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SUS ! MON LUT D’UN ACCORD PITOYABLE (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



Illustration: Le Caravage
    
SUS ! MON LUT D’UN ACCORD PITOYABLE

Sus, sus, mon Lut, d’un accord pitoyable
Plains la douleur qui me rend miserable:
Plains mon desastre, et d’un ton éclatant
Dy le depart qui me va tourmentant.

Pleurez mes yeux, et d’une longue trace
L’eau de mes pleurs coule dessus ma face,
Et que jamais n’en tarisse le cours,
Qu’en tarissant ma vie et mes amours.

Il ne faut plus que j’aye aucune attente,
De voir jamais chose qui me contente :
Retirez-vous tous mes plaisirs passez,
Et mille ennuis pour garde me laissez.

***

Get up, get up, my Lute, with a pitiful chord
Pity the pain that makes me miserable:
Pity my disaster and, with a loud tone,
Relate the departure that goes on tormenting me.

Weep, my eyes, and with a long trace,
The water of my tears flows down my face,
And may its course never dry up
Except in drying up my life and loves.

I must have no further expectation
Of ever seeing anything that contents me:
Take away all my past pleasures,
And leave me a thousand worries as a guard.

***

Auf, auf, meine Laute, mit einem Akkord so falsch gestimmt
Beklag‘ den Schmerz, der mir den Atem nimmt:
Beklage meine Niederlag’,
Und mit einem Tone hell & klar
Schild’re den Abschied, der martert mich.

Weinet, meine Augen, und in langer Spur
Die Wasser meiner Zähren mein Antlitz netzen.
Und niemals soll das enden,
Nur wenn mein Leben & meine Lieb‘
Sich für immer wenden.

Nie mehr darf ich erwarten
Ein mich erfreuend Ding,
Verzieht euch doch, all mein‘ vergangen‘ Freuden,
Und tausend Ärgernisse mir hier zur Wache lasst!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

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A Mme du Châtelet (Voltaire)(François Marie Arouet)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017




Emilie du Châtelet   
    
A Mme du Châtelet

« Si vous voulez que j’aime encore,
Rendez-moi l’âge des amours ;
Au crépuscule de mes jours
Rejoignez, s’il se peut, l’aurore.

Des beaux lieux où le dieu du vin
Avec l’Amour tient son empire,
Le Temps, qui me prend par la main,
M’avertit que je me retire.

De son inflexible rigueur
Tirons au moins quelque avantage.
Qui n’a pas l’esprit de son âge,
De son âge a tout le malheur.

Laissons à la belle jeunesse
Ses folâtres emportements.
Nous ne vivons que deux moments :
Qu’il en soit un pour la sagesse.

Quoi ! pour toujours vous me fuyez,
Tendresse, illusion, folie,
Dons du ciel, qui me consoliez
Des amertumes de la vie !

On meurt deux fois, je le vois bien :
Cesser d’aimer et d’être aimable,
C’est une mort insupportable ;
Cesser de vivre, ce n’est rien. »

Ainsi je déplorais la perte
Des erreurs de mes premiers ans ;
Et mon âme, aux désirs ouverte,
Regrettait ses égarements.

Du ciel alors daignant descendre,
L’Amitié vint à mon secours ;
Elle était peut-être aussi tendre,
Mais moins vive que les Amours.

Touché de sa beauté nouvelle,
Et de sa lumière éclairé,
Je la suivis; mais je pleurai
De ne pouvoir plus suivre qu’elle.

(Voltaire)(François Marie Arouet)

 

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Dépouille-toi (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Dépouille-toi
Retire de toi
tout ce qui
t’encombre
te restreint

Puis abandonne-toi

Entre dans la passivité
l’état où tu connais
la plus haute densité
la plus vaste extension

(Charles Juliet)


Illustration: Odilon Redon

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Ce soir (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Le Bernin
    
Ce soir, retire complètement mon esprit de mon corps,
afin que je n’aie plus ni forme ni nom en ce monde!
En ce moment je suis ivre en Toi, donne-moi une autre coupe!
Alors je serai effacé des deux mondes en Toi.

