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Poésie

Posts Tagged ‘retenir’

Par tous les moyens (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Par tous les moyens, ils essaient de me garder à l’abri,
ceux qui m’aiment dans ce monde.
Mais il ne va pas ainsi avec ton amour qui est plus grand que le leur,
et tu me laisses libre.

De crainte que je ne les oublie, ils ne se risquent jamais à me laisser seul.
Mais jour après jour passe, et toi tu ne te montres pas.

Bien que je ne te nomme pas dans mes prières,
bien que je ne te retienne pas dans mon coeur,
ton amour pour moi attend encore mon amour.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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Dis-moi (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



eucalyptus arc-en-ciel [800x600]

Dis-moi si l’eucalyptus endurcit
Ton écorce si la pierre écoute
Toujours le vent si le sable retient
Nos demeures dans l’ardent souvenir
L’attente des eaux entremêle absence
Et retour des mirages Sur les bords ravinés
Se dessèchent les ans comme figuiers avares

Ami des crues las des rives monotones
Noué dans le lit des lauriers amers
Tu cries aux vallées ingrates à pleine gorge
J’emporte vos échos chants bravant l’orage
Noces de feu dans les ciels sauvages
Cette palmeraie née de mes entrailles
Debout entre mes yeux et la mer

(Tahar Bekri)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration

 

 

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Entre la chose d’écrire et le Verbe (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo -1-2

Entre la chose d’écrire
Et le Verbe, entends le rire
d’un invisible témoin
qui te retient par la main.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Été: être pour quelques jours le contemporain des roses (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2019



Été: être pour quelques jours
le contemporain des roses;
respirer ce qui flotte autour
de leurs âmes écloses.

Faire de chacune qui se meurt
une confidente,
et survivre à cette soeur
en d’autres roses absente.

*

Seule, ô abondante fleur,
tu crées ton propre espace;
tu te mires dans une glace
d’odeur.

Ton parfum entoure comme d’autres pétales.
ton innombrable calice.
Je te retiens, tu t’étales –
prodigieuse actrice.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration

 

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QUAND ON REGARDE UNE MONTRE (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019



Illustration: Patricia Blondel 
    
QUAND ON REGARDE UNE MONTRE

Je n’ai pas fini d’espérer
infatigable comme une araignée vigilante
je guette pour les retenir
dans ma toile quotidienne
les joies du soir et du matin
qui filent à toute vitesse
Tant pis pour les chagrins et les douleurs
et les emmerdements
qui passent lentement
et qui s’accrochent

Oui mais voilà
je sais que je dois chaque jour
chaque heure
m’avancer vers cette falaise
et vers ce grand trou sans fond
je me retourne souvent
et j’aperçois très loin
le brouillard de ma naissance
Je suis le nomade qui marche la nuit
et qui attend le jour et l’oubli

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration
    
Bonheur, étouffe-moi pendant une seconde

Bonheur, cause entendue,
Cause perdue,
J’aimerai le premier visage,
Je vous appellerai ma sœur,
Passante, mettez-vous entre le monde et moi,
Je tomberai de rue en rue,
Cueilli dans les filets
Qui me retiendront tout le soir ;
Et dans le buisson des lumières,
Couteaux aigus visant au cœur,
Je dormirai peut-être sur les pierres,
Je dormirai peut-être sur le vide
Je dormirai aux portes du matin,
Une épaule nue glisse avec la nuit,
Est-ce la vague qui se creuse
Et se soulève et prend un corps
Qui doit mourir ?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sors enfin du fond de ta grotte obscure (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Jia Lu

Sors enfin du fond de ta grotte obscure,
nue, ferme et blanche,
et serre-moi dans tes bras, fin de mon rêve !
Retiens-moi, en notre étreinte,
comme en une sculpture de pierre,
que rien, jamais, n’altère ou désunisse !

Donne-moi, debout, le repos ;
donne-moi le sommeil, debout ;
Donne-moi, debout et en paix, l’idée seule,
le sentiment seul,
l’éternelle foi en l’unique,
qu’en vain, j’attends, j’attends dans le multiple !

***

¡Ven ya del fondo de tu cueva oscura,
desnuda, firme y blanca,
y abrázate ya a mí, fin de mi sueño!
¡Reténme, en nuestro abrazo,
como en una escultura material,
que nada, nunca, altere ni desuna!

¡Dame, de pie, el reposo;
dame el sueño, de pie;
dame, de pie y en paz, la sola idea,
el solo sentimiento,
la eterna fe en lo solo,
que en lo tanto, y en vano, espero, espero!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Jia Lu

 

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Il n’y a pas de saut dans le vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019




    
Il n’y a pas de saut dans le vide.

Même si les anges n’existent pas pour nous soutenir
ni non plus des traverses de la pensée,
ni des relativisations ou des absolus
qui puissent nous retenir par les bras.

Il faut par avance gagner le vide,
le coloniser avec nos abandons
comme s’il était un territoire dépouillé
ou une nouvelle liberté jamais exercée.
Et cultiver à l’intérieur ses fragments flottants
qui s’entremêlent aux choses
pour leur apprendre à ne pas être.
Et presque sans le savoir
arriver à aimer le vide.
Ce qui est aimé nous soutient,
même si cela nous pousse vers l’abîme.

Un vide aimé
ne peut pas nous abandonner.
Et dans un vide non aimé
il n’est même pas possible de sauter.

***

No hay salto al vacío.

Aunque no existan ángeles para sostenernos,
ni tampoco travesaños de pensamiento,
ni relativizaciones o absolutos
que puedan retenernos de los brazos.

Hay que ganar el vacío desde antes,
colonizarlo con nuestros abandonos
como si lisera un despojado territorio
o una nueva libertad nunca ejercida.
Y cultivar adentro sus fragmentos flotantes,
que se entreveran con las cosas
para enseñarles a no ser.
Y casi sin saberlo,
llegar a amar el vacío.
Aquello que se ama nos sostiene,
aunque también nos empuje hacia el abismo.

Un vacío que se ama
no puede abandonarnos.
Y a un vacio que no se lo ama
no es posible ni siquiera saltar.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Les personnages de mon rêve (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2019



Les personnages de mon rêve
sont venu converser avec moi
hors de mon rêve.

Et cela, ils n’ont pas pu le supporter.
Ils se sont sentis prisonniers
des formes truquées
de ce rêve à l’envers.

je n’ai pas su les retenir.
Je n’ai pas su créer pour eux un autre rêve au
dehors.
Un rêve véritable.

Pourrai-je me remettre à présent
à converser avec eux au-dedans?

(Roberto Juarroz)


Illustration: Maurice Denis

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RIVIÈRE (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019




    
RIVIÈRE

Ma main d’eau ouverte
— mais qu’aurait-elle aimé
retenir entre ses doigts —
ne se soucie pas de
celles à l’insatiable avoir
qui blessent écrasent tuent
ma main aime l’oubli
et pauvreté l’a enrichie,

main devenue rivière
reverdit le champ
où le chant d’oiseau
fait l’eau des matins
quand le blé viril vole
et le féminin en lui
sourit du même désir,

main d’eau, elle s’est ouverte
malgré tant de saisons
passées à s’ignorer,
sur l’opacité de l’ombre
et la nuit des mots
qui les roule et luit

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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