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Poésie

Posts Tagged ‘revenu’

CHANSON (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2018



 

CHANSON

REVENU du désert
me tenant agrippé
au bord du renouveau
et voici
du repos qui console
à ma joie débordée
que scintille frileux
– ô matin – ô bonté –
la dentelle et les fleurs
Noël aubépine blancheur
mon amour

Le sourire de la plénitude
sensible comme la colombe
Seules des caresses furtives
avec les mains de la neige

Venez nous irons nous marier
dans un pays plus clair

Mais toujours à merci
du néant qui m’entraîne
à chercher sous l’écaille
ce qu’il faut pour nourrir
à l’étal de ma vie
cette angoisse
je retourne au désert
emportant avec moi
le sel noir de tes larmes
la tendresse entr’ouverte
Noël aubépine ô blancheur.

(André Frénaud)

 

 

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Du temps jadis revenu (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2018




Du temps jadis revenu
Tu semblais mon moi perdu :
Quel besoin de jeux d’amants
Pour des enfants penchés sur le courant,
Tête claire contre tête dorée ?

***

From long ago returned,
As my lost self you seemed:
Of lover’s play what need
For children gazing in a stream
Bright head by golden head?

(Kathleen Raine)

Illustration: Jeffrey T. Larson

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J’étais juste sorti un instant (Henri Meschonnic)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2018



 

j’étais juste sorti
un instant
et quand je suis
revenu
la terre
n’était plus là

(Henri Meschonnic)

Illustration: David Brayne

 

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Le Sablier (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017



Illustration: Etzy
    
Le Sablier

Le bien-être s’en va de mon corps douloureux…
Et l’ombre revenue emplit encor mes yeux.
O bien-être ! reviens dans mon coeur douloureux !

La terreur d’une proche et certaine agonie
Me hante brusquement d’une horreur infinie
O spectre horrible et prompt de la proche agonie !

Instant inévitable, éloigne-toi de moi !
Je veux vivre et n’ai point la ferveur de la foi
Qui ferait éloigner toute crainte de moi !

Comme en un sablier glisse et coule le sable,
La vie insidieuse échappe, inexorable…
Voici que lentement glisse et coule le sable !…

(Renée Vivien)

 

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L’Aile brisée (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
L’Aile brisée

Elle est venue avec ses cheveux et sa robe,
Sa robe de beau pourpre et ses beaux cheveux d’or !

Et mon âme aussitôt a pris un prompt essor
Dans l’ivresse du cher instant que l’on dérobe !…

Mon coeur lourd est léger comme une bulle d’or,
Puisque je la revois près de moi revenue !

Et comme en un miracle, apparue, advenue,
Une aile de chimère a repris son essor !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Satisfaite, insatisfaite, rassasiée ou figée par la faim (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



La floraison du bâton

[5]
Satisfaite, insatisfaite,
rassasiée ou figée par la faim,

c’est
là l’éternel désir,

c’est
là le désespoir, le désir d’équilibrer

la variante éternelle ;
tu comprends cet appel insistant,

cette demande d’un moment donné,
la volonté de jouir, volonté de vivre,

pas seulement la volonté d’endurer,
la volonté du vol, la volonté de réussite,

la volonté du repos après un long vol ;
mais qui connaît le désir désespéré

des tous ces autres — oiseaux réels ou peut-être
maintenant mythiques — cherchant le repos sans le trouver

jusqu’à se laisser choir du plus haut point de la spirale
ou tomber du centre précis du cercle toujours plus étroit ?

car ils se rappellent, se rappellent, en tanguant, en planant
ce qui avait été — ils se rappellent, se rappellent

ils ne dévient pas — ils ont connu la félicité,
le fruit qui satisfait — ils sont revenus —

et si les îles sont perdues ? et si les eaux
couvrent les Hespérides ? ils préféreraient se rappeler —

se rappeler les pommiers d’or ;
ô, ne les plains pas, en les voyant choir l’un après l’autre,

car ils tombent épuisés, engourdis, aveugles
mais avec une extase certaine,

car la faim pour le Paradis
est à eux.

***

Satisfied, unsatisfied,
satiated or numb with hunger,

this is the eternal urge,
this is the despair, the desire to equilibrate

the eternal variant;
you understand that insistent calling,

that demand of a given moment,
the will to enjoy, the will to live,

not merely the will to endure,
the will to flight, the will to achievement,

the will to rest after long flight;
but who knows the desperate urge

of those others—actual or perhaps now
mythical birds—who seek but find no rest

till they drop from the highest point of the spiral
or fall from the innermost centre of the ever narrowing circle?

for they remember, they remember, as they sway and hover,
what once was—they remember, they remember—

they will not swerve—they have known bliss,
the fruit that satisfies—they have come back—

what if the islands are lost? what if the waters
cover the Hesperides? they would rather remember—

remember the golden apple-trees;
O, do not pity them, as you watch them drop one by one,

for they fall exhausted, numb, blind
but in certain eostasy,

for theirs is the hunger
for Paradise.

(Hilda Doolittle)

 

 

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A George Sand (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2016



Te voilà revenu, dans mes nuits étoilées,
Bel ange aux yeux d’azur, aux paupières voilées,
Amour, mon bien suprême, et que j’avais perdu!
J’ai cru, pendant trois ans,
te vaincre et te maudire,
Et toi, les yeux en pleurs, avec ton doux sourire,
Au chevet de mon lit, te voilà revenu.
Eh bien, deux mots de toi m’ont fait le roi du monde,
Mets la main sur mon coeur, sa blessure est profonde;
Élargis-la, bel ange, et qu’il en soit brisé!
Jamais amant aimé, mourant sur sa maîtresse,
N’a sur des yeux plus noirs bu la céleste ivresse,
Nul sur un plus beau front ne t’a jamais baisé

(Alfred de Musset)

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Dites-moi (Charlotte Delbo)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2016



dites-moi suis-je revenue
de l’autre monde?
Pour moi
je suis encore là-bas
et je meurs là-bas
chaque jour un peu plus
je remeurs
la mort de tous ceux qui sont morts
et je ne sais plus quel est le vrai
de ce monde-là
de l’autre monde là-bas
maintenant je ne sais plus
quand je rêve
et quand
je ne rêve pas.

(Charlotte Delbo)

Découvert ici: https://defilenexil.wordpress.com/

Illustration: Ron Mueck

 

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Les autres mettent des semaines et des mois (Albert Cohen)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2016



Les autres mettent des semaines et des mois
pour arriver à aimer, et à aimer peu,
et il leur faut des entretiens
et des goûts communs
et des cristallisations.

moi, ce fut le temps
d’un battement de paupières.

Dites-moi fou, mais croyez-moi.
Un battement de ses paupières,

et elle me regarda sans me voir,
et ce fut la gloire et le printemps
et le soleil et la mer tiède
et sa transparence près du rivage
et ma jeunesse revenue,

et le monde était né.

(Albert Cohen)

 

 

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Lors de la fermeture du marché (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2016



Lors de la fermeture du marché
j’ai entrevu
la mère de Sammam morte l’an dernier
sûrement revenue pour ses courses

(Ko Un)

Illustration

 

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