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Posts Tagged ‘révéler’

Hommage à T.S. (Old Possum) Eliot (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Hommage à T.S. (Old Possum) Eliot

La mésange sur le cerisier nu
le hérisson qui dort caché dans la haie
la chatte noire qui rôde dans la brume
ne sont mésange hérisson ou chatte que par politesse

Chacun d’eux sait qu’il a un vrai nom
un nom caché au fond du fond de lui-même
mais il ne le dira à personne
Ils font semblant d’avoir les noms qu’on leur donne
viennent parfois quand on les nomme
mésange chatte ou hérisson

Mais c’est juste pour faire plaisir
à ces animaux à noms et prénoms
les humains qui croient qu’on peut dire simplement
qu’une mésange est une mésange
qu’une chatte est une chatte
ou qu’un hérisson est un hérisson

Devant notre naïveté désarmante
les bêtes sont tentées parfois de trahir leur secret
et de nous révéler leurs véritables noms
Mais elles se méfient du qu’en-dira-t-on
et préfèrent garder leur strict incognito
Elles vivent dans l’ombre reposante
de ces noms saugrenus sortes de noms d’emprunt
mésange chatte hérisson noms à l’usage humain

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Pénible d’éprouver (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022



Illustration: Laurent Fièvre
    
Pénible d’éprouver
Qu’on n’a presque rien révélé

De ce qu’on porte
Et qui vient de ce monde
Inentamé, si lourd

Toujours plein de ces choses
Qui serinent
Qu’on les délivre.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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La pluie printanière et les nuages au printemps (Fenyang Shanzhao)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2022




    
La pluie printanière et les nuages au printemps
Redonnent vie à toute la création.
L’émeraude des collines parsème la campagne,
Du vert des plantes, les nuances s’étalent.
Que la pluie cesse et c’est le calme du vide,
Que les nuages disparaissent et le ciel montre sa vraie couleur.
Je le dis à qui veut cultiver le Tao:
Quoi d’autre pourrait mieux le révéler!

(Fenyang Shanzhao)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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SYMPHONIE (Touria Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2022




    
SYMPHONIE

Mes yeux ne cessent de chercher ta présence
dans cette opaque nuée
ne parvenant à te révéler qu’à moitié
mêlant sa substance primordiale
à la vérité de ton souffle
le secret et le chuchotement de tes signes
au parfum de tes sphères
J’en prends plein les narines
au coeur de cette effusion divine
Je tourbillonne dans les dédales de mes pensées
sans savoir si elles m’appartiennent réellement
ou si je te les emprunte par allusion
du moins voudrais-je te les prêter
pour qu’ensemble nous les habitions

Quelles pensées!
Autant de couleurs incarnant l’arc-en-ciel
dont elles épousent la composition
plus subtiles encore
car exhalant une gamme de transparences
se déclinant comme une symphonie
comme une dévotion
une caresse
la céleste sensation…

(Touria Iqbal)

 

Recueil: Anthologie des femmes poètes du monde arabe
Traduction: Maram al-Masri
Editions: Le Temps des Cerises

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AUX CHUTES DE DONGYANG (Xie Lingyun)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: Jean-Yves Beck
    
AUX CHUTES DE DONGYANG

Une belle inconnue
baigne ses pieds blancs
dans les eaux claires
de la source.
La lune, lointaine, taciturne,
traverse le ciel
sans révéler son mystère.

(Xie Lingyun)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Légère libellule (Marianne Moore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



Légère libellule
trop rapide pour que l’oeil
t’encage –
gemme contagieuse de virtuosité –
rends visible, la mentalité.
Tes joyaux de mobilité

révèlent
et voilent
une queue de paon.

(Marianne Moore)

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Réveil (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Réveil

Après une nuit brûlante
Se lève un jour froid
Avec des ombres violacées
L’oiseau vole au-delà de l’espace
Et dépasse la dernière étoile
Alors que la lumière révèle
Le spectre de la feuille
Le frémissement de l’arbre
Monte du cœur
De la terre inerte
Et sa sève végétale s’élève
Jusqu’au ciel souriant à peine
Qui se colle à la vitre

Une porte s’ouvre alors
Entre deux nuages battants.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Ah, élan du souffle (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020



Dans l’Ouvert, toutes choses se révèlent présences
Leur voie n’est point écoulement-épuisement
Présence à présence, elles se suscitent et s’élèvent
Transformant la marche droite et horizontale
En fumée bleue de l’accueil. Corps ailés tendus
Vers le clair et le haut, mouvement même du Tao

Ah, élan du souffle, pur jaillissement, chant!

(François Cheng)

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La beauté est une rencontre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2020




    
La beauté est une rencontre. Toute présence
Sera par une autre présence révélée.
D’un même élan regard aimant figure aimée ;
D’un seul tenant vent d’appel feuilles de résonance.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020




Illustration: Clémentine-Hélène Dufau
    
D’APRÈS « LA NAISSANCE DE VÉNUS », CHANSON

Viens et joue avec nous!
Vois, comme des femmes nous avons des seins!
Depuis tes tentes au bord des flots
Viens jouer avec nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous
Regarde! nues, les jambes droites dans l’eau!
Nous nous tenons près de nos bateaux,
Alors nageant vers le lointain
Viens à nous: c’est défendu!

Viens et joue avec nous!
Vois, nous sommes grands comme des femmes!
Nos regards sont aigus:
Nos cheveux sont brillants;
Nos voix parlent franchement ;
Nous nous révélons dans le vert de la mer!
Viens jouer avec nous:
C’est défendu!

***

FROM « THE BIRTH OF VENUS », SONG

Come with us and play!
See, we have breasts as women!
From your tents by the sea
Corne play with us: it is forbidden!

Come with us and play!
Lo, bare, straight legs in the water!
By our boats we stay,
Then swimming away
Come to us: it is forbidden!

Come with us and play!
See, we are tall as women!
Our eyes are keen:
Our hair is bright:
Our voices speak outright:
We revel in the sea’s green!
Come play:
It is forbidden!

(William Carlos Williams)

 

Recueil: Les Humeurs
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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