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Poésie

Posts Tagged ‘rideau’

Femmes qui m’aimez (Gérard Le Gouic)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Femmes qui m’aimez
ouvrez de nuit vos rideaux
et regardez le ciel où je chemine
lentement vers vous comme une étoile.

Femmes qui m’aimez
lancez à l’eau votre image
afin que je vous retrouve le soir
dans la plaine du Dniepr,
dans la secrète vallée du Scorff.

Femmes qui m’aimez, tuez-moi
pour que je ne devienne point
celui que vous n’aimerez plus.

(Gérard Le Gouic)

Illustration

 

 

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Nuit de lune (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Nuit de lune

Cette nuit, la lune sur Fu-zhou
Tu seras seule à la contempler
De loin, je pense à nos enfants
Trop jeunes pour se rappeler Longue paix
Chignon de nuage, au parfum de brume
Bras de jade à la pure clarté…
Quelle nuit, près du rideau, la lune
Séchera nos larmes enfin mêlées ?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Geng-lou-zi (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Geng-lou-zi

Longues tiges de saules
Fine pluie de printemps
Par-delà les fleurs, lointains échos de la clepsydre
Effrayées : oies sauvages hors des passes
Envolées : corneilles sur les remparts
Surgi du paravent peint, un couple de perdrix d’or

Brume parfumée
Infiltrée dans la gaze
Pavillon sur l’eau où rôdent les plaisirs d’antan
Tourne la bougie rouge
Le rideau brodé est baissé
Long rêve de toi : tu ne le sais pas !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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A une beauté rencontrée en chemin (Li Bo)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




Illustration: Ogata Gekko
    
A une beauté rencontrée en chemin

Le cheval blanc, altier, foule les fleurs tombées
Ma cravache pendante frôle le carrosse aux cinq-nuages
De la dame. Soulevant le rideau de perles, d’un sourire
Elle montre, au loin, la maison rouge : « C’est là. »

(Li Bo)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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L’APPARITION (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2020




    
(Recueil Accents)
L’APPARITION

L’homme avançait à petits pas,
Puis il tourna la poignée de la porte,
(Le cuivre du bouton ne brillait pas
Car la lumière était éteinte ou morte),

Entra sans heurt, s’approcha de mon lit
Et, d’une voix que je connais, me dit :
« Que fais-tu donc ? Dors-tu ? Es-tu parti,
J’entends avec un rêve, loin d’ici ?
J’arrive à temps pour empêcher ta fuite.
Refuse encor ces images sans suite,
Crains leur désordre et leurs fausses clartés ;
Moi je te dis de ne pas t’en aller.

Pense d’abord à ta chambre, à la forme
De la maison, à tes rideaux tirés,
À tant de gens autour de toi qui dorment
Comment, comment pourrais-tu t’évader ?

Rappelle-toi que tu as travaillé
Tout aujourd’hui. Pourquoi ? Pour te loger,
Pour acheter de quoi boire et manger.
Tu es ici gisant dans ta journée.

As-tu bien mis de l’ordre en tout cela ?
As-tu compris tout ce qui se passa,
Ce qui fut dit, ce qui te menaça ?
As-tu compté les heures et l’argent ?

As-tu rangé ton étroit logement ?
(Il te faudra, dans cet encombrement,
Atteindre, après la table, la fenêtre
Et te mouvoir, quand le jour va paraître !)

Allons ! Tu peux dormir jusqu’au matin.
Je te permets d’évoquer la fumée,
L’espace ouvert entre les cheminées
Ou le soleil vu à travers les mains.
—Je reviendrai t’accompagner demain. »

Moi qui feignais de dormir, j’entendis
Qu’il soupirait. Puis, pour lui-même, il ajouta :
« Demain, nous parlerons d’autres soucis ! »
Enfin, hochant la tête, il s’éloigna.

