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Poésie

Posts Tagged ‘rien’

Cogitations (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



Esther Granek   
    

Cogitations

Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

S’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

(Esther Granek)

Découvert ici: https://desmotsetdesnotes.wordpress.com/

Recueil: Je cours après mon ombre
Traduction:
Editions:
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Rien (André du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018


desert

rien ne manque quand tout a disparu.
choses, lorsqu’elles reviennent,
quelque chose déjà commence à manquer.

(André du Bouchet)

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On peut rire (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Illustration: Raphaelle Zecchiero
    
on peut rire au bord
de ce qui nous manque
aimer l’heure creuse

caresser la porte
qui donne sur rien
la vie est si lente

pas de détriment
pas de réticences
mais la gourmandise

à quoi bon le doute
l’air toujours nouveau
pousse la fenêtre

la peau qui désire
fait tomber déjà
toutes les ceintures

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Au bord de la rivière (Goethe)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018


Coulez vers la mer de l’oubli,
Chansons aimées! Que nul jeune homme
N’aille plus vous chanter, ravi,
Et nulle fille au temps des fleurs.

Vous parliez de mon aimée seule,
Qui aujourd’hui raille ma foi.
Vous fûtes écrites sur l’eau,
Ecoulez-vous donc avec elle.

***

Verfliesset, vielgeliebte Lieder,
Zum Meere der Vergessenheit!
Kein Knabe sing entzückt euch wieder,
Kein Mädchen in der Blütenzeit.

Ihr sanget nur von meiner Lieben;
Nun spricht sie meiner Treue Hohn.
Ihr wart ins Wasser eingeschrieben;
So fliesst denn auch mit ihm davon.

(Goethe)

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Puis vient l’insondable (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration    
    
puis vient l’insondable
regard fracassé
là-bas tout au fond

y a-t-il de l’âme
autre que ce trou
pour viser le ciel

l’inusable en nous
n’est pas ce qu’on croit
c’est ce vide au coeur

et le sens s’appuie
sur ce vide-là
comme fait panache

la fumée qui sort
de la cheminée
tout et rien toujours

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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J’appartiens au mystère de la vie (Pierre Rabhi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2018




Illustration: Josephine Wall

    
J’appartiens au mystère de la vie
et rien ne me sépare de rien.

(Pierre Rabhi)

 

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Le Vide (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2018



Illustration: Gilbert Garcin
    
Le Vide. C’est alors qu’au fond de soi
S’ouvre à nouveau la Voie qui du Rien
Avait fait naître le Tout, où la vie
Vécue se découvre en neuve partance.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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C’est toi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



C’est toi

C’est toujours le mystère des choses.
On les voit dans leur inconsistance
attendre les yeux qui les reflètent,
les mains qui les touchent. On ne sait pas
ce qui les fait être là, ensemble,
valise, tableau, feuilles qui bougent
sur la fenêtre. On écoute encore
un silence inaudible. On devine
qu’il n’y a rien. Et ce rien, c’est toi.

(Jacques Ancet)


Illustration: Simone Lacour

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Comprendre m’est incompréhensible (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Comprendre m’est incompréhensible et je ne sais pas
Si je serai, n’étant rien, ce que je vais être.

(Fernando Pessoa)


Illustration: Gilbert Garcin

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Fleurs (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018




Fleurs que je cueille, fleurs que je laisse,
Identique est votre destin.

Chemin que je fraie, tu t’achèves
Où je m’achèverai, je ne sais où.

Nous ne sommes rien qui vaille –
Et ce rien est moins que rien.

(Fernando Pessoa)

 

 

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