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Le Poète (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


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C’était un Poète – Ce
Qui extrait un sens surprenant
De Signes ordinaires –
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte –
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée – d’abord –

D’Images, Révélateur –
Le Poète – Lui et nul autre –
Par Contraste – Nous investit –
D’une perpétuelle Pauvreté –

De la Partie – si inconscient – qu’un Vol –
Ne saurait le léser –
Lui-même – est pour Lui – un Trésor –
Au temps – étranger –

***

This was a Poet — It is That
Distills amazing sense
From ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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TOUT DOUCEMENT (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019




    
TOUT DOUCEMENT

Tout doucement vers le :
Sans Toi
dissolution des phrases
arbres

Toujours se nourrir de bribes
à l’intérieur des lettres
cherchant le mot plus tendre
le mot révélateur
sous les timbres gais

: par où entrer
par où toucher la chair
le coeur

la voix sous la voix
qui appelle
un peu

mot toujours plus petit dans la lettre
encre déjà lointaine
Encre :
ton eau

ne me baigne
plus

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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C’était un Poète — (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



C’était un Poète —
Cet Être
Qui extrait un sens surprenant
De Signes Ordinaires —
Une si vaste Essence

Des espèces familières
Ayant péri à la Porte —
Qu’on s’étonne de ne pas Soi-même
L’avoir captée — d’abord —

D’Images, Révélateur —
Le Poète — Lui et nul autre —
Nous investit — par Contraste —
D’une incessante Pauvreté —

De la Partie — si inconscient —
Qu’un Vol ne le saurait léser —
Lui-même — pour Lui — Trésor —
Au Temps — étranger —

***

This was a Poet —
It is That
Distills amazing sense
From Ordinary Meanings —
And Attar so immense

From the familiar species
That perished by the Door —
We wonder it was not Ourselves
Arrested it — before —

Of Pictures, the Discloser —
The Poet — it is He —
Entitles Us — by Contrast —
To ceaseless Poverty —

Of Portion — so unconscious —
The Robbing — could not harm —
Himself — to Him — a Fortune —
Exterior — to Time —

(Emily Dickinson)

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O lune fais surgir… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2017




    
Ô lune fais surgir…

Ô lune, fais surgir, lune aux odeurs suaves,
Des marais langoureux où traîne ta clarté,
Des écluses filtrant une écumeuse bave,
Des ruisseaux étalant leur blême nudité,

Lune, fais s’élever, langage intelligible,
Ces parfums sensuels dont j’aime à m’enivrer,
Révélateurs lointains d’un monde inaccessible
Où nous pouvons par eux un instant pénétrer.

O lune qui promets des délices perverses,
Répands tes lents reflets sur les genêts fumeux;
Leurs groupes inccertains que ta pâleur traverse
Ont des enlacements de couples amoureux:

Corps blancs, corps enivrés! – O lune aromatique,
Tels les rameaux des houx, mon coeur est saturé
De ton baume fluide et, prêtresse extatique
Que sourdement possède un délire sacré,

Je me tiens dans la nuit où coule ton haleine,
Pressentant épuisée au souffle qui m’atteint
Et qui monte vers toi des prés et des fontaines,
Les voluptés sans borne et dont mon âme a faim.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le seuil (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2017




    
Le seuil

J’ai palpé bien souvent quelqu’invisible porte,
Aprement tourmenté la clé entre mes doigts;
J’ai guetté des lueurs à travers les parois
Sans qu’un rayon jamais révélateur en sorte.

Vainement j’ai frôlé, parmi les vignes tortes,
L’impénétrable mur fait de nuit et d’effroi,
La fenêtre était close en l’or des feuilles mortes
Et l’étrange logis restait muet et froid.

Depuis j’ai déserté le seuil inaccessible;
Au mystère des bois noirs que le brouillard crible,
Je cherche le palais d’éclatante splendeur
Où des dieux inconnus se lassent de m’attendre,

Le parvis lumineux où je puisse suspendre,
Bouquet ensanglanté, l’offrande de mon coeur.

(Marie Dauguet)

 

 

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