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Poésie

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Ils courent, ils courent (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017




    

Ils courent, ils courent, les chiens du rien
sur les sables de la mauvaise mémoire
pour revenir le lendemain à leur travail
sur une autre et même plage, comme si de rien.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Il y a des poème (Homero Aridjis)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



    

Il y a des poèmes qui se font en bouche,
il y a des poèmes qui sortent de la gorge,
il y a des poèmes qui émergent du ventre
disant tout et ne disant rien.

(Homero Aridjis)

 

Recueil: Les poèmes solaires
Traduction: Ivan Alechine
Editions: Mercure de France

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Le Rien (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



 

Gao Xingjian an

Le Rien

J’ai traversé le Rien
Aux jours de mon enfance
Déchiffrant la mort
En nos corps d’argile
Et de brièveté
J’ai récusé l’orgueil
Disloqué les triomphes
Dévoilé notre escale
Et sa précarité
Cependant j’y ai cru
A nos petites existences
A ses saveurs d’orage
Aux foudres du bonheur
A ses éveils ses percées
Ses troubles ou ses silences
A ses fougues du présent
A ses forces d’espérance
Au contenu des heures
J’y ai cru tellement cru
Aux couleurs éphémères
Aux bienfaits de l’aube
Aux largesses des nuits
Oubliant que plus loin
Vers les courbures du temps
L’explosion fugace
Ne laissera aucune trace
De nos vies consumées
Et qu’un jour notre Planète
A bout de souffle
Se détruirait

(Andrée Chedid)

Illustration: Gao Xingjian

 

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RÊVES D’ENFANT (Jane Deny)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2017



 

Paul Signac_Le Magicien

RÊVES D’ENFANT

Paul

Moi, quand je serai grand, je serai chevalier.
J’aurai un château fort et plein de cavaliers.
J’inventerai des fêtes, ne ferai pas la guerre,
Mais de très beaux tournois comme il s’en fit naguère.
Vous viendrez à cheval ! A pied ! Ou en bateau !
Je vous inviterai un jour dans mon château.

Alex

Moi, quand je serai grand, je serai boulanger,
Car tout homme a besoin de boire et de manger.
Je mélangerai l’eau, le sel et la farine
Et un peu de levain pour les trous des tartines.
Comme il ne suffit pas de faire du bon pain,
Je le partagerai avec tous mes copains.

Pierre

Moi, quand je serai grand, je serai magicien.
Je sèmerai la joie avec des petits riens.
Je ferai tournoyer, en l’air, un livre ouvert
Et il en sortira un petit lapin vert.
J’inviterai, à cent, à mille lieues à la ronde,
Pour les émerveiller, tous les enfants du monde.

(Jane Deny)

Illustration: Paul Signac

 

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S’il existait (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



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Illustration: Anna Lea Merritt

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S’il existait

S’il existait
Un Dieu de l’amour
Nous vivrions encore aujourd’hui
Dans l’Éden
De peuple à peuple
De toi à toi

Si tu n’existais point
O Dieu de l’amour
Nous n’existerions pas

Rien n’existerait

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    
A quel rivage veux-tu atteindre, ô mon coeur ?
Il n’y a aucun voyageur devant toi.
Il n’y a pas de route.
Où est l’action, où est le repos sur ce rivage ?

Il n’y a pas d’eau : aucun bateau, aucun marin ne sont en vue.
Il n’y a pas même de corde pour hâler le bateau, ni d’homme pour la tirer.
Ni terre, ni ciel, ni temps; rien n’y existe : ni fleuve, ni rive.

Il n’y a là, ni corps, ni esprit
et où pourrais-tu y apaiser la soif de ton âme ?
Tu ne trouverais rien dans ce néant.

Sois fort et rentre en toi-même.
Là tu seras sur un terrain solide.
Considère ceci, ô mon coeur !
Ne va pas ailleurs.

Kabîr dit : « Rejette toute imagination et
affermis-toi dans ce que tu es. »

(Kabîr)

 

 

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Je l’ai promis (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



Abdalieva Akzhan   0

Je l’ai promis

Tu me reprends ton amitié :
Je n’ai donc plus rien dans le monde,
Rien que ma tristesse profonde.
N’en souffris-tu que la moitié,
Toi, dans ta mobile amitié,
Va ! Je plaindrai ta vie amère.
Que Dieu pour l’amour de sa mère,
Ou pour moi, te prenne en pitié !

On ne commande pas l’amour :
Il n’obéit pas, il se donne ;
Voilà pourquoi je te pardonne :
Mais tu m’as tant aimée un jour
Que j’en demeurai tout amour.
Pour une autre as-tu fait de même ?
Aime donc longtemps, si l’on t’aime :
C’est mortel quand ce n’est qu’un jour.

Et ma part de bonheur promis,
Comme aux plus humbles de la terre,
Bonheur qu’avec un saint mystère
Entre tes mains j’avais remis,
Dans l’abandon d’un coeur soumis ;
Si j’en résigne le partage,
C’est pour t’en laisser davantage :
Rien pour moi, rien ! Je l’ai promis.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Abdalieva Akzhan

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HOMMAGE A FOLLAIN (Gérard Noiret)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017




HOMMAGE A FOLLAIN

Mélangé au café, son petit suisse écoeurait.
Comme prévenus de sa fin prochaine,
sa femme, son fils, détournant les yeux,
s’accordaient au-dessus de sa tête.
Au bout du compte, il ne reste rien,
ni de lui, ni des autres ; à part
le grand bol à motifs sauvé des cartons
chargés un après-midi venteux
par les Compagnons d’Emmaüs.
Entre un broc de cuivre et des boîtes à épices fêlées,
il triomphe sur l’étagère.

(Gérard Noiret)

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C’est (Gerrit Kouwenaar)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2017




Illustration: René Magritte

    
c’est

ce n’est pas beau
ce n’est pas illisible
ce n’est pas pour les enfants

ce n’est pas une langue secrète
ce n’est pas pour élever le peuple

c’est le côté intérieur
de ta porte extérieure, ça tu le sais
pourtant: ta main
se déforme sur le loquet

sur le paillasson sous ton pied
le quotidien, l’hebdomadaire, le mensuel,
le rapport annuel

ça neige dans la chaleur
ça meurt dans la paix, la lettre
a tout mangé, rien
n’est pas vrai, rien n’est passé, rien
n’est digéré

(Gerrit Kouwenaar)

 

Recueil: Poètes néerlandais de la modernité
Traduction: Henri Deluy
Editions: Le Temps des Cerises

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Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien (Henry Bataille)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2017



Je ne sais rien. Je ne sais rien. Je n’attends rien,
que de voir, par moments, se balancer un nid
sur un peuplier rose, où sur le blanc chemin,
passer un pauvre sourd, aux pieds luisants de plaies.

(Henry Bataille)


Illustration: Fanny Verne

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