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Poésie

Posts Tagged ‘rien’

LE MONDE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




    
LE MONDE

Il brûle dans le vide,
Maintenu par rien.
Il voyage immobile.

Voyageur du vide
Maintenu en brûlant
Rien n’est immobile.

Brûlant il voyage,
Maintenu par le vide.
Immobile il n’est rien.

Rien mais il voyage
Vide brûlant
Maintenu par l’immobile.

***

THE WORLD

It burns in the void,
Nothing upholds it.
Still it travels.

Travelling the void
Upheld by burning
Nothing is still.

Burning it travels.
The void upholds it.
Still it is nothing.

Nothing it travels
A burning void
Upheld by stillness.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit
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EX NIHILO (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    

EX NIHILO

Nous sommes faits de rien,
Nos cités se dressent au-dessus du vide,
Et dans des bars chromés
Des ombres boivent leur soûl de larmes,

Les doigts distraits des femmes passent
Sur des soies, des fleurs, un miroir,

Les caméras et les voitures
Virent sur le moyeu du rien
Sur lequel tournent les années, les étoiles.
Au-delà des maisons et des champs
Se dressent les collines enveloppées de forêts,
Et sur chaque feuille est tracé
Le motif de l’esprit éternel
Qui arrache les royaumes à la poussière.

Au-dessus des forêts s’étendent les nuages,
Champs blancs où la vue qui s’élève
S’arrête à la circonférence de l’air,

Et les lointaines constellations se meuvent
Autour du centre d’une pensée
Sur l’ordre de cet amour

Dont l’être est le souffle de vie,
La terre ferme que nous foulons,
Le corps divin que nous mangeons,
L’incarnation que nous vivons.

***

EX NIHILO

Out of nothing we are made,
Our cities rise upon the void,

And in chromium-plated bars,
Shadows drink their fill of tears,

Women’s transient fingers pass
Over silks and flowers and glass,

Cameras and motor-cars
Spin on the hub of nothingness
On which revolve the years and stars.

Beyond the houses and the fields
.Pise the forest-shrouded huis,
And upon each leaf is traced
The pattern of the eternal mind
That sommons kingdoms from the dust.

Above the forent lie the clouds,
White fields where the soaring sight
Lests on the air’s circumference,

And distant constellations move
About the centre of a thought
By the fiai of that love

nase being is the breath of life,
The terra firma that we tread,
The divine body that we eat,
The incarnation that we live.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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VU DANS UN MIROIR (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
VU DANS UN MIROIR

Derrière l’arbre, la maison, les étoiles,
Il y a la présence que je ne peux voir
Autrement que maison, arbre ou étoiles.

Arbre, maison, étoiles
S’étendent à l’infini à l’intérieur d’eux-mêmes
Dans le mystère du monde

Où tournent les roues de la Puissance dont bat le pouls
Issu de rien, issu de la nuit,
Feuilles, pierres et feux,

L’arbre de fête vivant autour duquel la danse
— Chromosomes, noyaux d’atomes —
Trace un dédale de branches et de feuilles,

La maison de pierre, dressée, qui s’est désagrégée
Dans le torrent en fusion quand fut précipité
Hors du chaos ce vaste monde,

Et les soleils dont l’embrasement fait renaître
Ou s’achever la course que l’arbre, la maison et le monde traversent,

Maintenus par l’Être que je ne peux connaître
Sous une autre forme que les „toiles, les pierres et les arbres
Dans le miroir de la nature, dans les yeux de la nature.

***

SEEN IN A GLASS

Behind the tree, behind the bouse, behind the stars
Is the presence that I cannot see
Otherwise than as bouse and stars and tree.

Tree, bouse and stars
Extend to infinie within themselves
Into the mystery of the world

Where whirl the wheels of power whose pulses beat
Out of nothing, out of night,
Leaves, Stones and fares,

The living tree whose maypole dance
Of chromosome and nucleus
Traces the ma

The standing bouse of Stone that poured
In malien torrent when was hurled
Out of chaos this great world,

And suns whose kindling begins anew
Or ends the course that tree, bouse, world nove through,

Upheld by being that I cannot know
In other foret than stars and stones and trees
Assume in nature’ s glass in nature’s eyes.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Tu ne dis rien, tu accueilles (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 10 décembre 2018



 

Tu ne dis rien, tu accueilles.
J’aime le temps qu’il fait dans tes yeux.

(Patricia Castex Menier)

 

 

 

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Parle au grand espace vide (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018



Illustration
    
parle au grand espace vide
où court une enfant
que tu ne reconnais plus

je ne désire que n’avoir rien à voir avec rien

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Dans mes os (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2018




    
Dans mes os la nuit tatouée.
La nuit et le rien.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Toi qui murmures dans la brise (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Toi qui murmures dans la brise —
De quel rêve regardes-tu cette rive
Devenue étrange et belle et lointaine?
Plus lourds sont les pas de la pluie,
Tu es dans l’herbe qui bruit,
Puis rien —.

***

Whisperer in the wind —
From what dream do you look upon this shore
Grown strange and fair and far?
Rain walks with heavier tread,
In rustle of grass you are,
Then not

(Kathleen Raine)

 

 

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Il suffit d’un rien (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



Toujours la toute-puissance du merveilleux nous échappe
Toujours la toute-puissance du silence
s’exerce en mode d’illumination

Il suffit d’un rien,
d’un éclair,
d’un instant
toujours trop aveuglant,
toujours énigmatique

(Michel Camus)


Illustration

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Un petit mot à dire (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018



 

Gao Xingjian p

Un petit mot à dire

Même quand il semble que la journée
a passé comme une aile d’hirondelle,
comme une poignée de poussière
jetée et qu’il n’est pas possible
de ramasser et que la description
le récit ne trouvent nécessité
ni écoute, il y a toujours un mot
un petit mot à dire
ne serait-ce que pour dire
qu’il n’y a rien à dire.

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Ainsi s’est elle elle-même proclamée (Morten Nielsen)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018



Illustration: Peyton Sawyer
    
Ainsi s’est elle elle-même proclamée

Je n’ai absolument rien à offrir.
Proclamation vraie et honnête.
C’est la raison pour laquelle cela est fini
avant même d’avoir commencé.

Mes caresses ne valent rien.
Mes mots hésitants sont trop petits.
Tu dois comprendre pour de bon
que je ne serai jamais proche de toi.

De la pauvreté dans mes yeux. Mon coeur
est vide comme la voûte flottante.
Une seule flamme brûle
— moi-même.

***

Saadan har hun forkyndt sig selv

Jeg har intet og intet at gi.
Det er sandt og renfærdigt forkyndt.
Derfor er det jo ogsaa forbi,
for det endnu er begyndt.

Mine Kaertegn er ingenting værd.
Mine tovende Ord er for smaa.
At jeg aldrig vil komme dig nær
maa du omsider forstaa.

Det er fattigt i mine Ojne.
Mit Hjerte er tomt som det drivende Hvælv..
Der er kun een Flamme som brænder
– — den er miglv selv

(Morten Nielsen)

 

Recueil: Guerriers sans armes Krigere uden vaaben
Traduction: Pierre Grouix
Editions: Grèges

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