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Poésie

Posts Tagged ‘revoir’

LE FIN DU FIN (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020




    
LE FIN DU FIN

C’est encore lui
L’oeil mort
La bouche pleine
Le nez au vent
L’oreille dressée
Les mains croisées
Les pieds plats
Le cheveu plat
L’air abruti

C’est lui
vous l’avez reconnu
n’est-ce pas
très facilement

Ne dites ni son nom
ni son prénom
ni son surnom
nous le savons
vous et moi
nous le reconnaissons
chaque fois
que nous le croisons
très souvent
matin et soir

C’est lui
n’est-ce pas
vous l’avez vu et revu
soir et matin
quand il s’endort
quand il s’éveille
ou qu’il sommeille

C’est lui
n’est-ce pas

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Si je revoyais ma bien-aimée (Bilhana)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020




Si je revoyais ma bien-aimée

Encore aujourd’hui
Si je revoyais
Ma bien-aimée
Au visage semblable à la lune en son plein,
Riche de sa jeunesse fraîche éclose,
Aux seins gonflés,
A l’éclatante beauté,
Au corps torturé par les ardentes flèches de l’Amour,
Ce corps, je saurais aussitôt comment le rafraîchir!

(Bilhana)

Illustration: William Bouguereau

 

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Ma Normandie (Frédéric Bérat)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
Ma Normandie

Quand tout renaît à l’espérance,
Et que l’hiver fuit loin de nous,
Sous le beau ciel de notre France,
Quand le soleil revient plus doux,
Quand la nature est reverdie,
Quand l’hirondelle est de retour,
J’aime à revoir ma Normandie,
C’est le pays qui m’a donné le jour.

J’ai vu les champs de l’Helvétie
Et ses chalets et ses glaciers,
J’ai vu le ciel de l’Italie,
Et Venise et ses gondoliers.
En saluant chaque patrie,
Je me disais : « Aucun séjour
N’est plus beau que ma Normandie,
C’est le pays qui m’a donné le jour. »

Il est un âge dans la vie,
Où chaque rêve doit finir,
Un âge où l’âme recueillie
A besoin de se souvenir.
Lorsque ma muse refroidie
Aura fini, ses chants d’amour,
J’irai revoir ma Normandie,
C’est le pays qui m’a donné le jour.

(Frédéric Bérat)

 

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Que serait mon salut? (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Claude Sauzet  (1)

Nos liens furent cachés –
Silencieux je m’afflige
Qu’Oubli ton coeur oblige,
Que tu sois détachée.
Te revoir à cette heure,
De longs ans révolus:
Que serait mon salut?
– De silence et de pleurs.

(Lord Byron)

Illustration: Claude Sauzet 

 

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QUAND L’HIVER (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Illustration: Alexeї Kondratievitch Savrassov
    
QUAND L’HIVER

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

Un vieux cheval au loin tire un traîneau grinçant
Sous la neige un chemin dont je suis le passant.

Dans le dernier recoin de ciel illuminé
Un bouquet de lueurs tristement s’est fané.

Voici qu’un blanc désert s’étend à l’horizon
Au loin je vois semés quelques toits de maisons;

Là-bas un hameau dort, enfoui sous la neige,
La maison juive où les sentiers vont en cortège.

Simple maison, pourtant les fenêtres sont larges,
Moi l’aîné des enfants je revois mon village ;

Voilà mon cercle étroit, petit monde tranquille
Une fois par quinzaine on se rend à la ville

Et l’on rêve en silence à de plus vastes plaines,
Pistes, routes là-bas, enneigées et lointaines.

Les pleurs cachés au fond des coeurs comme des gemmes
Ou des grains attendant vainement qu’on les sème.

Quand l’hiver couvre au soir les terres de Russie
Quel vent de solitude immense sur la vie !

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LAISSE-MOI ME TAIRE (Hirsh Glik)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Françoise Salmon
    
LAISSE-MOI ME TAIRE

Laisse-moi, laisse-moi me taire,
Que cessent les mots.
Laisse-moi dire une prière
Tout bas, les yeux clos.
Nul ne peut, ni gardes en armes
Grille ou barbelés,
Nul ne peut interdire aux larmes
Tout bas de couler.

Pareils aux arbres de silence,
Vent, ne nous évite,
Mais qu’avec toi nos voeux s’élancent
Vers d’autres zéniths.
Va ton chemin, brise légère,
Va sans trop flâner
Pour porter à ma vieille mère
Mes tendres pensées.

Parmi les yeux de millions d’êtres,
Ceux de ma maman,
Tu sauras bien les reconnaître :
Ils sont différents.
Nul vent ne sèche la rosée
À ses yeux brûlants,
Elle pleure, martyrisée,
Son fils, dans un camp.

Va vite, vent, je lui envoie
Un signe d’amour,
Que ses yeux malades revoient
Son fils, de retour.
Et le vent murmure : est-ce un rire
Ou, secret, un pleur ?
De ma fin déjà, veut-il dire
Qu’ici sonne l’heure ?

Écoute encore, vent, écoute,
Au coeur un sanglot.
Mais le vent a fui sur la route
Et plus un écho.
Maintenant laisse-moi me taire,
Que cessent les mots.
Laisse-moi dire une prière,
Tout bas, les yeux clos.

(Hirsh Glik)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au chant du grillon (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



    
Illustration: Qi Baishi 

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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Je Voudrais Vous Revoir (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Je Voudrais Vous Revoir

Cette lettre peut vous surprendre
Mais sait-on ? peut-être pas
Quelques braises échappées des cendres
D’un amour si loin déjà

Vous en souvenez-vous?
Nous étions fous de nous

Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j’y pense et j’y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir

Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l’orgueil ordinaire
Du « nous deux c’est différent »
Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares, on l’apprend plus tard
Le temps sur nos visages a soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir et pas par hasard

Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir
Même si c’est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?

L’âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l’on s’en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines
Blessures au goût de
Victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Ekaterina Moré

 

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Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2019



 

Redonnez-leur ce qui n’est plus présent en eux,
Ils reverront le grain de la moisson s’enfermer dans l’épi et s’agiter sur l’herbe.
Apprenez-leur, de la chute à l’essor, les douze mois de leur visage,
Ils chériront le vide de leur coeur jusqu’au désir suivant ;
Car rien ne fait naufrage ou ne se plaît aux cendres ;
Et qui sait voir la terre aboutir à des fruits,
Point ne l’émeut l’échec quoiqu’il ait tout perdu.

***

Restore to them what they have no longer.
They will see again the harvest grain enclosed in the stalk and swaying on the
grass.
Teach them, from the fall to the soaring, the twelve months of their face,
They will cherish their emptiness until their heart’s next desire;
For nothing is shipwrecked or delights in ashes;
And for the one who can see the earth’s fruitful end,
Failure is of no moment, even if all is lost.

(René Char)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: Peyton Sawyer

 

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Je tombe dans le vert du sommeil (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


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Grâce à la promesse de se revoir demain
avec quelle sérénité je tombe
dans le vert du sommeil

(Tawara Machi)

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