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Poésie

Posts Tagged ‘retenir’

La main à pleine poignée (Pascal Commère)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2020



 

La main à pleine poignée quand le pied glisse
se retenant — non pas la chute libre comme
toujours dans le buisson de la voix le silence
quelque chose un instant le retient, langue brûlée
mais le cheminement (caillou plus tard sur la page
à plat de mon carnet pour que ne s’envolent
les mots lentement gagnés dans la montée)
quand l’herbe jamais de nous ne retiendra
dans le matin abrupt aux pages penchées qu’
un nom (herbe vivace) et son écho qui meurt

(Pascal Commère)

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LES ÎLES DE L’ENFANCE (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



LES ÎLES DE L’ENFANCE

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

Le calme des eaux,
Le bruit des roseaux,
Le chant des oiseaux
Habitent ma tête.

Les couleurs du Temps,
Les odeurs du Vent,
Les soleils levants
Habitent mon coeur.

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

puisque c’est ton tour,
Vogue, rêve et cours
Dans les anciens jours
Et remplis ta tête.

Regarde avec soin
Secrets et grands foins…
Prends-en plus que moins
Et remplis ton coeur.

Les îles de l’enfance
Dorment sur l’eau du Temps.
On ne saurait y revenir
Qu’avec des pas d’enfant.
On ne saurait les retenir,
L’eau et le vent
S’en vont devant
Sans emporter un souvenir.

(Gilles Vigneault)

Illustration

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NOCTURNE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
(Recueil Comme ceci, comme cela)
NOCTURNE

Ici s’ouvre un monde nouveau
démasqué par la fin du jour
Le temps bascule J’écoute Je retiens mon souffle.

Une réponse dernière
Un pâle éclat
Un secret promis et tenu

Les mots
un essaim d’astres
Une plume une feuille

La nuit s’éclaire au centre
Au centre est la source de toute couleur
Au centre est l’avenir longtemps mûri sous les cendres

Au centre est mon amour pour ce monde
Ma joie mon espérance invincible et trahie.

J’irai mourir dans mon enfer
Je déchirerai les vestiges de la misère
Ce qui murmure hors de moi en moi-même
est comparable au fleuve
qui traverse tout sans se mélanger à rien

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Le Chant de triomphe de Trishancou (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2020



Trishancou 
    
Le Chant de triomphe de Trishancou

Je ne mourrai pas.
Bien que ce corps, quand l’esprit sera las
de son étroite demeure, doive nourrir les flammes,
ma maison brûlera, moi pas.

Abandonnant cette gaine
je découvrirai un vaste espace éthéré.
À la tombe avide échappera mon esprit,
trompant l’étreinte de la mort.

La Nuit retiendra
le soleil en ses profondeurs glacées ; le Temps aussi devra cesser ;
les astres qui peinent auront leur délivrance.
Je ne cesse pas, moi, je demeure.

Avant que les premières graines
fussent semées sur terre, j’étais déjà vieux,
et quand se refroidiront des planètes point encore nées
mon histoire se poursuivra.

Je suis la lumière
au coeur des étoiles, la force léonine et la joie des matins ;
je suis l’homme et la jeune fille et le petit garçon,
protéen, infini.

Je suis l’arbre
qui se dresse, solitaire, sur le bleu sans limite ;
je suis la rosée qui pleut en silence
et la mer illimitée.

Je tiens le ciel entre mes mains
et soutiens la terre exubérante.
À ma naissance j’étais l’éternel Penseur
et le demeurerai après ma mort.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Un arbre (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
Un arbre

Sur la rive sablonneuse du fleuve, un arbre
dresse ses plus hautes branches
tels des doigts, vers le firmament qu’elles ne peuvent atteindre,
liées à la terre, amoureuses du ciel.
Telle est l’âme de l’homme. Le corps et le cerveau,
de la terre affamés, retiennent notre vol vers les cieux.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Va-et-vient (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: George Clair Tooker
    
Va-et-vient

J’entends en moi ouvrir fermer claquer
des portes des bruits de pas dans un escalier
parler à voix basse dans un corridor
quelqu’un tousse puis étouffe sa toux
quelqu’un vient hésite s’arrête
fait demi-tour un long silence
On entend seulement une tuyauterie se plaindre
Puis de nouveau des pas On approche
Il y a quelqu’un derrière la porte
Quelqu’un retient son souffle puis respire à nouveau
J’entends de l’autre côté craquer le plancher
On frappe enfin Deux coups très nets

Je vais ouvrir Ce n’est que moi
Une fois encore quitte pour la peur
ou la déception J’attendais donc quelqu’un
que je n’attendais pas ?

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Train (Françoise Campo-Timal)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020


 


 

train [1280x768]

Train

Dans le froissement des collines
dans l’herbe jeune du blé
dans l’éclair arrondi du ruisseau
qui traverse le pré
l’oeil saisit l’espace d’un instant
ce que l’âme
ne pourra pas retenir
et que rien
ne saurait décrire

(Françoise Campo-Timal)

Illustration

 

 

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PARLONS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019



PARLONS

Parlons de cette vie qu’on nous livre
De ce globe parmi tant d’astres
De cette rotation qui nous entraîne
De cette gravitation qui nous retient

Parlons du jour si brièvement nôtre
De chemins flétris de cris perpétués
De visages en tous lieux
Et en toutes saisons

Parlons de tant de soufre
De tant de souffles
De tant d’envol
De trop d’enfoncements.

(Andrée Chedid)


Illustration: Béatrice Ferrero

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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