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Posts Tagged ‘rieuse’

ROMANCES SANS PAROLES (Charles Le Goffic)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



 

Louis Garin  Bois CDC [1280x768]

ROMANCES SANS PAROLES

Fraîche et rieuse et virginale,
Vous m’apparûtes à Coatmer,
Blanche dans la pourpre automnale
Du soleil couchant sur la mer.

Et la mer chantait à voix tendre,
Et, des terrasses du ciel gris,
Le soir penchait ses yeux de cendre
Sur les palus endoloris.

Et je crois que nous n’échangeâmes
Ni baiser vain, ni vain serment.
Le soir descendait en nos âmes,
Et nous pleurâmes seulement.

(Charles Le Goffic)

Illustration: Louis Garin

 

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Le jour où je vous vis… (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2019




Le jour où je vous vis pour la première fois,
Vous aviez un air triste et gai: dans votre voix
Pleuraient des rossignols captifs, sifflaient des merles;
Votre bouche rieuse, où fleurissaient des perles,
Gardait à ses deux coins d’imperceptibles plis;
Vos grands yeux bleux semblaient des calices remplis
Par l’orage, et séchant les larmes de la pluie
A la brise d’avril qui chante et les essuie;
Et des ombres passaient sur votre front vermeil
Comme un papillon noir dans un rais de soleil.

(Jean Richepin)

Illustration: Fabienne Contat

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Du fond de mon coeur des larmes me viennent (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

bordel jeune fille

[…]
Du fond de mon coeur des larmes me viennent
Si je pense, Amour, à ma maîtresse;
Elle n’est qu’une enfant, que je trouvai ainsi
Pâle, immaculée, au fond d’un bordel.

Ce n’est qu’une enfant, blonde, rieuse et triste,
Elle ne sourit pas et ne pleure jamais;
Mais au fond de ses yeux, quand elle vous y laisse boire,
Tremble un doux lys d’argent, la fleur du poète.

Elle est douce et muette, sans aucun reproche,
Avec un long tressaillement à votre approche;
Mais quand moi je lui viens, de-ci, de-là, de fête,
Elle fait un pas, puis ferme les yeux – et fait un pas.
Car elle est mon amour, et les autres femmes
N’ont que des robes d’or sur de grands corps de flammes,
Ma pauvre amie est si esseulée,
Elle est toute nue, n’a pas de corps – elle est trop pauvre.

Elle n’est qu’une fleur candide, fluette,
La fleur du poète, un pauvre lys d’argent,
Tout froid, tout seul, et déjà si fané
Que les larmes me viennent si je pense à mon coeur.

[…]

(Blaise Cendrars)

 

 

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A Julia Vauvelle morte à dix-neuf ans (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



A Julia Vauvelle
morte à dix-neuf ans

Jeune fille douce et rieuse
Fraîche comme un matin d’été
Gentille abeille travailleuse
Tu fus la grâce et la bonté

Les tiens te pleureront sans cesse
Ayant perdu tout leur bonheur
Ta soeur te garde sa tendresse
Malgré la mort glaçant son coeur

Et l’impression m’est restée
A moi qui te vis un instant
D’une rose pâle penchée
Dans une urne de marbre blanc

(Louise Michel)

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Sara la baigneuse (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Sara, belle d’indolence,
Se balance
Dans un hamac, au-dessus
Du bassin d’une fontaine
Toute pleine
D’eau puisée à l’Ilyssus ;

Et la frêle escarpolette
Se reflète
Dans le transparent miroir,
Avec la baigneuse blanche
Qui se penche,
Qui se penche pour se voir.

Chaque fois que la nacelle,
Qui chancelle,
Passe à fleur d’eau dans son vol,
On voit sur l’eau qui s’agite
Sortir vite
Son beau pied et son beau col.

Elle bat d’un pied timide
L’onde humide
Où tremble un mouvant tableau,
Fait rougir son pied d’albâtre,
Et, folâtre,
Rit de la fraîcheur de l’eau.

