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Poésie

Posts Tagged ‘rêveur’

NEIGE (Marie-Claire d’Orbaix)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



 

NEIGE

Il neige, d’une légère et rêveuse,
Et folâtre et flâneuse,
Et neuve neige.
Depuis le matin,
A pas dansants, elle vient
Du fond paisible
Des horizons aériens.
Depuis le matin,
Vers le coeur des petites filles
Descend un rêve battant,
Car n’est pour elles que s’éparpille
Le vol de ces blancs mouvements.

Neigez, ma pure et belle lumière,
Sur les visages et les chaumières,
O silence en fleur qui tombe,
Sur la nuit et les pleurs du monde…

(Marie-Claire d’Orbaix)

 

 

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Poésies des petites classes (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Poésies des petites classes
Et des quatre saisons
Lisses et sucrées
Qu’on récitait
Avec le coeur
André Theuriet
Albert Samain
Lucie Delarue-Mardrus

C’était le temps des porte-plume
Et des cancres rêveurs

Ne te réveille pas
Prévert

L’oiseau-lyre est en cage
Et ils font toujours
La chasse à l’enfant

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

    

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Notre-Dame de Paris (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Notre-Dame de Paris

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

(Gérard de Nerval)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Odelettes
Traduction:
Editions:

 

… Souvenirs …15/02/2015
https://arbreaphotos.wordpress.com/2013/02/15/nouvelles-cloches-en-attente-dascension-a-notre-dame-de-paris-desole-flash-interdit/

 

Pour celles et ceux qui voudraient participer à sa … Résurrection …

https://don.fondation-patrimoine.org/SauvonsNotreDame/~mon-don

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EST-CE VOUS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2019




    
EST-CE VOUS

Qui est fou
est-ce moi est-ce vous
est-ce le temps avec sa faux
ou la cloche qui sonne faux
est-ce le père est-ce l’enfant
est-ce le cerf ou bien le faon
la nuit et tous ses parfums
le rêveur et ses songes sans fin
celui qui mange sans avoir faim
est-ce vous est-ce moi enfin
C’est moi c’est vous
il faut aimer à la folie
croire au songe et à l’oubli
bien sage est qui l’avoue

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et Poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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PLOMB D’AUTOMNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



La lectrice - 25*39 cm - Encres sur papier - 2001

PLOMB D’AUTOMNE

Une fille phtisique est décédée,
Pâle, un rêveur s’est tué à minuit ;
C’est l’automne et déjà tombe la nuit…
— Que deviens-tu, mon aimée oubliée ?

Dans un jardin public, j’ai entendu
Hurler un fou, d’une voix de crécelle,
Les feuilles se détachent pêle-mêle,
Le vent souffle et tout espoir est perdu.

Dans la ville, de misère couverte,
J’ai rencontré un pope et un soldat…
Sur mes livres je dormirai, forçat
Perdu en quelque province déserte…

Déjà coule, par la terre erronée
Un lourd torrent de révolte et de maux
Lis-tu encor des sujets sociaux…
Ou qu’écris-tu, mon aimée oubliée ?

(George Bacovia)

 Illustration: Tanguy Kan

 

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Epitaphe (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2019



 

Epitaphe

Dans le faubourg qui monte au cimetière,
Passant rêveur, j’ai souvent observé
Les croix de bois et les tombeaux de pierre
Attendant là qu’un nom y fût gravé.

Tu m’es ravie, enfant, et la nuit tombe
Dans ma pauvre âme où l’espoir s’amoindrit ;
Mais sur mon coeur, comme sur une tombe,
C’est pour toujours que ton nom est écrit.

(François Coppée)

Illustration

 

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Le serpent qui danse (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Le serpent qui danse

Que j’aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s’éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d’amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L’or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d’abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d’un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d’enfant
Se balance avec la mollesse
D’un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s’allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l’eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l’eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de bohème,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D’étoiles mon cœur !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Isadora Duncan

 

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Les Femmes Damnées (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



Roger Limouse femmes damnees [800x600]

Les Femmes Damnées

Avons-nous donc commis une action étrange?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi:
Je frissonne de peur quand tu me dis: « Mon ange! »
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.
Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée!
Toi que j’aime à jamais, ma soeur d’élection,
Quand même tu serais un embûche dressée
Et le commencement de ma perdition! »

« Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer?
Maudit soit à jamais le rêveur inutile
Qui voulut le premier, dans sa stupidité,
S’éprenant d’un problème insoluble et stérile,
Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté!
Celui qui veut unir dans un accord mystique
L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
A ce rouge soleil que l’on nomme l’amour!

On ne peut ici-bas contenter qu’un seul maître! »
Mais l’enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain: – « Je sens s’élargir dans mon être
Un abîme béant; cet abîme est mon coeur!
Brûlant comme un volcan, profond comme le vide!
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l’Euménide
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu’au sang.
Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos!
Je veux m’anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux! »

Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l’enfer éternel!
Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel
Jamais un rayon frais n’éclaira vos cavernes;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filtrent en s’enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l’infini que vous portez en vous!

« Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses?
Comprends-tu maintenant qu’il ne faut pas offrir
L’holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir?
Hippolyte, ô ma soeur! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,
Tourne vers moi tes yeux pleins d’azur et d’étoiles!
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,
Et je t’endormirai dans un rêve sans fin! ».

(Charles Baudelaire)

Illustration: Roger Limouse

 

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DON JUAN – SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Alexander Maranov (6)

DON JUAN – SONNET

Au bord d’un étang bleu dont l’eau se ride
Sous le vent discret d’une nuit d’été,
Parmi les jasmins, foulant l’herbe humide
Avez-vous jamais, rêveur, écouté

La voix de la vierge émue et timide
Qui furtive, un soir, pour vous a quitté
Le foyer ami — depuis froid et vide —
Où, les parents morts, plus rien n’est resté?

Parfum de poison, volupté cruelle
D’avoir arraché du sol ce lys frêle
Et d’avoir hâté l’œuvre des tombeaux…

O destruction de quels âpres charmes
Es-tu donc parée?
Et, voilés de larmes,
Pourquoi les yeux clairs en sont-ils plus beaux?

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Maranov

 

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Madame, autour de vous tant de grâce étincelle (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


 


Albert Lynch _A_Lady_With_A_Fan

 

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle.
Mens blanda in corpore blando.

Madame, autour de vous tant de grâce étincelle,
Votre chant est si pur, votre danse recèle
Un charme si vainqueur,
Un si touchant regard baigne votre prunelle,
Toute votre personne a quelque chose en elle
De si doux pour le coeur,

Que, lorsque vous venez, jeune astre qu’on admire,
Éclairer notre nuit d’un rayonnant sourire
Qui nous fait palpiter,
Comme l’oiseau des bois devant l’aube vermeille,
Une tendre pensée au fond des coeurs s’éveille
Et se met à chanter !

Vous ne l’entendez pas, vous l’ignorez, madame.
Car la chaste pudeur enveloppe votre âme
De ses voiles jaloux,
Et l’ange que le ciel commit à votre garde
N’a jamais à rougir quand, rêveur, il regarde
Ce qui se passe en vous.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Lynch

 

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