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Poésie

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FINALE (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



 

Benedetto Fellin 10

FINALE

La mort est grande.
Nous lui appartenons,
bouche riante.
Lorsqu’au coeur de la vie nous nous croyons,
elle ose tout-à-coup
pleurer en nous.

(Rainer Maria Rilke)

Illustration: Benedetto Fellin

 

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OÙ (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Où sont donc les couleurs
Que mon oeil connaissait
L’herbe était verte
Le ciel gris
Un oiseau noir passait
Rasant la terre
Ce n’est pas une hirondelle
La pluie les parapluies
Ce n’est pas le merle
Qui siffle à tout propos
Ce n’est pas un étourneau
Pilleur et vite envolé
Un oiseau noir passait
Où donc est la chanson
Que je voyais venir
Grise comme patience
Lente comme le temps
Monotone et riante
Silencieuse et belle
Une chanson d’amour
De tendresse peut-être
Douce aussi

Où sont donc mes projets
D’où vient qu’un nom m’échappe
Et que je me taise
Soudain
D’où vient que je ne trouve plus
Le nom de cet oiseau
Le chant de ma chanson

Les mots d’amour
S’enfuient comme des étourneaux
L’herbe est pâle
L’été vient
Le ciel est traversé d’orages
Les couleurs elles-mêmes
Où sont les couleurs…
Les mots du langage…
Où êtes-vous…

(Gilles Vigneault)

 

 

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JOURS D’ETE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2015



 

Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (12) [1280x768]

JOURS D’ETE

[…]
Pour regarder de près ces aurores nouvelles,
Mes six ans curieux battaient toutes leurs ailes ;

Marchant sur l’alphabet rangé sur mes genoux,
La mouche en bourdonnant me disait : « Venez-vous ?… »

Et mon nom qui tintait dans l’air ardent de joie,
Les pigeons sans liens sous leur robe de soie,

Mollement envolés de maison en maison,
Dont le fluide essor entraînait ma raison ;

Les arbres, hors des murs poussant leurs têtes vertes ;
Jusqu’au fond des jardins les demeures ouvertes ;

Le rire de l’été sonnant de toutes parts,
Et le congé, sans livre ! errant aux vieux remparts :

Tout combattait ma soeur à l’aiguille attachée ;
Tout passait en chantant sous ma tête penchée ;

Tout m’enlevait, boudeuse, et riante à la fois ;
Et l’alphabet toujours s’endormait dans ma voix.
[…]

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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