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Poésie

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POÈMES DE LA SEINE (Elhonen Vogler)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2019



Illustration: Leonod Afremov
    
POÈMES DE LA SEINE
(extrait)

Qui ne mesure nuit et jour
Que par Vénus aux bras ouverts
Voit dans le giron de Lutèce
Le songe devenir un ver.

À travers les prés verdissants
La terre sent, par lui foulée,
Dans la fumée des jours naissants
Les villes, ruines, s’écrouler.

Qui ne possède point de femme
Muet vers la Seine descend
Pour voir se mirer dans sa larme
Sa tête aux cheveux déjà blancs.

À qui n’a rien, pas même un toit,
Elle apprend, au bruit de sa vague,
Le langage du désarroi
Sur le boulevard Saint-Michel.

Pour tous les vagabonds elle est
Véritablement une mère
Qui sait apaiser toute plaie
Brûlant aux pieds de ceux qui errent.

(Elhonen Vogler)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au milieu de rien (Edith Phélippeau)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



 

Au milieu de rien
Juste le ciel
Et la forme du vent
Dans les roseaux

(Edith Phélippeau)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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La réalité dans la profondeur nocturne (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
La réalité dans
la profondeur nocturne
révèle n’être rien
qu’un rêve plus précis

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

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DÉSIR (Moshe Nadir)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2019



 

Illustration
    
DÉSIR

Cloches, puissances de la nuit,
Cloches comme des chemises
Je suis déjà vieux, je suis
Un aïeul à tête grise.

Boucles comme des oiseaux,
Ô flot des dorures blondes,
Vous êtes venues trop tard
Vous présenter dans la ronde !

Seins pareils à des soleils
Qui sont le souffle des roses –
Mon poème maintenant
Je ne le pense qu’en prose.

Et ni Vénus ni Sapho,
Ni Aphrodite elle-même
Ne peuvent plus enflammer
Le sang qui coule en mes veines.

Mon désir des blondeurs paille,
Du bleu dont l’oeil se colore –
Voilà qu’il s’est transformé
En tentation de mort.

Une souffrance assoiffée,
Un feu plus fort que la faim –
Vers la calme, vers la douce,
Vers la fin de toutes fins.

Plus que le mâle désir
Je ressens en moi, puissant,
Le voeu de ne plus sentir
Mon propre corps à présent.

Tout nu, de me dévêtir
De cette plaie qu’est la vie,
Ne plus rien donner au songe
Et ne plus rien lui ravir.

(Moshe Nadir)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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NE CROIS PAS… (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Bernard Buffet
    
NE CROIS PAS…

Ne crois pas le monde une auberge – créée
Pour se frayer chemin par la griffe et le poing
Vers la table où l’on boit et l’on bâfre, tandis
Que regardent de loin les autres, les yeux glauques,
Défaillant, ravalant leur salive, serrant
Leur estomac que les crampes secouent,
Ô ne crois pas le monde une auberge!

Ne crois pas le monde une Bourse – créée
Afin que le puissant marchande avec le faible
Pour acheter leur déshonneur aux filles pauvres
Et aux femmes leur lait nourricier, aux hommes
La moelle de leurs os, leur sourire aux enfants,
Rare apparition des visages de cire,
Ô ne crois pas le monde une Bourse!

Ne crois pas le monde une jungle – créée
Pour les loups, les renards, rapine et duperie,
Le ciel – rideau tiré pour que Dieu ne voie rien,
La brume – afin qu’au mur nul regard ne te fixe,
Le vent – pour étouffer les plus farouches cris,
La terre pour lécher le sang des innocents,
Ô ne crois pas le monde une jungle!

Non, le monde n’est point auberge, Bourse ou jungle
Car tout y est pesé, tout y est mesuré,
Nulle goutte de sang et nul pleur ne s’effacent
Nulle étincelle en aucun oeil ne meurt en vain,
Les pleurs deviennent fleuve et le fleuve une mer
Et déluge la mer, l’étincelle tonnerre,
Ô ne crois pas qu’il n’est Juge ni Jugement!

