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Poésie

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Au fond je ne demande pas l’impossible (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
Au fond je ne demande pas l’impossible:
juste que le noir, de temps à autre,
soit lavé de rose et de quelques flammes orange,
qu’une salve de lueurs bleutées
le crible par intermittence.
Que j’en puisse retenir l’éclat
avant d’arriver en bas
où le noir n’a pas son pareil
pour que tout rentre enfin dans l’ordre.
Je sais de quoi je parle :
chaque fois que j’arrive en bas,
je suis frappé de cécité,
je dois rêver pour voir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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O mon amour il n’est rien que nous aimons (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



O mon amour il n’est rien que nous aimons
Qui ne fuie comme l’ombre
Comme ces terres lointaines où l’on perd son nom
Il n’est rien qui nous retienne
Comme cette pente de cyprès où sommeillent
Des enfants de fer bleus et morts

(Georges Schehadé)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Cette joie étrange (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Les sens et le monde – Les désirs se confondent.
Et dans ce corps que je retiens contre moi,
je tiens aussi cette joie étrange
qui descend du ciel vers la mer.

(Albert Camus)

Illustration: George Clair Tooker

 

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Pourquoi ? (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



 

Caroline Elkington  (2)

Pourquoi ?

Quand vous suiviez ma trace,
J’allais avoir quinze ans,
Puis la fleur, puis la grâce,
Puis le feu du printemps.

J’étais blonde et pliante
Comme l’épi mouvant,
Et surtout moins savante
Que le plus jeune enfant.

J’avais ma douce mère,
Me guidant au chemin,
Attentive et sévère
Quand vous cherchiez ma main.

C’est beau la jeune fille
Qui laisse aller son coeur
Dans son regard qui brille
Et se lève au bonheur !

Vous me vouliez pour femme,
Je le jurais tout bas.
Vous mentiez à votre âme,
Moi, je ne mentais pas.

Si la fleur virginale
D’un brûlant avenir,
Si sa plus fraîche annale
N’ont pu vous retenir,

Pourquoi chercher ma trace
Quand je n’ai plus quinze ans,
Ni la fleur, ni la grâce,
Ni le feu du printemps ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Caroline Elkington

 

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Je suis comme monté par un cavalier sans visage (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Igor Morski 
    
Je suis comme monté par un cavalier
Sans visage
– il me presse contre mes actes –
Il me bat et me retient, il me fouaille d’événements.
Il me brise aux obstacles
Il change de nom, m’arrête à me briser –
II se moque de mes forces,
Il impose le désordre
Il abuse de mon souffle
Il écrase mon coeur dans sa main
Je ne puis rejoindre sa volonté
Il me chevauche comme un fou
Je tremble et je cours
Je ne puis me retourner pour le voir
— Je ne puis achever de le voir.
Il échappe aux mouvements de mon intelligence

Oh ! Change d’homme…

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Mère, pour toi je ferai un collier de perles (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2019



    

Mère, pour toi je ferai un collier de perles
avec les larmes de mon chagrin.

Pour couvrir tes pieds les étoiles
ont ciselé leurs annelets de lumière,
mais mon don veut pendre à ton cou.

La richesse et la renommée émanent de toi;
il t’appartient de les donner et de les retenir.

Mais cette mienne tristesse est bien absolument à moi,
et quand je te l’apporte en offrande,
ta grâce vient en récompense.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique suivi La corbeille de fruits
Traduction: Hélène Du Pasquier et André Gide
Editions: Gallimard

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BLOC-NOTES (Michèle Garant)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BLOC-NOTES

Dire au vent : qu’il retienne sa course
Aux bourgeons : d’éclater la lumière
Dire au grésil, dire au ciel bleu
Giboulée chante, giboulée vente.

Dire au ruisseau : sauter vert, glisser frais
Dire aux pluies : laver à grande eau les trottoirs
Et les âmes des hommes vieux
En faire lessive qui claque.

Dire aux hommes : d’être petit comme une graine
Têtu et simple, retenu confiant
Rester au fond de la terre
Attendre patiemment.

(Michèle Garant)

 

 

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EVADNE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

Bruno Di Maio 191

EVADNE

L’été et notre vie étions d’un seul tenant
La campagne mangeait la couleur de ta jupe odorante
Avidité et contrainte s’étaient réconciliées
Le château de Maubec s’enfonçait dans l’argile
Bientôt s’effondrerait le roulis de sa lyre
La violence des plantes nous faisait vaciller
Un corbeau rameur sombre déviant de l’escadre
Sur le muet silex de midi écartelé
Accompagnait notre entente aux mouvements tendres
La faucille partout devait se reposer
Notre rareté commençait un règne
(Le vent insomnieux qui nous ride la paupière
En tournant chaque nuit la page consentie
Veut que chaque part de toi que je retienne
Soit étendue à un pays d’âge affamé et de larmier géant).

C’était au début d’adorables années
La terre nous aimait un peu je me souviens.

(René Char)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Bruno Di Maio

 

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T’appartient-il, Seigneur (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



    

T’appartient-il, Seigneur, de participer à la félicité de ce rythme?
d’être lancé, perdu, brisé dans le tourbillon de cette formidable joie?

Toute chose se précipite, sans arrêt, sans regard en arrière,
sans qu’aucun pouvoir puisse bien retenir,
toutes les choses se précipitent.

Emboîtant le pas au rythme de cette musique inlassée,
chaque saison accourt en dansant, puis passe outre
— couleurs, tons et parfums déversent d’infinies cascades
dans cette surabondante joie qui s’éparpille
et se renonce et meurt à tout moment.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Loin de moi cet amour (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



Illustration
    
Loin de moi cet amour qui ne connaît point de mesure;
car, pareil au vin écumant qui a rompu ses vaisseaux,
il court à sa perte en un instant.

Envoie-moi l’amour, frais et pur comme la pluie,
qui bénit la terre altérée et remplit les jarres d’argile de la maison.

Envoie-moi l’amour qui voudrait s’abîmer jusqu’au fond de l’être,
et de là jaillir en une sève invisible, à travers les branches de l’arbre de vie,
donnant le jour aux fruits et aux fleurs.

Envoie-moi l’amour
qui retient le coeur
dans une plénitude de paix.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: La corbeille de fruits
Traduction: Hélène du Pasquier
Editions: Gallimard

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