Lorsque je me serai anéanti en Toi et serai devenu ce que Tu sais,
alors je prendrai la coupe du non-être et je la boirai coupe après coupe
[…]

Donne-moi à chaque instant le vin du non-être;
lorsque je serai entré dans le non-être,
je ne ferai plus de différence entre la maison et son toit.
[…]

Soulève les vagues du non-être afin de m’emporter au large!
Jusqu’à quand arpenterai-je le rivage de l’Océan dans la crainte?

(Mawlana Rûmî)

 

 

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Le chagrin m’a retiré la peau (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2017



La nuit dévisage l’ombre
le chagrin m’a retiré la peau;
elle est tiède sous mes pieds.

(Tahar Ben Jelloun)

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Habiter au lieu de comprendre (Tahar Ben Jelloun)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2017



Illustration: Danielle Decollonge
    
Habiter au lieu de comprendre
Entrer dans le cube des questions
Au lieu de chercher le sens
Suivre la main qui voyage
Et ne pas réclamer de réponse
Retirer le voile couvrant les morts
Et pénétrer le silence absolu
Là, se lover dans le linceul du mystère.

(Tahar Ben Jelloun)

 

Recueil: Que la Blessure se ferme
Editions: Gallimard

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Tu as le regard tourné en dedans (Jean-Pierre Lemaire)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2017




    
Tu as le regard tourné en dedans
vers le trésor coulé au fond de l’épave
les longs reflets d’or qui filent sous la mer.
Tu en as retiré parfois quelques pièces
un sabre, une croix — mais ton coeur reste en bas
ce coeur qu’il faudrait remonter enfin vide
si tu veux courir l’unique aventure
et partir vers le large, un soir, tous feux éteints.

(Jean-Pierre Lemaire)

 

Recueil: Le Pays derrière les larmes
Editions: Gallimard

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Ce soir (Mawlana Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2017



    
Ce soir, retire complètement mon esprit de mon corps,
afin que je n’aie plus ni forme ni nom en ce monde !

En ce moment je suis ivre en Toi, donne-moi une autre coupe !
Alors je serai effacé des deux mondes en Toi.

Lorsque je me serai anéanti en Toi et serai devenu ce que Tu sais,
alors je prendrai la coupe du non-être et je la boirai coupe après coupe (…)

Donne-moi à chaque instant le vin du non-être ;
lorsque je serai entré dans le non-être,
je ne ferai plus de différence entre la maison et son toit. (…)

Soulève les vagues du non-être afin de m’emporter au large !
Jusqu’à quand arpenterai-je le rivage de l’Océan dans la crainte ?

(Mawlana Rûmî)

 

 

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ET AUTRE CHOSE ITOU (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017



Illustration: François Boucher
    
ET AUTRE CHOSE ITOU

Colin et Colinette
Au fond d’un jardinet.
Assis dessus l’herbette
Se faisaient un bouquet…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Il la prend, il la baise,
L’étend sur le gazon,
Et là tout à son aise
Lui saisit le menton…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

La bergère troublée,
Lui die d’un air malin :
« Ah ! Que je suis aimée !
Retire donc ta main…

Et autre chose itou.
Que je n’ose vous dire.
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout ! »

Mais le berger peu sage,
Ecoutant son ardeur.
Lui fit voir qu’à son âge
On a toujours du cœur…

Et autre chose itou,
Que je n’ose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

Après mainte fleurette,
Notre couple badin
S’endormit sur l’herbette
En se tenant la main…

Et autre chose itou.
Que je nose vous dire,
Et autre chose itou…
Je n’ose dire tout !

(Anonyme)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Le repos de la nudité (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2017



Une femme retire une chemise,
qui laisse voir une autre chemise,
qu’elle retire,
qui laisse voir une autre chemise,
qu’elle retire,
qui laisse voir une autre chemise,
qu’elle retire,
qui laisse voir une autre chemise,

et le repos de la nudité
n’arrive jamais.

(Henri Michaux)

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