***

MEYN NISHT

Meyn nisht di welt iz a kretshme – bashafn
Makhn a weg mit foystn un negl
Tsum shenk-pass un fresn un zoyfn, wen andere
Kukn fun weitn mit glezerne oygn
Farkhalesht, un shlingen dos shpayertz un tsyen
Tsuzamen dem mogn, wos warft zikh in krempfn ! –
O, meyn nisht di welt iz a krethsme !

Meyn nisht di welt iz a berze – bashafn
Der shtarker zol handlen mit mide un shwakhe,
Zol koyfn bey oreme meydlakh di bushe
Bey froyen di milkh fun di bristn, bey mener
Dem markh di beyner, bey kinder dem shmeikhl,
Dem zeltenem gast oyfn waksenem ponim –
O, meyn nisht di welt iz a berze !

Meyn nisht di welt iz a hefker – bashafn
Far welf un far fuksn, far royb un far shwindl;
Der himl – a forhang, az Got zol nisht zehn;
Der nebl – men zol oyf di hent nisht kukn;
Der wint – tsu farshtikn di wilde geschreyen;
Di erd iz tsu zapn dos blut kun korbones,
O, meyn nisht di welt iz a hefker !

Di welt iz keyn kretshme, keyn berze, keyn hefker !
Gemostn wert alles, gewoygn wert alles !
Keyn trer un keyn blutiker trop fargeyen,
Umzist wert keyn funk in keyn oyg nisht farloshn!
Fun trern wern teikhn, fun teikhn wert yamen,
Fun yamen a mabl, fun funken a duner –
O meyn nisht les din weles dayan !

***

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Du rien (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019




    

Du rien
où le sens se perd dans l’espace
l’amour surgit, reste étranger
plus vaste que ce que nous imaginions,
plus haut.

Y a-t-il dans ses braises un abri ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Ici la fleur (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019


 


 

Ettore Aldo Del Vigo 3

Ici la fleur, ici l’oiseau, la flamme,
Ici le rien, qui ne veut pas finir
Dans le désert, ici la voix de l’âme,
Ici la fleur, ici la fleur, ici…
Parmi la mort, un tout dernier miracle
Le chant de vie et des mots inconnus
Qu’un homme entend dans un silence d’arbre,
Ici la clef du langage perdu.

(Robert Sabatier)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Et L’on N’y Peut Rien (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Et L’on N’y Peut Rien

Comme un fil entre l’autre et l’un
Invisible, il pose ses liens
Dans les méandres des inconscients
Il se promène impunément

Et tout un peu tremble
Et le reste s’éteint
Juste dans nos ventres
Un nœud, une faim

Il fait roi l’esclave
Et peut damner les saints
L’honnête ou le sage
Et l’on n’y peut rien

Et l’on résiste on bâtit des murs
Des bonheurs, photos bien rangées
Terroriste, il fend les armures,
Un instant tout est balayé

Tu rampes et tu guettes
Et tu mendies des mots
Tu lis ses poètes
Aimes ses tableaux

Et tu cherches à la croiser
T’as quinze ans soudain
Tout change de base
Et l’on n’y peut rien

Il s’invite quand on ne l’attend pas
Quand on y croit, il s’enfuit déjà
Frère qui un jour y goûta
Jamais plus tu ne guériras

Il nous laisse vide
Et plus mort que vivant
C’est lui qui décide
On ne fait que semblant
Lui, choisit ses tours
Et ses va et ses vient
Ainsi fait l’amour
Et l’on n’y peut rien

(Jean-Jacques Goldman)

 

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Au bord de l’eau vive des saules (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2019




    
Au bord de l’eau vive
Des saules qui me ramènent
À ce printemps-là
Rien en moi à part cet homme
Seul l’amour que je lui donne

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Le Seigneur a créé quelqu’un qui n’existe pas (Maurice Chappaz)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019



Le Seigneur a créé quelqu’un qui n’existe pas

Que les mensonges qui me constituent
fusent hors de mon corps,
hors de mon esprit.
Je vais cueillir Ta réponse
dans ma chambre noire
comme une dure étoile,
comme une fleur de marécage.
Donne-moi de naître
une fois à moi-même, selon la vérité.
L’immense rien qui est en moi
soupire, attend.
Toute ma douceur est dans une miette d’ombre.

(Maurice Chappaz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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