Reste ici caché : demeure!
Dans une heure,
D’un oeil ardent tu verras
Sortir du bain l’ingénue,
Toute nue,
Croisant ses mains sur ses bras.

Car c’est un astre qui brille
Qu’une fille
Qui sort d’un bain au flot clair,
Cherche s’il ne vient personne,
Et frissonne,
Toute mouillée au grand air.

Elle est là, sous la feuillée,
Eveillée
Au moindre bruit de malheur ;
Et rouge, pour une mouche
Qui la touche,
Comme une grenade en fleur.

On voit tout ce que dérobe
Voile ou robe ;
Dans ses yeux d’azur en feu,
Son regard que rien ne voile
Est l’étoile
Qui brille au fond d’un ciel bleu.

L’eau sur son corps qu’elle essuie
Roule en pluie,
Comme sur un peuplier ;
Comme si, gouttes à gouttes,
Tombaient toutes
Les perles de son collier.

Mais Sara la nonchalante
Est bien lente
A finir ses doux ébats ;
Toujours elle se balance
En silence,
Et va murmurant tout bas :

« Oh! si j’étais capitane,
« Ou sultane,
« Je prendrais des bains ambrés,
« Dans un bain de marbre jaune,
« Prés d’un trône,
« Entre deux griffons dorés!

« J’aurais le hamac de soie
« Qui se ploie
« Sous le corps prêt à pâmer ;
« J’aurais la molle ottomane
« Dont émane
« Un parfum qui fait aimer.

« Je pourrais folâtrer nue,
« Sous la nue,
« Dans le ruisseau du jardin,
« Sans craindre de voir dans l’ombre
« Du bois sombre
« Deux yeux s’allumer soudain.

« Il faudrait risquer sa tète
« Inquiète,
« Et tout braver pour me voir,
« Le sabre nu de l’heiduque,
« Et l’eunuque
« Aux dents blanches, au front noir!

« Puis, je pourrais, sans qu’on presse
« Ma paresse,
« Laisser avec mes habits
« Traîner sur les larges dalles
« Mes sandales
« De drap brodé de rubis. »

Ainsi se parle en princesse,
Et sans cesse
Se balance avec amour,
La jeune fille rieuse,
Oublieuse
Des promptes ailes du jour.

L’eau, du pied de la baigneuse
Peu soigneuse,
Rejaillit sur le gazon,
Sur sa chemise plissée,
Balancée
Aux branches d’un vert buisson.

Et cependant des campagnes
Ses compagnes
Prennent toutes le chemin.
Voici leur troupe frivole
Qui s’envole
En se tenant par la main.

Chacune, en chantant comme elle,
Passe, et mêle
Ce reproche à sa chanson :
– Oh! la paresseuse fille
Qui s’habille
Si tard un jour de moisson!

(Victor Hugo)

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AMOUR DE PROFIL (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



 

Richard MacDonald - Tutt'Art@ (1)

AMOUR DE PROFIL

1
Dans le sommeil des feuilles mortes
qui craquent de gel la nuit
sans que personne pose le pied

dans le sang qui bat à la tempe
du dormeur qui ferme les portes
et ne sait plus si lui c’est lui

dans le froissement de la furtive
allant retrouver son amant
au creux des menthes la rivière

dans les paroles de la pluie
dans le feu quand la maison dort
dans la chevêche de minuit

j’entends respirer la secrète
qui n’est jamais là où elle est

2
Songeuse Retirée Rieuse Tempérée
Flexible Détournée Distraite Méditée
Le beau front bombé et sa pâleur d’opale
Les yeux de grand hiver de brasero lent

Toi la pensive et l’incertaine Toi l’innocence
et la malice Toi l’eau qui dort en robe d’eau
Absente Dérobée Naïve Gaie Moqueuse
Furtive Souveraine Altière Intimidée