Il est là chaque soir, et sa voix
N’en dit pas plus sur le monde et sur moi.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Ma vie, je t’ai cherchée toute ma vie (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



Illustration: Cyril Leysin
    
(Recueil Comme ceci, comme cela)

Ma vie, je t’ai cherchée toute ma vie
tu as pris les plus beaux visages
mais je n’entends que la voix.
Au bord de quelle nuit te trouverai-je enfin ?

Je délivrerai ce qui est immobile
Je perdrai mes enfants dans la clarté
Je forcerai les secrets de la douleur
J’écarterai les rideaux du théâtre de la mort.

Oubli

Mémoire

Soupir.

Roule miracle torrent puissance
que l’aube arrive reparte revienne
que fuient les tourbillons

Le silence est un tonnerre lointain

Toute défaite est mon triomphe

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Ta mort (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2020



 

Illustration: Claude Monet
    
Ce n’est pas au moment où elle tomba sur toi,
ta mort, qu’elle fut la mort, ni lorsqu’on
t’emporta, comme un paquet, hors de chez nous,
dans une housse grise dont le gris de la nuit,

lui-même fut troublé, non, ce n’est pas à ce
moment-là qu’elle fut la mort, mais bien après
ton départ, lorsqu’elle explosa dans la vie,
vivante dans la cuisine, en chaque ustensile

sorti d’un placard, sur la nappe débarrassée
de ses miettes, après les repas, vivante dans
le jour accroché aux rideaux, dans le jeu des

mésanges que rassemble le pin, vivante dans
le jardin où les rhododendrons se souviennent
des regards attendris que tu portais sur eux.

(Richard Rognet)

 

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Dans les méandres des saisons
Traduction:
Editions: Gallimard

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Retouche à l’âge (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Retouche à l’âge

la vierge à sa fenêtre tient le jour
sur sa hanche
un rideau bouge en face
où l’ombre a le poids du plomb

la rue pour un instant devient l’éternité

(Daniel Boulanger)


Illustration: Francisco Bajén

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PAS ENCORE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Abel-Dominique Boyé
    
PAS ENCORE

Souvenir d’un après-midi d’août
dont je ne me souvenais pas
Je rêve un rêve déjà rêvé
puis oublié il y a longtemps

Je dormais sur l’herbe d’été
dans la prairie près de la rivière
Un grand rideau de peupliers
chuchotait sa langue de feuilles
et ses ombres bien alignées

Je rêvais d’une jeune femme
qui de l’autre côté de l’eau
sur l’ancien chemin de halage
marchait dans les herbes hautes

Elle traverse la passerelle d’écluse
et vient lentement à ma rencontre
Elle me sourit et dit à voix basse
« Il est trop tôt pour que ce soit nous »

C’était toi toi l’inconnue
la pas encore reconnue
toi qui n’est pas encore ma vie
mais qui viens vers moi en avance
dans un rêve ancien oublié

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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L’AMOUR (Jean Breton)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2020



Illustration: Marc Chagall
    
L’AMOUR

Autrefois
j’écoutais le bruit de ma voix
Les volets clos espionnaient la maison
Une mouche se débattait dans les rideaux
Le soleil rampait sur le sol
j’étais loin de moi

maintenant
j’ai regardé la vie de ton côté
et j’ai tout détruit pour t’aimer
je t’aime
j’aime pour la première fois
je t’aime

ta jupe te serre la taille, abat-jour d’une lampe
les passants
veulent savoir qui tu es

qui es-tu ?

ivre de danse tu lançais tes bras aussi haut que tes
jambes
poisson de feu

silencieuse
tes yeux se ferment doucement sur les objets
avant de leur donner un nom

mon corps est l’asile du tien
il s’élève inconnu jusqu’à toi

mais tu es aussi grande que mon amour
et ton sourire se déchire au niveau de mes lèvres

je te connais
pour t’avoir rêvée mille fois
sous les feuilles de la forêt
dans ce monde
où l’air et l’eau ne pèsent pas

je t’aime
parce que tu as eu vingt ans à minuit dans mes bras.

(Jean Breton)

 

Recueil: L’amour et l’amitié en poésie
Traduction:
Editions: Folio Junior

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