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Poésie

Posts Tagged ‘revoir’

Au chant du grillon (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



    
Illustration: Qi Baishi 

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Je Voudrais Vous Revoir (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Je Voudrais Vous Revoir

Cette lettre peut vous surprendre
Mais sait-on ? peut-être pas
Quelques braises échappées des cendres
D’un amour si loin déjà

Vous en souvenez-vous?
Nous étions fous de nous

Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j’y pense et j’y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir

Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l’orgueil ordinaire
Du « nous deux c’est différent »
Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares, on l’apprend plus tard
Le temps sur nos visages a soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir et pas par hasard

Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir
Même si c’est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?

L’âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l’on s’en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines
Blessures au goût de
Victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Ekaterina Moré

 

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Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur coeur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

***

Restore to them what they have no longer.
They will see again the harvest grain enclosed in the stalk and swaying on the
grass.
Teach them, from the fall to the soaring, the twelve months of their face,
They will cherish their emptiness until their heart’s next desire;
For nothing is shipwrecked or delights in ashes;
And for the one who can see the earth’s fruitful end,
Failure is of no moment, even if all is lost.

(René Char)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: Peyton Sawyer

 

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Je tombe dans le vert du sommeil (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Grâce à la promesse de se revoir demain
avec quelle sérénité je tombe
dans le vert du sommeil

(Tawara Machi)

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LE PRESAGE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



LE PRESAGE

Oui, je vais le revoir, je le sens, j’en suis sûre !
Mon front brûle et rougit ; un charme est dans mes pleurs ;
Je veux parler, j’écoute et j’attends … doux augure !
L’air est chargé d’espoir … il revient … je le jure …

Me voici sur la route, et j’ai fui ma fenêtre.
Trop de fleurs l’ombrageaient … Quoi ! c’est encor l’été ?
Quoi ? les champs sont en fleurs ? Le monde est habité ?
Hier, c’est donc lui seul qui manquait à mon être ?
Hier, pas un rayon n’éclairait mon ennui ;
Dieu ! … l’été, la lumière et le ciel, c’est donc lui !

Oui, ma vie ! oui, tout rit à deux âmes fidèles.
Tu viens : l’été, l’amour, le ciel, tout est à moi,
Et je sens qu’il m’éclôt des ailes
Pour m’élancer vers toi.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

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Qu’en avez-vous fait ? (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2019



Clara Lieu hjrl

 

Qu’en avez-vous fait ?

Vous aviez mon coeur,
Moi, j’avais le vôtre :
Un coeur pour un coeur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n’en ai plus d’autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L’encens, la couleur :

Qu’en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu’en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu’un jour
L’homme est seul au monde ?
Savez-vous qu’un jour
Il revoit l’amour ?

Vous appellerez,
Sans qu’on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !…

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.

Et l’on vous dira :
 » Personne !… elle est morte.  »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Clara Lieu

 

 

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Regret (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



 

Jean-Jacques Henner er

Regret

Des roses de Lormont la rose la plus belle,
Georgina, près des flots nous souriait un soir :
L’orage, dans la nuit, la toucha de son aile,
Et l’Aurore passa triste, sans la revoir !

Pure comme une fleur, de sa fragile vie
Elle n’a respiré que les plus beaux printemps.
On la pleure, on lui porte envie :
Elle aurait vu l’hiver ; c’est vivre trop de temps !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Jean-Jacques Henner

 

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Quand tu seras vieille et grise (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: Paula Modersohn-Becker
    
Quand tu seras vieille et grise et pleine de sommeil,
Quand, ta tête inclinée près du feu, tu prendras ce livre,
Et lentement, liras et reverras le doux regard
De tes yeux d’autrefois, et de leurs ombres profondes.

Combien ont aimé tes moments de joie prodigue,
Et aimèrent ta beauté d’un amour sincère ou faux,
Mais un seul aima l’âme du pèlerin en toi,
Et aima les défaites de ton visage changeant ;

Et quand courbée sur la hampe incandescente,
Tu murmureras comment l’amour te quitta
Comment il s’envola au-dessus des montagnes
Et cacha son visage dans un amas d’étoiles.

***

When you are old and grey and full of sleep,
And nodding by the fire, take down this book,
And slowly read and dream of the soft look
Your eyes had once, and of their shadows deep;

How many loved your moments of glad grace,
And loved your beauty with love false or true,
But one man loved the pilgrim soul in you,
And loved the sorrows of your changing face;

And bending down beside the glowing bars,
Murmur, a little sadly, how love fled
And paced upon the mountains overhead
And hid his face amid a crowd of stars.

(William Butler Yeats)

 

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A peine rencontrés, il fallut nous quitter (Liu Yong)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2019



A peine rencontrés, il fallut nous quitter
Et ne pensais pas
Jamais revoir son visage.
Mais l’autre jour
Par hasard, dans un banquet je l’ai retrouvée.
Tandis que nous buvions,
Elle trouva le loisir
De soupirer, les sourcils tout froncés,
Ressuscitant une foule de chagrins anciens.

Les yeux pleins de larmes,
Penchée vers moi,
Elle murmura toutes sortes de reproches :
« Les sentiments qui agitaient ton coeur,
Je ne pouvais les deviner.»
J’aimerais croire qu’il est vrai
Qu’à aucun autre tu n’es liée.
Si je pouvais faire taire mes folles pensées,
Avec toi je vivrais pour l’éternité.

(Liu Yong)


Illustration: Francine Van Hove

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Longtemps si j’ai demeuré seul (Paul-Jean Toulet)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2019




    
Longtemps si j’ai demeuré seul,
Ah! qu’une nuit je te revoie.
Perce l’oubli, fille de joie,
Sors du linceul.

D’une figure trop aimée,
Est-ce toi, spectre gracieux,
Et ton éclat, cette fumée
Devant mes yeux ?

Ta pâleur, tes sombres dentelles,
Le bal qui berçait nos pieds las,
Un corps qui plie entre mes bras :
je me rappelle…

(Paul-Jean Toulet)

 

Recueil: Les contrerimes
Traduction:
Editions: Gallimard

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