Indécise Etonnée Limpide Couronnée
Profil nu hésitant dans un miroir brouillé
par les longues pluies de la mélancolie
toi la Reine et la Fée l’enfantine et la grave

je t’écoute écouter J’écoute ton silence
J’écoute les échos les voiles de ta voix
ta voix de feuilles mortes et de vent sur la tempe
qui peut en murmurant faire éclore l’automne

3
Nous deux
Quelquefois un
Les deux doigts de la flamme
Deux c’est ton ombre et moi
ou toi ma silencieuse
nue comme à marée basse
une voix qu’on devine

Nous deux
quelquefois un
Les deux pieds nus du vent
Deux d’eau Le bruit de l’eau
Rêver se taire ensemble

Le ciel mangé de jour
qui n’a qu’un seul regard

Quelquefois un Nous deux

(Claude Roy)

Illustration: Richard MacDonald

 

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POUR TOI (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2017




POUR TOI

Je réalisais pour toi des miracles
Elucidais des secrets bien cachés
Et dessinais sur des papiers
Des silhouettes qui dansaient

Je peignais le vent dans tes cheveux
La pluie sur tes joues
La neige sur tes seins
Et la lumière dans tes yeux

Je faisais voguer sur le vert de la vague
Le vivant vaisseau de nos rêves
Qui virait dans le vent
Loin du rivage des contraintes

Nous naviguions sur des rivières joyeuses
Et quittions ces tristes rivages
Pour des îles rieuses
Sur des mers gaies
Nos chants accompagnaient
Le bruit lourd des vagues

Le vent soulevait cette gracieuse poussière
Sur la route de notre campagne
Où le papillon s’accouplait avec la fleur
Les ailes et les pétales mêlant

La fièvre de leurs couleurs
Chassés de leurs nids les oiseaux
Secouaient la fatigue de leur vol sur les toits

Pour toi
Je ramassais les cailloux du soleil
Et faisais des ricochets de lumière
Sur l’eau trouble de l’étang

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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Le Faune (Jean Royère)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2017



 

Hendrik  Balen

Le Faune

Assis au pied de l’arbre aux sonores rameaux
Dont le soleil doré baigne les jeunes pousses,
Dans le hallier propice aux solitudes douces,
Le Faune industrieux rassemble les roseaux.

Il façonne, en riant, la flûte à sept tuyaux,
Qui souffle le désir au cœur des nymphes rousses
Et, dans les frais gazons ou sur les tièdes mousses,
Fait germer les hymens harmonieux et beaux.

Les Dryades, en rond, dansent dans la prairie,
Et leur troupe, enfantine et joyeuse, s’écrie,
Apercevant le Faune au visage sournois.

Mais lui saisit la flûte et la porte à ses lèvres :
Aussitôt, dans les yeux des rieuses, tu vois
Courir l’éclair furtif des amoureuses fièvres.

(Jean Royère)

Illustration: Hendrik  Balen

 

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Mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



Mer furieuse
Mer rieuse
Mer agressive
Mer lascive
Mer démente
Mer amante
Je l’aime
Sous toutes ses formes
Et ne sais laquelle préférer.

(Jean-Baptiste Besnard)

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MAINTENANT… (Emile Ripert)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2015




MAINTENANT…

Maintenant que tu m’as d’une ardeur si profonde
Aimé dans mes départs, aimé dans mes retours,
Maintenant que, pour mieux enchaîner notre amour ;
Tu mêles à tes cheveux bruns mes boucles blondes ;

Maintenant que, rieuse et grave tour à tour,
De joie ou de tristesse à ton gré tu m’inondes,
Je n’aurai pas de crainte, il me semble, le jour
Où je devrai laisser ce doux et triste monde.

Car serait-ce demain, serait-il même vrai
Que le néant suivît l’instant désespéré,
Mon amour ici-bas prolongerait mon âme ;

Et plus subtil, plus doux, plus tendre, plus vainqueur
D’avoir pris pour revivre un visage de femme,
Maintenant je vivrais tout entier dans ton coeur …
Cet amour vit encore après les feuilles mortes…

(Emile Ripert)

 

 

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