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Poésie

Posts Tagged ‘rien’

Le rien (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Le rien
insiste.

(Edmond Jabès)


Illustration

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Cette écrasante présence du vide! (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2017



Quel silence, partout.
Et cette écrasante présence du vide!
Dieu est là. Je le sens.

Le Rien est soupir d’éternité,
aveu négligé d’infini.

(Edmond Jabès)

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Retouche à la beauté (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2017



retouche à la beauté

sans rien de trop
mais quelque chose en plus

sans usage des us
et sur place au galop

(Daniel Boulanger)

Illustration: Andrew Atroshenko

 

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Le rien (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017



Par dons modestes et mots entravés
Le cœur humain apprend
Le rien —
«Rien» est la force
Qui rend le Monde neuf —

***

By homely gifts and hindered words
The human heart is told
Of nothing —
« Nothing » is the force
That renovates the World —

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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Funeral blues (Wystan Hugh Auden)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Funeral blues

Arrêtez les pendules, coupez le téléphone,
Donnez un os au chien pour l’empêcher d’aboyer,
Faites taire les pianos et dans un roulement assourdi,
Sortez le cercueil et que les pleureuses pleurent.

Que les avions qui tournent en gémissant
Dessinent sur le ciel ce message : Il Est Mort,
Nouez du crêpe au cou blanc des pigeons,
Gantez de coton noir les agents de police.

Il était mon Nord, mon Sud, mon Est et mon Ouest,
Ma semaine de travail, mon repos du dimanche,
Mon midi, mon minuit, ma parole, mon chant ;
Je pensais que l’amour durerait toujours : j’avais tort.

N’importe les étoiles à présent : éteignez-les toutes ;
Emballez la lune et démontez le soleil,
Videz l’océan et balayez la forêt,
Car rien de bon désormais ne peut plus advenir.

***

Funeral Blues

Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.

Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message ‘He is Dead’.
Put crepe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.

He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last forever: I was wrong.

The stars are not wanted now; put out every one,
Pack up the moon and dismantle the sun,
Pour away the ocean and sweep up the wood;
For nothing now can ever come to any good.

(Wystan Hugh Auden)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Quel nom donner à ce langage (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Toujours les mots nous font imaginer l’être où ne se
trouve que la simple réalité.

Quel nom donner à ce langage qui pourrait s’en tenir
à la pauvreté du réel ?

Quel nom donner à ce langage qui saurait parler de
ce qui n’est pas ?

***

Un langage du réel, en sa nudité, sa simplicité
natives. Un langage d’avant la connaissance du bien et du mal.

Un langage affranchi de toute vérité. Témoin seulement d’une présence.

Des mots pour ne rien dire. Pour dire précisément ce rien.

***

Les mots du langage ordinaire veulent toujours, malgré nous, trop en dire.
Mais ces mots-là, que nous diraient-ils ? Étrangement muets. Comme les choses.

Des mots qui seraient là. Un grouillement d’existence, sous nos yeux. Imperceptible.

Un langage d’avant la tentation de l’être.
Non plus ce discours délirant qu’invente notre angoisse.

***

Voici tant de siècles que le discours de l’être nous tient prisonniers en sa caverne.
Nous sommes tellement habitués à ses ombres et ses clartés.
Nous en avons oublié l’immensité nocturne du ciel.

Maintenant, simplement faire silence.
Nous laisser saisir par le silence des choses.

Entrer dans cette nuit sans peur.
Accepter que chaque corps, chaque instant reposent en cette obscurité.

(Gérard Pfister)

Illustration: René Magritte

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Pas même rien (Zoé Valdés)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2017



Pas même rien

Ecoute il ne nous reste rien
Pas même ces bruits
Effrayants d’antan
Toi l’assassin de l’audace
Tu aurais dû explorer mon visage
Bien que j’aie tout effacé
Les traces de la soif
L’excès des vérités
Ecoute il ne reste rien
Pas même ce silence
De début de siècle
J’ai même effacé la nuit
Remplacée par une nuit plus durable
Par la douleur et le sang
C’est devenu une habitude
Même si personne ne pense à la douleur
Même si personne n’a l’audace de saigner
Ou presque de réfléchir à la mort
Ecoute il ne reste rien
Et rien de nous.

(Zoé Valdés)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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Ce vide (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2017



Ah ce vide, ce vide
que rien ne trouble.

(Edmond Jabès)

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L’azur est la mort du hasard (José Acquelin)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



L’azur est la mort du hasard

pour pouvoir se permettre d’être rien
le rêve est une volonté élémentaire

il ne suffit pas de regarder les nuages
dans le cerveau du voisin
oui le ciel est un cahier ligné

par tous les yeux qui s’y sont lancés
la terre est un oeil qui nous porte
à l’enfermer sous nos paupières

l’ego est lent quand le coeur
est clair comme un verre de ciel
l’âme est une campanule dans la cloche du corps

la volonté de bonheur me déprime par son égoïsme
la décence consiste à quitter les perchoirs
pour voler sans ailes et sans remords

le ciel descend
pour que je marche sur les nuages
heureux de ne pas être le soleil

(José Acquelin)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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À moi-même (Vladislav Khodassévitch)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2017



À moi-même

N’espère pas, n’attends plus rien :
Tout ce qui est, sans fin revient.
Que tes yeux fatigués se ferment,
Joue au sorcier dans tes poèmes,
Mais souviens-toi que l’heure approche –
Et rase ton cou pour la hache.

***

Себе

Не жди, не уповай, не верь:
Всё то же будет, что теперь.
Глаза усталые смежи,
В стихах, пожалуй, ворожи,
Но помни, что придет пора –
И шею брей для топора.

(Vladislav Khodassévitch)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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