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Poésie

Posts Tagged ‘revivre’

RÊVES (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020




    
RÊVES

Près des villes miraculeuses
puisque vous rêvez rêveuse
sur les rives de la vie
fleuve de peine ou fleuve d’oubli

Vivez rêveuse revivez
tous les songes que vous aimez
ne sont ni mensonge ni folie
ô rêveuse que je vous envie

De l’avenir rêvé qui vous rit
rien ne meurt de vos rêveries
ni les soucis ni les douleurs
ni le sourire du bonheur

Vos rêves ce sont les couronnes
des nuits des heures monotones
que vous donnez à ceux qui meurent
de ne croire qu’à ce qui demeure

Donnez-moi vos rêves rêveuse
la vie est longue et malheureuse
pour celui qui veut s’obstiner
à n’atteindre que la vérité

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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LA CHANSON DE TESSA (Jean Giraudoux)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



    

Illustration: Jeanne Fonseca

LA CHANSON DE TESSA
Paroles: Jean Giraudoux, Musique: Maurice Jaubert (1935)

Reste ici bas mon coeur fidèle,
Si tu t’en vas la vie est ma peine éternelle
Si tu meurs, les oiseaux se tairont pour toujours.

Si tu es froide, aucun soleil ne brûlera.
Au matin la joie de l’aurore
Ne lavera plus mes yeux.

Tout autour de la tombe
Les rosiers épanouis
Laisseront pendre et flétrir leurs fleurs.
La beauté mourra avec toi
Mon seul amour.

Si je meurs, les oiseaux ne se tairont qu’un jour,
Si je meurs, pour une autre un jour tu m’oublieras.
De nouveau la joie de vivre
Alors lavera tes yeux
Au matin tu verras
La montagne illuminée
Sur ma tombe t’offrir mille fleurs.
La beauté revivra sans moi
Mon seul amour!

(Jean Giraudoux)

 

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An ollzent (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2019



An ollzent

C’est la Toussaint de ma jeunesse
Mes petits morts, dormez en paix
Dans le caveau de ma paresse
Morts à peu près, pas tout à fait.

Dormez, mes rêves de fortune
Point n’est besoin d’un tas d’écus
Je n’ai pas décroché la lune
Pauvre naquis, pauvre vécus.

Amour, qui peu me fis la guerre
Et toutefois me déconfis
Fais ton bon somme de grand-père
Garde bien clos tes yeux rougis.

Or vous qui tentez de revivre
A me poignarder toujours prêts
Beaux gisants que la nuit délivre
Dormez aussi, vous, mes regrets.

(Anthony Lhéritier)

 

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SANS PLUS DE POIDS (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Josephine Wall 
    
SANS PLUS DE POIDS

Pour un Dieu qui rirait comme un enfant,
Tant de cris de moineaux,
Tant de danses dans les branches,

Une âme se délivre de son poids,
Les prés gagnent une telle tendresse,
Une telle pudeur parmi les yeux revit,

Les mains, comme des feuilles
Dans l’air, qui s’enchantent…

Qui tremble encore, qui juge?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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AU BRUIT DES FEUILLES (Roger Vitrac)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



AU BRUIT DES FEUILLES

Viens voir la nuit. Les princesses mortes revivent.
N’entends-tu pas crier les feuilles sous leurs traînes?
Et ces flambeaux d’or sur le chemin de la reine?
Ils sont portés par les pages bleus qui la suivent.

Tu ne te doutais pas qu’il fut ainsi ce parc,
Et tu faillis jeter au puits la clef rouillée.
Oh! regarde, voici passer les chevaliers
croisés de lune. Ils s’en vont mourir quelque part.

Mais rien ne meurt dans ces murs noirs. Une ombre passe,
La grille est entrebâillée. Elle entre : personne.
Des tombes sous les pas. Cette ombre prend la place
Et le rêve est le même.

