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Posts Tagged ‘réverbération’

REVERBERATION (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2019


 


 

Ambrogio Antonio Alciati -il-convegno-ca1918

REVERBERATION

Mon visage n’est plus
Seul et désert
Comme délaissé dans l’ombre.

Mon visage est beau.

C’est parce que tu le vois beau qu’il est beau

C’est parce que ton visage
Le fait paraître beau, qu’il paraît beau.
Mon visage est beau, parce que mon visage
Reçoit et réfléchit ton visage.

(Georges Themelis)

Illustration: Ambrogio Antonio Alciati

 

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PRÉSENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2018



 

Illustration: Jim Warren
    
PRÉSENT

Sur la réverbération de la pierre
Saline verticale
Bleu violemment pétrifié
La chute continue
Du rideau
(Dehors
La mer que le soleil assaille)
Respiré respire
Le sol de brique
La fenêtre la table le lit
Maintenant le bleu se tend s’étend
soutient
Un coussin rose
Une fille
Sa robe rouge de cire encore chaude
Ses yeux
D’attente non
Mais par la visitation à demi fermés
Elle est pieds nus

Lourd l’argent l’enlace
Rafraîchit
Son bras sa peau
Sur ses seins vaillants danse le poignard du soleil
Sur son ventre
Éminence imminence
Une ligne de fourmis noires
Vibration
D’un corps une âme une couleur
Du miel brûlé
Le miel noir
A l’incandescence du coquelicot
Le coquelicot noir
Tu ouvres
Les yeux

Tu es un soleil qui a soif.

(Octavio Paz)

 

Recueil: Versant Est
Traduction: Yesé Amory,Claude Esteban,Carmen Figueroa,Roger Munier,Jacques Roubaud
Editions: Gallimard

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NOUS SOMMES DES ETRANGERS (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2018



Jeanie Tomanek becomebecoming

 

NOUS SOMMES DES ETRANGERS

Personne ne te connais ici où tu es revenu,
Personne ne t’a vu, tu as disparu,
Comme un mort parmi les morts.

Le visage d’un mort est étrange.

Des ombres passent et nous touchent,
Elles nous dépassent, profils, réverbérations,
Comme en une nuit diaphane et éclairée,
Comme dans l’Hadès où passent les âmes.

Je n’ai point de visage pour paraître,
Je n’ai pas de lumière ; ils n’ont point d’yeux pour me voir,
Ils se penchent sur leur tristesse, regardent
Au-dedans leur tristesse, et sourient.

Nous n’avons pas mis sur notre visage de la fumée noire
Pour ne pas être reconnus être sombres.
Nous n’avons pas nié notre âme.
Nous sommes des étrangers et des inconnus. Des coupables.

Nous sommes faits d’ombre et ne le paraissons pas.

(Georges Themelis)

Illustration: Jeanie Tomanek

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QUATRE PEUPLIERS (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




QUATRE PEUPLIERS

Comme derrière elle-même va cette ligne
qui se poursuit dans les limites horizontales
et dans l’occident toujours fugitif
où elle se cherche se dissipe

– comme cette même ligne
par le regard levée
change toutes ses lettres
en une colonne diaphane
résolue en une non touchée
ni entendue ni vue mais pensée
fleur de voyelles et de consonnes

– comme cette ligne qui n’en finit pas de s’écrire
et avant de se consumer se redresse
sans cesser de s’écouler mais vers le haut :

les quatre peupliers.

Aspirés
par la hauteur vide et là en bas,
dans une flaque faite ciel, dupliquée,
les quatre sont un seul peuplier
et ils n’en sont aucun.

Derrière, frondaisons en flammes
qui s’éteignent – le soir à la dérive –
d’autres peupliers déjà haillons spectraux
interminablement ondulent
interminablement immobiles.

Le jaune glisse vers le rose,
la nuit dans le violet s’insinue.

Entre le ciel et l’eau
il y a une frange bleue et verte :
soleil et plantes aquatiques,
calligraphie ardente
écrite par le vent.
C’est un reflet suspendu dans un autre.

Passages : palpitations de l’instant.
Le monde perd corps,
il est une apparition, il est quatre peupliers,
quatre mélodies mauves.

De fragiles branches grimpent par les troncs.
Elles sont un peu de lumière avec un peu de vent.
Va-et-vient immobile. Avec les yeux
je les entends murmurer des paroles d’air.

Le silence s’en va avec le fleuve,
revient avec le ciel.

Réel est ce que je vois :
quatre peupliers sans poids
plantés sur un vertige.
Une fixité qui se précipite
vers le bas, vers le haut,
vers l’eau du ciel dormante
en un svelte effort sans dénouement
pendant que le monde lève l’ancre vers l’obscur.

Pulsation de clartés dernières :
quinze minutes assiégées
que Claude Monet voit d’une barque.

Dans l’eau s’abîme le ciel,
en elle-même l’eau fait naufrage,
le peuplier est un coup de feu bleu:
ce monde n’est pas solide.

Entre être et ne pas être titube l’herbe,
les éléments s’allègent,
les contours s’estompent,
moires, reflets, réverbérations,
scintillement de formes et présences,
brume d’images, éclipses,

nous sommes ce que je vois : miroitements.

(Octavio Paz)

Illustration: Claude Monet

 

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Réverbération (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2016



Paul Journet 4c

Réverbération.

Le cri peut rendre aveugle.

On plisse les yeux,

frontière noire,

ligne de partage entre un monde bien en chair,
et l’autre

(Patricia Castex Menier)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Paul Journet

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