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Poésie

Posts Tagged ‘rimer’

GENÈSE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2018



GENÈSE

Ni anges ni dieux, peut-être sommes-nous les hôtes
d’une terre d’avant la pomme et le serpent.

Genèse de notre amour : l’air se sculpte de visages,
la lumière se creuse d’alvéoles, tout n’est pas que fausses images
dans la distance et nous jouissons de minutes
où l’algue rime avec la roche, la ruche avec la rose.

L’arbre né de mes yeux rejoint le vol de la colombe
que ton regard enfante.

Je presse tes mains au goût d’herbe,
je respire l’odeur du buis sur tes cheveux.

Entends-tu bien-aimée les salves du soleil ?
vois-tu la chute des falaises blanches ?

(Jules Tordjman)

Illustration: René Julien

 

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STANCES A LA CHATELAINE (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: John Duncan Fergusson 
    
STANCES A LA CHATELAINE

Madame, c’est moi qui viens.
Moi, cela ne vous dit rien !
Je viens vous chanter quand même
Ce que mon cœur a rimé
Et si vous voulez m’aimer ?
Moi : c’en est un qui vous aime !

Oh ! vos mains, dont les pâleurs
Bougent, en gestes de fleurs
Qu’un peu de brise caresse !
Oh ! vos beaux yeux impérieux !
Un seul regard de ces yeux
Dit assez votre noblesse !

Vos aïeules ont été,
Sous le grand chapeau d’été
Fleuries comme un jour de Pâques,
Marquises de Trianon,
Et moi, fils de gens sans nom,
J’ai des goûts à la Jean-Jacques !

Votre parc est doux et noir :
Il y ferait bon ce soir
Pour achever ce poème
Que mon cœur seul a rimé.
Donc, si vous voulez m’aimer,
J’y serai, moi qui vous aime !

– Je chantais cela tantôt,
Aux grilles de son château.
A la fin, compatissante,
Elle dit à son larbin :
« Joseph, portez donc du pain
Au pauvre mendiant qui chante ! »

(Gaston Couté)

 

 

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Vivre (Bakary Bamba Junior)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



Vivre

Vivre et ne pas seulement exister
parce que l’hirondelle apporte le printemps
Parce qu’après la pluie, le beau temps
parce qu’il faut toujours rester enfant.

Toujours vivre!
parce que le bonheur est quotidien
Parce qu’aimer fait du bien
Parce que donner ne coûte rien.

Encore Vivre!
Parce que la fleur sent bon
Parce que le gâteau sur la langue fond
Parce que nous aimons cette chanson.

Oh vivre!
Parce que la peine est passagère
parce que la rancune est meurtrière
Parce que la vengeance est amère.

Oui vivre!
parce que le pardon soulage
Parce que le sourire chasse la rage
Parce qu’oublier demande du courage.

Hum vivre!
Parce que demain rimera avec liberté
Parce que bientôt émergera la vérité.
Parce que nus avons tous droit à la gaieté.

Enfin vivre!
Parce que chaque défaite nous assagit
Parce que chaque victoire nous grandit
Parce que ce combat nous affranchit.

Vivre et ne plus seulement subsister
Parce que la vie est éternelle
Parce que l’amour est immortel
Parce que la mort est un horizon irréel.

(Bakary Bamba Junior)

 

 

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HARMONIE (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Robert Vielle

    

HARMONIE

Les vagues
riment avec le soupir
et l’étoile –
avec le grillon.
Frissonne sur la cornée
tout le ciel froid,
et le point est une synthèse
de l’infini.

Mais qui unit les vagues
aux soupirs
et les étoiles
aux grillons ?

Attendez que les génies
aient un moment d’oubli :
les clés flottent
parmi nous.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Elle,enjambant mon giron (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Torii Kiyonaga
    
elle,enjambant mon giron,
s’enclenche(et je suçote chaque ardent téton)
et,s’enfonçant,avec tout le doigté fait pour
l’affamé Visiteur guide les lèvres d’amour
Qui(alors que maintenant elle s’assoit,
de presque en presque accordant son doux poids)
Oh,comme embrassent ces chauds cuissots juteux!
et(d’instant en instant profond)ses yeux
contemplent,à peine vivant,ce magique Festin
goulûment disparaissant moins après moins—
au fond de quel hôte palpitant de vertige
(vif pouce à pouce)se pâme dur l’énorme Convive!
(quand nos ventres se pressant rêvent)pour
qu’invisibles riment les pires secrets de l’amour.

***

she,straddling my lap,
hinges(wherewith I tongue each eager pap)
and,reaching down,by merely fingertips
the hungry Visitor steers to love’s lips
Whom(justly as she now begins to sit,
almost by almost giving her sweet weight)
O,how those hot thighs juicily embrace!
and(instant by deep instant)as her face
watches,scarcely alive,that magic Feast
greedily disappearing least by least—
through what a dizzily palpitating host
(sharp inch by inch)swoons sternly my huge Guest!
until(quite when our touching bellies dream)
unvisibly love’s furthest secrets rhyme.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Hey, c’est impossible de se dire adieu (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018



Illustration: Edvard Munch
    
Hey, c’est impossible de se dire adieu

{Hey, c’est impossible de se dire adieu}

Je t’aimais le matin, nos baisers profonds et chauds
Tes cheveux sur l’oreiller comme une tempète d’or endormie