Entends. Je le chantonne
Comme l’autre mais il est bien plus douloureux
Car j’ai le souvenir de ceux qui en moururent.
C’est pour cela qu’il faut du noir dans tes parures
Et que parmi les lys j’ai mis des cyprès bleus.

(Roger Vitrac)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Oisillon bleu (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Oisillon bleu

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Dorlotent doucement les coeurs
Meurtris par les destins moqueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Donnent de nouvelles vigueurs
Aux corps minés par les langueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Font revivre les espoirs morts
Et terrassent les vieux remords.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Je t’ai cherché longtemps, longtemps,
Par mont, par val et par ravin
En vain, en vain !

(Jean Moréas)

Illustration: Georges Braque

 

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L’adieu (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Musée Bonnat - Idylle - Léon Bonnat (1890)

L’adieu

Le soir fraîchissait dans les roses.
Inquiets de troubler ce charme défaillant,
Des êtres inconnus, voluptueusement,
Atténuaient les choses
De voiles hyacinthes, semblables à des mers.
Tout s’effaçait en un calme silence,
Et devenait l’imperceptible hier.
Des choses qui mouraient paraissaient immortelles,
D’autres, languissamment, s’exhalaient dans le ciel,
Et pour qu’aucun regret n’en fût en nos pensées,
Tout en nous oubliant, semblaient comme oubliées.

Mais, à cette heure suprême
Nos visages encor tournés vers le bonheur,
Attardés dans le soir, dans l’adieu, dans les pleurs,
Attardés en nous-mêmes ;
Nous voulions, malgré que tout espoir fût vain,
Revivre ce beau jour, et seuls, le soir atteint,
Seuls, nous ne savions nous détacher des choses,
À l’heure où les parfums se détachaient des roses,
Et la lumière de notre seuil.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Léon Bonnat

 

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MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI… (Pierre Minet)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Illustration: Lionel Valot
    
MORT, JE M’ÉGRÈNERAI EN TOI…
À Lilian

Mort, je m’égrènerai en toi
Et non pas seulement mon corps
Mais aussi mes bonnes mes mauvaises pensées
Tous les chemins que j’emprunterai revivront en Toi.
Je veillerai dans ta chair, pour l’émouvoir
Et ton esprit recevra le mien comme un vent —
Tu ne cesseras de m’écouter —
Enseveli en Toi, pour que Tu me chantes…

(Pierre Minet)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Oisillon bleu (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



Oisillon bleu

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Dorlotent doucement les coeurs
Meurtris par les destins moqueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Donnent de nouvelles vigueurs
Aux corps minés par les langueurs.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Tes chants, tes chants
Font revivre les espoirs morts
Et terrassent les vieux remords.

Oisillon bleu couleur-du-temps,
Je t’ai cherché longtemps, longtemps,
Par mont, par val et par ravin
En vain, en vain !

(Jean Moréas)

 

 

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ADAGIO POUR UN POEME (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Marc Chagal
    
ADAGIO POUR UN POEME

D’un ciel qui n’a jamais pleuré, j’ai fait jaillir des larmes.
D’un arbre qui n’a jamais fleuri, j’ai fait jaillir des fruits.
D’un piano poussiéreux, j’ai fait jaillir des rires.
D’une mer calme et bleue, j’ai fait jaillir des cris.

D’un soleil ardent, j’ai fait jaillir de l’ombre.
D’un rocher de montagne, j’ai fait jaillir des perles.
D’un glacier enneigé, j’ai fait jaillir des flammes.
D’un visage sans sourire, j’ai fait jaillir l’amour.

Poésie Amie, Poésie Chérie, ton antre est mon arme,
Ton refuge d’opale que si souvent je fuis,
Est un peu ma raison, est un peu mon empire,
Poésie Chérie, Poésie Amie, aide-moi, à l’infini.

Poésie Amie, Poésie Chérie, permets qu’enfin je sombre,
Permets qu’enfin au fond de moi le chant du merle
Revive et transforme un peu cette dame
Qu’est mon âme, et qui pleure toujours.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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