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Poésie

Posts Tagged ‘rideaux’

Les rideaux de saveurs se déchirent (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2019



les rideaux de saveurs
se déchirent
secrets secrétés
avec des joies paresseuses
d’huile
à descendre le verre

morsure

falaises de pulpe
au revif des salives

(Werner Lambersy)


Illustration: Vladimir Kush

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Timide (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 11 janvier 2019



Timide, la timide
Jeune fille de mon coeur,
Dans la lueur du feu
Se déplace l’air songeur.

Elle apporte les plats,
Et les met sur l’étagère.
J’irais bien, elle et moi,
Dans une île de la mer.

Elle apporte les bougies,
Et les rideaux éclaire,
Timide à contre-jour
Et timide dans le noir;

Et timide comme un lièvre,
Serviable et timide.
Je volerais, elle et moi,
Dans une île de la mer.

(William Butler Yeats)


Illustration: Edouard Manet

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La peine (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2018



La peine

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

(Maurice Carême)


Illustration

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Habiter un lieu (Georges Perec)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



Habiter un lieu

Habiter une chambre, qu’est-ce que c’est?
Habiter un lieu, est-ce se l’approprier?
Qu’est-ce que s’approprier un lieu?
A partir de quand un lieu devient-il vraiment vôtre?

Est-ce quand on a mis à tremper ses trois paires de chaussettes
dans une bassine de matière plastique rose?
Est-ce quand on s’est fait réchauffer des spaghettis
au-dessus d’un camping-gaz?

Est-ce quand on a utilisé tous les cintres dépareillés de l’armoire-penderie?
Est-ce quand on a punaisé au mur une vieille carte postale
représentant le Songe de sainte Ursule de Carpaccio?

Est-ce quand on y a éprouvé les affres de l’attente,
ou les exaltations de la passion,
ou les tourments de la rage de dents?
Est-ce quand on tendu les fenêtres de rideaux à sa convenance,
et posé les papiers peints, et poncé les parquets?

(Georges Perec)

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Fou (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2018



Fou j’ai écrit des rideaux
de
poésie en feu

***

Mad wrote curtains
of
poetry on fire

(Jack Kerouac)


Illustration: ArbreaPhotos

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Remembrances (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



 

feu

Remembrances

Dans l’âtre brûlent les tisons,
Les tisons noirs aux flammes roses ;
Dehors hurlent les vents moroses,
Les vents des vilaines saisons.

Contre les chenets roux de rouille,
Mon chat frotte son maigre dos.
En les ramages des rideaux,
On dirait un essaim qui grouille :

C’est le passé, c’est le passé
Qui pleure la tendresse morte ;
C’est le bonheur que l’heure emporte
Qui chante sur un ton lassé.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Il y a des centaines de fenêtres (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Il y a des centaines de fenêtres.
Il y a des centaines d’yeux aux fenêtres,
des pupilles sur toutes ces portées de ciment
qui jour et nuit nous regardent.

Soleil, néon, soleil, lumière grise
transpercent tour à tour notre maison de verre
où je te cherche où tu me fuis
où tu te souviens quand j’oublie
où parfois nous nous rejoignons.

Les yeux sont toujours là immobiles et ronds.

Pas de rideaux à nos fenêtres.
Pas de rideaux dans toute la ville.

Les yeux sont toujours là.

Tu es vêtue de nylon rose sur ta peau,
tu es couchée sur le lit qui est comme un plateau.
Des projecteurs s’allument dans la nuit
découvrant mes mains posées sur tes hanches
découvrant ton corps de nylon nu
sous mes mains que je retire
sous mes mains
que je cache derrière mon dos tandis que tu caches ton visage,
que nous tentions mollement d’échapper à cette lueur de carnage,
de gagner l’ombre étroite d’un pan d’acier
où le rayon de feu commence à te fouiller.

(Jean Joubert)

Illustration: Katerina Belkina

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Matins de printemps (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2017




Matins de printemps, leur candeur!
– Autrefois, quand j’étais enfant,
j’ai tant caressé la fraîcheur de l’aube
sur mes rideaux blancs.

La porte s’ouvre.
O le bruit frais des pas de maman,
les pieds nus,
quand tout aurore
je m’offrais à ses baisers frais et menus.

Puis elle ouvrait grande la fenêtre.
Je poussais des cris triomphants.

On ne peut toujours être enfant
et ni toujours être poète.

(Paul Fort)


Illustration: Josette Mercier

 

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LA POUSSIÈRE – CHANSON DE SERVANTE (André Spire)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




LA POUSSIÈRE
CHANSON DE SERVANTE

Essuie, torchon, mon ami,
Tu n’en auras jamais fini.

Quand je la chasse, elle retombe;
Les cheminées en font pour moi.

Battez mes mains, battez les livres,
Qui l’appellent, l’attirent, l’aspirent.

Et vous, lits, je vous maudis,
Où les minons font leurs nids.

Et vous, rideaux de mousseline,
Qui lui tendez vos pièges fins.

Et vous, manteaux, et vous, les jupes,
Qui m’apportez toute la rue.

Essuie torchon, mon ami,
Tu n’en auras jamais fini.

Tire-la de ma bouche sèche,
Où elle grince entre mes dents;

Ote-la-moi de mes oreilles,
Et de mes yeux qu’elle rougit.

Epoussette-la de mes rêves,
Mes jolis rêves qu’elle salit;

Et de la gerbe de soleil,
Qui s’étale sur mon réveil.

Enlève-la des statues nues,
Et des cadres, et des pots de fleurs;

Et des bibelots et des vases,
Qu’il est défendu de casser;

Des draps brodés, des dentelles,
Des perles fines, des rubis,

De ma méchante patronne
Qui se prélasse dans son lit;

Des grand’routes, du cimetière…

Va, mon torchon, mon pauvre ami,
Nous n’en aurons jamais fini.

(André Spire)

 

 

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Lumière (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Lumière
mon meuble doux
quand j’emménage ainsi
dans l’aube

Rideaux et tentures tirés
sur les nerfs
et sur l’albâtre indécis
du souvenir

(Werner Lambersy)


Illustration: Geneviève Peyrade

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