Oui, beaucoup ont aimé avant nous, je sais que ce n’est pas nouveau
Dans la ville et dans la forêt ils ont souri comme nous
Mais ils se sont éloignés et toi et moi devons essayer
Tes yeux s’adoucissent de chagrin
Hey, c’est impossible de se dire adieu

Je ne cherche personne d’autre pendant que je vagabonde
Raccompagne-moi jusqu’au coin, nos pas rimeront toujours
Tu sais que mon amour va avec toi comme le tien reste avec moi
C’est juste la manière qui change, comme le rivage et la mer
Mais ne parlons pas d’amour ou de chaînes ou des choses que nous ne pouvons délier
Tes yeux s’adoucissent de chagrin
Hey, c’est impossible de se dire adieu

Je t’aimais le matin, nos baisers profonds et chauds
Tes cheveux sur l’oreiller comme une tempête d’or endormie

Oui, beaucoup ont aimé avant nous, je sais que ce n’est pas nouveau
Dans la ville et dans la forêt ils ont souri comme nous
Mais ne parlons pas d’amour ou de chaînes ou des choses que nous ne pouvons délier
Tes yeux s’adoucissent de chagrin
Hey, c’est impossible de se dire adieu

***

Hey, That’s no Way to Say Goodbye

I loved you in the morning, our kisses deep and warm
Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm
Yes, many loved before us, I know that we are not new
In city and in forest, they smiled like me and you
But now it’s come to distances and both of us must try
Your eyes are soft with sorrow
Hey, that’s no way to say goodbye
I’m not looking for another as I wander in my time
Walk me to the corner, our steps will always rhyme
You know my love goes with you as your love stays with me
It’s just the way it changes like the shoreline and the sea
But let’s not talk of love or chains and things we can’t untie
Your eyes are soft with sorrow
Hey, that’s no way to say goodbye
I loved you in the morning, our kisses deep and warm
Your hair upon the pillow like a sleepy golden storm
Yes, many loved before us, I know that we are not new
In city and in forest they smiled like me and you
But let’s not talk of love or chains and things we can’t untie
Your eyes are soft with sorrow
Hey, that’s no way to say goodbye

(Leonard Cohen)

 

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À quoi riment-elles tes rimes déguisées (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
À quoi riment-elles tes rimes déguisées
voudraient-elles débusquer lovée sous la mémoire
quelque heure pareille à la bête blessée
qui dans le fourré souffre et se tait ?

Ou quel reflet sur les miroirs du temps
rêvent-elles d’éveiller image d’un enfant
sans royaume autre que celui des nuages
et qui nous redirait la fable un instant apaisante
des chênes comme autrefois receleurs de secrets.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Te parler papa (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2016



Te parler papa j’ai pu te paparler un peu un petit peu paparce que nous n’avions plus tout le temps.
Dehors le monde ses oiseaux blancs comme des avions, le mur du son.
Tes mains sur le drap blanc jaunissaient jaunissaient.
Ils n’ont sûrement pas le droit de voler aussi bas pas pas le droit de voler aussi bas tu disais.
Même même le blanc de tes yeux était jaune nous alors nous sommes tout pardonné.

Ça va quand on demande moi je dis bien surtout s’il y a du monde je prends sur moi très bien.
On ne me voit pas chez l’épicière sangloter sur les pommes de terre.
Ni aux guichets de la poste retarder l’envoi pressé d’un colissimo.
Ça va je dis sans dire et la tête et la tête.
Ça rime à rien ta mort intérieurement pauvre chant.
De timbres je voudrais et de patates un carnet s’il vous plaît, un filet.
Merci beaucoup de monde.

***

Talk to you dad I managed a bit of daddychat a chitter ’cause we didn’t have that much time.
Outside the world its birds as white as planes, the barrier of sound.
Your hands on the white sheet were growing yellow yellow.
Surely they have no right to fly so low no right no fly so low you said.
Even the whites of your eyes were even yellow so we two forgave each other everything.

Okay when people ask I tell them fine especially when there are people round me yes I’m coping fine.
You don’t see me in the grocer’s weeping over the potatoes.
Nor waiting at the PO window when a portant package has to be packed off.
I’m fine it goes I say without saying my head my head.
It makes no sense your dying inwardly poor song.
Some stamps I need and some potatoes please a book, a bag.
Thanks a bundle.

(Valérie Rouzeau)

 

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Toujours (Jean-Claude Pirotte)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2016


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je suis monté dans l’autobus
avenue de l’Opéra
y avait un vent de walkyrie
le Café de la Paix frissonnait

l’imparfait c’est le temps des contes
et le présent le temps des chats
qui respectent les vieilles banlieues
les laitiers et les crachats

dans le train jusqu’à Sarcelles
pas trace d’une seule pucelle
on rime on rumine on brâme
qui répondrait à ma flamme?

on pense à des coteaux verts
où pâture une église blanche
demain c’est toujours dimanche
après-demain toujours lundi

(Jean-Claude Pirotte)

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L’amour (Mano Solo)

Posted by arbrealettres sur 8 juin 2016



Claude Sauzet  (8) [1280x768]

L’amour c’est quelque chose
qui rime avec hier
c’est quelque chose qui rime avec
putain je suis seul ce soir
l’amour
c’est quelque chose qu’on regarde en arrière
c’est quelque chose qui fait pleurer des fois
tout seul
dans le noir.

(Mano Solo)

Illustration: Claude Sauzet

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