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Posts Tagged ‘rêvasser’

Les grenouilles (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



Les grenouilles

Elles s’en vont au loin s’accroupir sur les pierres,
Sur les champignons plats, sur les bosses des troncs
Et clignotent bientôt leurs petites paupières
Dans un nimbe endormeur et bleu de moucherons.

Emeraude vivante au sein des herbes rousses
Chacune luit en paix sous le midi brûlant ;
Leur respiration a des lenteurs si douces
Qu’à peine on voit bouger leur petit goître blanc.

Elles sont là, sans bruit, rêvassant par centaines,
S’enivrant au soleil de leur sécurité ;
Un scarabée errant, du bout de ses antennes,
Fait tressaillir parfois leur immobilité.

Les autres, que sur l’herbe un bruit laisse éperdues
Ou qui préfèrent l’onde au sol poudreux et dur,
A la surface, aux bords, les pattes étendues,
Inertes, hument l’air, le soleil et l’azur.

(Maurice Rollinat)

Illustration

 

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CANTINES (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Robert Doisneau cantine

CANTINES

Jour d’usine en hiver où l’aurore à midi
s’ouvre sur le repas tapageur des cantines,
le ragoût a beaucoup vieilli
mais le vin malmené chante dans les chopines.

Par la fenêtre on voit les arbres de la cour
— squelettes biscornus dont le front dodeline —
allonger entre eux leurs bras courts
pour barrer le chemin qui mène à l’aubépine.

Le pétrole a rongé tout le cambouis des mains,
le pain prendra l’odeur de son puits d’origine.
Bah ! ne dit-on pas que c’est sain ?
Le pain des travailleurs a souvent goût d’usine.

On étale un journal qui servit de panier
à l’amour conjugal parfumé de cuisine
et l’on se prend à caresser
le corps d’une femelle ornant un magazine.

Les gamelles choquées sur l’assiette en métal
larguent un fond de sauce ou bien de gélatine
Ah ! jeunots, parlez-moi d’un bal
où le fer-blanc a des mélos de mandoline.

Est-ce mardi ? ou bien jeudi ? Pas samedi
mon compagnon, car on croquerait l’orpheline
un jour où tu joues l’affranchi
pour six journées que lentement on assassine.

Prisonniers de la vie ne vous attardez pas
à rêvasser au futur labeur des machines
l’usine a besoin de vos bras
car c’est demain que le Progrès vous extermine.

(Pierre Béarn)

Illustration: Robert Doisneau

 

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La grenouille (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La grenouille

Une grenouille
Qui fait surface,
Ça crie, ça grouille
Et ça agace.

Ça se barbouille,
Ça se prélasse,
Ça tripatouille
Dans la mélasse.

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse.

Mais pour un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore,
Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.

(Pierre Coran)

 

 

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La Grenouille (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



La Grenouille

Une grenouille
Qui fait surface
Ca crie, ça grouille
Et ça agace.

Ca se barbouille,
Ca se prélasse,
Ca tripatouille
Dans la mélasse,

Puis ça rêvasse
Et ça coasse
Comme une contrebasse
Qui a la corde lasse,
Lasse, lasse…

Mais un héron à échasses,
Une grenouille grêle ou grasse
Qui se brochette ou se picore
Ce n’est qu’un sandwich à ressorts.

(Pierre Coran)

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La statue (Robert Calmel)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2017



Illustration: Praxitèle
    
La statue

Pourquoi cette statue antique
D’une déesse en marbre blanc
A la nudité impudique
A-t-elle un attrait si troublant?

Je trouve admirable sa pose.
Je resterais à rêvasser
Devant cette oeuvre grandiose
Sans jamais pouvoir me lasser.

L’artiste durant des semaines.
A dû parfaire patiemment
Ce chef-d’oeuvre afin qu’il devienne
Un véritable enchantement.

J’essaie d’imaginer celle
Qui a transfiguré sa main,
Aujourd’hui il ne reste d’elle
Ou’une sculpture au corps divin

(Robert Calmel)

 

Recueil: Pétales d’Or

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SEUL AVEC LA MER… (Endre Ady)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2015



SEUL AVEC LA MER…

Chambre d’hôtel et le soir et la plage,
Elle est partie et n’est plus qu’un mirage,
Elle est partie et n’est plus qu’un mirage.

Sur le sofa la fleur qu’elle a laissée.
J’embrasse du sofa l’étoffe usée,
J’embrasse du sofa l’étoffe usée.

Tel un baiser son parfum qu’on respire.
En bas, la mer gronde et se met à rire,
En bas, la mer gronde et se met à rire.

D’un phare, au loin, la clarté flamboyante.
Ma douce, viens, tout en bas la mer chante,
Ma douce, viens, tout en bas la mer chante.

Sauvage mer qu’il me plaît d’écouter
En rêvassant sur le vieux canapé,
En rêvassant sur le vieux canapé.

Là, je la vis s’étendre et se donner.
La mer enchante et chante le passé,
La mer enchante et chante le passé.

(Endre Ady)

 

 

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Etoile de mer (Régine Foucault)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2015


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Par une nuit profonde et noire
La main tendue au firmament
J’ai attrapé sans le vouloir
Une étoile d’or et d’argent

Elle était là sur ma peau nue
Brillante et lointaine déjà
Mais ce temps où je l’ai tenue
Est un temps que je n’oublie pas

De quel endroit de l’univers
De quel envers de quel passé
Provenait l’onde de lumière
A la chair à peine effleurée

De ma main levée en corolle
Un soir où j’étais seule ici
A rêvasser sous la coupole
D’un majestueux ciel de nuit

J’ai attrapé sans le vouloir
Une étoile d’or et d’argent
La nuit était profonde et noire…
Je l’ai posée sur l’océan

(Régine Foucault)

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En regardant passer les nuages (Wislawa Szymborska)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2015


rêve

Dans l’herbe qui a poussé sur
les causes et les conséquence
il faut bien que quelqu’un rêvasse
un épi entre les dents
en regardant passer les nuages

(Wislawa Szymborska)

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