the papyrus-swamp
in the Judean meadow.

(Hilda Doolittle)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Résurrection (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019



Resurrection

La floraison du bâton

[ 7 ]

Pourtant la résurrection est le sens de la direction,
résurrection est une droite ligne,

droit sur la horde et le butin,
le trésor, la réserve,

le rayon de miel ;
la résurrection est rémunération,

nourriture, abri, fragrance
de la myrrhe et du baume.

***

Yet resurrection is a sense of direction
resurrection is a bee-line,

straight to the horde and plunder,
the treasure, the store-room,

the honeycomb;
resurrection is remuneration,

food,shelter, fragrance
of myrrh and balm.

(Hilda Doolittle)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La résurrection des morts (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




La résurrection des morts :
En quel pays étrange,
Toi que je pleure auprès d’un tombeau vide,
Es-tu né, mon enfant?

***

The resurrection of the dead:
Into what strange land
Are you, beside whose empty grave I stand
New-born, my child?

(Kathleen Raine)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ô le beau vêtement (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2018



 

La floraison du bâton

[ 1 ]

Ô le beau vêtement,
le bel accoutrement —

ne pense pas à Son visage
ni même à Ses mains,

n’imagine pas comment nous nous tiendrons
devant Lui ;

rappelle-toi la neige
sur Hermon ;

ne regarde pas en contrebas
où la gentiane bleue

renvoie un dessin géométrique
sur la glace flottante ;

ne te laisses pas duper
par la géométrie de la perfection

car en ce moment même,
la terrible bannière

assombrit la tête de pont ;
nous avons montré

que nous pouvions tenir ;
nous avons résisté

à la colère, à la frustration,
au feu amer de la destruction ;

laisse les villes qui brûlent en contrebas
(nous avons fait notre possible),

nous avons donné jusqu’à ne plus avoir à donner ;
hélas, c’était la pitié, et non l’amour que nous donnions

ayant tout donné, laissons tout ;
et surtout, abandonnons la pitié

et montons plus haut
jusqu’à l’amour — résurrection.

***

THE FLOWERING OF THE ROD

O the beautiful garment,
the beautiful raiment—

do not think of His face
or even His hands,

do not think how we will stand
before Him ;

remember the snow
on Hermon;

do not look below
where the blue gentian

reflects geometric pattern
in the ice-floe;

do not be beguiled
by the geometry of perfection

for even now,
the terrible banner

darkens the bridge-head;
we have shown

that we could stand;
we have withstood

the anger, frustration,
bitter fire of destruction ;

leave the smouldering cities below
(we have done all we could),

we have given until we have no more to give;
alas, it was pity, rather than love, we gave;

now having given all, let us leave all;
above all, let us leave pity

and mount higher
to love—resurrection.

(Hilda Doolittle)

 Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans la résurrection, il y a confusion (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



La floraison du bâton

[3]
Dans la résurrection, il y a confusion
si nous voulons argumenter ; si nous restons à regarder,

nous ne savons pas où aller ;
dans la résurrection, il y a une simple affirmation,

mais ne traîne pas à regrouper les autres,
dans toute la rue ; ton départ

à un tel moment, est la meilleure preuve
que tu connais le chemin ;

la première oie sauvage s’inquiète-t-elle de savoir
si les autres la suivent ou pas ?

je ne crois pas — elle est contente de partir —
elle sait où elle va ;

ainsi nous faut-il nous grouper ou nous envoler,
comme l’oie des neiges du cercle arctique,

aux Carolines ou en Floride,
ou comme ces vols migratoires

qui planent toujours (dit-on)
au-dessus de l’île perdue, l’Atlantide ;

en quête de ce que nous avions connu,
nous savons qu’un jour nous trouverons

le bonheur ; aujourd’hui tu seras
avec moi en Paradis.

***

but do not delay to round up the others,
up and down the street; your going

in a moment like this, is the best proof
that you know the way;

does the first wild-goose stop to explain
to the others? no—he is off;

they follow or not
that is their affair;

does the first wild-goose care
whether the others follow or not?

I don’t think so—he is so happy to be off—
he knows where he is going;

so we must be drawn or we must fly,
like the snow-geese of the Arctic circle,

to the Carolinas or to Florida,
or like those migratory flocks

In resurrection, there is confusion
if we start to argue; if we stand and stare,

we do not know where to go;
in resurrection, there is simple affirmation,

who still (they say) hover
over the lost island, Atlantis;

seeking what we once knew,
we know ultimately we will find

happiness; to-day shalt thou be
with me in Paradise.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Hiroshige

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Résurrection de la rose (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2018



Illustration
    
Résurrection de la rose

La chute d’un ange
De la cime du ciel,
tourbillonnant,
voilà que tombe entre mes bras
une sorte d’ange plumeux
ou peut-être un corbeau géant
ou bien encore un vampire,
on ne sait trop
car la nuit est obscure.

Mais la lune s’étant levée
révèle le plumage noir
d’un grand oiseau
serré contre mon corps

et qui dresse vers moi
non pas un bec
mais un visage
et, dirait-on,
un visage de femme
dont la bouche soudain murmure:
«Je suis ton dernier amour».

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Mon amour (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018


 


 

Dorina Costras iluzie_4__mic_inset

Mon amour n’était pas constructeur
n’était pas non plus contremaître
c’était une autre santé,
c’était le jeu merveilleux et inutile,
la visite des corps en grâce humaine,
mon attention, ma résurrection,
nécessité à l’abri du jugement.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Dorina Costras

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA MORT VIENT (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Helene Knoop 20

LA MORT VIENT

La mort vient chaque nuit,
Ténèbre dans les ténèbres,
Chaque matin sonne la résurrection,
Les corps des morts se relèvent,
Visage de brume nocturne,
Dans cette poussière, dans ce vent.

Peut-être nous retrouverons-nous dans quelque sommeil

Mon âme, attends-moi, je t’appelerai
Je crierai vers toi et tu me répondras.

N’oublie pas ton beau visage.

Je te rendrai tes yeux précieux,
Je t’offrirai tes saintes mains,
Ta chair de terre, tes rêves.

Parce que l’amour est une musique, la mort
Une pause : un désir accompli.

Le temps tout entier un moment de silence. Un écho.

(Georges Themelis)

Illustration: Helene Knoop

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Prestige (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Prestige, la lune de nouveau pleine
et le lapin dans le chapeau.

Prestige, la femme qui se réveille entière
et les souvenirs qui lui reviennent.

Prestige, la colombe rescapée du déluge
et le canari remonté de la mine, plus vivant
que le phénix, rôti sous la cendre.

Prestige, le tombeau vide du magicien
qui marchait sur les eaux et multipliait les pains.
Prestige, l’imitation de la mort et la résurrection.

(Gérard Macé)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :